mercredi 24 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2301374 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JU-6 semaines |
| Avocat requérant | REIX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 17 mars, 31 mars et 16 mai 2023, Mme C, représenté par Me Marie Reix, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 17 février 2023 par lequel le préfet de la Dordogne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Dordogne de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte et de lui délivrer durant cet examen une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros hors taxes, soit 1 800 euros toutes taxes comprises, à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
Sur la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
- cette décision est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation dès lors qu'il n'est nullement fait mention de sa demande de titre de séjour fondée sur son parcours d'intégration en France et les 4 années de scolarisation réussie de ses enfants, envoyée par courrier électronique du 23 février 2023 et reçue le 24 février 2023, qui invoquait le paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- cette décision est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour ;
- cette décision est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- cette décision est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet s'est estimé en situation de compétence liée ;
- cette décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que ses trois enfants mineurs sont scolarisés depuis 4 ans en France et n'ont pas été scolarisés au Nigéria, qu'elle a suivi des cours de français et des formations et effectué du bénévolat, qu'elle est intégrée avec ses enfants au sein d'une église protestante dans laquelle elle s'investit et qu'une de ses filles, née en France, risque l'excision dans son pays ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- cette décision est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- cette décision méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle est chrétienne et d'ethnie igbo, qu'elle risque de subir des persécutions du fait de sa religion, que le risque d'excision est particulièrement élevé pour sa fille, que la situation sécuritaire au Nigéria s'est dégradée, qu'elle pourrait être exposée à des risques de châtiments corporels du fait de l'application de la charia et qu'elle risque d'être isolée du fait de son statut de femme seule.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 avril 2023, le préfet de la Dordogne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale de New York relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Jaouën, première conseillère, en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Jaouën et les observations orales de Me Trebesses, représentant Mme A, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens, le préfet de la Dordogne n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante nigériane née le 20 octobre 1995, est entrée irrégulièrement en France le 15 septembre 2019 selon ses déclarations. Elle a présenté une demande d'asile le 1er octobre 2019. Sa demande de protection internationale a été rejetée le 15 novembre 2021 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et le 7 décembre 2022 par la Cour nationale du droit d'asile. Par un arrêté du 17 février 2023, le préfet de la Dordogne refusé d'admettre Mme A au séjour au titre de l'asile, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée. Dans le cadre de la présente instance, Mme A demande au tribunal d'annuler l'ensemble des décisions précitées.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Par une décision du 25 avril 2023, le bureau d'aide juridictionnelle a accordé l'aide juridictionnelle totale à Mme A. Il s'ensuit qu'il n'y a pas lieu d'admettre l'intéressée au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
3. Il ressort des pièces du dossier que le courrier électronique par lequel Mme A a sollicité du préfet de la Dordogne la délivrance d'un titre de séjour au titre de l'admission exceptionnelle au séjour est daté du 23 février 2023, la préfecture en ayant accusé réception le lendemain. Cette demande de titre de séjour est donc postérieure à l'arrêté en litige, édicté le 17 février 2023. Ainsi, et alors même que cet arrêté n'aurait été notifié à la requérante que le 3 mars 2023, Mme A ne peut utilement se prévaloir de ce que le préfet n'aurait pas examiné sa demande d'admission exceptionnelle au séjour ni de ce que l'arrêté litigieux serait insuffisamment motivé s'agissant du rejet de cette demande. Ce moyen doit donc être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
4. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2. () Lorsque, dans le cas prévu à l'article L. 431-2, un refus de séjour a été opposé à l'étranger, la décision portant obligation de quitter le territoire français peut être prise sur le fondement du seul 4°. ".
5. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 3 que l'illégalité de la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour à Mme A n'est pas démontrée. Il s'ensuit que le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour ne peut qu'être écarté.
6. En deuxième lieu, l'arrêté contesté, qui n'avait pas à indiquer de manière exhaustive l'ensemble des éléments relatifs à la situation de l'intéressée, vise les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicables à la situation de la requérante et les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le préfet de la Dordogne énonce notamment que la demande d'asile présentée par Mme A a été rejetée par des décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 15 novembre 2021 et de la Cour nationale du droit d'asile du 7 décembre 2022 et qu'en conséquence, elle ne remplit pas les conditions pour se voir attribuer une carte de résident en application de l'article L. 424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le statut de réfugié ne lui ayant pas été octroyé, ou une carte de séjour temporaire sur le fondement de l'article L. 424-9 du même code, le bénéfice de la protection subsidiaire ne lui ayant pas été accordé. L'arrêté précise en outre les conditions d'entrée et de séjour en France de la requérante et examine les principaux éléments objectifs et concrets de sa vie privée et familiale. Il est notamment indiqué que l'entrée en France de Mme A, le 15 septembre 2019 selon ses déclarations, soit à l'âge de 24 ans, est récente, qu'elle se déclare mariée et mère de trois enfants nés en 2016, 2018 et 2019, qu'elle ne démontre pas être dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine, où elle a pu incontestablement tisser des liens privés et familiaux et qu'en conséquence, l'intensité, la stabilité et l'ancienneté de ses liens personnels et familiaux ainsi que ses conditions d'existence en France ne sont pas telles qu'un refus de séjour sur le territoire national puisse porter une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Enfin, l'arrêté indique que l'intéressée n'établit pas être exposée à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine, dont elle a la nationalité, ou dans tout autre pays pour lequel elle établit être légalement admissible, et qu'elle ne démontre pas encourir de risques quant à sa vie. Ces circonstances de droit et de fait sont suffisamment développées pour avoir mis utilement Mme A en mesure de comprendre et de discuter les motifs de cette décision. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que les décisions contenues dans l'arrêté contesté seraient insuffisamment motivées doit être écarté. Cette motivation démontre par ailleurs que le préfet a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de la requérante.
