vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2403412 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JU-4ème chambre |
| Avocat requérant | DEBRIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 mai 2024, M. B F, représenté par Me Debril, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 mai 2024 par lequel le préfet de la Gironde lui a fait obligation de quitter le territoire français, lui a refusé un délai de départ volontaire, a désigné le pays à destination duquel il pourra être renvoyé d'office à défaut de se conformer à cette obligation et a prescrit à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 80 euros par jour de retard et de lui délivrer un titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté dans son ensemble :
- l'arrêté est signé par une autorité incompétente ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que la commission de titre de séjour n'a pas été saisie conformément aux dispositions de l'article R. 432-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors qu'il est présent sur le territoire français depuis 2002 ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, dans la mesure où le préfet n'a pas respecté les prescriptions de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale ;
- elle méconnaît l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il peut prétendre à un titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du même code ;
- le caractère réel et grave de la menace à l'ordre public n'est pas avéré, aussi la décision est entachée d'erreur d'appréciation ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
- la décision méconnait les articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet ne justifiant pas d'un risque de soustraction à la mesure ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- la décision est illégale par exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée de défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, dans la mesure où le préfet n'a pas respecté les prescriptions de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale ;
- la décision est illégale par exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 juillet 2024, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête et fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme H ;
- les observations de Me Debril, représentant M. F présent, qui reprend à l'audience les moyens de la requête.
Le préfet de la Gironde n'étant ni présent ni représenté, la clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B F, ressortissant marocain né le 5 avril 1995, est entré en France en 2002. L'intéressé n'a pas sollicité le renouvellement de son titre de séjour temporaire valable jusqu'au 26 mai 2014 délivré par la préfecture des Yvelines et s'est maintenu sur le territoire français à l'expiration de ce titre. Le 27 mai 2024, il a été entendu par la police nationale après avoir été arrêté pour refus d'obtempérer et conduite sans permis sous l'emprise de stupéfiants. Par un arrêté du 27 mai 2024, dont il demande l'annulation, le préfet de la Gironde lui a assigné l'obligation de quitter sans délai le territoire français, a désigné le pays à destination duquel il pourra être renvoyé d'office à défaut de se conformer à cette obligation et a prescrit à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté dans son ensemble :
2. M. D A, chef de la section " éloignement " du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, de l'ordre public et du contentieux à la préfecture de la Gironde, qui a signé l'arrêté attaqué, bénéficiait, par arrêté du préfet de la Gironde du 29 mars 2024, régulièrement publié le jour même au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture, d'une délégation de signature à l'effet de signer " toutes décisions, documents et correspondances pris en application des livres II, IV, V, VI, VII et VIII (partie législative et réglementaire) du CESEDA " en ce qui concerne l'éloignement, au nombre desquelles figurent les décisions en litige, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme C G, cheffe du bureau de l'éloignement et de l'ordre public. Il ne ressort pas des pièces du dossier que cette dernière n'aurait pas été absente ou empêchée à la date de l'arrêté attaqué. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de cet acte doit être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. () ".
4. La décision attaquée vise les considérations de droit sur lesquelles elle est fondée, et précise notamment que le requérant n'a pas demandé le renouvellement de son titre de séjour temporaire, et qu'il s'y maintient depuis sans droit ni titre de séjour. Le préfet a également constaté que le requérant se déclare être en concubinage avec une ressortissante française. Dans ces conditions, la décision attaquée est suffisamment motivée en droit et en fait. Le moyen doit dès lors être écarté.
5. En deuxième lieu, M. F n'ayant présenté aucune demande de renouvellement de son titre de séjour, le moyen tiré de ce que le préfet de la Gironde aurait dû consulter la commission du titre de séjour avant de prononcer la décision litigieuse est inopérant et doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; / () ".
7. D'une part, il est constant que M. F s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour. Ainsi, le préfet pouvait légalement décider de l'obliger à quitter le territoire.
8. D'autre part, il résulte des termes de la décision attaquée que le préfet a fondé l'obligation de quitter le territoire litigieuse sur les dispositions citées au point 6, et non sur la circonstance que l'intéressé constitue une menace pour l'ordre public. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale est inopérant à l'encontre de cette décision et doit être écarté.
