vendredi 31 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2301082 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | MEAUDE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 mars 2023, Mme B A, représentée par Me Meaude, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 3 février 2023 par laquelle la directrice territoriale de Bordeaux de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a retiré le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire et de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Mme A soutient que :
- de nationalité guinéenne, elle a fui son pays d'origine pour se réfugier en France où elle est entrée le 1er février 2022, pour solliciter l'asile, par une demande enregistrée le 2 mars 2022 ;
- alors que son passage en Espagne a été enregistré, elle a été convoquée à deux reprises par les services de la préfecture, le 31 mars 2022 et le 19 avril 2022, en vue de l'examen de son transfert selon la procédure organisée par les accords de Dublin, mais n'a pu se rendre à ces convocations pour des raisons de santé ;
- bien que la structure d'hébergement d'urgence pour demandeurs d'asile qui assure son logement ait informé les services des motifs de son absence aux convocations, l'autorité préfectorale l'a déclarée en fuite le 25 mai 2022 ;
- eu égard à sa situation de vulnérabilité, l'office français de l'immigration et de l'intégration a toutefois décidé, alors, de lui maintenir les conditions matérielles d'accueil ;
- par arrêté du 30 juin 2022, la préfète de la Gironde a prononcé son transfert aux autorités espagnoles mais elle n'a pu se rendre à la convocation fixée au 12 janvier 2023 pour l'exécution de cette mesure ;
- la décision de l'OFII l'empêchant de se maintenir en France dans de bonnes conditions, son état de santé étant particulièrement fragile, elle justifie d'une situation d'urgence ;
- la décision de l'OFII est contraire à l'article L. 551-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle a été informée de la remise en cause des conditions matérielles d'accueil en langue française, qu'elle ne comprend que très partiellement ;
- la décision est insuffisamment motivée au regard des exigences des articles L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- eu égard à sa situation de santé, la décision est entachée d'une erreur de droit dans l'application de l'article L. 551-16 précité ;
- l'OFII a méconnu l'obligation de notification d'intention de cessation des conditions matérielles d'accueil prévue par l'article D. 551-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision de l'OFII n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation ;
- cette décision repose sur une erreur manifeste d'appréciation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Bayle, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 3 février 2023 par laquelle la directrice territoriale de Bordeaux de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a retiré le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () " et aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Toutefois, l'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Pour l'application de ces dispositions, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Il ressort des pièces du dossier que Mme B A, ressortissante guinéenne née 12 mai 1984 à Coyah, en Guinée, serait entrée en France, le 1er février 2022 selon ses déclarations, venant d'Espagne. Elle a déposé une demande d'asile le 2 mars 2022 auprès des services de la préfecture de la Gironde. Dans le cadre de l'instruction de sa demande, et alors qu'il était établi qu'elle était passée par l'Espagne où ses empreintes ont été relevées, elle a été convoquée par les services de la préfecture d'abord le 31 mars 2022, puis le 19 avril 2022. Si, pour expliquer sa défaillance, elle se prévaut de la fragilité de son état de santé et excipe de ses nombreuses prises en charge par le service des urgences de l'hôpital de Pau, elle ne démontre pas que les jours en cause, elle était véritablement empêchée de satisfaire aux convocations. Le comportement de Mme A, qui avait pour effet de faire échec à la mise en œuvre des accords de Dublin sur la détermination de l'Etat responsable de sa demande d'asile, a conduit la préfète de la Gironde à la déclarer en fuite par décision du 8 juin 2022. Puis, Mme A a fait l'objet d'une décision de transfert aux autorités espagnoles par arrêté du 30 juin 2022. L'intéressée s'est abstenue de se présenter au rendez-vous fixé le 12 janvier 2023 pour son transfert. Dans ces conditions, Mme A ne peut se prévaloir d'aucun droit à séjourner sur le territoire français en tant que demandeur d'asile et, par suite, n'est plus au nombre des étrangers pouvant bénéficier des conditions matérielles d'accueil accordées par l'office français de l'immigration et de l'intégration, dans les missions duquel il n'entre pas la prise en charge, pour une durée en outre indéterminée, de l'étranger refusant d'exécuter la décision de transfert vers l'Etat responsable de sa demande d'asile en application des conventions internationales. Dès lors, la situation dans laquelle s'est placée Mme A, qui n'établit pas par ailleurs que les soins que son état de santé requiert ne pourraient être prodigués en Espagne, ne caractérise une urgence qui justifierait la suspension de l'exécution de la décision en litige. Il y a lieu, en conséquence, de faire application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter les conclusions de M. A aux fins de suspension.
Sur la demande d'aide juridictionnelle à titre provisoire et les conclusions relatives aux frais de l'instance :
5. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 visé ci-dessus : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard à la nature de la requête, sur laquelle il devait être statué en urgence, il y a lieu de prononcer l'admission provisoire de M. B A à l'aide juridictionnelle.
6. En revanche, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie dans la présente instance, la somme dont M. A demande le versement au profit de son conseil, en application de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : Mme B A est admise à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à Me Meaude.
Fait à Bordeaux, le 31 mars 2023.
Le juge des référés,
J-M. Bayle
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026