lundi 21 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-1803886 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DE LA GRANGE ET FITOUSSI AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par jugement 1803886 en date du 3 juin 2019 le tribunal administratif de Montpellier, avant de statuer sur la requête de Mme F H et les conclusions des autres parties, a reconnu que le centre hospitalier universitaire (CHU) de Montpellier avait commis une faute dans la surveillance de Mme H et le diagnostic post-opératoire de nature à engager sa responsabilité, a ordonné une expertise sur la perte de chance subie par l'intéressée de voir son état s'améliorer ou ne pas se dégrader du fait de cette faute, et a exclu l'engagement de la responsabilité sans faute de l'ONIAM.
Le rapport d'expertise du Dr C a été établi le 7 juin 2021.
Par ordonnance du 11 aout 2021 du vice-président de ce tribunal les frais de cette expertise ont été taxés à la somme de 2900 euros.
Par ordonnance du 16 aout 2017 du vice-président de ce tribunal les frais d'expertise du Dr G ont été taxés à la somme de 2200 euros.
Par mémoires, enregistrés les 16 mars et 11 mai et 6 octobre 2022, Mme F H, représentée par Me André, demande au tribunal à titre principal dans le dernier état de ses écritures:
1°) de condamner le CHU de Montpellier à lui payer la somme globale de 1 055861, 72 euros, ainsi que 80% d'une rente viagière de 53148 euros à compter du 1er décembre 2022 ;
2°) de condamner l'ONIAM à lui payer la somme globale de 263965,43 euros ainsi que 20% de la rente viagière;
3) de mettre à la charge du CHU et de l'ONIAM les dépens, et la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Et à titre subsidiaire, de condamner le CHU de Montpellier à lui payer la somme globale de 1 055861,72 euros, ainsi que 80% d'une rente viagière de 53148 euros à compter du 1er décembre 2022
Elle soutient dans le dernier état de ses écritures que :
- le rapport d'expertise C n'est pas exploitable ;
- la responsabilité pour faute du CHU de Montpellier est engagée, et la perte de chance doit être fixée à 80%, d'après le professeur B et le Dr G ;
- l'indemnisation par l'ONIAM et celle par le centre hospitalier peuvent se cumuler ;
- les conditions d'indemnisation au titre de la solidarité nationale sont réunies, le dommage est imputable à un acte de soins, les conséquences sont nettement plus graves que celles prévisibles, et le préjudice est grave, plus de 70% d'IPP ;
- ses préjudices doivent être évalués comme suit, 15600 euros de frais d'assistance à l'expertise, et 44120 euros de frais de tierce personne temporaire ;
- les frais de tierce personne permanente seront évalués par une rente annuelle viagière de 53148 euros, payable par trimestre à compter du 1er décembre 2022, indexée sur la base du SMIC et suspendue en cas d'hospitalisation à compter du 46e jour;
- les frais de logement adapté sont réservés selon l'expert C et le sapiteur, les frais de matériel adapté sont 210 177,42 euros, 286916,36 euros pour le véhicule adapté, les dépenses de santé futures sont de 63874,34 euros ;
- le déficit fonctionnel temporaire est 16 717,50 euros, le pretium doloris de 6 sur 7 avec anxiété de 40 000 euros, le préjudice esthétique temporaire 15 000 euros, et le permanent 30 000 euros ;
- le déficit fonctionnel permanent 72% selon Obada,avec isolement social est de 220 000 euros, le préjudice d'agrément 15 000 euros, le préjudice sexuel 8 000 euros;
Par mémoire, enregistré le 9 octobre 2018, la caisse primaire d'assurance maladie de l'Hérault conclut à la condamnation du CHU de Montpellier à lui verser des débours d'un montant de 684 511,19 euros et une somme de 1600 euros au titre de l'indemnité forfaitaire.
Par mémoires, enregistrés les 31 mars et 8 juin 2022, le CHU de Montpellier, représenté par Me Armandet, conclut au rejet des conclusions dirigées contre lui, la paraplégie postopératoire constituant un accident médical non fautif, et en l'absence de lien causalité entre le manquement du CHU et les préjudices subis, lesquels ne sont pas justifiés.
