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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2508344

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2508344

vendredi 20 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2508344
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Bordeaux, statuant par ordonnance, rejette la requête de Mme B... visant à annuler le classement sans suite de sa demande de naturalisation. La requête est jugée manifestement irrecevable, d'une part, pour défaut de production de l'acte attaqué malgré une mise en demeure, et d'autre part, parce que le classement pour dossier incomplet ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d'un recours pour excès de pouvoir. Le tribunal fonde sa décision sur les articles R. 222-1 et R. 412-1 du code de justice administrative et l'article 40 du décret n°93-1362 du 30 décembre 1993.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 décembre 2025, Mme A... B... demande au tribunal d’annuler une décision du préfet de la Gironde portant classement sans suite de sa demande de naturalisation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 modifié ;
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (...) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : / (…) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens ».

2. Aux termes de l’article R. 412-1 du code de justice administrative : « La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation (…) ». Aux termes de l’article R. 612-1 du même code : « Lorsque des conclusions sont entachées d’une irrecevabilité susceptible d’être couverte après l’expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d’office cette irrecevabilité qu’après avoir invité leur auteur à les régulariser. ».

3. En dépit d’une demande de régularisation qui lui a été adressée le 5 décembre 2025, en courrier recommandé, dont elle a accusé de réception le 8 décembre 2025, Mme B... n’a pas, à l’expiration du délai qui lui était imparti, produit l’acte attaqué et n’a pas justifié de l’impossibilité de le produire. Par suite, cette requête, qui n’a pas été régularisée, est entachée d’une irrecevabilité manifeste et doit, dès lors, être rejetée.

4. Au surplus, aux termes de l’article 40 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française : « L’autorité qui a reçu la demande ou le ministre chargé des naturalisations peut, à tout moment de l'instruction de la demande de naturalisation ou de réintégration, mettre en demeure le demandeur de produire les pièces complémentaires ou d'accomplir les formalités administratives qui sont nécessaires à l'examen de sa demande. Si le demandeur ne défère pas à cette mise en demeure dans le délai qu'elle fixe, la demande peut être classée sans suite. Le demandeur est informé par écrit de ce classement. ». Le classement sans suite d’une telle demande motif pris du caractère incomplet du dossier ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir lorsque le dossier est effectivement incomplet.

5. D’après sa requête, pour procéder au classement sans suite de la demande de naturalisation de Mme B... le préfet de la Gironde s’est fondé sur l’incomplétude de son dossier. Si Mme B... fait valoir que l’obtention des documents pour compléter son dossier est complexe et nécessite des délais plus longs que le délai imparti, elle ne conteste ce faisant pas utilement le motif sur lequel est fondée la décision portant classement sans suite, laquelle n’a dès olors pas le caractère d’une décision faisant grief, et n’est pas susceptible d’être déférée au juge de l’excès de pouvoir. Il suit de là que la requête de Mme B..., qui est manifestement irrecevable, doit être rejetée en application des dispositions précitées de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

6. Cette circonstance ne fait toutefois pas obstacle à ce que Mme B..., si elle s’y croit fondé, saisisse à nouveau le préfet compétent, d’une nouvelle demande de naturalisation en produisant devant cette autorité toutes les pièces nécessaires à l’instruction de sa demande.


O R D O N N E:


Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B.... Copie sera adressée au préfet de la Gironde.


Fait à Bordeaux, le 20 mars 2026.


La présidente de la 5e chambre,




A. CHAUVIN



La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,
la greffière,

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