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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2304396

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2304396

jeudi 19 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2304396
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème Chambre
Avocat requérantMEILLON

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux a statué sur trois requêtes d'une fonctionnaire visant l'annulation de décisions refusant la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie et la contestation de son placement en disponibilité d'office. Le tribunal a rejeté les demandes d'annulation, considérant que la procédure suivie par la commune de Saint-Antoine-sur-l'Isle était régulière et que les conditions légales pour la reconnaissance d'une invalidité imputable au service n'étaient pas établies. Les décisions se fondent sur les dispositions du code général de la fonction publique relatives à la disponibilité pour raisons de santé et aux conditions de l'imputabilité au service.

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête n° 2304396 et un mémoire, enregistrés le 8 août 2023 et le 27 septembre 2024, Mme B... A..., représentée par Me Bach, doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

d’annuler l’arrêté du 22 février 2023 par lequel le maire de la commune de Saint-Antoine-sur-l'Isle a refusé de reconnaître l’imputabilité au service de sa maladie, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;

d’enjoindre à cette autorité de la placer en congés pour invalidité temporaire imputable au service (CITIS) dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délais et d’astreinte ;

de mettre à la charge de la commune de Saint-Antoine-sur-l'Isle une somme de 2 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la décision attaquée est le fruit d’une procédure irrégulière dès lors qu’« il appartiendra à l’administration de justifier de la correcte notification de la convocation comportant l’énonciation des droits et garanties accordées au fonctionnaire » ;
- elle est entachée d’un vice de procédure dès lors qu’aucun médecin spécialiste n’était présent lors de la consultation de la commission de réforme en méconnaissance de l’article 17 de l’arrêté du 4 aout 2004 ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 131-12 et L. 822-20 du code général de la fonction publique dès lors que son syndrome réactionnel anxiodépressif est en lien avec l’acharnement dont elle a fait l’objet après avoir dénoncé le harcèlement dont elle est victime ;
- elle est illégale dès lors qu’elle n’a commis aucun fait personnel de nature à détacher sa maladie de l’exercice de ses fonctions.


Par trois mémoires en défense, enregistrés le 15 août 2024 et les 19 février et 26 septembre 2025, le dernier de ces mémoires n’ayant pas été communiqué, la commune de Saint-Antoine-sur-l'Isle, représentée par Me Meillon, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que Mme B... A... lui verse une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.


Par un mémoire, enregistré le 12 mars 2025, Mme A... conclut au non-lieu à statuer sur ses conclusions à fin d’annulation de l’arrêté du 22 février 2023 et persiste dans ses conclusions tendant à ce que la commune de Saint-Antoine-sur-l'Isle lui verse une somme de 2 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Par une ordonnance du 13 mars 2025, la clôture de l’instruction a été fixée en dernier lieu au 28 mars 2025.


II. Par une requête n° 2304399 et un mémoire, enregistrés le 8 août 2023 et le 27 septembre 2024, Mme B... A..., représentée par Me Bach, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

d’annuler l’arrêté du 24 juillet 2023 par lequel le maire de la commune de Saint-Antoine-sur-l'Isle l’a placée en disponibilité d’office pour raisons de santé à compter du 29 octobre 2022 ;

d’enjoindre à cette autorité de reconnaitre le caractère professionnel de sa maladie et de la placer en congé pour invalidité temporaire imputable au service (CITIS) dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délais et d’astreinte ;

de mettre à la charge de la commune de Saint-Antoine-sur-l'Isle une somme de 2 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d’un vice de procédure dès lors que le médecin du travail n’a pas remis de rapport écrit au conseil médical en méconnaissance de l’article 47-7 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- elle est illégale, par voie de conséquence, dès lors que la décision refusant de reconnaître l’imputabilité au service de sa maladie méconnaît les dispositions de l’article L. 822-20 du code général de la fonction publique ;
- elle est illégale dès lors qu’elle n’a commis aucun fait personnel de nature à détacher sa maladie de l’exercice de ses fonctions.



Par trois mémoires en défense, enregistrés le 15 août 2024 et les 19 février et 26 septembre 2025, le dernier de ces mémoires n’ayant pas été communiqué, la commune de Saint-Antoine-sur-l'Isle, représentée par Me Meillon, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que Mme B... A... lui verse une somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la nécessité de maintenir Mme A... dans une position statutaire régulière imposait de la placer en disponibilité conformément aux dispositions de l’article L. 514-4 du code général de la fonction publique ;
- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.


