mardi 12 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2305807 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | JU-4ème chambre |
| Avocat requérant | LANNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 octobre 2023, Mme B E, représentée par Me Lanne, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 26 septembre 2023 par lequel le préfet de la Gironde lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, n'a pas renouvelé son attestation de demande d'asile, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle sera éloignée à défaut de se conformer à cette mesure et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir et de lui délivrer une attestation de demande d'asile ;
4°) subsidiairement, de suspendre l'exécution de la mesure d'éloignement dans l'attente de l'arrêt à intervenir de la Cour nationale du droit d'asile ;
5°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté dans son ensemble :
- l'arrêté est signé par une autorité incompétente, qui disposait, en tout état de cause, d'une délégation incomplète ;
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination :
- ces décisions méconnaissent les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- le préfet de la Gironde a commis une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la suspension de la mesure d'éloignement :
- cette décision doit être suspendue jusqu'à ce que la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) ait statué sur le recours formé à l'encontre de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) qui rejette sa demande d'asile ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 novembre 2023, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme E ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme F pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme F ;
- les observations de Me Lanne, représentant Mme E, qui reprend les moyens de sa requête.
Le préfet de la Gironde n'étant ni présent ni représenté, la clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B E, ressortissante haïtienne née le 12 avril 1990, est entrée en France selon ses déclarations le 25 mai 2022. Le 22 juin 2022, elle a sollicité le bénéfice de l'asile, demande qui a été rejetée par décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) en date du 13 octobre 2022 et de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 28 février 2023. Le 8 juin 2023, Mme E a sollicité le réexamen de sa demande d'asile. L'OFPRA a pris une décision d'irrecevabilité le 26 juin 2023, à l'encontre de laquelle elle a introduit un nouveau recours devant la CNDA, enregistré le 22 août 2023. Par un arrêté du 26 septembre 2023, dont elle demande l'annulation, le préfet de la Gironde lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, n'a pas renouvelé son attestation de demande d'asile, l'a obligé de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné à défaut de se conformer à cette mesure et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Mme E a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 11 octobre 2023 sur laquelle il n'a pas été statué. Il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté dans son ensemble :
3. Il ressort de la consultation du site internet de la préfecture de la Gironde, librement accessible, que le préfet de la Gironde, par un arrêté du 31 août 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spéciaux n°33-2023-164, a donné délégation à Mme A D, cheffe du bureau de l'asile et du guichet unique, signataire de l'arrêté en litige, à l'effet de signer, "toutes décisions () relevant de l'autorité préfectorale pris[es] en application des livres IV, V, VI et VII (partie législative et réglementaire) du CESEDA", au nombre desquelles figurent les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des arrêtés contestés doit être écarté.
En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination :
4. En premier, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ". Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".
5. D'une part, la requérante ne peut utilement se prévaloir de ces dispositions à l'encontre de la décision l'obligeant à quitter le territoire français, laquelle n'a ni pour objet, ni pour effet, de déterminer le pays à destination duquel elle sera renvoyée. Ce moyen doit être écarté comme inopérant à l'encontre de la mesure d'éloignement.
6. D'autre part, la requérante soutient qu'elle serait soumise à des traitements inhumains et dégradants en cas de retour en Haïti, du fait de risques de persécution en raison d'un conflit d'ordre privé et de la situation actuelle du pays. Mme E fait état des menaces dont elle aurait été la cible de la part du père de son fils, qui se seraient traduites par une agression ayant eu lieu le 11 mai 2023 au domicile de sa mère en Haïti, au cours de laquelle des malfaiteurs auraient tenté d'enlever son fils, ainsi que par le kidnapping de membres de son entourage à la suite de son départ du pays. Toutefois, elle n'apporte, à l'appui de ces affirmations, aucun élément de nature à démontrer le lien entre ces évènements et les menaces dont elle dit avoir été la cible de la part de son ex compagnon. Cependant, il ressort des pièces du dossier, et notamment de la décision n° 22050335 du 10 juillet 2023 de la Cour nationale du droit d'asile que " la situation sécuritaire prévalant actuellement en Haïti se caractérise par un niveau significatif de violence ", cependant marquée " par de fortes différences régionales en termes de niveau ou d'étendue de la violence et d'impact du conflit sévissant dans ce pays ". Ainsi, la décision précise qu'il y a lieu " de prendre en compte la situation qui prévaut dans la région de provenance du demandeur ou, plus précisément, celle où il avait le centre de ses intérêts avant son départ et où il a vocation à se réinstaller en cas de retour et d'apprécier si cette personne court, dans cette région ou sur le trajet pour l'atteindre, un risque réel de subir des atteintes graves au sens des dispositions précitées du c) de l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ". L'implantation et les affrontements entre gangs ainsi qu'entre ces derniers et la police nationale d'Haïti se concentreraient principalement dans les départements de l'Ouest et de l'Artibonite. Au cas d'espèce, la requérante a vocation à se réinstaller, en cas de retour, dans la commune de Fonds-des-Blancs, dont elle est originaire, située dans le département Sud, zone non affectée par une situation de violence