LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2303106

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2303106

vendredi 16 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2303106
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationEloignement 72 heures
Avocat requérantSAINT-MARTIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 juin 2023, M. A B, représenté par Me Saint-Martin, avocat, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 juin 2023 par lequel le préfet de la Gironde lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'une semaine suivant la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement à son conseil d'une somme de 1 000 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'un vice d'incompétence de son signataire ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle ;

S'agissant de la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

- elle est dépourvue de base légale, au regard de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'un vice d'incompétence de son signataire ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est dépourvue de base légale, au regard de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'un vice d'incompétence de son signataire ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire pendant une durée de trois ans :

- elle est dépourvue de base légale, au regard de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'un vice d'incompétence de son signataire ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;

- elle n'est pas justifiée dans son principe et est disproportionnée dans sa durée, compte tenu des dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 15 juin 2023, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles, modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Molina-Andréo, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue par les articles L. 614-6 et L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 16 juin 2023, ont été entendus :

- le rapport de Mme Molina-Andréo, magistrate désignée ;

- les observations de Me Saint-Martin représentant M. B, qui maintient et développe ses écritures.

Le préfet de la Gironde n'étant ni présent ni représenté, l'instruction a été close à l'issue de l'audience, en vertu de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant algérien né le 16 février 1989, est entré irrégulièrement en France à une date indéterminée. Ayant été interpellé le 12 juin 2023 par les services de police pour des faits de vol à l'étalage, le préfet de la Gironde a, par un arrêté du 12 juin 2023, pris à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai, assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans et de la fixation du pays de destination. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun aux décisions attaquées :

2. Mme C D, cheffe du bureau de l'asile et du guichet unique à la préfecture de la Gironde, qui a signé l'arrêté attaqué, bénéficiait, par arrêté du préfet de la Gironde du 31 mars 2023, régulièrement publié le jour même au recueil des actes administratifs spécial n° 33-2023-060 de la préfecture, d'une délégation de signature à l'effet de signer " toutes décisions pris[es] en application des livres II, IV, V, VI, VII et VII (partie législative et réglementaire) du CESEDA ", au nombre desquelles figurent les décisions en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des décisions contestées doit être écarté comme manquant en fait.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai :

3. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () ".

4. En premier lieu, il ressort des termes de l'arrêté en litige que le préfet de la Gironde a visé les textes sur lesquels il s'est fondé pour prononcer une obligation de quitter le territoire français à l'encontre de M. B, en particulier l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et notamment le 1° de son article L. 611-1. En outre, le préfet a indiqué les conditions d'entrée et de séjour de M. B en France. Il a précisé qu'il est entré et s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français depuis une date indéterminée, qu'il ne remplit aucune condition pour y résider, qu'il a déjà fait l'objet de deux mesures d'éloignement prises par le préfet de la Seine Saint-Denis le 18 février 2022 et par la préfète de l'Ain le 22 avril 2022 qu'il n'a pas exécutées et qu'il est célibataire et sans charges de famille en France. Il a ajouté qu'il a été interpellé le 12 juin 2023 par les services de police bordelais pour des faits de vol à l'étalage er qu'il est déjà défavorablement connu des services de police pour des faits commis entre 2021 et 2022 de vols à la roulotte, destruction ou dégradation d'un véhicule privé, dégradation ou détérioration d'un bien appartenant à autrui, vol dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt, vol avec destruction ou dégradation, vol de véhicule, vol à l'étalage, vol aggravé avec violences et recel de bien provenant d'un vol. Dans ces conditions, la décision portant obligation de quitter le territoire français en litige comporte un énoncé suffisant des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Par suite, le moyen tiré de son insuffisante motivation doit être écarté.

5. En deuxième lieu, il résulte de la motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français que le préfet de la Gironde a procédé à un examen particulier de la situation de M. B.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

7. Si M. B invoque une méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en faisant valoir qu'il a établi des liens sur le territoire français, il n'apporte aucun élément de nature à en attester. A l'inverse, il ressort des pièces du dossier et n'est pas contesté que l'intéressé est célibataire et sans charge de famille en France et qu'il n'y bénéficie d'aucune intégration étant défavorablement connu par les services de police pour plus d'une quinzaine de faits commis depuis 2021, dont il ne conteste pas la matérialité. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B serait dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le préfet de la Gironde n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise. Par suite, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, cette décision n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle du requérant.

En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

8. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". En vertu de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () ".

9. En premier lieu, aucun des moyens dirigés à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant fondé, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision, soulevé à l'encontre de la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire doit être écarté.

