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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2302587

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2302587

mardi 4 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2302587
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation5ème Chambre
Avocat requérantAYMARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 mai 2023, Mme D A, représentée par Me Aymard, avocat, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 18 avril 2023 par lequel le préfet de la Gironde a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour mention " salarié " sur le fondement combiné des articles L. 435-1 et L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, ou à défaut de réexaminer sa situation et de lui remettre, dans cet intervalle, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement à son conseil d'une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :

- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente, dès lors qu'il n'est pas établi que son signataire disposait d'une délégation de signature régulièrement publiée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- l'illégalité de la décision de refus de séjour entraîne par voie de conséquence la privation de base légale de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

S'agissant de la décision portant interdiction de quitter le territoire français pour une durée de deux ans :

- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français entraîne par voie de conséquence la privation de base légale de la décision portant interdiction de quitter le territoire français pour une durée de deux ans ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation de sa situation personnelle, tant dans le principe que dans la durée de la mesure édictée.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 juin 2023, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord du 23 septembre 2006 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Sénégal relatif à la gestion concertée des flux migratoires ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Molina-Andréo, rapporteure,

- et les observations de Me Aymard, représentant Mme A présente.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D A, ressortissante de nationalité sénégalaise née le 2 février 1974, déclare être entrée en France le 7 décembre 2010 munie d'un visa de type C. Le 8 avril 2014, elle a sollicité son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement des anciennes dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, désormais codifiées à l'article L. 435-1 de ce code. Par un arrêté du 11 juin 2014, dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Bordeaux le 21 octobre 2014 puis par la cour administrative d'appel de Bordeaux le 16 avril 2015, le préfet de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Mme D n'a pas exécuté cet arrêté et, par un courrier du 12 février 2019, elle a formulé une nouvelle demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions précitées, ainsi que des anciennes dispositions de l'article L. 313-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dorénavant codifiées à l'article L. 421-1 de ce même code. Par un arrêté du 20 avril 2021, dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 2 novembre 2020, la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par un arrêt du 11 octobre 2022, la cour administrative d'appel de Bordeaux a toutefois annulé ce jugement ainsi que l'arrêté contesté au motif tiré d'un vice de procédure et a enjoint à la préfète de la Gironde de réexaminer la demande d'admission exceptionnelle au séjour présentée par l'intéressée. Par un arrêté du 18 avril 2023, dont Mme A demande l'annulation, le préfet de la Gironde a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :

2. Il ressort de la consultation du site internet de la préfecture de la Gironde, librement accessible à tous, que Mme F, cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, de l'ordre public et du contentieux, bénéficiait, par arrêté du 31 mars 2023, publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial n° 33-2023-021, d'une délégation de signature lui permettant de signer la décision attaquée au nom du préfet de la Gironde, en cas d'absence ou d'empêchement de M. C, directeur des migrations et de l'intégration, et de Mme B E, directrice adjointe des migrations et de l'intégration. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. C et Mme E n'auraient pas été absents ou empêchés le jour de la signature de l'acte contesté. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de cet acte doit être écarté comme manquant en fait.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".

4. En présence d'une demande de régularisation présentée sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'autorité administrative doit d'abord vérifier si des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels justifient la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale ", ensuite, en cas de motifs exceptionnels, si la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire " est envisageable. Un demandeur qui justifie d'une promesse d'embauche ne saurait être regardé, par principe, comme attestant des " motifs exceptionnels " exigés par la loi. Il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner notamment si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, dans un métier et une zone géographique caractérisés par des difficultés de recrutement, de même que tout élément de sa situation personnelle tel que par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer des motifs exceptionnels d'admission au séjour.

5. Il est constant que Mme A réside en France depuis plus de dix ans à la date de la décision attaquée. S'agissant de sa vie privée et familiale, si la requérante se prévaut d'une relation de couple avec un ressortissant français depuis trois ans à la date de la décision attaquée, la seule attestation de ce dernier, qui indique qu'ils ne vivent pas ensemble, habitent à deux heures aller-retour en transport en commun l'un de l'autre et ne précise pas à quelle fréquence ils se rencontrent, n'est pas de nature à établir la réalité, l'intensité et la stabilité des liens qu'ils entretiennent. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme A serait dépourvue de toutes attaches dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de 36 ans et dans lequel réside toujours un de ses deux fils et ses parents dont il n'est pas établi qu'ils seraient décédés. S'agissant de son intégration professionnelle, il ressort des pièces du dossier que la requérante n'a déclaré aucun revenu pour les années 2012, 2013 et 2014. Si elle a travaillé de décembre 2014 à novembre 2018 en qualité d'agent de service, c'est en méconnaissance d'une mesure d'éloignement prise à son encontre par le préfet de la Gironde le 11 juin 2014, dont la légalité a, ainsi qu'il a été dit plus haut, été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Bordeaux le 21 octobre 2014 puis par la cour administrative d'appel de Bordeaux le 16 avril 2015, ainsi que par l'usage d'une carte d'identité italienne contrefaite qui a donné lieu à une condamnation à une peine d'emprisonnement de deux mois avec sursis pour détention frauduleuse et usage de faux. Alors que Mme A a été licenciée de son emploi pour faute grave le 15 novembre 2018, elle n'a par la suite travaillé qu'occasionnellement au cours des années 2019 et 2020, en exécution de contrats de missions extrêmement courtes entre octobre 2019 et janvier 2020. Mme A se prévaut également de ce qu'à la suite de l'arrêt de la cour administrative d'appel de Bordeaux du 11 octobre 2022 lui ayant permis d'obtenir une autorisation provisoire de séjour, elle a travaillé pour le GIE " Loghos Logistique Hospitalière " en tant qu'employée de service hôtelier du 11 janvier au 31 mars 2023, a obtenu une proposition d'embauche de ce même employeur en tant qu'agent de service, ainsi que plusieurs promesses d'embauche pour un contrat à durée indéterminée en tant qu'employé polyvalent de la restauration pour la SARL OTM. Toutefois, ces éléments ne sont pas de nature à justifier, à eux seuls, d'une admission exceptionnelle au séjour alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressée disposerait des qualifications et diplômes requis pour ces emplois, ni que les employeurs en cause ne seraient pas parvenus à recruter un candidat déjà présent sur le marché du travail. Dans ces conditions, et quand bien même la commission du titre de séjour a, le 8 mars 2023, rendu un avis favorable à la délivrance d'un titre de séjour à la requérante, l'admission au séjour de celle-ci ne répond pas à des considérations humanitaires ou à des motifs exceptionnels. Par suite, en refusant de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la préfète de la Gironde n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