Par une ordonnance du 19 février 2025, la clôture de l’instruction a été fixée en dernier lieu au 12 mars 2025.


III. Par une requête n° 2505459 et un mémoire, enregistrés les 13 août et 12 novembre 2025, ce dernier n’ayant pas été communiqué, Mme B... A..., représentée par Me Bach, demande au tribunal :

avant dire-droit, de désigner un expert avec pour mission de se faire communiquer son entier dossier médical, procéder à son examen clinique, décrire l’ensemble des préjudices en lien avec l’exercice de ses fonctions, fixer la date de consolidation de sa pathologie et d’évaluer l’existence d’une incapacité permanente ;

d’annuler l’arrêté du 13 février 2025 par lequel le maire de la commune de Saint-Antoine-sur-l'Isle a, d’une part, retiré l’arrêté du 22 février 2023 et, d’autre part, refusé de reconnaître l’imputabilité au service de sa maladie, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;

d’enjoindre à cette autorité de reconnaitre le caractère professionnel de sa maladie et de la placer en congé pour invalidité temporaire imputable au service (CITIS) dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

de mettre à la charge de la commune de Saint-Antoine-sur-l'Isle une somme de 2 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la décision attaquée a été prise au terme d’une procédure irrégulière dès lors qu’elle n’a pas été informée de ses droits dix jours avant d’être convoquée devant le conseil médical en méconnaissance de l’article 7 du décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- elle est illégale dès lors qu’elle n’a commis aucun fait personnel de nature à détacher sa maladie de l’exercice de ses fonctions.






Par un mémoire en défense, enregistré le 27 octobre 2025, la commune de Saint-Antoine-sur-l'Isle, représentée par Me Meillon, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que Mme A... lui verse une somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 27 octobre 2025, la clôture de l’instruction a été fixée en dernier lieu au 12 novembre 2025.


Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code général de la fonction publique ;
- l’ordonnance n° 2020-1447 du 25 novembre 2020 portant diverses mesures en matière de santé et de famille dans la fonction publique ;
- le décret n°87-602 du 30 juillet 1987 relatif à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux ;
- le décret n° 2022-350 du 11 mars 2022 relatif aux conseils médicaux dans la fonction publique territoriale ;
- l’arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Clément Boutet-Hervez ;
- les conclusions de Mme Khéra Benzaïd, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Meillon, représentant la commune de Saint-Antoine-sur-l'Isle.


Considérant ce qui suit :

Mme B... A..., adjointe technique territoriale titulaire depuis le 6 janvier 2013, exerce des fonctions d’agent polyvalent au sein de la commune de Saint-Antoine-sur-l’Isle. A ce titre, elle est chargée d’assurer l’entretien des locaux et des espaces verts ainsi que la surveillance des enfants à la cantine. Placée en congés de maladie à compter du 29 octobre 2021, elle a déclaré, le 10 mars 2022, souffrir d’un syndrome anxiodépressif imputable au service depuis le 25 janvier 2022. Par un avis rendu le 1er février 2023 à la majorité des membres présents, le conseil médical départemental réuni en formation plénière a estimé que sa pathologie ne présentait pas de lien essentiel et direct avec l’exercice de ses fonctions et n’entraînait pas une incapacité partielle permanente d’au moins 25%. Par un arrêté du 22 février 2023, le maire de la commune de Saint-Antoine-sur-l'Isle a refusé de reconnaître l’imputabilité au service de sa pathologie. Mme A... a formé un recours gracieux à l’encontre de cette décision auquel il n’a pas été répondu. Ayant épuisé ses droits à congés de maladie ordinaire, le maire de la commune de Saint-Antoine-sur-l'Isle l’a placée, par une décision du 24 juillet 2023, en disponibilité d’office pour raisons de santé à compter du 29 octobre 2022.

Après que Mme A... a formé, le 8 août 2023, la requête en excès de pouvoir n° 2304396 contre l’arrêté du 22 février 2023, ensemble le rejet de son recours gracieux, le maire de la commune de Saint-Antoine-sur-l'Isle, estimant que cette décision était intervenue au terme d’une procédure irrégulière, a saisi une seconde fois le conseil médical départemental. Ce dernier a émis, le 5 février 2025 et à l’unanimité des membres présents, un avis défavorable à la reconnaissance de l’imputabilité au service de la pathologie de la requérante. Par un arrêté du 13 février 2025, le maire de la commune de Saint-Antoine-sur-l'Isle a, d’une part, retiré l’arrêté du 22 février 2023 et, d’autre part, refusé de reconnaître l’imputabilité au service de sa maladie. Mme A... a formé un recours gracieux à l’encontre de cette décision auquel il n’a pas été répondu. Par les trois requêtes visées ci-dessus, qu’il y a lieu de joindre pour y statuer par une seule décision, Mme A... demande au tribunal d’annuler les arrêtés édictés les 22 février et 24 juillet 2023 ainsi que le 13 février 2025, ensemble les décisions implicites rejetant ses recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

En ce qui concerne le cadre du litige :

Lorsqu'une décision administrative faisant l'objet d'un recours contentieux est retirée en cours d'instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, le recours doit être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision.

