mercredi 2 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2303466 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP COURRECH ET ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 juin 2023, et un mémoire enregistré le 5 septembre 2024, celui-ci n'ayant pas été communiqué, M. C A, représenté par Me Manetti, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 janvier 2023 par lequel le maire de la commune de Lacanau (Gironde) a délivré un permis de démolir à la société par actions simplifiée (SAS) Altae pour un terrain sis 4 route du Lion, ensemble le rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Lacanau une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'un vice de procédure, alors que le projet consiste en une opération unique de construction de logements, la société pétitionnaire a eu recours à deux demandes d'autorisation distinctes, un permis de démolir et un permis de construire ce qui a eu pour effet de fausser l'appréciation de l'autorité administrative et notamment de l'architecte des bâtiments de France, la scission en deux autorisations relève d'un détournement de procédure ;
- en autorisant la démolition des constructions existantes pour permettre l'implantation d'un ensemble immobilier, le maire a méconnu les dispositions des articles R. 111-27 du code de l'urbanisme et UC11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Lacanau.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 septembre 2023, la société par actions simplifiée (SAS) Altae, représentée par Me Courrech, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce que le tribunal sursoit à statuer en application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et fixe un délai au cours duquel une mesure de régularisation sera édictée et, en tout état de cause, à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 septembre 2023, la commune de Lacanau, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge du requérant au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fazi-Leblanc, première conseillère,
- les conclusions de M. Frézet, rapporteur public,
- les observations de Me Eizaga représentant M. A,
- et les observations de Me Calmette, représentant la SAS Altae.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme A sont propriétaires d'une maison d'habitation sise 3 rue Mirabeau à Lacanau (Gironde). Le 18 octobre 2022, la société Altae a déposé auprès du maire de Lacanau une demande de permis de démolir portant sur un terrain immédiatement voisin à leur parcelle, cadastré BI n° 178 et 386. Le même jour, elle a également déposé une demande de permis de construire sur les mêmes parcelles en vue de la réalisation d'un ensemble immobilier composé de deux bâtiments comprenant au total dix-neuf logements et locaux annexes ainsi que vingt-deux places de stationnement. Par un arrêté daté du 3 janvier 2023, le maire de Lacanau a accordé ce permis de démolir. A la suite du rejet de son recours gracieux, M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 3 janvier 2023 par lequel le maire de Lacanau a délivré un permis de démolir à la société Altae.
Sur les conclusions en annulation :
2. Aux termes de l'article L. 451-1 du code de l'urbanisme : " Lorsque la démolition est nécessaire à une opération de construction ou d'aménagement, la demande de permis de construire ou d'aménager peut porter à la fois sur la démolition et sur la construction ou l'aménagement. Dans ce cas, le permis de construire ou le permis d'aménager autorise la démolition. ". Aux termes de l'article R. 431-21 du même code : " Lorsque les travaux projetés nécessitent la démolition de bâtiments soumis au régime du permis de démolir, la demande de permis de construire ou d'aménager doit : a) Soit être accompagnée de la justification du dépôt de la demande de permis de démolir ; b) Soit porter à la fois sur la démolition et sur la construction ou l'aménagement. ". Enfin, aux termes des dispositions de l'article R. 421-28 : " Doivent en outre être précédés d'un permis de démolir les travaux ayant pour objet de démolir ou de rendre inutilisable tout ou partie d'une construction : () d) Située dans un site inscrit ou un site classé ou en instance de classement en application des articles L. 341-1 et L. 341-2 du code de l'environnement ; () ".
3. Il est constant que la société Altae a sollicité le 18 octobre 2022, un permis de démolir et, le même jour, un permis de construire, pour l'opération unique consistant en la création d'un ensemble immobilier en deux bâtiments de dix-neuf logements et vingt-deux places de stationnement. Il ne résulte ni des dispositions rappelées au point 2, ni d'aucune autre disposition législative ou réglementaire qu'elle était tenue de déposer une autorisation unique, d'autant qu'en déposant les deux demandes le même jour elle a mis à même l'autorité administrative d'avoir une vision globale du projet. En outre, il ressort des pièces du dossier que l'architecte des Bâtiments de France a été consulté sur les deux demandes et qu'il a pu rendre deux avis, le 3 janvier 2023 pour le permis de démolir et le 5 janvier 2023 pour le permis de construire. Enfin, contrairement à ce que soutient M. A, si la société pétitionnaire avait déposé une demande d'autorisation unique portant à la fois sur le permis de démolir et le permis de construire, celle-ci n'aurait pas eu pour effet de soumettre l'ensemble à un avis conforme de l'architecte des Bâtiments de France. Dans ces conditions, l'arrêté en litige n'est pas entaché d'un détournement de procédure et le moyen tenant à ce que cet arrêté serait illégal en l'absence d'autorisation unique doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ". En outre, l'article UC 11 du règlement du plan local d'urbanisme, intitulé " L'aspect extérieur des constructions et de leurs abords ", dispose, en ce qui concerne les constructions neuves et extensions, modifications et constructions existantes : " () / II - Les Constructions Neuves et Extensions, Modifications de Constructions Existantes () / II. b/ Conditions Générales : / Rappel article R.111-27 (code de l'urbanisme 2015) / Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. (). () ". Ces dernières dispositions ont le même objet que celles de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et posent des exigences qui ne sont pas moindres. Dès lors, c'est par rapport aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme que doit être appréciée la légalité de la décision attaquée.
5. L'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, dont l'article UC 11 rappelle les dispositions, a pour objet de régir, non les démolitions, mais les constructions, le cas échéant s'accompagnant des démolitions nécessaires.
6. La méconnaissance des dispositions citées aux points 4 et 5 ne peut donc être utilement invoquée à l'encontre de l'arrêté du 3 janvier 2023 délivrant le permis de démolir, lequel n'a pas été pris dans le cadre des dispositions de l'article L. 451-1 du code de l'urbanisme.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
9. Il résulte de ces dispositions que, si une personne publique qui n'a pas eu recours au ministère d'avocat peut néanmoins demander au juge l'application de cet article au titre des frais spécifiques exposés par elle à l'occasion de l'instance, elle ne saurait se borner à faire état d'un simple surcroît de travail de ses services et doit faire état précisément des frais qu'elle aurait exposés pour défendre à l'instance.
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Lacanau, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge de M. A une somme de 1 500 euros à verser à la SAS Altae à ce titre. La commune de Lacanau ne faisant pas état de frais spécifiques exposés par elle à l'occasion de l'instance, ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera une somme de 1 500 euros à la SAS Altae au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Lacanau sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à la commune de Lacanau et à la société par actions simplifiée Altae.
Délibéré après l'audience du 18 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Cabanne, présidente,
M. B et Mme Fazi-Leblanc, premiers conseillers.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 octobre 2024.
La rapporteure,
S. FAZI-LEBLANC
La présidente,
C. CABANNELa greffière,
M-A. PRADAL
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026