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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2304709

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2304709

mardi 31 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2304709
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationJU-2ème chambre
Avocat requérantMEAUDE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête enregistrée le 30 août 2023, sous le n° 2304709, Mme C H, représentée par Me Meaude, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 21 juillet 2023 par lequel le préfet de la Gironde a refusé de l'admettre au séjour, a retiré son attestation de demandeur d'asile, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle sera éloignée à défaut de se conformer à cette mesure et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de procéder au réexamen de sa situation dès la notification du jugement à intervenir et de rendre sa décision avant l'expiration d'un délai de deux mois, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui remettre, dans l'attente une autorisation provisoire de séjour et de travail ;

4°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil d'une somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Elle soutient que :

En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :

- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;

- il est insuffisamment motivé ;

- le préfet de la Gironde n'a pas procédé à un examen complet de sa situation.

En ce qui concerne le refus de séjour :

- cette décision porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- cette décision porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- cette décision est fondée sur un refus de séjour et une obligation de quitter le territoire français entachés d'illégalité et doit être annulée par voie de conséquence ;

- elle méconnaît les stipulations des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français pendant un an :

- cette décision est fondée sur une obligation de quitter le territoire français illégale et doit être annulée par voie de conséquence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- le préfet a commis une erreur de fait, et une erreur de droit en prenant à son encontre une telle mesure alors qu'elle ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 septembre 2023, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

II. Par une requête enregistrée le 25 août 2023, sous le n° 2304710, M. I, représenté par Me Meaude, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 21 juillet 2023 par lequel le préfet de la Gironde a refusé de l'admettre au séjour, a retiré son attestation de demandeur d'asile, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle sera éloignée à défaut de se conformer à cette mesure et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de procéder au réexamen de sa situation dès la notification du jugement à intervenir et de rendre sa décision avant l'expiration d'un délai de deux mois, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui remettre, dans l'attente une autorisation provisoire de séjour et de travail ;

4°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil d'une somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :

- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;

- il est insuffisamment motivé ;

- le préfet de la Gironde n'a pas procédé à un examen complet de sa situation.

En ce qui concerne le refus de séjour :

- cette décision porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- cette décision porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- cette décision est fondée sur un refus de séjour et une obligation de quitter le territoire français entachés d'illégalité et doit être annulée par voie de conséquence ;

- elle méconnaît les stipulations des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français pendant un an :

- cette décision est fondée sur une obligation de quitter le territoire français illégale et doit être annulée par voie de conséquence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- le préfet a commis une erreur de fait, et une erreur de droit en prenant à son encontre une telle mesure alors qu'elle ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 septembre 2023, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi du 10 juillet 1991, relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme D pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme D a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme G et M. F, ressortissants géorgiens nés le 15 juin 1989 et le 18 octobre 1984, sont entrés sur le territoire français au mois de septembre 2022. Leurs demandes d'asile ont été rejetées par deux décisions rendues le 10 janvier 2023 par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA), et les recours dirigés contre ces décisions ont été rejetés par deux décisions rendues le 24 mai 2023 par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Par deux arrêtés du 21 juillet 2023, le préfet de la Gironde a refusé de les admettre au séjour, a retiré les attestations de demandeurs d'asile qui leur avait été remis, les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et leur a interdit de retourner sur le territoire français pendant un an. Mme G et M. F demandent l'annulation de ces décisions.

Sur la jonction :

2. Les requêtes n° 2304709 et n° 2304710, présentées respectivement pour Mme G et M. F, concernent la situation d'un couple et présentent à juger des questions semblables. Il y a donc lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement.

Sur les conclusions aux fins d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire de Mme G et M. F, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les arrêtés pris dans leur ensemble :

5. En premier lieu, il ressort de la consultation du site internet de la préfecture de la Gironde, librement accessible, que Mme A B, cheffe du bureau de l'asile et du guichet unique à la préfecture de la Gironde, et signataire de l'arrêté attaqué, bénéficiait, par arrêté du préfet de la Gironde du 31 mars 2023, régulièrement publié le jour même au recueil des actes administratifs spécial n° 33-2023-060 de la préfecture, d'une délégation de signature à l'effet de signer " toutes décisions () relevant de l'autorité préfectorale pris[es] en application des livres IV, V, VI et VII (partie législative et réglementaire) du CESEDA ", au nombre desquelles figurent les actes attaqués. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des arrêtés contestés doit être écarté comme manquant en fait.

