Le Tribunal administratif de Bordeaux a été saisi par M. A..., ressortissant béninois, d’une requête en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, afin d’enjoindre au préfet de la Gironde de lui renouveler son attestation de prolongation d’instruction. Le requérant invoquait l’urgence et l’utilité de la mesure, se prévalant de l’article R. 431-15-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. En défense, le préfet a fait valoir qu’une attestation avait été délivrée le 13 mai 2026, soit postérieurement à l’introduction de la requête. Le juge des référés a constaté que les conclusions étaient devenues sans objet et a prononcé un non-lieu à statuer.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 mai 2026, M. B... A... demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’enjoindre au préfet de la Gironde de lui renouveler son attestation de prolongation d’instruction dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir.
Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dès lors que l’absence de renouvellement de son attestation de prolongation d’instruction fait obstacle à la poursuite de son activité professionnelle et le prive de toutes ressources financières ; l’incertitude créée par l’absence de régularité de sa situation administrative lui cause un préjudice psychologique et porte atteinte à sa santé mentale ;
- la mesure sollicitée est utile dès lors que le préfet est tenu de renouveler l’attestation de prolongation d’instruction en vertu de l’article R. 431-15-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 mai 2026, le préfet de la Gironde conclut au non-lieu à statuer sur la requête.
Il soutient qu’une attestation de prolongation d’instruction a été délivrée le 13 mai 2026 sur le compte ANEF du requérant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Gay, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B... A..., né le 12 septembre 2002, de nationalité béninoise, qui a déposé une demande de titre de séjour le 6 janvier 2026, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de la Gironde de lui renouveler son attestation de prolongation d’instruction.
2. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. » Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative.
3. Il résulte de l’instruction que, postérieurement à l’introduction de la requête, le préfet de la Gironde a délivré à M. A..., le 13 mai 2026, une attestation de prolongation d’instruction valable jusqu’au 12 août 2026. Dans ces conditions, les conclusions tendant à l’application de l’article L. 521-3 du code de justice administrative sont devenues sans objet. Il n’y a, dès lors, plus lieu d’y statuer.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur la requête présentée par M. A....
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et à la préfète de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 1er juin 2026.
La juge des référés,
N. Gay
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne, ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,