jeudi 16 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2300918 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | LANNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 février 2023, M. A B, représenté par Me Lanne, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) suspendre l'exécution de la décision du 11 janvier 2023 par laquelle la préfète de la Gironde a opposé un refus d'instruire à sa demande de carte de résident ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de réexaminer sa demande de carte de résident et ce, dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et, dans l'attente d'une nouvelle décision, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
M. B soutient que :
- ressortissant ivoirien entré sur le territoire français le 22 octobre 2017, il a bénéficié d'une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " valable jusqu'au 8 janvier 2021 ;
- en couple depuis 2019 avec une étrangère titulaire d'une carte de résident, il a eu de cette dernière une enfant née le 15 décembre 2021, à qui le statut de réfugié a été reconnu le 31 août 2022 ;
- il a sollicité le 4 octobre 2022 la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 424-3 4° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision attaquée, qui le prive du droit au travail, l'empêche d'assumer ses charges financières et de subvenir aux besoins de sa famille, sa compagne étant à nouveau enceinte, de bénéficier des soins que son état de santé requiert et de formuler une demande de logement social ;
- la décision est entachée du vice de l'incompétence de son auteur ;
- la décision est intervenue à la suite d'une procédure irrégulière au regard des articles L. 121-1 et L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration, l'autorité préfectorale ne lui ayant pas préalablement demandé les pièces manquantes pour l'instruction de son dossier ;
- la décision repose sur une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il pouvait justifier de son lien de parenté avec sa fille bénéficiaire de la protection internationale ;
- la décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision, qui contrevient à l'intérêt supérieur de son enfant, méconnaît les stipulations des articles 3 et 16 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mars 2023, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête en faisant valoir que, le refus d'instruire étant erroné, M. B a été convoqué le 3 mars 2023 aux fins de se présenter aux services le 21 mars, pour l'enregistrement de sa demande de titre et la délivrance d'un récépissé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Bayle, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 28 février 2023 à 14h30, ont été entendus :
- le rapport de M. Bayle, juge des référés ;
- les observations de Me Lanne, représentant M. B, qui a pris acte de la convocation par les services de la préfecture de la Gironde et a conclu au maintien de la demande tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative si ses demandes aux fins de suspension et d'injonction étaient regardées comme dorénavant dépourvues d'objet.
Le préfet de la Gironde n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, M. A B a demandé au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 11 janvier 2023 par laquelle la préfète de la Gironde lui a opposé un refus d'instruire sa demande de titre de séjour.
Sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. A B, ressortissant ivoirien né le 5 avril 1990 à Abidjan, en Côte d'Ivoire, a déposé une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 424-3 4° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en tant que parent d'une enfant à qui la qualité de réfugié a été reconnue. Par la décision contestée du 11 janvier 2023, les services de la préfecture de la Gironde ont procédé à la clôture de la demande de l'intéressé, faute de justification du lien familial avec une personne bénéficiaire de la protection internationale. Toutefois, à la suite de la saisine du présent tribunal, le préfet de la Gironde, qui a admis que la clôture du dossier de M. B était erronée, a décidé de reprendre l'examen de la demande de ce dernier qui été invité, par lettre du 3 mars 2023, à se présenter aux services le 21 mars 2023 pour l'enregistrement de ladite demande et la remise d'un récépissé. La décision de l'autorité préfectorale a eu pour effet, implicitement mais nécessairement, de retirer le refus d'instruire précédemment prononcé et les conclusions aux fins de suspension comme la demande d'injonction sont devenues sans objet. Il n'y a donc pas lieu d'y statuer.
Sur la demande d'aide juridictionnelle à titre provisoire et les conclusions relatives aux frais de l'instance :
4. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard à la nature de la requête, sur laquelle il doit être statué en urgence, il y a lieu de prononcer l'admission provisoire de M. A B à l'aide juridictionnelle.
5. M. B étant admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle par la présente ordonnance, son conseil, Me Lanne, peut se prévaloir des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991. Par suite et dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 800 euros à Me Lanne au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, ce versement entraînant renonciation de Me Lanne à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
ORDONNE :
Article 1er : M. A B est admis à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. B aux fins de suspension et d'injonction.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 800 euros à Me Lanne, conseil de M. B, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 4 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au préfet de la Gironde et à Me Lanne.
Fait à Bordeaux, le 16 mars 2023.
Le juge des référés,
J-M. BAYLE La greffière,
H. MALO
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026