mercredi 12 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2302010 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | WEISS |
Vu la procédure suivante :
Par une demande, enregistrée le 7 mars 2023, Mme B demande au tribunal, afin d'obtenir l'exécution de l'ordonnance n°2205867 du 30 novembre 2022 :
1°) d'enjoindre au ministre de l'éducation nationale de la réintégrer dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
2°) d'assortir l'injonction à réexamen prononcée le 30 novembre 2022 d'une astreinte de 500 euros par jour de retard dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient que l'exécution de la décision de suspension implique que soit prononcée sa réintégration à la date de notification de l'ordonnance du juge des référés, et que soient tirées toutes les conséquences de cette réintégration, notamment en lui versant les sommes correspondant aux rémunérations dont elle a été privée à la date de notification de l'ordonnance de suspension, à l'exclusion des indemnités liées à l'exercice effectif du service ; l'administration ne s'étant pas davantage prononcée sur sa titularisation, alors qu'elle devait le faire avant le 6 mars 2023, des astreintes devraient être prononcées à l'appui de ces deux injonctions.
Par une ordonnance en date du 24 avril 2023, la présidente du tribunal administratif a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle.
Vu :
- l'ordonnance n°2205867 du 30 novembre 2022 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative ;
Vu la décision du 4 janvier 2023 par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. A pour exercer les fonctions de juge des référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
L'affaire a été appelée à l'audience du 6 juillet 2023 à 10h, en l'absence des parties et de leurs représentants.
La clôture de l'instruction a été reportée au 11 juillet 2022 à 12h, en application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Par un mémoire, enregistré le 6 juillet 2023, la rectrice de l'académie de Bordeaux conclut au non-lieu à statuer.
La rectrice de l'académie de Bordeaux soutient que l'ordonnance du 30 novembre 2022 a été entièrement exécutée.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ". Et aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. / Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ".
2. Il résulte de ces dispositions qu'en l'absence de définition, par le jugement ou l'arrêt dont l'exécution lui est demandée, des mesures qu'implique nécessairement cette décision, il appartient au juge saisi sur le fondement de l'article L. 911-4 du CJA d'y procéder lui-même en tenant compte des situations de droit et de fait existant à la date de sa décision. Si la décision faisant l'objet de la demande d'exécution prescrit déjà de telles mesures en application de l'article L. 911-1 du même code, il peut, dans l'hypothèse où elles seraient entachées d'une obscurité ou d'une ambigüité, en préciser la portée. Le cas échéant, il lui appartient aussi d'en édicter de nouvelles en se plaçant, de même, à la date de sa décision, sans toutefois pouvoir remettre en cause celles qui ont précédemment été prescrites ni méconnaître l'autorité qui s'attache aux motifs qui sont le soutien nécessaire du dispositif de la décision juridictionnelle dont l'exécution lui est demandée. Il appartient au juge saisi sur le fondement de l'article L. 911-4 d'apprécier l'opportunité de compléter les mesures déjà prescrites ou qu'il prescrit lui-même par la fixation d'un délai d'exécution et le prononcé d'une astreinte suivi, le cas échéant, de la liquidation de celle-ci, en tenant compte tant des circonstances de droit et de fait existant à la date de sa décision que des diligences déjà accomplies par les parties tenues de procéder à l'exécution de la chose jugée ainsi que de celles qui sont encore susceptibles de l'être.
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 521-1 du même code : " Quand une décision administrative () fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. / () La suspension prend fin au plus tard lorsqu'il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision ".
4. Il ressort de ces dispositions que la suspension de l'exécution d'une décision administrative présente le caractère d'une mesure provisoire. Ainsi, elle n'emporte pas les mêmes conséquences qu'une annulation prononcée par le juge administratif, laquelle a une portée rétroactive ; en particulier, elle ne prend effet qu'à la date à laquelle la décision juridictionnelle ordonnant la suspension est notifiée à l'auteur de la décision administrative contestée. Dans le cas où cette dernière a pour objet l'éviction du service d'un agent public, il appartient à l'autorité administrative, pour assurer l'exécution de la décision juridictionnelle, de prononcer la réintégration de l'agent à la date de ladite notification et d'en tirer toutes les conséquences.
5. Par une ordonnance n°2205867 du 30 novembre 2022, le juge des référés du tribunal a suspendu l'exécution de l'arrêté du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse du 20 septembre 2022 prononçant le licenciement de Mme B, psychologue stagiaire de l'éducation nationale, a enjoint au ministre de réunir le jury de titularisation afin que celui-ci évalue de nouveau son aptitude professionnelle et de prendre une nouvelle décision au vu de sa délibération, dans un délai de trois mois à compter de la notification de l'ordonnance. Le juge des référés a également mis à la charge de l'Etat le versement à Mme B d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Cette ordonnance a été notifiée au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse le 2 décembre 2022.
6. Même si l'ordonnance ne le précise pas, le juge des référés n'étant pas saisi de conclusions en ce sens, celle-ci implique nécessairement, outre qu'une nouvelle décision soit prise sur la situation de Mme B à l'issue de son stage, la réintégration provisoire de l'agent à compter de cette date. Toutefois, il résulte de l'instruction que, au vu d'une délibération du jury académique en date du 23 février 2023, le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse a prononcé le licenciement de Mme B à compter de la notification de ce nouvel arrêté, en date du 22 mai 2023. Il en résulte que les conclusions tendant à ce que soit ordonnée sa réintégration, ainsi que les conclusions tendant à ce qu'une astreinte soit prononcée à l'encontre de l'Etat à fin d'exécution de l'injonction à réexamen prononcée par le juge des référés sont désormais dépourvues d'objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer, sans préjudice de l'indemnisation des éventuels préjudices subis par l'intéressée du fait de son licenciement, au vu notamment de la décision par laquelle il sera statué sur la requête en annulation introduite par Mme B.
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'Etat une somme au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte de Mme B.
Article 2 : Les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera transmise pour information à la rectrice de l'académie de Bordeaux.
Fait à Bordeaux, le 12 juillet 2023.
Le juge des référés,La greffière,
J. AC. GIOFFRE
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026