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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2604358

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2604358

lundi 1 juin 2026

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2604358
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision de rupture de contrat de Mme B... prise par le maire de Léognan. Le juge a relevé que la requérante n'avait pas introduit de requête distincte en annulation, rendant ses conclusions à fin de suspension manifestement irrecevables. Par ailleurs, il a estimé que l'urgence n'était pas caractérisée, l'agent en période d'essai ne bénéficiant pas d'un droit à la poursuite de son contrat et son absence non justifiée à l'entretien préalable ne permettant pas de retenir un préjudice grave et immédiat.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées respectivement les 26 et 27 mai 2026, Mme A... B... demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de la décision de rupture de son contrat prise par le maire de la commune de Léognan le 20 mai 2026 ;

2°) d’ordonner le maintien provisoire de son contrat dans l’attente du jugement au fond ;


Elle soutient que :
- elle est placée dans une situation d’urgence médicale et financière ;
- cette rupture de contrat présente un doute sérieux quant à sa légalité, car elle semble directement liée à son état de santé et à la déclaration de son accident du travail, ce qui pourrait constituer une mesure discriminatoire ;


Vu :
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Vaquero, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. Mme A... B..., née le 25 juillet 1990, a été recrutée par contrat à durée déterminée en qualité d’adjoint administratif par la commune de Léognan pour la période du 20 avril 2026 au 31 juillet 2026. Par arrêté du 20 mai 2026, le maire a prononcé son licenciement en fin de période d’essai. Mme B... demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de cette décision.

2. D’une part aux termes du premier alinéa de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (...) ». Aux termes du premier alinéa de l’article R. 522-1 du même code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire. ». L’article L. 522-3 dudit code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ». En vertu de ces dernières dispositions, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête, sans instruction ni audience, notamment lorsqu’elle est dénuée d’urgence, ou qu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci est mal fondée.

3. D’autre part, aux termes du deuxième alinéa de l’article R. 522-1 du même code : « A peine d’irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d’une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d’annulation ou de réformation et accompagnées d’une copie de cette dernière ».

4. En premier lieu, il ne résulte pas de l’instruction que Mme B... a introduit une requête distincte par laquelle elle demande l’annulation de la décision contestée. Par suite, les conclusions à fin de suspension de l’exécution de l’arrêté du 20 mai 2026 sont manifestement irrecevables et, pour cette raison, doivent être rejetées.

5. En deuxième lieu, l’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l’acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue. L’urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l’ensemble des circonstances de l’affaire, à la date à laquelle le juge des référés se prononce.


6. Il est tout d’abord constant qu’un agent recruté par un contrat comportant une période d’essai ne bénéficie pas d’un droit à la poursuite de son contrat à l’issue de cette période. Il résulte de l’instruction que Mme B... a été recrutée pour une durée allant du 20 avril au 31 juillet 2026 sur les fonctions d’adjoint administratif avec une période d’essai de quinze jours. Mme B... n’ayant pu se rendre, pour un motif de santé, à l’entretien préalable de licenciement prévu le 12 mai 2026, le maire de Léognan a décidé, par avenant n°1 à son contrat de travail, en date du même jour, de prolonger cette période d’essai pour une durée de sept jours ouvrés, afin de lui permettre d’assister à un nouvel entretien préalable fixé au 19 mai 2026. Il résulte de l’instruction que Mme B... n’a pas déféré à cette seconde convocation sans justifier de son absence. Durant la période d'essai prolongée à laquelle elle était soumise, l’intéressée se trouvait dans une situation probatoire et provisoire. Il résulte en outre de l’instruction que si Mme B... invoque sa situation financière et médicale, d’une part, elle ne pouvait pour autant ignorer que la rupture de son contrat en fin de période d’essai pouvait la laisser sans rémunération. Par ailleurs, si elle se prévaut d’un accident intervenu le 27 avril 2026 dans le cadre du service, il apparaît qu’elle a formulé une déclaration en ce sens. La seule circonstance que cette déclaration pourrait être tardive est sans incidence sur l’appréciation de l’urgence dès lors que cette tardiveté est due à sa propre négligence. Pour toutes ces raisons, Mme B... ne justifie pas d’une urgence au sens de l’article L. 521-1 du code de justice administrative nécessitant que le juge des référés statue sur sa demande à bref délai.



7. Il résulte de ce qui précède que la requête, qui est à la fois manifestement irrecevable et dénuée d’urgence, doit être rejetée en toutes ses conclusions par application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.



O R D O N N E :


Article 1er : La requête n° 2604358 de Mme B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....

Copie sera transmise pour information à la commune de Léognan.

Fait à Bordeaux, le 1er juin 2026.

Le juge des référés,



M. Vaquero

La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,
La greffière,




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