lundi 21 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2406202 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Eloignement 72 heures |
| Avocat requérant | ATGER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 octobre 2024 M. B A, représenté par Me Atger, demande au tribunal :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 18 septembre 2024 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir rétroactivement le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ou, à défaut, réexaminer sa situation, le tout dans le délai de 48 heures à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration une somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement combiné des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 ou lui verser cette somme au seul visa de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure découlant de l'absence de prise en compte de son état de vulnérabilité ;
- elle est insuffisamment motivée et elle est émaillée d'inexactitudes matérielles ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle, en particulier de sa vulnérabilité ;
- elle est entachée d'une erreur de fait car la précédente décision du 3 juillet 2024 n'existe pas ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des articles L. 551-9 et L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur de droit tirée de son inconventionnalité au regard des articles 17 et 20 de la directive 2013/33/UE.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 octobre 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Bourdarie pour statuer sur les requêtes dirigées contre des décisions mettant fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil ou refusant de les rétablir.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 17 octobre 2024 :
- le rapport de M. Bourdarie,
- et les observations de Me Atger, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue des débats.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant burkinabée se déclarant né le 11 décembre 1990 à Ingano (Burkina-Faso), a déposé une première demande d'asile auprès de la préfecture de police de Paris le 27 mars 2023. Après avoir quitté le 6 mai 2024 l'hébergement qui lui avait été attribué, M. A s'est rendu en Suisse de sa propre initiative. En juin 2024, les autorités suisses l'ont remis aux autorités françaises, responsables de l'examen de sa demande d'asile. L'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de rétablir les conditions matérielles d'accueil par la décision du 18 septembre 2024, notifiée le 30 suivant, dont M. A demande l'annulation.
Sur les conclusions relatives à l'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".
3. Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. A, il y a lieu de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, le 7 octobre 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a retiré la décision du 18 septembre 2024 portant refus du rétablissement des conditions matérielles d'accueil et a pris à cette même date une décision ayant le même objet. Par suite, les conclusions de M. A doivent être regardées comme dirigées contre la décision du 7 octobre 2024.
5. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A a présenté une demande d'asile à la préfecture de police de Paris le 27 mars 2023. Par suite, la demande présentée à son retour en France après que les autorités suisses l'y ont reconduit, enregistrée en préfecture de la Gironde le 2 juillet 2024 ne peut s'analyser en une première demande d'admission à l'asile.
6. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 551-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile sont proposées à chaque demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de sa demande par l'autorité administrative compétente ". Aux termes de l'article L. 551-15 du même code : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : / () 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ; / () La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. / Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur ". Aux termes de l'article L. 551-16 du même code : " Il est mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : / () 2° Il quitte le lieu d'hébergement dans lequel il a été admis en application de l'article L. 552-9 ; / () La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret. / Lorsque la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil a été prise en application des 1°, 2° ou 3° du présent article et que les raisons ayant conduit à cette décision ont cessé, le demandeur peut solliciter de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. L'office statue sur la demande en prenant notamment en compte la vulnérabilité du demandeur ainsi que, le cas échéant, les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil ".
7. La décision du 7 octobre 2024 portant refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil évoque la transmission d'une demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil à la suite de la décision du 3 juillet 2024 de cessation des conditions matérielles d'accueil. Toutefois, cette dernière décision du 3 juillet 2024, dont l'existence est contestée par le requérant, ne figure pas au dossier. Le courrier accompagnant la décision du 27 juin 2024 relative à la notification de sortie du lieu d'hébergement précise que la cessation des conditions matérielles d'accueil interviendra sans nouvel avis quinze jours après l'invitation à présenter des observations contenue dans ce courrier. Or, la prétendue décision du 3 juillet 2024 de cessation des conditions matérielles d'accueil, qui doit être écrite et motivée aux termes des dispositions précitées, serait intervenue avant l'expiration du délai de quinze jours pourtant annoncé et alors que le seul courrier d'observations du requérant mis en avant par l'Office français de l'immigration et de l'intégration est du 27 août 2024. En l'absence de décision de cessation des conditions matérielles d'accueil, la décision en litige est entachée d'une erreur de fait de nature à en entrainer l'annulation.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 7 octobre 2024 doit être annulée.
Sur les conclusions en injonction :
9. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique qu'il soit enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir rétroactivement le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au profit du requérant dans le délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve de l'admission de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, sur le fondement de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, le versement de la somme de 1 200 euros à son conseil, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
D E C I D E :
Article 1 : M. A est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La décision du 7 octobre 2024 est annulée.
Article 3 : Il est enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir rétroactivement les conditions matérielles d'accueil au profit de M. A.
Article 4 : L'Office français de l'immigration et de l'intégration versera une somme de 1 200 euros à Me Atger, sur le fondement de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve, d'une part, de l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle de M A et, d'autre part, de la renonciation de Me Atger au bénéfice de la part contributive de l'Etat.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Atger.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
H. BourdarieLa greffière,
C. Gioffré
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026