mardi 2 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2306919 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SELARL BOISSY AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 décembre 2023 et 2 janvier 2024, la société IMAE Multiservices, représentée par son gérant en exercice, demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des articles L. 551-1 et L. 551-2 du code de justice administrative, l'annulation de la procédure, lancée par l'Office public de l'Habitat (OPH)Périgord Habitat, de passation des lots n° 2, 3 et 4 du marché public pour le nettoyage des parties communes du patrimoine de Périgord Habitat.
Elle soutient que :
- le référé précontractuel est recevable ; en signant le marché le 19 décembre 2023, l'OPH Périgord Habitat a méconnu les dispositions de l'article L. 551-4 du code de justice administrative dans le but de rendre le recours précontractuel non recevable ; la société a communiqué à l'OPH Périgord Habitat le 16 décembre 2023 la saisine du tribunal administratif ; l'office a confirmé la réception de ce courriel le 18 décembre suivant ; l'article L. 551-4 du code de justice administrative bloque de droit la signature ;
- les informations communiquées sur la non-attribution des lots incriminés ne permettent pas d'apprécier les critères et les sous-critères de notation, en méconnaissance des articles R. 2181-1, R. 2181-3 et R. 2181-4 du code de la commande publique ; si des documents ont été transmis le 19 décembre 2023, des pièces sont manquantes tel le procès-verbal d'ouverture des plis des candidatures et des offres et le procès-verbal de la commission d'appel d'offres ; des erreurs affectent les documents transmis ;
- l'article L. 2152-7 du code de la commande a été méconnu dès lors, d'une part, que les offres n'ont pas été appréciées lot par lot ; l'appréciation globale effectuée implique que les sous-critères " organisation et encadrement " et " cohérence et pertinence des temps de travail estimés par référence aux valeurs cibles déterminée par Périgord Habitat " n'ont pas été pris en compte lot par lot lors de la notation du sous-critère n° 1 ; d'autre part, l'application des modalités de calcul du sous-critère du prix a entraîné un déclassement injuste des offres sur les lots n° 3 et 4 ;
- aucune modification du règlement de consultation n'a été communiquée ;
- l'article L. 2152-5 du code de la commande publique a été méconnu ; les notes extrêmement basses obtenues sur les lots n° 2 et 3 attribuées à l'entreprise retenue permettent de s'interroger sur l'existence d'un prix forfaitaire anormalement bas, la défavorisant ;
- conformément à l'article L. 2141-1 du code de la commande publique, la candidature de l'entreprise retenue aurait dû être écartée ; la société Gerald Multis Services n'était pas enregistrée à la chambre de commerce et d'industrie ; son gérant est le salarié affecté sur le marché en litige pour le compte de l'entreprise IMAE Multiservices et en date du transfert pour l'entreprise adjudicatrice Cool's nettoyage.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 décembre 2023, l'Office public de l'Habitat Périgord Habitat, représenté Me Boissy conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de la requérante de la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- le référé précontractuel est irrecevable, à défaut d'avoir respecté les obligations définies par l'article R. 551-1 du code de justice administrative ; dans son courriel du 16 décembre 2023, la société IMAE Multiservices s'est abstenue de préciser la nature du recours dont elle a saisi le tribunal ; ce n'est que le 20 décembre 2023, date de notification du recours par le tribunal, que le pouvoir adjudicateur a pris connaissance de la procédure en référé précontractuel ; par ailleurs, le 19 décembre 2023, l'office a signé et notifié le marché avec le titulaire, la société Cool's Nettoyages ; elle a par ailleurs scrupuleusement respecté le délai de suspension de la signature du marché indiqué dans les courriers de rejet des offres adressés aux candidats évincés le 7 décembre 2023 ;
- le référé précontractuel est mal fondé ; les motifs de rejet de l'offre de la requérante lui ont été communiqués, conformément aux dispositions des articles R. 2181-1 et R. 2181-3 du code de la commande publique ; sans attendre l'expiration du délai de 15 jours, l'office a communiqué les pièces complémentaires sollicitées le 7 décembre 2023 à l'exception de celles susceptibles de porter atteinte à une mise en concurrence future ou couvertes par le secret commercial.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif a désigné Mme A en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. L'Office public de l'Habitat Périgord Habitat a lancé une consultation en vue de l'attribution d'un marché public pour le nettoyage des parties communes du patrimoine de Périgord Habitat décomposé en six lots. La société IMAE Multiservices a formulé une offre pour les lots n° 2, 3 et 4. Le 7 décembre 2023, la directrice générale de l'OPH Périgord Habitat a informé cette société que ses offres pour ces trois lots étaient rejetées et qu'ils étaient attribués à la société Cool's Nettoyages. La société IMAE Multiservices demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des articles L. 551-1 et L. 551-2 du code de justice administrative, l'annulation de la procédure, lancée par l'Office public de l'Habitat (OPH)Périgord Habitat, de passation des lots n° 2, 3 et 4 du marché public pour le nettoyage des parties communes du patrimoine de Périgord Habita2.
2. Aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, la délégation d'un service public ou la sélection d'un actionnaire opérateur économique d'une société d'économie mixte à opération unique () ". Aux termes du I de l'article L. 551-2 du même code : " Le juge peut ordonner à l'auteur du manquement de se conformer à ses obligations et suspendre l'exécution de toute décision qui se rapporte à la passation du contrat, sauf s'il estime, en considération de l'ensemble des intérêts susceptibles d'être lésés et notamment de l'intérêt public, que les conséquences négatives de ces mesures pourraient l'emporter sur leurs avantages. / Il peut, en outre, annuler les décisions qui se rapportent à la passation du contrat et supprimer les clauses ou prescriptions destinées à figurer dans le contrat et qui méconnaissent lesdites obligations ".
3. Il résulte de ces dispositions que les pouvoirs conférés au juge des référés précontractuels ne peuvent plus être exercés après la conclusion du contrat. En conséquence, une requête en référé présentée sur ce fondement précontractuel devient sans objet dès l'instant où le pouvoir adjudicateur, qu'il ait été informé ou non de l'instance introduite, a estimé devoir procéder à la signature du contrat. Par ailleurs, si, eu égard aux pouvoirs conférés au juge des référés précontractuels par les dispositions précitées, les parties doivent, avant qu'il ne prononce une mesure prévue par celles-ci, être mises à même de présenter, au cours d'une audience publique, des observations orales à l'appui de leurs observations écrites, il en va différemment lorsque, après que cette procédure ait été engagée, intervient un désistement ou un évènement rendant sans objet la requête. Dans ce cas, le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte du désistement ou constater un non-lieu sans tenir d'audience.
4. Il résulte de l'instruction que postérieurement à l'introduction de la requête, l'OPH Habitat Périgord a signé avec la société Cool's Nettoyages les actes d'engagement des lots n° 2, 3 et 4. Dans ces conditions, les conclusions présentées par la société IMAE Multiservices sur le fondement des articles L. 551-1 et L. 551-2 du code de justice administrative sont ainsi devenues sans objet.
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société IMAE Multiservices la somme que demande l'OPH Périgord Habitat sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions présentées par la société IMAE Multiservices sur le fondement des articles L. 551-1 et L. 551-2 du code de justice administrative.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'OPH Périgord Habitat sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société IMAE Multiservices, l'office public de l'habitat Périgord Habitat et à la société Cool's Nettoyages.
Fait à Bordeaux le 2 janvier 2024
La juge des référés,
C. A
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026