mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2302481 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL BARRET - BERTRANDON - JAMOT - MALBEC - TAILHADES |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance de renvoi n° 2307360, la présidente de la 5ème section du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Bordeaux la requête enregistrée le 30 mars 2023 au greffe du tribunal administratif de Paris.
Par cette requête et un mémoire, enregistrés au greffe du tribunal administratif de Bordeaux le 29 avril 2024, M. B A, représenté par Me Bertrandon, demande au tribunal :
1°) d'annuler les arrêtés du 25 novembre 2022 et du 22 février 2023 du préfet délégué pour la défense et la sécurité de la zone Sud-Ouest portant refus de l'octroi d'un congé de longue durée et placement en disponibilité d'office pour raison de santé ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder au réexamen de sa situation, de lui verser les différences de traitement dont il a été illégalement privé sur sa période de disponibilité et de le reconstituer ses droits à avancement ainsi que ses droits à la retraite, ce dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté du 25 novembre 2022 :
- l'arrêté du 25 novembre 2022 a été pris au vu d'un avis du comité médical irrégulier rendu en méconnaissance de l'article 12 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 et entaché d'une contradiction interne ;
- il est entaché d'un défaut de motivation au regard des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation de sa situation au regard des dispositions des articles L. 822-12 à L. 822-17 du code général de la fonction publique dès lors que sa situation médicale répond aux critères pour l'octroi d'un congé de longue durée ;
- l'administration a commis une erreur de droit en lui opposant le critère du caractère invalidant et de gravité confirmée de sa pathologie dès lors que celui-ci n'est pas requis pour le positionnement en congé de longue durée ;
- l'administration a méconnu l'article L. 514-1 du code général de la fonction publique dès lors qu'à la date de son placement en disponibilité d'office pour raison de santé, il n'avait pas épuisé ses droits à congé maladie et pouvait prétendre au congé de longue durée ;
- l'administration s'est cru, à tort, en situation de compétence liée par l'avis défavorable du comité médical.
En ce qui concerne l'arrêté du 22 février 2023 :
- l'illégalité de l'arrêté du 25 novembre 2022 privé de base légale l'arrêté du 22 février 2023.
En ce qui concerne les deux arrêtés :
- ils sont contraires au principe de non-rétroactivité des actes administratifs en ce qu'ils prennent effet le 15 octobre 2022 ;
- ils constituent une sanction disciplinaire déguisée ;
- ils sont entachés d'un détournement de procédure et participent du harcèlement moral dont il a été victime.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 mars 2024, le préfet délégué pour la défense et la sécurité de la zone Sud-Ouest conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 23 avril 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 10 mai 2024.
En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées le 29 août 2024 de ce que le tribunal était susceptible de constater un non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 25 novembre 2022 en raison de son retrait par l'article 3 de l'arrêté du 22 février 2023.
Par un mémoire enregistré le 3 septembre 2024, M. A a présenté ses observations sur ce moyen d'ordre public.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique,
- le décret n° 85-986 du 16 septembre 1985 relatif au régime particulier de certaines positions des fonctionnaires de l'Etat, à la mise à disposition, à l'intégration et à la cessation définitive de fonctions,
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publiques et au régime de congés de maladie des fonctionnaires,
- le décret n° 2022-353 du 11 mars 2022 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Josserand, rapporteur,
- les conclusions de Mme Caste, rapporteure publique ;
- et les observations de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A est brigadier de police depuis le 1er novembre 2007. Il a été placé en congé de maladie ordinaire du 15 octobre 2021 au 30 octobre 2022. Le 25 mars 2022, il a sollicité son placement en congé de longue durée. Le 8 novembre 2022, le conseil médical a émis un avis négatif sur cette demande, au motif que la maladie dont était atteint l'intéressé ne présentait pas un caractère invalidant et de gravité confirmé, et s'est prononcé en faveur d'un temps partiel thérapeutique à hauteur de 50 % de son temps de travail. Par un arrêté du 25 novembre 2022, le préfet de la zone de défense et de sécurité Sud-Ouest a placé M. A en position de disponibilité d'office pour raison de santé, à compter du 15 octobre 2022 et pour une durée de six mois. Par un second arrêté du 22 février 2023, le préfet a retiré ce premier arrêté et a placé M. A en position de disponibilité d'office pour raison de santé du 15 octobre 2022 jusqu'au 7 février 2023. M. A demande l'annulation des arrêtés du 25 novembre 2022 et du 22 février 2023.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Le juge de l'excès de pouvoir ne peut, en principe, déduire d'une décision juridictionnelle rendue par lui-même ou par une autre juridiction qu'il n'y a plus lieu de statuer sur des conclusions à fin d'annulation dont il est saisi, tant que cette décision n'est pas devenue irrévocable. Il en va toutefois différemment lorsque, faisant usage de la faculté dont il dispose dans l'intérêt d'une bonne administration de la justice, il joint les requêtes pour statuer par une même décision, en tirant les conséquences nécessaires de ses propres énonciations. Dans cette hypothèse, toutes les parties concernées seront, en cas d'exercice d'une voie de recours, mises en cause, et celle à laquelle un non-lieu a été opposé, mise à même de former, si elle le souhaite, un recours incident contre cette partie du dispositif du jugement. A ce titre, lorsque le juge est parallèlement saisi de conclusions tendant, d'une part, à l'annulation d'une décision et, d'autre part, à celle de son retrait et qu'il statue par une même décision, il lui appartient de se prononcer sur les conclusions dirigées contre le retrait puis, sauf si, par l'effet de l'annulation qu'il prononce, la décision retirée est rétablie dans l'ordonnancement juridique, de constater qu'il n'y a plus lieu pour lui de statuer sur les conclusions dirigées contre cette dernière.