Au cas d’espèce, la décision du 24 juillet 2023 plaçant Mme A... en disponibilité d’office pour raisons de santé à compter du 29 octobre 2022 a été retirée par un arrêté du 13 février 2025 ayant le même objet. Par suite et en application des principes mentionnés ci-dessus, Mme A... doit être regardée comme demandant également l’annulation de ce dernier arrêté du 13 février 2025.

En ce qui concerne les arrêtés du 13 février 2025 :

S’agissant de la décision refusant de reconnaître l’imputabilité au service de sa maladie :

Quant à la légalité interne :

En premier lieu, aux termes de l’article L. 822-20 du code général de la fonction publique : « Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat ». Aux termes de l’article L. 461-1 du code de la sécurité sociale : « Peut être également reconnue d'origine professionnelle une maladie caractérisée non désignée dans un tableau de maladies professionnelles lorsqu'il est établi qu'elle est essentiellement et directement causée par le travail habituel de la victime et qu'elle entraîne le décès de celle-ci ou une incapacité permanente d'un taux évalué dans les conditions mentionnées à l'article L. 434-2 et au moins égal à un pourcentage déterminé ». Aux termes de l’article R. 461-8 dudit code : « Le taux d'incapacité mentionné au septième alinéa de l'article L. 461-1 est fixé à 25 % ».





Pour refuser de reconnaître l’imputabilité au service de la pathologie de Mme A..., le maire de la commune de Saint-Antoine-sur-l'Isle a estimé, d’une part, qu’il n’existait pas de lien direct et essentiel entre cette maladie et les fonctions de la requérante et, d’autre part, que sa pathologie n’entraînait pas une incapacité permanente au moins égal à un taux 25%.

Mme A..., pour établir que ses symptômes sont imputables au service, se prévaut des conclusions établis par un médecin psychiatre agrée le 17 août 2019, lesquelles font état de ce que ses symptômes anxiodépressifs sont en lien avec son activité professionnelle. Par ailleurs, elle produit des avis d’arrêt de travail correspondant aux mois de janvier, février, juin, octobre et décembre de l’année 2016 ainsi que trois ordonnances de son médecin traitant relatives à des traitements anxiolytiques, antidépresseurs et hypnotiques datés des mois de février et octobre 2016 ainsi que septembre 2019. Néanmoins, les dates auxquelles ces pièces ont été établies sont antérieures de plus de deux ans à la demande de reconnaissance d’imputabilité au service de sa maladie. Par ailleurs, le médecin-expert qui a examiné Mme A... et rendu son rapport le 3 septembre 2022 a relevé que la symptomatologie qu’elle présentait était en lien avec l’engagement d’une procédure disciplinaire à son encontre et non avec l’exercice de ses fonctions. Ce constat, que la requérante conteste, est d’ailleurs corroboré par la circonstance que Mme A... a été placé en arrêt maladie à compter du 29 octobre 2021 après que l’engagement de la procédure disciplinaire à son encontre lui a été notifié le 16 octobre 2021. Par ailleurs, le conseil médical, qui s’est réuni à deux reprises en formation plénière et en présence respectivement de deux et trois médecins agréés les 1er février 2023 et 5 février 2025, a émis deux avis défavorables, dont l’un à l’unanimité, quant à sa demande de reconnaissance de l’imputabilité au service de sa maladie. Enfin, s’il ressort des pièces du dossier que la maire de la commune a entretenu une relation conflictuelle avec une ancienne agente partie exercer ses fonctions dans une autre collectivité au mois de mars de l’année 2009, soit presque seize ans avant l’édiction de l’arrêté attaqué, cette circonstance est insuffisante pour établir que son comportement aurait excédé les limites de l’exercice normal du pouvoir hiérarchique et serait à l’origine d’un contexte de travail pathogène. Au surplus, dans un arrêt n° 23BX02008 du 16 septembre 2025, la cour administrative d’appel de Bordeaux a estimé que, eu égard la gravité de la déclaration mensongère commise par Mme A..., qui n’a pas été victime d’agissements répétés de harcèlement de la part de la maire de la commune, en vue de permettre l’imputation au service de son entorse ainsi qu’au retentissement de cette déclaration sur le service, la sanction d’exclusion temporaire de fonction pendant une durée de deux ans qui lui a été infligée par la maire de la commune n’était pas disproportionnée. Ainsi, sans qu’il soit besoin pour le tribunal d’ordonner une expertise, il n’est pas établi que la maladie dont la requérante se prévaut résulte de l’exercice de ses fonctions. En outre, Mme A... ne conteste pas que son taux d’incapacité permanente est inférieur au taux minimum de 25% exigé par les dispositions mentionnées ci-dessus. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dernières doit être écarté.

