mercredi 24 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2301425 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | JU-6 semaines |
| Avocat requérant | LANNE |
Vu la procédure suivante :
I/ Par une requête n° 2301425 enregistrée le 20 mars 2023, Mme C B, représentée par Me Pierre Lanne, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 2 mars 2023 par lequel le préfet de Lot-et-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée d'un an ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- la compétence du signataire de l'arrêté en litige n'est pas établie ;
- les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination méconnaissent les articles L. 542-2 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'un retour dans son pays d'origine aurait pour conséquence de l'exposer à des traitements inhumains ou dégradants ;
- la décision portant interdiction de retour pendant une durée d'un an méconnaît les articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public, que cette décision pourrait constituer un obstacle à son retour en France pour y déposer une nouvelle demande d'asile si des faits nouveaux survenaient dans son pays d'origine et que le préfet aurait dû, pour des raisons humanitaires tenant à son statut de demandeur de protection internationale en France, s'abstenir de prendre cette décision.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mars 2023, le préfet de Lot-et-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 mai 2023.
II/ Par une requête n° 2301426 enregistrée le 20 mars 2023, M. D A, représenté par Me Pierre Lanne, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 2 mars 2023 par lequel le préfet de Lot-et-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée d'un an ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la compétence du signataire de l'arrêté en litige n'est pas établie ;
- les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination méconnaissent les articles L. 542-2 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'un retour dans son pays d'origine aurait pour conséquence de l'exposer à des traitements inhumains ou dégradants ;
- la décision portant interdiction de retour pendant une durée d'un an méconnaît les articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public, que cette décision pourrait constituer un obstacle à son retour en France pour y déposer une nouvelle demande d'asile si des faits nouveaux survenaient dans son pays d'origine et que le préfet aurait dû, pour des raisons humanitaires tenant à son statut de demandeur de protection internationale en France, s'abstenir de prendre cette décision.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mars 2023, le préfet de Lot-et-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 mai 2023.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Jaouën, première conseillère, en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Jaouën a été entendu au cours de l'audience publique. Mme B, M. A et le préfet de Lot-et-Garonne n'étaient ni présents ni représentés.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C B, ressortissante ivoirienne née le 1er octobre 1986, et M. D A, ressortissant ivoirien né le 3 juillet 1978, ont déclaré être entrés en France de manière irrégulière le 12 avril 2021 en compagnie de leur fille née en 2017. Une deuxième fille est née de leur union le 16 septembre 2022. Ils ont sollicité le bénéfice de l'asile le 5 mai 2021, en leur nom et pour leur fille aînée. Par une décision du 31 mai 2022, notifiée le 27 juin 2022, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté leur demande et la Cour nationale du droit d'asile a confirmé ce refus par une décision du 3 novembre 2022, notifiée le 21 novembre 2022. Par des arrêtés du 2 mars 2023, le préfet de Lot-et-Garonne a refusé de leur délivrer un titre de séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel ils sont susceptibles d'être éloignés et a prononcé à leur encontre une interdiction de retour sur le territoire pour une durée d'un an. Par les présentes requêtes, Mme B et M. A demandent au tribunal d'annuler ces décisions.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n° 2301425 et n° 2301426, présentées respectivement pour Mme B et M. A, concernent la situation d'un couple et présentent à juger des questions semblables. Elles ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
3. Par des décisions du 9 mai 2023, le bureau d'aide juridictionnelle a accordé l'aide juridictionnelle totale à Mme B et M. A. Il s'ensuit qu'il n'y a pas lieu d'admettre les intéressés au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, M. Florent Farge, secrétaire général de la préfecture de Lot-et-Garonne, signataire des arrêtés attaqués, bénéficiait, en vertu d'un arrêté du préfet de Lot-et-Garonne du 28 décembre 2021, régulièrement publié le 30 décembre 2021 au recueil des actes administratifs spécial n° 47-2021-220 de la préfecture, d'une délégation de signature à l'effet de signer, notamment, " toutes décisions de refus de délivrance de titres de séjour " et " toutes décisions d'éloignement et décisions accessoires s'y rapportant prises en application du livre VI du CESEDA ", au nombre desquelles figurent les décisions en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions en litige doit être écarté.
5. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci. ". Aux termes de l'article L. 542-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : / 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : a) une décision d'irrecevabilité prise en application des 1° ou 2° de l'article L. 531-32 ; / b) une décision d'irrecevabilité en application du 3° de l'article L. 531-32, en dehors du cas prévu au b du 2° du présent article ; / c) une décision de rejet ou d'irrecevabilité dans les conditions prévues à l'article L. 753-5 ; / d) une décision de rejet dans les cas prévus à l'article L. 531-24 et au 5° de l'article L. 531-27 ; / e) une décision de clôture prise en application des articles L. 531-37 ou L. 531-38 ; l'étranger qui obtient la réouverture de son dossier en application de l'article L. 531-40 bénéficie à nouveau du droit de se maintenir sur le territoire français ; / 2° Lorsque le demandeur : / a) a informé l'office du retrait de sa demande d'asile en application de l'article L. 531-36 ; / b) a introduit une première demande de réexamen, qui a fait l'objet d'une décision d'irrecevabilité par l'office en application du 3° de l'article L. 531-32, uniquement en vue de faire échec à une décision d'éloignement ; / c) présente une nouvelle demande de réexamen après le rejet définitif d'une première demande de réexamen ; / d) fait l'objet d'une décision définitive d'extradition vers un Etat autre que son pays d'origine ou d'une décision de remise sur le fondement d'un mandat d'arrêt européen ou d'une demande de remise par une cour pénale internationale. / Les dispositions du présent article s'appliquent sous réserve du respect des stipulations de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951, et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. ".
6. D'autre part, aux termes de l'article L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français mentionne le pays, fixé en application de l'article L. 721-3, à destination duquel l'étranger est renvoyé en cas d'exécution d'office. ". L'article L. 721-3 du même code dispose que : " L'autorité administrative fixe, par une décision distincte de la décision d'éloignement, le pays à destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, d'une interdiction de retour sur le territoire français, d'une décision de mise en œuvre d'une décision prise par un autre État, d'une interdiction de circulation sur le territoire français, d'une décision d'expulsion, d'une peine d'interdiction du territoire français ou d'une interdiction administrative du territoire français. ". En vertu de l'article L. 721-4 du même code : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Selon l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
7. Tout d'abord, Mme B et M. A ne peuvent utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que leur situation ne correspond à aucun des cas d'application de ces dispositions. Ensuite, et en tout état de cause, Mme B et M. A, dont la demande de protection internationale a été rejetée par des décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 31 mai 2022 et de la Cour nationale du droit d'asile du 3 novembre 2022, n'apportent devant le tribunal aucune précision ni ne produisent aucun élément permettant d'établir, de manière plausible, qu'ils encourraient un risque réel, actuel et personnel d'être exposé à des traitements prohibés par l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour en Côte d'Ivoire. Il s'ensuit qu'ils ne sont pas fondés à soutenir que les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination méconnaissent les articles L. 542-2 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français (). ". L'article L. 612-7 du même code dispose que : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. () ". Selon l'article L. 612-8 du même code : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". L'article L. 612-10 du même code dispose que : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français (). ".
9. Mme B et M. A sont entrés sur le territoire français le 12 avril 2021 selon leurs déclarations, soit moins de deux ans avant l'édiction des arrêtés litigieux, ce délai correspondant, au demeurant, à la période d'instruction de leur demande d'asile. Les intéressés ne justifient ni de liens stables et intenses au sein de la société française, ni d'une intégration sociale ou professionnelle en France, et n'établissent pas être dépourvus d'attaches privées et familiales en Côte d'Ivoire, pays dans lequel ils ont vécu jusqu'aux âges respectifs de 34 et 43 ans. Par ailleurs, si les requérants sont venus en France accompagnés de leur fille aînée, née en 2017, la demande d'asile présentée pour cette dernière a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 31 mai 2022 puis par la Cour nationale du droit d'asile le 3 novembre 2022 et la naissance en France de leur seconde fille le 16 septembre 2022 ne suffit pas à les faire regarder comme bénéficiant de liens intenses, stables et durables sur le territoire. En outre, les intéressés n'établissent pas que leur cellule familiale ne pourrait se reconstituer en Côte d'Ivoire, pays dont eux-mêmes et leurs filles ont la nationalité, ou dans tout autre pays. Enfin, les requérants, qui ont perdu le statut de demandeur d'asile à la suite du rejet de leur demande de protection internationale, ne justifient ni de circonstances humanitaires de nature à faire obstacle à une interdiction de retour sur le territoire français, ni, ainsi qu'il a été dit au point 7, des risques qu'ils allèguent encourir dans leur pays d'origine. Ainsi, et alors même que leur comportement ne représenterait pas une menace pour l'ordre public, qu'ils n'auraient fait l'objet d'aucune précédente mesure d'éloignement et que le prononcé d'une interdiction de retour ne constitue, en application de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'une faculté pour le préfet, ils ne sont pas fondés à soutenir que la décision leur interdisant de retourner sur le territoire français méconnaîtrait les articles L. 612-8 et L. 612-10 du code précité ou serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par Mme B et M. A aux fins d'annulation des arrêtés du préfet de Lot-et-Garonne du 2 mars 2023 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Dès lors que l'Etat n'est pas la partie perdante dans la présente instance, les conclusions présentées par Mme B et M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de Mme B et M. A sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à M. D A, au préfet de Lot-et-Garonne et à Me Pierre Lanne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 mai 2023.
La magistrate désignée,
S. JAOUËNLa greffière,
S. CASTAIN
La République mande et ordonne au préfet de Lot-et-Garonne en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Nos 2301425
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026