LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2302378

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2302378

jeudi 6 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2302378
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationJU-6 semaines
Avocat requérantREIX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 mai 2023, M. C A B, représenté par Me Marie Reix, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 24 juin 2022 par lequel le préfet de la Dordogne lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de six mois ;

2°) d'enjoindre à la préfecture de lui délivrer un titre de séjour, à défaut de réexaminer sa situation et lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de travail ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros TTC, à verser à son conseil en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'obligation de quitter le territoire français, qui ne fait pas état de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour, est entachée d'un défaut de motivation et d'examen particulier de sa situation ;

- cette décision méconnait l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que la préfecture n'a pas répondu à sa demande de titre de séjour ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;

- la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire motivée par le risque qu'il se soustrait à une mesure d'éloignement n'est pas fondée dès lors qu'il réside en France depuis plus de sept années, détient un passeport, un justificatif de domicile, une promesse d'embauche et une famille française ;

- elle méconnait les articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- l'interdiction de retour est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire ;

- cette décision est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des articles L. 612 6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision fixant le pays de renvoi est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2023, le préfet de la Dordogne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la requête enregistrée le 9 mai 2023, soit après l'expiration du délai de recours contentieux de quarante-huit heures, est tardive et par suite irrecevable.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Aurélie Chauvin pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Aurélie Chauvin a été entendu au cours de l'audience publique, à laquelle les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C A B, ressortissant marocain né le 5 octobre 1996, déclare être entré en France le 1er février 2016. Le 12 juin 2017 puis le 19 novembre 2019, il a sollicité une carte de séjour en qualité d'étranger malade. Par arrêté du 17 juin 2020, le préfet de la Dordogne a rejeté cette demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par un arrêté du 26 janvier 2022, la Cour administrative d'appel de Bordeaux a confirmé le jugement du 10 février 2021 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux avait rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté qu'il n'a pas exécuté. Le 24 juin 2022, il a été interpellé alors qu'il travaillait de manière non déclarée sur un chantier, et a fait l'objet d'un arrêté du préfet de la Dordogne lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de six mois. Par la présente requête, il demande l'annulation de cet arrêté.

Sur la fin de non-recevoir opposée par le préfet de la Dordogne :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. / Les dispositions du présent chapitre sont applicables au jugement de la décision fixant le pays de renvoi contestée en application de l'article L. 721-5 () ". Aux termes de l'article L. 614-6 du même code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure. / Il est statué sur ce recours selon la procédure et dans les délais prévus, selon le fondement de la décision portant obligation de quitter le territoire français, aux articles L. 614-4 ou L. 614-5. ".

3. D'autre part, aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ". Aux termes de l'article R. 776-2 du même code : " / () / II.- Conformément aux dispositions de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification par voie administrative d'une obligation de quitter sans délai le territoire français fait courir un délai de quarante-huit heures pour contester cette obligation et les décisions relatives au séjour, à la suppression du délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément.". Enfin, aux termes de l'article R. 776-19 du même code : " Si, au moment de la notification d'une décision mentionnée à l'article R. 776-1, l'étranger est retenu par l'autorité administrative, sa requête peut valablement être déposée, dans le délai de recours contentieux, auprès de ladite autorité administrative./ Dans le cas prévu à l'alinéa précédent, mention du dépôt est faite sur un registre ouvert à cet effet. Un récépissé indiquant la date et l'heure du dépôt est délivré au requérant.

4. Depuis l'entrée en vigueur des articles R. 776-19, R. 776-29 et R. 776-31 du code de justice administrative, il incombe à l'administration de faire figurer, dans la notification, notamment, d'une obligation de quitter le territoire français sans délai à un étranger retenu ou détenu, la possibilité de déposer sa requête dans le délai de recours contentieux auprès de l'administration chargée de la rétention ou du chef de l'établissement pénitentiaire.

5. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué du 24 juin 2022 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français, a été notifié en main propre à M. A B, le 25 juin 2022 à 8 heures, en présence d'un interprète. Si la notification de cet arrêté comportait l'indication des voies et délais de recours précisant que le recours contentieux devait être effectué dans un délai de quarante-huit heures, elle ne mentionnait pas la possibilité de déposer une requête contre cette décision, dans le délai de recours, auprès de l'administration chargée de la rétention, alors qu'il est constant que M. A B était placé en rétention administrative dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire depuis la fin de la période de retenue. Dès lors, le requérant est fondé à soutenir que le délai de recours ne lui était pas opposable. Il suit de là que la fin de non-recevoir opposée par le préfet de la Dordogne et tirée de la tardiveté de la requête doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

6. Il ressort des pièces du dossier et n'est pas contesté en défense que par courriel du 10 mars 2022, soit antérieurement aux décisions litigieuses, M. A B a adressé à la préfecture de la Dordogne, une demande d'admission exceptionnelle au séjour au titre de la vie privée et familiale. Cette demande était accompagnée de plusieurs pièces justificatives et d'une lettre explicative dans laquelle il se prévalant notamment de sa présence en France depuis plus de sept ans, auprès de sa mère, titulaire d'une carte de séjour valable dix ans, à l'état de santé dégradé, et de son demi-frère, mineur de nationalité française qu'il déclarait accompagner à l'école et aux activités extra-scolaires, de sa situation médicale qui a nécessité une intervention chirurgicale et une convalescence ainsi que d'une promesse d'embauche auprès d'une association située à proximité de son domicile. Il ressort également des pièces du dossier que par courrier du 25 mai 2022, le requérant a transmis divers documents sollicités par courrier de la préfecture du 9 mai 2022 dans le cadre de l'instruction de sa demande. Or, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet de la Dordogne a estimé que l'intéressé n'avait jamais sollicité la régularisation de sa situation administrative en France et n'a pas examiné la possibilité de lui délivrer un titre de séjour à titre exceptionnel sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, M. A B est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 24 juin 2022 par lequel le préfet de la Dordogne lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de six mois, pour défaut d'examen.

7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que l'arrêté du 24 juin 2022 doit être annulé.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

8. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure. ".

9. Le présent jugement implique seulement, eu égard à ses motifs, que le préfet de la Dordogne se prononce à nouveau sur la situation de M. A B et procède à l'examen de sa demande d'admission exceptionnelle au titre de la vie privée et familiale. Il y a lieu de lui enjoindre d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de délivrer au requérant un récépissé de demande de titre l'autorisant à travailler. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par M. A B et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 24 juin 2022 par lequel le préfet de la Dordogne a fait obligation à M. A B de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de six mois est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Dordogne de procéder au réexamen de la situation de M. A B dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera à M. A B une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A B est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C A B, à Me Marie Reix et au préfet de la Dordogne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2023.

La magistrate désignée,

A. Chauvin

La greffière,

S. Castain

La République mande et ordonne au préfet de la Dordogne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions