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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2303628

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2303628

vendredi 7 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2303628
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantBALDE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 juillet 2023, M. C A, représenté par Me Sory Baldé, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour en qualité de travailleur temporaire ou à défaut de se prononcer sur sa situation dans le délai de trente jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- la condition d'urgence, prévue à l'article L. 521-3 du code de justice administrative, est remplie dès lors qu'il a sollicité son admission au séjour en décembre 2020 et reste sans réponse depuis cette date ; il remplit l'ensemble des conditions pour obtenir un titre de séjour en qualité de travailleur temporaire ; ce document lui est indispensable pour poursuivre son activité professionnelle et subvenir à ses besoins ;

- il remplit les conditions prévues par l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour se voir octroyer un titre de séjour en qualité de travailleur temporaire ; il a été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance à l'âge de 17 ans ; il suit depuis au moins 6 mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle et a obtenu, le 21 juin 2022 un certificat de qualification professionnelle en tant qu'agent machiniste avec les félicitations du jury ; il a effectué un apprentissage puis a obtenu un certificat d'aptitude professionnelle en tant qu'agent de propreté et d'hygiène et travaille depuis comme intérimaire pour la société Arcade Nettoyage ; il est en règle avec l'administration fiscale, est couvert par l'assurance maladie et pris en charge par l'Institut Don Bosco à Cenon ; il n'est plus en contact avec les membres de sa famille résidant au Mali.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 mai 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. C A, ressortissant malien né le 20 décembre 2002, est entré en France selon ses déclarations en 2019. L'intéressé a été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance jusqu'à sa majorité le 20 décembre 2020. Il a sollicité, le même jour, son admission au séjour sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile auprès des services de la préfecture de la Gironde, qui lui ont remis un récépissé. Par sa requête, M. A demande au juge des référés d'enjoindre au préfet de de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour.

2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque les effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

4. D'autre part, aux termes de l'article R*432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R.*432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois () ".

5. En l'espèce, M. A a sollicité son admission au séjour le 20 décembre 2020. En application des dispositions citées au point 4, le silence gardé pendant quatre mois par la préfète de la Gironde sur la demande de titre de séjour formée par l'intéressée a fait naître une décision implicite de rejet. Dès lors qu'il n'appartient pas au juge des référés de faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte de la requête de M. A, manifestement mal fondées, ne peuvent qu'être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, à Me Baldé et au préfet de la Gironde.

Fait à Bordeaux, le 7 juillet 2023.

Le juge des référés,

A. B

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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