mardi 29 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2304693 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Eloignement 72 heures |
| Avocat requérant | MONGIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 août 2023, M. C A B, représenté par Me Mongie, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 août 2023 par lequel le préfet de la Dordogne lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai, a désigné un pays de destination et lui a interdit de retourner sur le territoire pendant une durée d'un an ;
2°) d'annuler l'arrêté du 24 août 2023 par lequel le préfet de la Dordogne l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours.
Il soutient, dans sa requête introductive formée sans le conseil d'un avocat, que :
- les décisions sont insuffisamment motivées ;
- elles n'ont pas été précédées d'un examen attentif et personnalisé de sa situation ;
- elle sont entachées d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elles méconnaissent le principe du respect des droits de la défense ;
- elles portent une atteinte excessive au droit de mener une vie privée et familiale normale.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 août 2023, le préfet de la Dordogne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Josserand pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique 29 août 2023 :
- le rapport de M. Josserand,
- les observations de Me Mongie, représentant M. A B, qui entend abandonner les moyens formulés par le requérant dans la requête introductive pour retenir deux moyens tirés, d'une part, de l'erreur manifeste d'appréciation et, d'autre part, de l'atteinte disproportionnée portée à la vie privée et familiale de l'intéressé, tous deux dirigés contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français,
- et les observations de M. A B, assisté d'un interprète en langue arabe, qui indique travailler dans le domaine de le fibre optique et que des cousines à lui résident en France.
En l'absence du préfet de la Dordogne ou de son représentant, l'instruction a été close après ces observations, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A B, ressortissant tunisien qui déclare être entré en France en octobre 2021, demande au tribunal d'annuler les deux arrêtés du 24 août 2023 par lesquels le préfet de la Dordogne, d'une part, lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai, a désigné un pays de destination et lui a interdit de retourner sur le territoire pendant une durée d'un an, et d'autre part, l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours.
2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
3. Le requérant fait valoir qu'il travaille dans le domaine de la fibre optique depuis 2022, dans un métier sous tension, et qu'il pourra bientôt solliciter le bénéfice d'un titre de séjour en qualité de salarié. Il ressort toutefois des pièces du dossier que M. A B, qui se maintient irrégulièrement en France depuis 2021, est célibataire et sans enfants, et ainsi dépourvu d'attaches personnelles et familiales en France, contrairement à la Tunisie, pays dans lequel il a vécu jusqu'à l'âge de 24 ans et dans lequel résident sa mère et sa fratrie. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Dordogne aurait, en ordonnant l'éloignement du requérant, porté au droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquelles il a pris sa décision. Ce moyen doit, par suite, être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit également être écarté.
4. Pour les mêmes motifs, le préfet de la Dordogne n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale du requérant en lui interdisant de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an. Il n'a également pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A B doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Me Mongie, à M. A B et au préfet de la Dordogne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 août 2023.
Le magistrat désigné,
L. JOSSERANDLa greffière,
É. SOURIS
La République mande et ordonne au préfet de la Dordogne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026