aveugle résultant d'un conflit armé. Toutefois, pour rejoindre sa région d'origine, Mme E devra transiter par Port-au-Prince situé dans le département de l'Ouest où se trouve l'aéroport international fonctionnel le plus proche de sa localité. À cet égard, s'agissant de ce département, l'ensemble des éléments d'informations disponibles témoigne d'une part, du caractère indiscriminé et généralisé de l'utilisation de la violence à l'encontre des civils par les groupes armés, ainsi que du contrôle par ces derniers des points d'entrée et des principaux axes routiers. D'autre part, ils permettent de caractériser l'incapacité totale des autorités haïtiennes à assurer une protection effective à leurs ressortissants. Il résulte de l'ensemble de ces éléments, compte-tenu des acteurs en présence, de la nature de la violence, du nombre de victimes, d'incidents sécuritaires, de déplacés internes et de la crise humanitaire qui en est directement la résultante, que le conflit armé en cours en Haïti dans le département de l'Ouest, entre, d'une part les organisations criminelles elles-mêmes et d'autre part entre ces organisations et les autorités haïtiennes, engendre, à la date de la présente décision, une situation de violence aveugle d'une intensité exceptionnelle au sens de l'article L. 512-1, 3° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en l'absence de protection effective des autorités. Il ressort de ce qui précède que la violence aveugle prévalant dans les zones que l'intéressée sera nécessairement amenée à traverser en cas de retour, à savoir le département de l'Ouest est telle qu'il existe des motifs sérieux et avérés de croire que tout civil qui qui serait amené à y séjourner ou à y transiter courrait, de ce seul fait, un risque réel de menace grave contre sa vie ou sa personne. Dès lors, eu égard aux risques encourus en cas de retour du requérant dans son pays d'origine, le préfet a méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L.721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en fixant comme pays de destination Haïti.
7. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
8. Si la requérante se prévaut de la relation qu'elle déclare entretenir avec M. C, ressortissant français avec lequel elle a conclu un pacte civil de solidarité (PACS) le 6 juin 2023 2023, ce PACS présente un caractère très récent et la requérante ne justifie pas d'une communauté de vie significative avec ce dernier à la date de la décision contestée. Par ailleurs, cette union n'a donné naissance à aucun enfant. Enfin, il ressort des pièces du dossier que Mme E n'est pas dépourvue d'attaches dans son pays d'origine, où résident sa mère et son fils. En outre, la conclusion d'un mariage civil en France, le 30 septembre 2023, est sans incidence sur l'appréciation de la situation de la requérante qui doit être faite au regard des circonstances existantes à la date de l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
9. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ". En outre, l'article 11 de la directive n° 2008/115 du 16 décembre 2008 dispose que : " Les États membres peuvent s'abstenir d'imposer, peuvent lever ou peuvent suspendre une interdiction d'entrée, dans des cas particuliers, pour des raisons humanitaires. ".
10. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient au préfet, s'il entend assortir sa décision portant obligation de quitter le territoire dans un délai déterminé, d'une interdiction de retour sur le territoire, dont la durée ne peut dépasser deux ans, de prendre en considération les quatre critères énumérés par l'article précité que sont la durée de présence sur le territoire de l'intéressé, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France et les circonstances, le cas échéant, qu'il ait fait l'objet d'une ou plusieurs précédentes mesures d'éloignement et que sa présence constitue une menace pour l'ordre public.
11. Mme E soutient que son statut de demandeur d'asile caractériserait une circonstance humanitaire faisant obstacle à l'édiction d'une interdiction de retour sur le territoire français à son encontre. Il résulte de ce qui a été dit précédemment, notamment au point 6, que l'intéressée établit la réalité des risques qu'elle dit courir en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, le préfet de la Gironde a commis d'erreur d'appréciation en édictant, à son encontre, une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
12. Il résulte de tout ce qui précède que Mme E est seulement fondée à demander l'annulation des décisions portant fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français.
Sur les conclusions aux fins de sursis à exécution de la mesure d'éloignement :
13. Aux termes de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci. ". Aux termes de l'article L. 752-11 du même code : " Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné, saisi en application des articles L. 752-6 ou L. 752-7, fait droit à la demande de l'étranger lorsque celui-ci présente des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile ".
14. En l'état du dossier et au vu de ce qui a été dit au point 6, il y a lieu de considérer que Mme E présente des éléments sérieux de nature à justifier son maintien sur le territoire durant l'examen du recours qu'elle a formé devant la Cour nationale du droit d'asile. Ainsi, ses conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la mesure d'éloignement doivent être accueillies.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
15. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
16. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros à verser à Me Lanne en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : Mme E est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : L'arrêté du 26 septembre 2023 est annulé en tant qu'il fixe le pays de destination et porte interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Article 3 : L'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français est suspendue jusqu'à la décision de la Cour nationale du droit d'asile.
Article 4 : L'Etat versera à Me Lanne une somme de 1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Lanne renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme E est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E, à Me Lanne et au préfet de la Gironde.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2023.
La magistrate désignée,
F. FLa greffière,
E. SOURIS La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026