10. En deuxième lieu, il ressort des termes de l'arrêté du 12 juin 2023 que le préfet de la Gironde a visé les textes dont il a fait application pour refuser d'octroyer un délai de départ volontaire à M. B, en particulier les articles L. 612-1, L. 612-2 et L. 612-3 (1°, 5° et 8°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qu'il a indiqué que l'intéressé s'était soustrait à deux précédentes mesures d'éloignement, prises à son encontre les 18 février et 22 avril 2022, qu'il s'oppose à tout retour dans son pays d'origine et qu'il existe un risque qu'il se soustraie à la mesure d'éloignement dont il fait l'objet, outre les éléments relatifs à sa vie privée et familiale rappelés au point 4 ci-dessus. Ainsi, le préfet de la Gironde a énoncé de manière suffisamment précise et complète les considérations de droit et de fait sur lesquelles il s'est fondé pour prendre la décision en litige et a examiné de manière suffisamment approfondie la situation de l'intéressé. Par suite, les moyens tirés du défaut de motivation de la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire et du défaut d'examen de la situation de M. B doivent être écartés.

11. En troisième lieu, il ressort des termes de la décision attaquée, non contestés par M. B, qu'il s'est soustrait aux deux mesures d'éloignement précédemment prises à son encontre les 18 février et 22 avril 2022. Ainsi, il entre pleinement dans l'un des cas énumérés à l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile permettant d'établir un risque de fuite au sens du 3° de l'article L. 612-2 du même code. M. B n'est donc pas fondé à soutenir que la décision portant refus de lui accorder un délai de départ volontaire serait entachée d'erreur d'appréciation de sa situation.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

12. En premier lieu, aucun des moyens dirigés à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant fondé, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision, soulevé à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi doit être écarté.

13. En deuxième lieu, la décision fixant le pays de renvoi attaquée vise l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle mentionne que M. B est un ressortissant algérien et qu'il n'allègue pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation de la décision fixant le pays de renvoi et du défaut d'examen particulier de la situation du requérant doivent être écartés comme manquant en fait.

14. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doit être écarté.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans :

15. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". L'article L. 612-10 du même code dispose que : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français (). ".

16. En premier lieu, aucun des moyens dirigés à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant fondé, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision, soulevé à l'encontre de la décision portant interdiction de retour pour une durée de trois ans doit être écarté.

17. En deuxième lieu, la décision par laquelle le préfet de la Gironde a fait interdiction à M. B de revenir sur le territoire français pour une durée de trois ans mentionne les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, elle indique que le requérant s'est maintenu irrégulièrement en France dans le seul but de s'y installer, qu'il s'oppose à tout retour dans son pays d'origine, qu'il est sans ressources légales sur le territoire national, qu'il ne justifie pas de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, qu'il a été interpellé le 12 juin 2023 par les services de police bordelais pour des faits de vol à l'étalage et qu'il est défavorablement connu des services de police pour une quinzaine de faits, notamment de vol avec ou sans violence, de recel et de destruction ou dégradation de biens appartenant à autrui. Dans ces conditions, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui la fonde. Par suite, cette décision est suffisamment motivée. Il résulte de cette motivation que le préfet de la Gironde a procédé à un examen particulier de la situation de M. B.

18. En troisième lieu, il résulte des dispositions citées au point 15 qu'il appartient au préfet, s'il entend assortir sa décision portant obligation de quitter le territoire dans un délai déterminé, d'une interdiction de retour sur le territoire, dont la durée ne peut dépasser trois ans, de prendre en considération les quatre critères énumérés par l'article L. 612-10 précité que sont la durée de présence sur territoire de l'intéressé, la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et les circonstances, le cas échéant, qu'il ait fait l'objet d'une ou plusieurs précédentes mesures d'éloignement et que sa présence constitue une menace pour l'ordre public.

19. Il ressort des pièces du dossier que M. B ne justifie ni de l'ancienneté de son séjour sur le territoire français, ni de ce qu'il bénéficierait de liens particuliers en France. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier qu'il s'est soustrait aux deux mesures d'éloignement précédemment prises à son encontre les 18 février et 22 avril 2022, qu'il a été interpellé le 12 juin 2023 par les services de police bordelais pour des faits de vol à l'étalage et qu'il est défavorablement connu des services de police pour une quinzaine de faits, notamment de vol avec ou sans violence, de recel et de destruction ou dégradation de biens appartenant à autrui, dont il ne conteste pas la matérialité. Dans ces circonstances, le préfet de la Gironde n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en prononçant à l'encontre de de M. B une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans.

20. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 12 juin 2023. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Saint-Martin et au préfet de la Gironde.

Rendu public par mise à disposition du greffe le 16 juin 2023.

La magistrate désignée,

B. MOLINA-ANDREO La greffière,

H. MALO

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions