jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2304721 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | GENEVAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 août 2023 et le 29 août 2023, M. B C, représenté par Me Genevay, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 août 2023 par lequel le préfet de la Dordogne a prononcé son expulsion du territoire français ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la compétence du signataire de cet arrêté n'est pas établie ;
- cet arrêté est insuffisamment motivé ;
- le préfet n'a pas procédé à l'examen sérieux et particulier de sa situation ;
- cet arrêté est entaché d'une erreur de droit ;
- sa présence en France ne représente pas une menace pour l'ordre public ;
- cet arrêté a été édicté en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il a été édicté en méconnaissance du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- il est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation.
Un mémoire en défense, présenté par le préfet de la Dordogne, a été enregistré le 6 juin 2024, postérieurement à la clôture d'instruction, et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E ;
- les conclusions de M. A,
- et les observations de Me Genevay, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant de nationalité marocaine né le 12 novembre 1977, déclare être entré en France en 2004. Il s'est marié le 31 juillet 2010 avec une compatriote avec laquelle il a eu trois enfants. Il a bénéficié de la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " à compter du 1er mars 2010 qui a été renouvelé chaque année jusqu'au 27 février 2014. M. C a été condamné par la cour d'assises du département des Alpes Maritimes le 24 septembre 2015 à une peine de 15 ans de réclusion criminelle pour des faits commis dans la nuit du 21 au 22 mars 2013 de destruction du bien d'autrui par un moyen dangereux pour les personnes ayant entrainé la mort, destruction du bien d'autrui par un moyen dangereux pour les personnes ayant entrainé une incapacité totale de travail supérieure à 8 jours, destruction du bien d'autrui par un moyen dangereux pour les personnes ayant entrainé une incapacité totale de travail n'excédant pas 8 jours. Incarcéré au centre de détention de Neuvic en Dordogne, il a été libéré le 2 septembre 2023. Il demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 25 août 2023 par lequel le préfet de la Dordogne a prononcé son expulsion au motif que sa présence sur le territoire français constituait une menace pour l'ordre public.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut décider d'expulser un étranger lorsque sa présence en France constitue une menace grave pour l'ordre public, sous réserve des conditions propres aux étrangers mentionnés aux articles L. 631-2 et L. 631-3. ". Les infractions pénales commises par un étranger ne sauraient, à elles seules, justifier légalement une mesure d'expulsion et ne dispensent pas l'autorité compétente d'examiner, d'après l'ensemble des circonstances de l'affaire, si la présence de l'intéressé sur le territoire français est de nature à constituer une menace grave pour l'ordre public.
3. Il ressort des pièces du dossier que M. C a été incarcéré le 24 mars 2013 et condamné à 15 années de réclusion criminelle pour avoir provoqué un incendie dans un immeuble dans lequel deux hommes ont trouvé la mort et huit autres ont été blessés. Toutefois, ainsi que l'a relevé la commission d'expulsion qui s'est réunie le 11 juillet 2023, il a fini par reconnaître sa culpabilité, a mis en place un accompagnement psychiatrique et psychologique, et procédé à des versements volontaires mensuels pour l'indemnisation des parties civiles. Pendant sa détention, il a obtenu plusieurs diplômes, exercé une activité professionnelle et pris des cours de français en vue de sa réinsertion à l'issue de sa détention. Sa conduite ayant été reconnue exemplaire, il a bénéficié de plusieurs réductions de peine et a été libéré le 2 septembre 2023. Son casier judiciaire comporte cette seule condamnation et le rapport d'analyse psychiatrique relève que le risque de commission d'une nouvelle infraction est faible. Il résulte de l'ensemble de ces éléments que la présence en France de M. C ne représente pas une menace grave pour l'ordre public. Le préfet de la Dordogne ne pouvant, dans ces conditions, légalement prononcer une mesure d'expulsion à son encontre sur le fondement des dispositions citées au point 2, l'arrêté du 25 août 2013 doit être annulé, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête.
Sur les frais liés au litige :
4. L'Etat étant la partie perdante dans la présente instance, il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de ce dernier la somme de 1 200 euros à verser à M. C au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E
Article 1er : L'arrêté du 25 août 2023 est annulé.
Article 2 : L'Etat versera la somme de 1 200 euros à M. C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet de la Dordogne.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Ferrari, président,
Mme E et Mme D, premières conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.
La rapporteure,
E. E
Le président,
D. FERRARI La greffière,
E. SOURIS
La République mande et ordonne au préfet de la Dordogne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026