6. En troisième lieu, les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives aux conditions de délivrance de titres de séjour s'appliquent, ainsi que le rappelle l'article L. 110-1 de ce code, " sous réserve des conventions internationales ". L'article 13 de la convention franco-sénégalaise du 1er août 1995 stipule que : " Les dispositions du présent Accord ne font pas obstacle à l'application de la législation respective des deux États sur l'entrée et le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'Accord. ". Aux termes de l'article 5 de cette convention : " Les ressortissants de chacun des États contractants désireux d'exercer sur le territoire de l'autre État une activité professionnelle salariée doivent (), pour être admis sur le territoire de cet État, justifier de la possession () / 2° D'un contrat de travail visé par le ministère du travail dans les conditions prévues par la législation de l'État d'accueil ". Aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. / La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. () ".

7. Mme A ne saurait utilement se prévaloir des dispositions précitées de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors que la situation des ressortissants sénégalais souhaitant obtenir un titre de séjour portant la mention " salarié " est spécialement régie par les stipulations des articles 5 et 6 de la convention franco-sénégalaise du 1er août 1995. Si la requérante peut être regardée comme se prévalant de ces stipulations, il ressort de l'examen de la décision contestée et n'est pas contesté que l'intéressée n'a produit que des promesses d'embauche à l'appui de sa demande de délivrance de titre. Ainsi, en l'absence de contrat de travail visé par les services compétents, elle ne remplissait pas les conditions prévues à l'article 5 de la convention franco-sénégalaise du 1er août 1995 précitée. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations ne peut, dès lors, qu'être écarté.

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

8. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour.

9. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et liberté d'autrui ".

10. Pour les mêmes motifs qu'exposés au point 5, Mme A n'est pas fondée à soutenir que le préfet de la Gironde aurait méconnu les dispositions précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans :

11. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

12. Il résulte des dispositions citées au point précédent qu'il appartient au préfet, s'il entend assortir sa décision portant obligation de quitter le territoire dans un délai déterminé, d'une interdiction de retour sur le territoire, dont la durée ne peut dépasser trois ans, de prendre en considération les quatre critères énumérés par l'article précité que sont la durée de présence sur territoire de l'intéressé, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France et les circonstances, le cas échéant, qu'il ait fait l'objet d'une ou plusieurs précédentes mesures d'éloignement et que sa présence constitue une menace pour l'ordre public.

13. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que, pour fonder la décision d'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans, le préfet de la Gironde a estimé que la requérante fait l'objet d'une mesure d'éloignement non exécutée, qu'elle s'est maintenue irrégulièrement en France au-delà du délai de départ volontaire de trente jours prévu dans l'arrêté du 11 juin 2014, qu'elle n'est pas dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident encore un de ses deux enfants majeurs et ses parents et qu'elle ne justifie pas de la nature de ses liens avec la France. Il ressort toutefois des pièces du dossier que Mme A, qui est entrée en France le 7 décembre 2010, séjourne sur le territoire français depuis plus de douze ans à la date de la décision attaquée. De plus, il n'est pas allégué qu'elle constituerait une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, en prononçant à l'encontre de Mme A une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans, le préfet de la Gironde a commis une erreur d'appréciation.

14. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A est seulement fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 18 avril 2023 en tant qu'il porte interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

15. Le présent jugement, qui n'annule que l'interdiction de retour sur le territoire français prise à l'encontre de Mme A, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions en injonction présentées par Mme A doivent être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante pour l'essentiel dans la présente instance, la somme que demande Mme A à ce titre.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 18 avril 2023 de la préfète de la Gironde en tant qu'il prononce à l'encontre de Mme A une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans est annulé.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A, à Me Aymard et au préfet de la Gironde.

Délibéré après l'audience du 21 juin 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Molina-Andréo, première conseillère faisant fonction de présidente,

Mme de Gélas, première conseillère,

Mme Ballanger, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2023.

La première assesseure,

C. DE GÉLAS

La première conseillère faisant fonction de présidente,

B. MOLINA-ANDRÉO

La greffière,

C. LALITTE

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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