mardi 14 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2306186 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Eloignement 72 heures |
| Avocat requérant | CUISINIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 novembre 2023 à 12 heures 14 et des pièces complémentaires enregistrées le 10 novembre 2023, M. C A, représenté par Me Cuisinier, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 7 novembre 2023 du préfet de la Gironde, notifié le 7 novembre 2023 à 15 heures 07, portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français sans délai à destination du pays dont il a la nationalité ou pour lequel il établit être légalement admissible et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;
3°) d'annuler l'arrêté du 7 novembre 2023 par lequel le préfet de la Gironde l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours en vue de son éloignement effectif du territoire français dans ce délai ;
4°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour ou à défaut de procéder au réexamen de sa situation, dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir et ce sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur l'arrêté portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français sans délai à destination du pays dont il a la nationalité ou pour lequel il établit être légalement admissible et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans :
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
- la décision a été adoptée par une autorité incompétente, faute de preuve de l'existence d'une délégation habilitant Mme D à signer cette décision ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- le préfet a méconnu l'article 6 alinéa 7 de l'accord franco-algérien dès lors que son état de santé justifiait qu'il lui soit délivré de plein droit un titre de séjour " vie privée et familiale " ;
- le préfet n'établit ni même n'allègue avoir saisi les services de la police nationale et le procureur de la République pour un complément d'informations et vérification des mentions figurant au fichier de traitement des antécédents judiciaires (TAJ) avant d'avoir édicté son refus comme lui imposait de la faire l'article R. 40-29 du code de procédure pénale ;
- le préfet a commis une erreur d'appréciation en estimant que son comportant constitue une menace pour l'ordre public ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle a été adoptée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- sa situation n'entre pas dans les cas où il peut être procéder à son éloignement en vertu de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il est bien titulaire d'un titre de séjour en cours de validité jusqu'au 21 décembre 2023 qui ne lui a pas été retiré ;
- le préfet n'établit ni même n'allègue avoir saisi les services de la police nationale et le procureur de la République pour un complément d'informations et vérification des mentions figurant au fichier de traitement des antécédents judiciaires (TAJ) avant d'avoir édicté son refus comme lui imposait de la faire l'article R. 40-29 du code de procédure pénale ;
- le préfet a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elle emporte sur sa situation dès lors qu'il est atteint d'une maladie psychiatrique qui a nécessité son hospitalisation durant deux mois à Charles Perrens ;
En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
- le préfet a méconnu l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que son comportement ne constitue pas une menace à l'ordre public ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation puisqu'il n'y dispose plus d'aucune attache familiale ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus d'octroi d'un délai de départ volontaire ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation car il ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;
Sur l'arrêté portant assignation à résidence :
- il a été adopté par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- il méconnaît l'article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il ne peut être assigné à résidence dès lors qu'il dispose d'un titre de séjour en cours de validité faisant obstacle à son éloignement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 novembre 2023, le préfet de la Gironde conclut au non-lieu à statuer et au rejet des conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que les arrêtés du 7 novembre 2023 ont été abrogés par deux arrêtés du 10 novembre 2023, de sorte qu'il n'y a plus lieu de statuer.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les recours présentés sur le fondement de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus en audience publique :
- le rapport de Mme B, qui a informé les parties à l'audience que les conclusions à fin d'annulation de la décision portant refus de séjour ainsi que les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de la Gironde de délivrer un titre de séjour à M. A sous délai et astreinte ressortissent à la compétence d'une formation collégiale et sont susceptibles d'être renvoyées d'office vers une telle formation de jugement ;
- les observations de Me Cuisinier pour M. A, qui précise que le requérant se désiste des conclusions à fin d'annulation et d'injonction mais maintient ses conclusions relatives aux frais liés au litige.
Le préfet de la Gironde n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, né le 23 mai 2001 à Annaba (Algérie), de nationalité algérienne, déclare être entré France au cours du mois de décembre 2017. Mineur, il a été pris en charge le 13 décembre 2017 par le dispositif de recueil des mineurs étrangers isolés du département de la Gironde. Il a ensuite fait l'objet d'un placement provisoire au département de la Gironde par ordonnance du 21 février 2018 jusqu'au 21 août 2018. Il a été titulaire d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", régulièrement renouvelé, depuis le 16 mars 2021. M. A a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour par demande du 27 octobre 2023, ce titre expirant le 21 décembre 2023. Le préfet de la Gironde lui a notifié le 7 novembre 2023 à 15 heures 07 un arrêté du même jour lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français sans délai à destination du pays dont il possède la nationalité ou tout autre pays pour lequel il est légalement admissible, a abrogé l'autorisation provisoire de séjour délivrée à l'occasion de la demande de titre de séjour, lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français et l'a signalé aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. Par un arrêté du 7 novembre 2023 le préfet de la Gironde l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours en vue de l'éloigner du territoire français. Par la présente requête, il sollicite l'annulation de ces deux arrêtés.
Sur les conclusions à fin d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. A, il y a lieu de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur le désistement partiel :
3. Il ressort des pièces du dossier que par deux arrêtés du 10 novembre 2023, postérieurs à l'enregistrement de la requête, le préfet de la Gironde a abrogé les deux arrêtés litigieux du 7 novembre 2023 portant respectivement refus de séjour, obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans et assignation à résidence d'une durée de quarante-cinq jours. Lors de l'audience publique, M. A s'est désisté de ses conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sous astreinte. Ce désistement est pur et simple. Rien n'empêche qu'il en soit donné acte.
Sur les frais liés au litige :
4. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. En l'espèce, l'Etat, qui a abrogé les décisions attaquées en cours d'instance doit être regardé comme la partie perdante au sens des dispositions précitées. Dans ces conditions, il y a lieu, sous réserve, d'une part, que Me Cuisinier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle et, d'autre part, que M. A soit admis définitivement à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros à verser à Me Cuisinier. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A par le bureau d'aide juridictionnelle, cette somme sera versée à M. A.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Il est donné acte du désistement des conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de la requête de M. A.
Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Cuisinier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Cuisinier, avocat de M. A, une somme de 800 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A par le bureau d'aide juridictionnelle, cette somme sera versée à M. A.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A, au préfet de la Gironde et à Me Cuisinier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2023.
La magistrate désignée,
F. B
La greffière,
H. MALO
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026