lundi 25 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2305188 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Eloignement 72 heures |
| Avocat requérant | CHAMBERLAND-POULIN |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 20 septembre 2023, enregistrée le 21 septembre 2023 au greffe du tribunal, le président du tribunal administratif de Limoges a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par M. C D.
Par cette requête et un mémoire, enregistrés le 29 août 2023 et le 11 septembre 2023 au greffe du tribunal administratif de Limoges, 2023, M. D, représenté par Me Chamberland-Poulin, doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 24 août 2023 par lequel le préfet de la Corrèze a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné en exécution de la peine d'interdiction temporaire du territoire français d'une durée de dix ans prononcée le 24 juin 2021 par la cour d'appel de Bordeaux.
Il soutient que :
- il est en possession d'un titre de séjour ;
- il séjourne en France depuis 2003 et a travaillé depuis 2004 sur le territoire français ;
- il a présenté une demande de relèvement de l'interdiction temporaire du territoire français, pour laquelle il a assisté à une audience en visioconférence devant la cour d'appel de Bordeaux mais la décision de cette juridiction sur cette demande ne lui a toujours pas été notifiée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 septembre 2023 au greffe du tribunal administratif de Limoges, le préfet de la Corrèze conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Jaouën, première conseillère, en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Jaouën et les observations orales de Me Chamberland-Poulin, représentant M. D, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens et soutient en outre que la décision litigieuse ne fixe pas précisément le pays à destination duquel il sera éloigné et ne présente pas de caractère exécutoire dès lors qu'elle mentionne M. D, ressortissant tunisien et son alias, M. B, de nationalité algérienne, sans préciser quelle nationalité est la bonne et que le préfet ne produit aucun élément de nature à établir qu'il aurait saisi les autorités consulaires tunisiennes et algériennes ; il soutient également que l'arrêt de la cour d'appel sur sa requête en relèvement de la peine d'interdiction du territoire français dont il fait l'objet ne lui a jamais été notifié, ce qui l'a empêché de présenter une nouvelle requête en relèvement.
Le préfet de la Corrèze n'était ni présent ni représenté à l'audience.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C D, ressortissant tunisien né le 23 octobre 1982, est entré sur le territoire français en 2003 selon ses déclarations. Par un arrêt du 24 juin 2021, la cour d'appel de Bordeaux a prononcé à son encontre une peine d'interdiction temporaire du territoire français pendant une durée de dix ans. Par un arrêté du 24 août 2023, le préfet de la Corrèze a fixé le pays à destination duquel il serait éloigné en exécution de la peine d'interdiction du territoire français dont il fait l'objet et a retiré la carte de résident, valable jusqu'au 5 juillet 2026, qui lui avait été délivrée. Le préfet de la Corrèze l'a ensuite placé en rétention administrative, ainsi qu'il résulte du courrier du 18 septembre 2023 qu'il a adressé au tribunal administratif de Limoges, initialement saisi. M. D demande au tribunal d'annuler l'arrêté précité du 24 août 2023.
2. Aux termes de l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative fixe () le pays à destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office () d'une peine d'interdiction du territoire français. ". En vertu de l'article L. 721-4 du même code : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. ".
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que si M. D était en possession d'une carte de résident valable jusqu'au 5 juillet 2026, ce titre de séjour lui a été retiré par l'article 2 de l'arrêté contesté du préfet de la Corrèze du 24 août 2023, en exécution de la peine d'interdiction du territoire français pour une durée de dix ans prononcée à son encontre par un arrêt de la cour d'appel de Bordeaux du 24 juin 2021. Par suite, et en tout état de cause, le moyen tiré de ce qu'il était en possession d'un titre de séjour ne peut qu'être écarté.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que la demande présentée par M. D devant la cour d'appel de Bordeaux aux fins de relèvement de l'interdiction du territoire français d'une durée de dix ans, et pour laquelle il a été entendu par cette cour en visioconférence le 24 octobre 2022, a été rejetée par un arrêt de la chambre des appels correctionnels de la cour d'appel de Bordeaux du 21 novembre 2022. La circonstance que cet arrêt n'aurait pas été notifié à l'intéressé, à la supposer établie, est sans incidence sur la légalité de la décision fixant le pays à destination duquel il sera éloigné en exécution de cette peine. Il s'ensuit que le moyen tiré de ce que sa demande de relèvement de la peine d'interdiction du territoire serait toujours pendante manque en fait et doit être écarté.
5. En troisième lieu, il ressort des termes de l'arrêté en litige que le préfet de la Corrèze a pris la décision litigieuse à l'encontre de M. C D, né le 23 octobre 1082 à Redeyef (Tunisie), de nationalité tunisienne alias M. A B, né le 25 septembre 1982, de nationalité algérienne. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier des décisions rendues par les juridictions répressives à l'encontre du requérant, que son identité est incertaine et qu'il s'est présenté à plusieurs reprises sous l'identité mentionnée à titre d'alias par le préfet de la Corrèze. Toutefois, en indiquant, à l'article 1er de l'arrêté en litige, que le requérant serait éloigné à destination du pays dont il a la nationalité, ou de tout autre pays dans lequel il est réadmissible, le préfet de la Corrèze a bien fixé le pays à destination duquel il serait renvoyé en cas d'exécution d'office d'une peine d'interdiction du territoire français conformément aux dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Enfin, la circonstance que les autorités consulaires tunisiennes et algériennes n'auraient pas été saisies est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Dès lors, le moyen tiré de ce que l'arrêté en litige est illégal dès lors qu'il ne mentionne pas précisément le pays à destination duquel le requérant est susceptible d'être éloigné d'office doit être écarté.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
7. M. D fait valoir qu'il séjourne en France depuis 2003 et qu'il y travaille depuis 2004. Il produit les cartes de résident qui lui ont été successivement délivrées pour la période du 6 juillet 2006 au 5 juillet 2026, la carte de résident, valable jusqu'en 2024, dont est en possession son frère ainsi qu'une attestation d'hébergement établie par ce dernier, une promesse d'embauche établie le 23 juin 2022 et des documents, notamment des attestations Pôle emploi, établissant qu'il a exercé des missions d'intérim entre 2010 et 2019. Toutefois, aucun de ces éléments n'est de nature à remettre en cause la légalité de l'arrêté en litige, qui ne constitue pas une mesure d'éloignement mais a pour seul objet de permettre l'exécution de la peine d'interdiction du territoire prononcée à l'encontre de M. D par la cour d'appel de Bordeaux le 24 juin 2021, en fixant le pays à destination duquel il sera éloigné. Par conséquent, ce moyen doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 24 août 2023 par lequel le préfet de la Corrèze a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné en exécution de la peine d'interdiction du territoire français dont il fait l'objet.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et au préfet de la Corrèze.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 septembre 2023.
La magistrate désignée,
S. JAOUËNLa greffière,
H. MALO
La République mande et ordonne au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026