En ce qui concerne l'arrêté du 22 février 2023 :
3. En premier lieu, les décisions administratives ne peuvent légalement disposer que pour l'avenir. S'agissant des décisions relatives à la carrière des fonctionnaires ou des militaires, l'administration ne peut déroger à cette règle générale en leur conférant une portée rétroactive que dans la mesure nécessaire pour assurer la continuité de la carrière de l'agent intéressé ou procéder à la régularisation de sa situation.
4. Aux termes de l'article 48 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires, auquel renvoie l'article 43 du décret du 16 septembre 1985 relatif au régime particulier de certaines positions des fonctionnaires de l'État : " La mise en disponibilité prévue aux articles 27 et 47 du présent décret est prononcée après avis du conseil médical sur l'inaptitude du fonctionnaire à reprendre ses fonctions. / Elle est accordée ou renouvelée par période de six à douze mois dans la limite de trois ans consécutifs ".
5. Il ressort des pièces du dossier que la décision du 22 février 2023 plaçant M. A en position de disponibilité d'office pour raison de santé pour la période du 15 octobre 2022 au 7 février 2023 a pour objet de le placer dans une position régulière au terme de son congé maladie ordinaire et après avis du conseil médical le 2 juillet 2023, et ainsi d'assurer la continuité de sa carrière jusqu'au 7 février 2023, date de sa reprise effective de fonctions. Par suite, le moyen tiré de rétroactivité illégale de l'arrêté doit être écarté.
6. En deuxième lieu, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que la décision le plaçant en disponibilité d'office, fondée ainsi que dit au point précédent sur son état de santé, constitueraient une sanction déguisée. Il ne ressort pas non plus des pièces du dossier que son adoption serait entachée d'un quelconque détournement de procédure. Enfin, le requérant ne saurait utilement soutenir que la décision le plaçant en disponibilité d'office serait illégale au motif qu'elle relèverait de faits de harcèlement à son encontre. Par suite, ces différents moyens seront écartés.
7. En troisième lieu, l'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière décision a été prise pour l'application du premier acte ou s'il en constitue la base légale. Dès lors que l'arrêté du 25 novembre 2022 ne constitue pas la base légale de l'arrêté du 22 février 2023, qui au contraire le retire et n'a pas été non plus pris pour son application, le requérant ne saurait utilement exciper de l'illégalité du premier à l'appui de conclusions dirigées contre le second.
En ce qui concerne l'arrêté du 25 novembre 2022 :
8. Compte-tenu de ce qui a été dit au point 2, l'arrêté du 22 février 2023 ayant retiré l'arrêté du 25 novembre 2022, n'y a plus lieu pour lui de statuer sur les conclusions dirigées contre ce dernier.
Sur les autres conclusions :
9. En premier lieu, compte-tenu de ce qui précède, les conclusions à fin d'injonction de M. A doivent être rejetées.
10. En second lieu, l'État n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, les conclusions de la requête présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions dirigées contre l'arrêté du 22 février 2023 sont rejetées.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. A dirigées contre l'arrêté du 25 novembre 2023.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et de l'outremer. Copie en sera adressée au préfet de la zone de défense et de sécurité Sud-Ouest.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Bourgeois, président,
Mme Caste, première conseillère,
M. Josserand, premier conseiller.
Lu en audience publique le 1er octobre 2024
Le rapporteur,
L. JOSSERAND
Le président,
M. BOURGEOIS La greffière,
I. MONTANGON
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui la concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026