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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2300858

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2300858

jeudi 27 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2300858
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationJU-6 semaines
Avocat requérantATGER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 février 2023 M. C D, représenté par Me Atger, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 25 janvier 2023 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de procéder au réexamen de sa situation dans un délai deux mois suivant la notification du jugement à intervenir et de procéder dans un délai de huit jours, à l'effacement de son signalement dans le système d'information Schengen, et d'assortir ces injonctions d'une astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État le versement, à son conseil, de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle ;

5°) à défaut d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 000 sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne le refus de séjour et l'obligation de quitter le territoire français :

- ces décisions, signées par Mme B " pour la préfète ", ont été prises par une autorité incompétente dès lors qu'aucune délégation de signature régulièrement publiée n'est produite ;

- elles sont insuffisamment motivées ;

- la préfète de la Gironde n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;

- elles méconnaissent les dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il avait le droit de se maintenir sur le territoire français jusqu'à la lecture, en audience publique, de la décision rendue par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) sur sa demande d'asile ;

- la préfète de la Gironde s'est estimée liée par la décision rendue par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) et a ainsi méconnu l'étendue de sa compétence ;

- la préfète de la Gironde a méconnu les dispositions de l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle ne l'a pas informé de la possibilité de déposer une demande de titre de séjour malgré l'instruction de sa demande d'asile ;

- la préfète de la Gironde n'a pas respecté son droit à être entendu, tel que garanti par les stipulations de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne et par les dispositions des articles L. 121-1 et L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- les décisions attaquées portent atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et par l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne le pays de destination :

- cette décision est fondée sur une obligation de quitter le territoire français illégale et doit être annulée par voie de conséquence ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- elle est fondée sur une obligation de quitter le territoire français illégale et doit être annulée par voie de conséquence ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la préfète de la Gironde a commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation ;

- cette décision porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 13 mars 2023, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 février 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. E pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique le 20 avril 2023 à 10h30 :

- le rapport de M. E ;

- les observations de Me Atger, qui conclue mêmes fins et par les mêmes moyens que la requête ;

- le préfet de la Gironde n'était ni présent, ni représenté.

Des pièces complémentaires ont remises à l'audience pour M. D. Elles n'ont pas été communiquées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant guinéen né le 13 avril 1998, est entré sur le territoire français le 31 août 2019. Il a demandé l'asile le 4 mars 2021. Par une décision du 25 janvier 2022, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a cependant rejeté sa demande. Ce rejet a été confirmé par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 20 octobre 2022. Par un arrêté du 25 janvier 2023, la préfète de la Gironde a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an. M. D demande l'annulation de cet arrêté.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Par une décision du 28 février 2023, M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, ses conclusions tendant à l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet et il n'y a pas lieu d'y statuer.

Sur les conclusions aux fin d'annulation :

En ce qui concerne le refus de séjour et l'obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, il ressort de la consultation du site internet de la préfecture de la Gironde, librement accessible, que la préfète de la Gironde a, par un arrêté du 5 octobre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial n° 33-2022-196 du même jour, donné délégation à Mme A B, adjointe à la cheffe du bureau de l'asile et du guichet unique, dans la limite de ses attributions, pour signer " toutes décisions, documents et correspondances relevant de l'autorité préfectorale pris en application des livres IV, V, VI et VII du ceseda " au nombre desquelles figurent les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté doit être écarté.

4. En deuxième lieu, pour refuser d'admettre le requérant au séjour et l'obliger à quitter le territoire français, la préfète de la Gironde s'est fondée sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que sur les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales applicables en l'espèce. Elle a également pris en considération les conditions dans lesquelles M. D est entré sur le territoire français et a précisé qu'il n'avait été autorisé à y séjourner que durant l'instruction de sa demande d'asile, définitivement rejetée par la CNDA le 20 octobre 2022. En outre, la préfète de la Gironde a procédé à l'examen de la vie privée et familiale du requérant dans son pays d'origine, et a retenu qu'il en était, à l'inverse, dépourvu en France. Ainsi, en refusant de délivrer au requérant un titre de séjour résultant de la reconnaissance de la qualité de réfugié ou l'octroi de la protection subsidiaire, la préfète de la Gironde, qui a suffisamment motivé sa décision et procédé à un examen complet de sa situation, ne s'est pas estimée liée par les décisions rendues par l'OFPRA, puis la CNDA sur la demande d'asile de M. D. Les moyens soulevés en ce sens par l'intéressé doivent donc être écartés.

5. En troisième lieu, si les dispositions de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ne sont pas en elles-mêmes invocables par un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement telle qu'une obligation de quitter le territoire français, celui-ci peut néanmoins utilement faire valoir que le principe général du droit de l'Union, relatif au respect des droits de la défense, imposait qu'il soit préalablement entendu et mis à même de présenter toute observation utile sur la mesure d'éloignement envisagée. Toutefois, dans le cas prévu au 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, où la décision faisant obligation de quitter le territoire français est prise après que la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou lorsque ce dernier ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2 du même code, l'obligation de quitter le territoire français découle nécessairement du défaut de reconnaissance de cette qualité ou de ce bénéfice. Le droit d'être entendu n'implique alors pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français dès lors qu'il a pu être entendu à l'occasion de l'examen de sa demande d'asile. Lorsqu'il sollicite la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, l'intéressé ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. A l'occasion du dépôt de sa demande, il est conduit à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit de l'intéressé d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le rejet de la demande d'asile, n'impose pas à l'autorité administrative de le mettre à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français.

6. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. D a été entendu à l'occasion de l'examen de sa demande d'asile. Par suite, la circonstance que le requérant n'ait pas été spécifiquement invité à formuler des observations avant l'édiction de l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre n'entache pas d'irrégularité la procédure d'éloignement engagée par la préfète de la Gironde. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant aurait été privé de la possibilité de présenter des éléments pertinents, susceptibles d'influer sur le sens et le contenu de la décision attaquée.

7. Enfin, si l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration prévoit de soumettre au respect d'une procédure contradictoire préalable les décisions individuelles devant être motivées en application de l'article L. 211-2 du même code ou celles prises en considération de la personne, l'article L. 121-2 de ce code prévoit que ces dispositions ne sont pas applicables aux décisions pour lesquelles des dispositions législatives ont institué une procédure contradictoire particulière. Le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile déterminant l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution des décisions par lesquelles l'autorité administrative signifie à l'étranger l'obligation dans laquelle il se trouve de quitter le territoire français, le moyen soulevé par le requérant apparaît ainsi inopérant.

8. En quatrième lieu, si le requérant soutient qu'il disposait du droit de se maintenir sur le territoire français jusqu'à la date de lecture de la décision rendue par la CNDA sur le recours formé contre la décision de l'OFPRA du 25 janvier 2022, il ressort, en tout état de cause, des pièces du dossier que cette décision a été lue, en audience publique, le 20 octobre 2022. Ainsi, M. D n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait été prise en méconnaissance des dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

9. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'un étranger a présenté une demande d'asile qui relève de la compétence de la France, l'autorité administrative, après l'avoir informé des motifs pour lesquels une autorisation de séjour peut être délivrée et des conséquences de l'absence de demande sur d'autres fondements à ce stade, l'invite à indiquer s'il estime pouvoir prétendre à une admission au séjour à un autre titre et, dans l'affirmative, à déposer sa demande dans un délai fixé par décret. Il est informé que, sous réserve de circonstances nouvelles, notamment pour des raisons de santé, et sans préjudice de l'article L. 611-3, il ne pourra, à l'expiration de ce délai, solliciter son admission au séjour. Les conditions d'application du présent article sont précisées par décret en Conseil d'État. ".

10. Il ressort des pièces du dossier que la préfète de la Gironde a informé le requérant, par un courrier remis en main propre le 1er juillet 2021, qu'il disposait du droit de présenter un titre de séjour durant l'instruction de sa demande d'asile, et lui a communiqué l'ensemble des éléments relatifs à la procédure d'enregistrement de ces demandes. Le requérant n'est, par suite, pas fondé à soutenir que la décision attaquée a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, au motif qu'il n'aurait pas été informé de la possibilité d'introduire une demande de titre de séjour.

11. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. /Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. ( ) ".

12. Au regard de ces dispositions, il ressort des pièces du dossier que M. D est entré récemment sur le territoire français, où il n'a été autorisé à séjourner que durant l'instruction de sa demande d'asile. L'intéressé ne démontre pas y disposer de liens personnels ou familiaux, anciens et stables. Il n'est pas dépourvu d'attache familiale dans son pays d'origine où il a vécu la majeure partie de son existence. Par ailleurs, s'il soutient ne pas avoir de perspective d'avenir en Guinée, pays qu'il aurait été contraint de fuir au motif qu'il craint pour sa sécurité, les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français n'ont ni pour objet, ni pour effet, de fixer le pays à destination vers lequel il sera renvoyé et n'affectent donc pas, sur ce point, son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

13. Les moyens soulevés à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français étant écartés, M. D n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi serait fondée sur une décision illégale. Il ne peut ainsi exciper de l'illégalité de cette décision pour en demander l'annulation.

14. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

15. M. D soutient qu'il encourt des risques de traitements inhumains en cas de retour en Guinée dès lors qu'il est connu pour son adhésion et sa participation active aux manifestations organisées par le parti politique UFDG. S'il soutient avoir été identifié et répertorié par les autorités guinéennes comme activiste de ce parti politique, la seule production de plusieurs attestations de l'UFDG en Guinée et en France indiquant qu'il est membre de ce parti, ne suffit pas à démontrer la réalité de ses allégations. Enfin, s'il soutient que c'est pour ces même motifs qu'il a sollicité la protection internationale en France, il ressort des pièces du dossier que la Cour nationale du droit d'asile a définitivement rejeté sa demande le 20 octobre 2022.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

16. Les moyens soulevés à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français étant écartés, M. D n'est pas fondé à soutenir que la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an serait fondée sur une décision illégale.

17. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".

18. Il ressort des pièces du dossier que M. D est entré récemment sur le territoire français, pays dans lequel il ne justifie d'aucune insertion sociale particulière. En outre, le requérant, qui a vécu la majeure partie de son existence dans son pays d'origine, ne démontre ni même n'allègue, disposer de liens personnels, anciens et stables en France. Ainsi, et bien qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public et n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, la préfète de la Gironde, n'a pas commis d'erreur d'appréciation en lui interdisant le retour sur le territoire français pendant un an. Par ailleurs, la décision attaquée, qui a été précédée d'un examen suffisant de la situation de l'intéressé, est suffisamment motivée en fait comme en droit.

19. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 12, la décision attaquée ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

20. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 25 janvier 2023.

Sur les autres conclusions de la requête :

21. Dès lors que le présent jugement rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. D, ses conclusions présentées à fin d'injonction et d'astreintes, et celles relatives aux frais de l'instance ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. D est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et au préfet de la Gironde.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 avril 2023.

Le magistrat désigné,

M. E

La greffière,

S. CASTAIN La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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