En second lieu, le moyen tiré de ce que la requérante n’a commis aucun fait personnel susceptible de détacher la survenance de ses symptômes de l’exercice de ses fonctions est, dès lors que la décision attaquée n’est pas fondée sur ce motif, inopérant.

Quant à la légalité externe :

En premier lieu, Mme A..., qui ne soutient même pas avoir été irrégulièrement convoquée devant le conseil médical, se prévaut des dispositions du décret n° 86-442 du 14 mars 1986, lesquelles ne s’appliquent qu’aux fonctionnaires de l’Etat et non aux fonctionnaires territoriaux. En toute hypothèse, il ressort des pièces du dossier qu’elle a été régulièrement convoquée devant le conseil médical par un courrier du 21 janvier 2025.

En deuxième lieu, aux termes de l’article 3 de l’arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme : « Cette commission comprend : 1. Deux praticiens de médecine générale, auxquels est adjoint, s'il y a lieu, pour l'examen des cas relevant de sa compétence, un médecin spécialiste qui participe aux débats mais ne prend pas part aux votes ».

L’ordonnance n° 2020-1447 du 25 novembre 2020 portant diverses mesures en matière de santé et de famille dans la fonction publique, a remplacé le comité médical et la commission de réforme par le conseil médical départemental. Le décret du 11 mars 2022 entré en vigueur le 14 mars 2022, soit le lendemain de sa publication au Journal officiel de la République, fixe la composition de ce conseil médical, lequel ne comprend pas de médecin spécialiste.

En l’espèce, il ressort des pièces du dossier que l’avis relatif à l’imputabilité au service de la maladie de Mme A... a été rendu, préalablement à l’édiction de l’arrêté du 13 février 2025, par le conseil médical départemental le 5 février 2025. La composition du conseil médical étant entièrement régie par les dispositions de l’article 4 du décret du 30 juillet 1987 telles que modifiées par le décret du 11 mars 2022, la méconnaissance de l’article 3 de l’arrêté du 4 août 2004 qui concernait la composition des commissions de réforme, ne peut être utilement invoquée. Par suite, le moyen tiré de l’absence d’un médecin spécialiste au sein de la commission médicale doit être écarté comme inopérant.

En troisième lieu, aux termes de l’article 7 du décret du 30 juillet 1987 relatif à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux : « II.- Lorsque sa situation fait l'objet d'un examen par un conseil médical réuni en formation plénière, le secrétariat du conseil médical informe le fonctionnaire de la date à laquelle le conseil médical examinera son dossier, de son droit à consulter son dossier et de son droit d'être entendu par le conseil médical (…) / III.- Le fonctionnaire peut présenter des observations écrites et fournir des certificats médicaux. Il peut, en outre, être accompagné ou représenté par une personne de son choix. / Dix jours au moins avant la réunion du conseil médical, le fonctionnaire est invité à prendre connaissance, personnellement ou par l'intermédiaire de son représentant, de son dossier, dont la partie médicale peut lui être communiquée, sur sa demande ou par l'intermédiaire d'un médecin ».

Il ressort des pièces du dossier que Mme A... a été informée par un courrier du 21 janvier 2025, reçu le 23 janvier 2025, de ce qu’elle était convoquée le 5 février 2025 à 10h15 devant le conseil médical départemental en formation plénière et qu’elle pouvait solliciter la consultation de son dossier ainsi que présenter des observations écrites et orales. Ainsi, la requérante a été régulièrement convoquée et informée de ses droits plus de dix jours avant la réunion du conseil médical. Par suite, le moyen tiré de l’irrégularité de la procédure doit être écarté.

Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation dirigées contre la décision du 13 février 2025 par laquelle la maire a refusé l’imputabilité au service de la maladie déclarée par Mme A... ainsi que la décision implicite rejetant le recours gracieux formé contre cette décision doivent être rejetées.






S’agissant de la décision la plaçant en disponibilité d’office pour raisons de santé à compter du 29 octobre 2022 :

L’article L. 822-2 du code général de la fonction publique dispose que : « La durée totale des congés de maladie peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs ». Aux termes de l’article L. 514-4 dudit code : « La disponibilité d'un fonctionnaire est prononcée soit à la demande de l'intéressé, soit d'office au terme des congés pour raisons de santé prévus au chapitre II du titre II du livre VIII ». Aux termes de l’article 17 du décret du 30 juillet 1987 : « Lorsque le fonctionnaire a obtenu pendant une période de douze mois consécutifs des congés de maladie d'une durée totale de douze mois, il ne peut, à l'expiration de sa dernière période de congé, reprendre son service sans l'avis favorable du conseil médical réuni en formation restreinte. En cas d'avis défavorable, s'il ne bénéficie pas de la période de préparation au reclassement prévue par le décret du 30 septembre 1985 susvisé, il est soit mis en disponibilité, soit reclassé dans un autre emploi, soit, s'il est reconnu définitivement inapte à l'exercice de tout emploi, admis à la retraite après avis du conseil médical réuni en formation plénière ». En application de l’article 38 du même décret, cette mise en disponibilité « est prononcée après avis du conseil médical sur l'inaptitude du fonctionnaire à reprendre ses fonctions ».

Il ressort des pièces du dossier que le conseil médical départemental a estimé le 5 juillet 2023 que Mme A... était temporairement inapte à l’exercice de ses fonctions et qu’il convenait de la placer en disponibilité d’office pour raisons de santé jusqu’à la fin de son congé de maladie ordinaire. Par ailleurs, il est constant que la requérante se trouvait depuis le 29 octobre 2021 en congé de maladie ordinaire et avait, de ce fait et en application des dispositions précitées, épuisé ses droits à congés de maladie ordinaire au 29 octobre 2022. Or, il est constant que Mme A... a prolongé ses congés de maladie ordinaires après cette date. La requérante ne pouvant ainsi ni reprendre son service ni être maintenue en congé de maladie ordinaire au-delà du 29 octobre 2022, la commune était tenue, ainsi qu’elle le soutient en défense, de tirer les conséquences de cette situation en la plaçant rétroactivement dans la seule position régulière existante, c’est-à-dire en disponibilité d’office pour raisons de santé à compter de cette date. Ainsi, les moyens dirigés contre la décision mentionnée ci-dessus sont inopérants.

En ce qui concerne les décisions des 22 février et 24 juillet 2023 :

Lorsque le juge est parallèlement saisi de conclusions tendant, d'une part, à l'annulation d'une décision et, d'autre part, à celle de son retrait et qu'il statue par une même décision, il lui appartient de se prononcer sur les conclusions dirigées contre le retrait puis, sauf si, par l'effet de l'annulation qu'il prononce, la décision retirée est rétablie dans l'ordonnancement juridique, de constater qu'il n'y a plus lieu pour lui de statuer sur les conclusions dirigées contre cette dernière.

En application des principes mentionnés ci-dessus et compte tenu du rejet des conclusions à fin d’annulation dirigées contre les deux arrêtés du 13 février 2025, il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d’annulation dirigées contre les arrêtés des 22 février et 24 juillet 2023, lesquels ont été retirés par ceux du 13 février 2025.

Sur les conclusions à fin d’injonction et d’astreinte :

Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d’annulation présentées par Mme A..., n’implique aucune mesure d’exécution.

Sur les frais liés au litige :

Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saint-Antoine-sur-l'Isle, qui n’est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme A... demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, par application de ces dispositions de mettre à la charge de Mme A... une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Saint-Antoine-sur-l'Isle et non compris dans les dépens.


D E C I D E :


Article 1er : Il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions en annulation de la décision des 22 février et 24 juillet 2023.

Article 2 : Mme A... versera à la commune de Saint-Antoine-sur-l'Isle une somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B... A... et à la commune de Saint-Antoine-sur-l'Isle.


Délibéré après l'audience du 5 mars 2026, à laquelle siégeaient :

M. Ferrari, président,
Mme Glize, première conseillère,
M. Boutet-Hervez, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 mars 2026.

Le rapporteur,
C. BOUTET-HERVEZ

Le président,
D. FERRARI

Le greffier,


Y. JAMEAU

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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