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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2601806

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2601806

lundi 16 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2601806
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux, saisi en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B... visant à contester le calcul de son allocation chômage et une demande de remboursement. La juridiction a estimé que le litige, portant sur une prestation servie au titre du régime d'assurance chômage par France Travail, relevait de la compétence exclusive de l'ordre judiciaire en vertu des articles L. 5312-1 et L. 5312-12 du code du travail. En conséquence, le juge a appliqué l'article L. 522-3 du code de justice administrative pour rejeter la demande comme ne relevant pas de sa compétence.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 mars 2026, Mme A... B... demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’enjoindre à France Travail de neutraliser la période de reclassement dans le calcul de ses droits à l’aide au retour à l’emploi, de réviser le montant de son allocation sur la base du calcul antérieur et le plus avantageux, d’abandonner, ou à défaut de réviser, la demande de remboursement des sommes perçues durant la période de reclassement, et de suspendre toute mesure de recouvrement dans l’attente de l’issue de la présente requête.

Vu
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code du travail ;
- le décret n° 2019-797 du 26 juillet 2019, et notamment son article 35 ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Gay, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.



Considérant ce qui suit :

1. Mme A... B..., qui présente une requête portant la mention « référé » sans en préciser le fondement légal, semble devoir être regardée comme demandant au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre à France travail de neutraliser la période de reclassement dans le calcul de ses droits à l’aide au retour à l’emploi, de réviser le montant de son allocation sur la base du calcul antérieur et le plus avantageux, d’abandonner, ou à défaut de réviser, la demande de remboursement des sommes perçues durant la période de reclassement, et de suspendre toute mesure de recouvrement.

2. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. ». Aux termes de l’article L. 522-3 de ce code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1 ». Enfin, aux termes du premier alinéa de l’article R. 522-1 dudit code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire. »

3. Saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque les effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.

4. En vertu de l’article L. 5312-1 du code du travail, l’opérateur France Travail est une institution nationale publique dotée de la personnalité morale et de l'autonomie financière qui a pour mission de : « 4° Assurer, pour le compte de l’organisme gestionnaire du régime d’assurance chômage, le service de l’allocation d’assurance et de l’allocation des travailleurs indépendants ». L’article L. 5312-12 du même code prévoit que : « Les litiges relatifs aux prestations dont le service est assuré par l'institution, pour le compte de l'organisme chargé de la gestion du régime d'assurance chômage ou de l'Etat sont soumis au régime contentieux qui leur était applicable antérieurement à la création de cette institution ».

5. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux préparatoires de la loi du 13 février 2008 relative à la réforme de l'organisation du service public de l'emploi dont elles sont issues, que le législateur a souhaité que la réforme, qui s’est notamment caractérisée par la substitution de Pôle emploi, devenu France Travail, à l’Agence nationale pour l’emploi et aux associations pour l'emploi dans l'industrie et le commerce, reste sans incidence sur le régime juridique des prestations et sur la juridiction compétente pour connaître du droit aux prestations, notamment sur la compétence de la juridiction judiciaire s’agissant des prestations servies au titre du régime d’assurance chômage.

6. Mme B... saisit le juge des référés d’un litige afin que France Travail révise le montant de son allocation d’aide au retour à l’emploi et abandonne ou révise sa demande de remboursement des sommes perçues durant la période de son reclassement et suspende toute mesure de recouvrement. Cette allocation relève des prestations servies au titre du régime d’assurance chômage. Il résulte des dispositions mentionnées au point 4 qu’il n’appartient qu’à la juridiction judiciaire de connaître d’un tel recours. Par suite, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête de Mme B....





O R D O N N E :




Article 1er : La requête n° 2601806 présentée par Mme B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....

Copie en sera adressée à France Travail.

Fait à Bordeaux, le 16 mars 2026.

La juge des référés,




N. Gay
La République mande et ordonne au ministre du travail, des solidarités et des familles en ce qui le concerne ou à à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,





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