mercredi 20 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2303748 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JU-6 semaines |
| Avocat requérant | SAINT-MARTIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 juillet 2023, complétée par des pièces enregistrées le 13 juillet 2023, M. A D, représenté par Me Saint-Martin, avocat, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 20 juin 2023 par lequel le préfet de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a refusé de renouveler son attestation de demandeur d'asile, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui remettre, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler en France ;
4°) à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de la mesure d'éloignement jusqu'à la lecture, en audience publique, de la décision rendue par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) sur sa demande d'asile ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
- le préfet de la Gironde n'a pas procédé à un examen réel et sérieux de sa situation ;
- il a méconnu son droit à être entendu.
En ce qui concerne le refus de séjour :
- la décision attaquée porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le préfet de la Gironde a commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation ;
- le préfet de la Gironde a commis une erreur de fait en considérant qu'il était défavorablement connu des forces de police alors que l'extrait du bulletin n°3 de son casier judiciaire est vierge.
En ce qui concerne le refus de renouveler son attestation de demandeur d'asile :
- cette décision méconnait les dispositions de l'article L. 542-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- cette décision est fondée sur un refus de séjour illégal et doit être annulée par voie de conséquence ;
- la décision attaquée porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- cette décision porte atteinte à l'intérêt supérieur de son enfant tel que garanti par les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- cette décision est fondée sur une obligation de quitter le territoire français illégale et doit être annulée par voie de conséquence ;
- la décision attaquée porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juillet 2023, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle et son décret d'application ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. E pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. E ;
- les observations de Me Saint-Martin, représentant M. D, et celles de M. D lui-même.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant ukrainien né le 14 septembre 1979, est entré sur le territoire français le 20 mars 2015. Sa demande d'asile, enregistrée le 9 juin 2015, a été rejetée, en dernier lieu, par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 2 février 2017. Par un arrêté du 19 avril 2019, le préfet de la Gironde a pris à son encontre une obligation de quitter le territoire français. Le 12 avril 2022, M. D a demandé le réexamen de sa demande d'asile, qui a été rejetée le 5 avril 2023 par une décision rendue, au terme d'une procédure accélérée, par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA). Par un arrêté du 20 juin 2023, le préfet de la Gironde a, en conséquence, refusé de renouveler son attestation de demandeur d'asile, refusé de l'admettre au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination. M. D demande l'annulation de cet arrêté.
Sur la demande d'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. D au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :
4. En premier lieu, Mme B C, cheffe du bureau de l'asile et du guichet unique et signataire de l'arrêté contesté, bénéficiait, par arrêté du préfet de la Gironde du 31 mars 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° 33-2023-060 du même jour, d'une délégation à l'effet de signer, dans la limite de ses attributions, toutes décisions prises en application des livres IV, V, VI et VII du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige doit être écarté comme manquant en fait.
5. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les considérations de droit et de fait sur lesquels il est fondé. Le préfet de la Gironde précise, notamment, que la demande d'asile du requérant a été rejeté le 2 février 2017 par la CNDA, et que sa demande de réexamen a été refusée par l'OFPRA le 5 avril 2023. L'arrêté attaqué précise également que le requérant a un enfant, né le 2 août 2014 d'une première union avec une compatriote bénéficiaire de la protection subsidiaire, mais indique, sans être contredit sur ce point par M. D, qu'il n'a pas demandé de titre de séjour en tant que parent d'un enfant bénéficiant d'une telle protection. Si le préfet ne mentionne pas la relation que M. D entretient avec une ressortissante française, il ressort des pièces du dossier que le couple a conclu un PACS au mois de juillet 2023, soit après l'édiction de la décision attaquée, et il n'est pas démontré que le requérant, qui n'a jamais enregistré de demande de titre de séjour, s'en serait prévalu auprès des services de la préfecture. Dans ces conditions, l'arrêté attaqué est suffisamment motivé et a été pris après un examen approfondi de sa situation personnelle. Les moyens soulevés en ce sens doivent, dès lors, être écartés.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires réglées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Aux termes de l'article 51 de cette charte : " 1. Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions et organes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux États membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union. En conséquence, ils respectent les droits, observent les principes et en promeuvent l'application, conformément à leurs compétences respectives. / (). ".
7. Il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne s'adresse non aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Ainsi, le moyen tiré de sa méconnaissance par l'arrêté contesté, pris par une autorité d'un Etat membre, est inopérant. En revanche, il résulte également de la jurisprudence de la Cour de Justice que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient donc aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause. En outre, une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle une décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision.
8. En l'espèce, il appartenait à M. D de présenter le cas échéant à l'administration les observations qu'il pouvait juger nécessaires, sans que le préfet ait à le solliciter expressément. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir qu'il a été privé de son droit à être entendu.
En ce qui concerne la décision de refus de renouvellement de l'attestation de demandeur d'asile :
9. Aux termes de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : () d) une décision de rejet dans les cas prévus à l'article L. 531-24 et au 5° de l'article L. 531-27 () ". Aux termes de l'article L. 531-24 du même code : "
L'Office français de protection des réfugiés et apatrides statue en procédure accélérée dans les cas suivants : (.) / 2° Le demandeur a présenté une demande de réexamen qui n'est pas irrecevable ;() ".
10. L'article L. 542-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Lorsque le droit au maintien sur le territoire français a pris fin dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 ou L. 542-2, l'attestation de demande d'asile peut être refusée, retirée ou son renouvellement refusé ".
11. Il ressort des pièces du dossier, notamment de la fiche Telemofpra de M. D, que par une décision du 5 avril 2023, l'OFPRA, statuant en procédure accélérée, a rejeté la demande de réexamen de sa demande d'asile. En conséquence, le préfet pouvait légalement de ne pas renouveler l'attestation de demandeur d'asile de M. D en application des dispositions combinées des articles L. 542-3 et L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen doit, dès lors, être écarté.
En ce qui concerne le refus de séjour :
12. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
13. M. D se prévaut de la présence en France de sa fille mineure, à qui la protection subsidiaire a été accordée, de la relation qu'il entretient avec une ressortissante française et de son insertion dans la société française. Il ressort cependant des pièces du dossier que le juge aux affaires familiales a, par un jugement rendu le 10 novembre 2022, fixé la résidence principale de sa fille, née le 2 août 2014 au domicile de sa mère qui dispose également de l'autorité parentale exclusive. Si le requérant a obtenu un droit de visite, il ne démontre pas utiliser ce droit. Par ailleurs, s'il se prévaut du pacte de solidarité civil conclu avec une ressortissante française, cette union a été célébrée le 12 juillet 2023, soit postérieurement à la décision attaquée, et l'existence d'une communauté de vie plus ancienne entre les deux concubins n'est pas rapportée par les pièces du dossier. Par ailleurs le requérant n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, où il a vécu la majeure partie de son existence. Ainsi, et alors que ses recherches pour trouver un emploi en France ne lui donnent pas vocation à rester sur le territoire français, la décision attaquée ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti notamment par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le préfet de la Gironde n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation.
14. Le requérant soutient que le préfet de la Gironde a commis une erreur de fait en considérant qu'il était défavorablement connu des forces de police alors que le bulletin n°3 de son casier judiciaire ne comporte aucune mention. Il ressort cependant des termes de la décision attaquée que le préfet de la Gironde n'a pas fondé le refus d'admission du requérant au séjour pour ce seul motif. Ainsi, et à supposer même que le motif soit erroné, il résulte de l'instruction que le préfet de la Gironde aurait pris la même décision s'il s'était fondé exclusivement sur les autres motifs de la décision. Dans ces conditions, il y a lieu de neutraliser le motif en litige, lequel ne saurait, par conséquent, entaché d'illégalité la décision attaquée.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
15. Les moyens soulevés à l'encontre du refus de séjour ayant été écartés, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français est dépourvue de base légale et à en demander l'annulation par voie de conséquence.
16. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 13, M. D n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.
17. Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
18. Si M. D soutient que l'intérêt de sa fille, née le 2 août 2014 est de demeurer au côté de ses deux parents, il ressort des pièces du dossier que la mère de cet enfant a obtenu l'exercice exclusif de la garde parentale et que le lieu de résidence principale de la fille de M. D est le domicile de sa mère. Le requérant ne démontre pas, par ailleurs, exercer le droit de visite qui lui a été réservé par le juge aux affaires familiales, et se borne à alléguer, sans d'avantage le démontrer, qu'il verse une pension alimentaire. Par suite, l'obligation de quitter le territoire français ne méconnait pas les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
19. Les moyens soulevés à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français ayant été écartés, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi est fondée dépourvue de base légale et à en demander l'annulation par voie de conséquence.
20. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 13, M. D n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.
21. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ". Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. "
22. Si le requérant soutient qu'il encourt un risque de traitement inhumain ou dégradant en cas de retour dans son pays d'origine, il se borne à se prévaloir de la situation générale relative à la guerre qui sévit en Ukraine. Cependant, et alors au demeurant que sa demande de réexamen de droit à l'asile a été rejetée par l'OFPRA le 5 avril 2023, il ne démontre pas qu'il serait personnellement et réellement soumis à de tels risques. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
23. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 20 juin 2023.
Sur les conclusions aux fins de sursis à exécution de la mesure d'éloignement :
24. Aux termes de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci. ". Aux termes de l'article L. 752-11 du même code : " Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné, saisi en application des articles L. 752-6 ou L. 752-7, fait droit à la demande de l'étranger lorsque celui-ci présente des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile ".
25. En l'état du dossier, M. D, qui se prévaut de la situation générale de l'Ukraine, ne présente pas d'éléments de nature à justifier son maintien sur le territoire durant l'examen du recours qu'il a formé devant la cour nationale du droit d'asile. Ainsi, ses conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la mesure d'éloignement doivent être rejetées.
Sur les autres conclusions de la requête :
26. Dès lors que le présent jugement rejette les conclusions aux fins d'annulation et de sursis à exécution soulevées contre l'arrêté du 20 juin 2023, les conclusions aux fins d'injonction et celles relatives aux frais de l'instance doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. D est admis au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, au préfet de la Gironde et à Me Saint-Martin.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 20 septembre 2023.
Le magistrat désigné,
Ph. E
Le greffier,
A. PONTACQ
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°2303748
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026