mardi 27 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2302837 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | TREBESSES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 mai 2023 un mémoire enregistré le 22 juin 2023 et un mémoire enregistré le 26 juin 2023, M. A B, représenté par Me Trebesses, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 22 mai 2023 par laquelle le préfet de la Gironde a refusé d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale et de lui délivrer une attestation de demande d'asile ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Gironde, à titre principal, d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale et de lui remettre une attestation de demande d'asile, ce dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa situation, dans un même délai ;
3°) de lui accorder l'aide juridictionnelle à titre provisoire et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
M. B soutient que :
- entré en France le 13 mai 2022 pour solliciter l'asile, par demande enregistrée le 1er juin suivant, il a fait l'objet, par arrêté du 27 septembre 2022 de la préfète de la Gironde, d'une décision de transfert aux autorités finlandaises, qui a été annulée par un jugement du 24 octobre 2022 de ce tribunal, enjoignant à l'autorité préfectorale de réexaminer sa situation ;
- la nouvelle décision de transfert, par arrêté du 2 novembre 2022, a été validée par un jugement du tribunal en date du 28 novembre suivant, dont il a interjeté appel ;
- si le directeur de l'office français de l'intégration et de l'immigration lui avait supprimé les conditions matérielles d'accueil, par décision du 13 avril 2023, le juge des référés de ce tribunal a en prononcé la suspension par ordonnance du 30 mai 2023 ;
- la décision du 22 mai 2023 par laquelle le préfet de la Gironde maintient sa position de le déclarer en fuite, qui révèle le refus d'enregistrer sa demande d'asile selon la procédure normale et de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile, est susceptible de recours ;
- son transfert, qui aura pour effet de l'empêcher de présenter sa demande d'asile devant l'office français de protection des réfugiés et apatrides, étant susceptible d'intervenir à tout moment, le refus d'enregistrement de sa demande d'asile porte à ses droits une atteinte suffisamment grave et immédiate pour que la condition d'urgence soit satisfaite ;
- la décision, qui n'est pas signée, est affectée d'irrégularité au regard de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration et est entachée du vice de l'incompétence de son auteur ;
- la France est devenue responsable de sa demande d'asile, en l'absence d'information des autorités finlandaises d'un report du délai de transfert dans les délais requis par le C de l'article 9.2 du règlement d'exécution (UE) n° 118/2014 du 30 janvier 2014 ;
- il n'a pas été destinataire des convocations, du fait des hospitalisations dont il a fait l'objet à raison de ses affections psychiatriques, ainsi qu'il l'établit.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement n° 1560/2003 de la Commission du 2 septembre 2003, modifié par le règlement d'exécution (UE) n° 118/2014 de la Commission du 30 janvier 2014 ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Bayle, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, M. A B demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 22 mai 2023 par laquelle le préfet de la Gironde a refusé d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale et de lui délivrer une attestation de demande d'asile.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () " et aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Toutefois, l'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Pour l'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte en litige sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. A B, ressortissant russe né le 2 juillet 1999 à Saint-Pétersbourg, en Russie, est entré en France le 13 mai 2022 en provenance d'Arménie sous couvert d'un visa à entrées multiples délivré par les autorités finlandaises. Il a déposé une demande d'asile auprès de la préfète de la Gironde le 1er juin 2022. Le relevé de ses empreintes décadactylaires ayant révélé qu'il était titulaire d'un passeport russe valable du 29 mars 2022 au 29 mars 2032 muni d'un visa valable du 25 avril 2022 au 24 avril 2024 délivré par les autorités finlandaises, l'administration a saisi ces autorités le 3 juin 2022 d'une demande de prise en charge de la demande d'asile de l'intéressé et obtenu leur accord explicite le 10 juin. Par un arrêté du 27 septembre 2022, la préfète de la Gironde a prononcé le transfert de M. B aux autorités finlandaises en vue de l'examen de sa demande d'asile. Toutefois, le tribunal administratif de Bordeaux a, par un jugement du 24 octobre 2022, annulé cet arrêté et enjoint à l'autorité préfectorale de réexaminer la situation de l'intéressé. Par un nouvel arrêté du 2 novembre 2022, la préfète de la Gironde a de nouveau ordonné le transfert de M. B aux autorités finlandaises en vue de l'examen de sa demande d'asile. L'intéressé a formulée contre cet arrêté un recours qui a été rejeté par jugement du 28 novembre 2022 de la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Bordeaux. L'appel que M. B a interjeté contre ce jugement a été rejeté par ordonnance du 1er juin 2023 de la présidente désignée de la cour administrative d'appel de Bordeaux. Il résulte de cette dernière décision juridictionnelle que l'intéressé n'a pas répondu à plusieurs convocations des services préfectoraux pour l'exécution de la mesure de transfert et que le préfet de la Gironde a été conduit à informer les autorités finlandaises de la prolongation du délai en application du deuxième alinéa du paragraphe 2 de l'article 29 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement et du Conseil du 26 juin 2013. Enfin, si M. B se prévaut de sa fragilité psychique, il n'est pas soutenu qu'il ne pourrait recevoir les soins appropriés à son état en Finlande. Le requérant ne justifie pas, dans ces circonstances, de la nécessité pour lui d'obtenir à bref délai une mesure provisoire en vue de faire échec à l'application du règlement précité sur la détermination de l'Etat responsable de sa demande d'asile. La condition d'urgence n'étant pas ainsi établie, les conclusions de M. B aux fins de suspension et, par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction peuvent être rejetées selon la procédure prévue par les dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
Sur la demande d'aide juridictionnelle à titre provisoire et les conclusions relatives aux frais de l'instance :
5. Aux termes de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus : " L'aide juridictionnelle est accordée à la personne dont l'action n'apparaît pas, manifestement, irrecevable ou dénuée de fondement " et aux termes de l'article 20 de la même loi : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". Il résulte des points précédents que l'action de M. B ne satisfait pas de manière manifeste aux conditions posées par l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Dès lors, et en vertu des dispositions précitées de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991, il n'y a pas lieu de lui accorder l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
6. Par ailleurs, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme dont M. B demande le versement au profit de son conseil, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : La requête n° 2302837 de M. B, y compris ses conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à Me Trebesses.
Copie sera adressée pour information au préfet de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 27 juin 2023.
Le juge des référés,
J-M. Bayle
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026