9. En quatrième lieu, il ressort de la lecture de l'arrêté attaqué que le préfet de la Gironde n'a pas fondé la décision portant obligation de quitter le territoire français sur la circonstance que la présence de M. F représente une menace à l'ordre public. Ainsi, le requérant ne peut utilement invoquer, à l'encontre de la décision d'éloignement, l'absence du caractère réel et grave de cette menace à l'ordre public qu'il représente.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
11. Le requérant soutient que la décision attaquée porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale au motif qu'il réside en France depuis l'été 2002, où il est entré à l'âge de sept ans à la suite du décès de son père, sous la tutelle de son oncle paternel. Toutefois, il n'établit pas par les pièces qu'il produit la continuité de son séjour depuis cette date, aucun élément n'étant produit notamment s'agissant de l'année 2019. S'il se prévaut de la présence en France de nombreux membres de sa famille paternelle, de l'obtention de son diplôme de baccalauréat professionnel en juillet 2014 et d'une promesse d'embauche du 1er octobre 2023, il ressort toutefois des pièces du dossier que l'intéressé est célibataire et sans charge de famille, et qu'il ne justifie d'aucune intégration particulière sur le sol français et d'aucune ressource. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
12. Pour les mêmes motifs, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la mesure d'éloignement contestée méconnaît son droit de bénéficier de plein droit d'un titre de séjour en application de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
13 En sixième lieu, un étranger ne peut pas utilement invoquer le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à l'encontre d'une mesure d'éloignement alors qu'il n'avait pas présenté une demande de titre de séjour sur le fondement de cet article et que l'autorité compétente n'a pas procédé à un examen d'un éventuel droit au séjour à ce titre.
14. En septième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, au regard de ce qui a été dit aux points précédents, que le préfet de la Gironde aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation du requérant. Ce moyen ne peut, dès lors, qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
15. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; () / ; 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5 ".
16. M. F ne peut justifier avoir sollicité le renouvellement de son titre de séjour ni présenter des garanties de représentation suffisantes. Dans ces conditions, en application des dispositions précitées de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il existe un risque qu'il se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français. Dès lors, le préfet de la Gironde, quand bien même il a également visé le 4° de ces dispositions à titre surabondant, pouvait pour ces seuls motifs refuser de lui accorder un délai de départ volontaire sur le fondement des dispositions précitées. Aussi, le moyen tiré de leur méconnaissance doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
17. Il résulte de tout ce qui précède que les moyens soulevés à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français ont été écartés. M. F n'est donc pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi est fondée sur une obligation de quitter le territoire français illégale et à en demander l'annulation par voie de conséquence.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
18. En premier lieu, il résulte de tout ce qui précède que les moyens soulevés à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français ont été écartés. M. F n'est donc pas fondé à soutenir que la décision lui interdisant de retourner sur le territoire français pendant trois ans est fondée sur une obligation de quitter le territoire français illégale et à en demander l'annulation par voie de conséquence.
19. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les () décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ". Aux termes de l'article L. 612-6 du même code : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".
20. D'une part, la décision attaquée vise les textes qui la fondent, notamment les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Après avoir mentionné que le comportement délictuel récurrent de M. F ne justifie pas de son intégration, le préfet a indiqué les éléments de sa situation personnelle qui ont été pris en considération, notamment la circonstance qu'il se maintient en France irrégulièrement depuis la fin de la validité de son titre de séjour, dont il n'a pas demandé le renouvellement et qu'il a déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement. Ainsi, la décision a bien été prise au vu de l'ensemble des critères prévus par les dispositions précitées. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation et le moyen tiré du défaut d'examen particulier de sa situation personnelle doivent être écarté.
21. D'autre part, M. F, célibataire et sans charge de famille, ne justifie d'aucune attache familiale ou affective intense et stable sur le territoire français et n'établit pas sa présence continue en France depuis 2002, aucune pièce n'étant produite pour les années 2008 à 2010 et pour l'année 2019. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la durée de prolongation de deux ans fixée pour cette interdiction serait disproportionnée au regard de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen doit donc être écarté.
22. En troisième lieu, la décision attaquée fait état de nombreux délits commis par le requérant, qui selon ses termes ressortiraient, non de la consultation de fichier informatique, mais de son audition. Par suite, M. F n'est pas fondé à soutenir qu'elle méconnaitrait les dispositions de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale. Dès lors, ce moyen doit être écarté.
23. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 12, la décision attaquée ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, dès lors, être écarté.
24. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 27 mai 2024 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. F est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B F et au préfet de la Gironde.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.
La magistrate désignée,
F. H La greffière,
M. E
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026