En ce qui concerne le refus de séjour et l'obligation de quitter le territoire français :

6. Aux termes des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / À cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes des dispositions de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués. ".

7. Les arrêtés attaqués, qui n'avaient pas à indiquer de manière exhaustive l'ensemble des éléments relatifs aux situations de Mme G et M. F, mentionnent tant les motifs de droit, que les éléments de fait sur lesquels le préfet de la Gironde s'est fondés. Ils visent, en particulier, les stipulations des article 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ils précisent également les éléments relatifs à leur situation personnelle, en particulier, la durée et les conditions de séjour sur le territoire français ainsi que les liens personnels dont ils disposent en France et dans leur pays d'origine.

8. Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

9. Il ressort des pièces du dossier que les requérants sont entrés récemment sur le territoire français et n'ont été autorisés à y séjourner que durant l'instruction de leurs demandes d'asiles. S'ils résident en France avec leurs enfants, ces derniers sont mineurs et rien ne fait obstacle à ce qu'ils retournent dans leurs pays d'origine avec leurs parents qui ont, tous deux, vécus la majeure partie de leur existence en Géorgie. Les requérants ne démontrent pas, ni même n'allèguent disposer en France de liens personnels, anciens, et stables ou être, à l'inverse, dépourvus d'attaches familiales dans leur pays d'origine. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les décisions attaquées portent une atteinte disproportionnée à leur droit au respect de leur vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le préfet de la Gironde n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation de leurs situations. Ces moyens doivent, dès lors, être écartés.

10. Les requérants ne peuvent utilement se prévaloir des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'encontre des refus de séjour et des décisions les obligeant à quitter le territoire français qui n'ont ni pour objet, ni pour effet, de fixer le pays de destination. Ce moyen doit être écarté comme inopérant.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

11. Les moyens soulevés à l'encontre du refus de titre de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français ayant été écartés, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi est fondée sur des décisions illégales et à en demander l'annulation par voie de conséquence.

12. Aux termes des stipulations de l'article 2 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi. () ". Aux termes des stipulations de son article 3 : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

13. Les requérants, qui se bornent à soutenir qu'ils ont quitté leur pays d'origine en raison de craintes de traitements prohibés par les stipulations de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales, n'apportent aucun élément de nature à apprécier le bien-fondé de leur moyen. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

14. Les moyens soulevés à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français ayant été écartés, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les décisions leur interdisant de retourner sur le territoire français sont fondés sur une décision illégale et à en demander l'annulation par voie de conséquence.

15. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ". Selon l'article L. 613-2 de ce même code : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées ".

16. Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.

17. Les arrêtés litigieux visent l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui constitue le fondement légal des décisions leur faisant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an et énumère les différents critères prévus par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet a examiné la situation personnelle du requérant au regard de l'ensemble desdits critères. Par suite, les arrêtés attaqués sont suffisamment motivés et révèlent un examen suffisant de leurs situations. Les moyens tirés du défaut de motivation et du défaut d'examen doivent, dès lors, être écartés.

18. En l'espèce, pour interdire aux requérants de retourner sur le territoire français, le préfet de la Gironde s'est fondé sur la circonstance qu'ils sont entrés récemment sur le territoire français, et qu'ils ne disposent pas de liens personnels anciens et stables en France, En conséquence, nonobstant l'absence de menace à l'ordre public, les décisions attaquées qui leur interdit de retourner en France pour une durée d'un an seulement, ne méconnaissent pas les dispositions précitées et ne sont pas entachées d'une erreur d'appréciation. Ces moyens doivent, dès lors, être écartés.

19. Il résulte de tout ce qui précède que Mme G et M. F ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtés du 21 juillet 2023.

Sur les autres conclusions de la requête :

20. Dès lors que le présent jugement rejette les conclusions aux fins d'annulation des arrêtés du 21 juillet 2023 les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et celles relatives aux frais de l'instance doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Mme G et M. F sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C G et M. I, au préfet de la Gironde et à Me Meaude.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2023.

Le magistrat désigné,

C. D La greffière,

S. FERMIN La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°s 2304709, 2304710

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