jeudi 3 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2304192 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS SEBAN NOUVELLE AQUITAINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 juillet 2023, Mme A, représentée par Me Laplagne, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du président du conseil départemental de la Dordogne en date du 19 juin 2023, refusant de considérer son arrêt de travail du 22 février 2023 comme une rechute de l'accident de service en date du 6 avril 2017 et refusant d'ouvrir droit au paiement d'indemnités journalières, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre au président du conseil départemental de la Dordogne d'analyser de nouveau et sur le fond la demande de reconnaissance de la rechute de l'accident de service du 6 avril 2017 et tous ceux de prolongation qui suivent, et qu'il lui ouvre provisoirement les droits aux indemnités journalières en considération de la rechute de son accident de service à la date du 22 février 2023 ;
3°) de mettre à la charge du département de la Dordogne une somme de 1 500 € au titre des frais irrépétibles en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative ;
Mme A soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision du président du conseil
départemental du 19 juin 2023 rejette l'octroi d'indemnités journalières pour la période d'arrêt maladie depuis sa rechute du 22 février 2023 et que le Pôle Emploi refuse de lui verser l'ARE (allocation d'aide au retour à l'emploi) en raison de cette rechute ; elle se trouve privée de tout revenu ;
- il existe un doute réel et sérieux sur la légalité de la décision :
- elle est tardive et non conforme au délai d'un mois prévu par l'article 37-5 du décret précité du 30 juillet 1987 dans la mesure où elle a adressé une demande de reconnaissance d'une rechute de son accident de service du 6 avril 2017 et que le Département n'a statué que le 19 juin 2023 ;
- la décision n'est justifiée par aucune analyse sérieuse ; le département aurait dû procéder à l'étude et par suite au versement d'indemnités journalières dues en vertu des articles L.161-8 du code de la sécurité sociale et L.5411-1 du code du travail.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond enregistrée le 28 juillet 2023 sous le n°2304143 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi du 26 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Vaquero, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Pour l'application de ces dispositions, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
2. Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Mme A, directeur territorial auprès des services du département de la Dordogne, a fait l'objet d'une révocation pour motif disciplinaire le 7 septembre 2017, confirmée par un arrêt n°19BX01869 de la cour administrative d'appel de Bordeaux en date du 20 décembre 2021. Elle est inscrite au Pôle Emploi depuis octobre 2020 selon ses déclarations. Elle a par ailleurs obtenu par un arrêt n°19BX01818 du 22 décembre 2021, l'imputabilité au service de l'accident survenu le 6 avril 2017 avec prise en charge par sa collectivité des arrêts de travail correspondants. Elle a été placée en affection longue durée (ALD) pour cette pathologie. Son état de santé a été considéré comme consolidé avec séquelles en octobre 2020.
4. Pour établir la condition d'urgence, Mme A se borne à déclarer que la décision litigieuse, par laquelle le département de la Dordogne refuse de reconnaître comme conséquence d'une rechute de son accident de travail du 6 avril 2017 son malaise survenu le 22 février 2023, entraine l'arrêt du versement des indemnités par la caisse primaire d'assurance maladie, et la prive de tout revenu.
5. En premier lieu, elle n'apporte aucun élément chiffré ou documenté de nature à justifier de sa situation financière, familiale et sociale depuis cette date. Elle ne démontre pas ainsi être privée de toute ressource. Il apparaît également qu'en mars 2023, la paierie départementale lui a versé une somme de 1 524 euros correspondant à des allocations d'aide au retour à l'emploi et une somme de 1 375 euros à mandater sur son compte pour la régularisation d'indemnités journalières, le tout pour la période antérieure à son accident du 22 février 2023.
6. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que l'intéressée a saisi la direction des ressources humaines du département, de façon informelle, sur la base d'un premier certificat médical établi le 22 février 2023 par son médecin psychiatre dont les données télétransmises indiquaient que l'arrêt maladie était " sans rapport avec un accident de travail ou maladie professionnelle ". Elle a adressé au service, le 7 mars suivant, un certificat rectificatif du même médecin indiquant cette fois " en rapport avec un accident de travail, ou maladie professionnelle du 6 avril 2017 ". Cette confusion explique pour partie le retard dans le traitement de la demande de Mme A par le département étant, en outre, précisé que la requérante n'a formulé de façon officielle sa demande que par un lettre recommandée contre accusé réception du 16 avril 2023, réceptionnée le 20 avril suivant. La requérante apparaît par conséquent responsable pour partie de la situation d'urgence dont elle se prévaut aujourd'hui.
7. En troisième lieu, Mme A ne démontre ni même ne soutient avoir formé un recours devant la commission de recours amiable de la caisse primaire d'assurance maladie qui lui a signifié par courrier explicatif du 19 avril 2023 le refus de prise en charge de son arrêt maladie consécutif à son arrêt maladie du 22 février 2023. En toute hypothèse, indépendamment du certificat médical rectifié de son médecin psychiatre cité au point précédent, Mme A ne produit pas la copie des constats de " rechute " qui auraient été établis, selon, par " trois médecins généralistes + chirurgienne " auxquels elle fait référence dans son message électronique du 19 avril 2023.
8. Pour toutes ces raisons, Mme A ne justifie pas que la condition d'urgence exigée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative serait remplie. Par suite, il y a lieu de faire application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du même code et, sans qu'il soit besoin de se rechercher si l'un des moyens invoqués est de nature à jeter un doute réel et sérieux sur la légalité de la décision du 19 juin 2023, de rejeter la requête, en ce compris les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Copie sera adressée pour information au président du conseil départemental de la Dordogne.
Fait à Bordeaux, le 3 août 2023.
Le juge des référés,
M. Vaquero
La République mande et ordonne au préfet de la Dordogne en ce qui le concerne, et à tous commissaire de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2304192N°23041923
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026