7. En troisième lieu, il ressort des termes de l'arrêté en litige, rappelés au point précédent, que contrairement à ce que soutient Mme A, le préfet ne s'est pas estimé lié par les décisions des instances chargées de l'asile mais a procédé à sa propre appréciation de la situation de la requérante, notamment en ce qui concerne les risques qu'elle allègue encourir en cas de retour dans son pays d'origine. Il en résulte que le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". En vertu du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatives, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
9. Mme A a déclaré être entrée en France de manière irrégulière le 15 septembre 2019 selon ses déclarations, de sorte qu'à supposer même que ses allégations soient établies, elle résidait en France depuis moins de trois ans et demi à la date de l'arrêté en litige, ce délai correspondant, au demeurant, à l'instruction de sa demande d'asile. Si elle justifie résider en France avec ses trois enfants mineurs, nés en 2016, 2018 et 2019, qui sont scolarisés, elle n'établit pas que la cellule familiale ne pourrait pas se reconstituer au Nigéria, pays dont elle-même et ses enfants ont la nationalité et où, au demeurant, il est constant que le père de ses enfants est retourné en décembre 2022. Eu égard à l'âge de ses enfants, scolarisés en France en maternelle et en cours préparatoire, elle n'établit pas que leur scolarité ne pourrait se poursuivre normalement au Nigéria. Il ressort en outre des pièces du dossier que la requérante, qui a vécu au Nigéria jusqu'à l'âge de 24 ans selon ses déclarations, n'y est pas dépourvue d'attaches privées et familiales, puisque ses parents et sa fratrie, notamment, y résident. Par ailleurs, si Mme A établit qu'elle apprend la langue française, a suivi une formation en vue d'une intégration professionnelle, effectue des actions de bénévolat auprès des Restos du cœur et s'investit dans les activités culturelles et sociales organisées par diverses associations et organismes ainsi qu'au sein d'une église protestante, ces éléments ne sont pas, à eux seuls, suffisants pour caractériser l'intensité des liens qu'elle aurait noués sur le territoire français, l'intéressée ne faisant en outre état d'aucune activité professionnelle. Enfin, Mme A, dont la demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides puis par la Cour nationale du droit d'asile, n'établit par aucun élément probant la réalité et l'actualité des craintes qu'elle allègue pour elle-même et ses enfants en cas de retour au Nigéria. Dans ces circonstances, elle n'est pas fondée à soutenir que la mesure d'éloignement dont elle fait l'objet porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale ou à l'intérêt supérieur de ses enfants une atteinte excessive. Les moyens tirés de la méconnaissance du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent, en conséquence, être écartés.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
10. Aux termes de l'article L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français mentionne le pays, fixé en application de l'article L. 721-3, à destination duquel l'étranger est renvoyé en cas d'exécution d'office. ". L'article L. 721-3 du même code dispose que : " L'autorité administrative fixe, par une décision distincte de la décision d'éloignement, le pays à destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, d'une interdiction de retour sur le territoire français, d'une décision de mise en œuvre d'une décision prise par un autre État, d'une interdiction de circulation sur le territoire français, d'une décision d'expulsion, d'une peine d'interdiction du territoire français ou d'une interdiction administrative du territoire français. ". En vertu de l'article L. 721-4 du même code : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Selon l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
11. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 4 à 9 que l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas établie. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision fixant le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée serait illégale de ce fait.
12. En second lieu, Mme A, dont la demande de protection internationale a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 15 novembre 2021 puis par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 7 décembre 2022, se borne à reprendre les éléments qu'elle a fait valoir devant ces instances s'agissant du risque d'excision auquel elle soutient que sa fille est soumise et, s'agissant des risques qu'elle allègue encourir du fait de sa religion, de la situation sécuritaire au Nigéria, de l'application de la charia et de son statut de femme seule, n'apporte pas de précisions suffisantes ni ne produit d'éléments probants alors qu'elle avait la possibilité de faire valoir ces éléments devant les instances chargées de l'asile, d'autant plus que la décision de la Cour nationale du droit d'asile était très récente à la date de l'arrêté en litige, soit environ deux mois, et qu'elle n'établit ni même n'allègue que des éléments nouveaux seraient survenus depuis cette décision. Ainsi, elle ne produit devant le tribunal aucun élément permettant d'établir, de manière plausible, qu'elle encourrait un risque réel, actuel et personnel d'être exposée à des traitements prohibés par l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour au Nigéria. Le moyen tiré de ce que cette décision aurait été édictée en méconnaissance de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, par suite, être écarté.
13. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions du 17 février 2023 par lesquelles le préfet de la Dordogne a refusé de l'admettre au séjour au titre de l'asile, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
14. Les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A ayant été rejetées, le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Il s'ensuit que les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
15. Dès lors que l'Etat n'est pas la partie perdante dans la présente instance, les conclusions présentées par Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C, au préfet de la Dordogne et à Me Marie Reix.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 mai 2023.
La magistrate désignée,
S. JAOUËNLa greffière,
S. CASTAIN
La République mande et ordonne au préfet de la Dordogne en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026