Par mémoires, enregistrés les 4 et 6 octobre 2022, l'ONIAM conclut à sa mise hors de cause.
Vu :
-les autres pièces du dossier ;
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
-le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience :
-le rapport de M. D,
-les conclusions de M. Baccati, rapporteur public ;
-les observations de Me André, pour la requérante, et celles de Me Le Junter, pour le CHU de Montpellier.
Considérant ce qui suit :
Sur l'exposé du litige :
1. Par jugement 1803886 rendu le 3 juin 2019 ce tribunal, se fondant sur un rapport d'expertise déposé le 9 aout 2017 par le Dr G, a reconnu que Mme H, hospitalisée en aout 2015 au service de chirurgie cardiovasculaire de l' hopital Arnaud de Villeneuve de Montpellier, avait eu une accumulation de liquide dans le péricarde dite " tamponnade ", et que cette tamponnade avait entraîné une insuffisance circulatoire aigüe prolongée responsable d'une ischémie médullaire et de la survenue d'une paraplégie. Le jugement a estimé que l'absence d'un médecin sénior au chevet de la patiente était constitutive d'un défaut de surveillance qui avait privé Mme H du bénéfice d'une échographie cardiaque, que cette faute commise par le CHU de Montpellier dans la surveillance et le diagnostic post-opératoire était de nature à engager sa responsabilité, a ordonné une expertise sur la perte de chance subie par l'intéressée de voir son état s'améliorer ou ne pas se dégrader du fait de cette faute, et a enfin exclu dans ses motifs l'engagement de la responsabilité sans faute de l'ONIAM. Après dépôt du second rapport d'expertise par le Dr C le 7 juin 2021, Mme H, dans le dernier état de ses écritures, demande de condamner le CHU de Montpellier à lui payer la somme globale de 1 055 861,72 euros, ainsi qu'un montant de 80% d'une rente viagière de 53148 euros, Elle demande aussi la condamnation de l'ONIAM à lui payer la somme globale de 263 965,43 euros, et un montant 20% de la même rente. Enfin, la caisse primaire d'assurance maladie de l'Hérault conclut à la condamnation du CHU de Montpellier à lui verser des débours d'un montant de 684 511,19 euros.
Sur les conclusions indemnitaires dirigées contre l'ONIAM :
2. Le jugement mentionné point 1 rendu le 3 juin 2019 ayant exclu dans ses motifs la responsabilité sans faute de l'ONIAM, les conclusions indemnitaires du recours dirigées contre cet office sur ce fondement ne peuvent qu'être rejetées.
Sur la responsabilité du CHU :
3.En vertu de l'article L1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute ".
4. Le jugement mentionné point 1 ayant reconnu la responsabilité fautive du CHU de Montpellier, ce dernier ne peut utilement soutenir qu'il n'a pas commis de faute et que celle-ci n'est pas à l'origine des préjudices subis par la requérante.
S'agissant du lien de causalité et la nature du préjudice indemnisable :
5. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter la survenue de ce dommage. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue. Lorsqu'une pathologie prise en charge dans des conditions fautives a entraîné une détérioration de l'état du patient ou son décès, c'est seulement lorsqu'il peut être affirmé de manière certaine qu'une prise en charge adéquate n'aurait pas permis d'éviter ces conséquences que l'existence d'une perte de chance ouvrant droit à réparation peut être écarté.
6.Si l'expert nommé par le jugement n'a pas fixé de taux de perte de chance, il résulte toutefois de son rapport d'expertise définitif, qui ne peut être infirmé par le rapport du professeur A produit par le CHU et par les avis des Dr B et Tordjmann produits par la requérante, qui ne sont pas contradictoires, que l' absence de surveillance peut être à l' origine de la paraplégie sous réserve que l'épanchement se soit constitué progressivement, ait été vu en échographie, et qu' un drainage ait été réalisé sans déstabilisation hémodynamique lors de l' induction anesthésique. Il en résulte donc que les manquements imputables au CHU de Montpellier sont seulement à l'origine, pour la patiente, d'une perte de chance d'éviter la paraplégie. Il y a lieu en l'espèce, d'évaluer cette perte de chance au taux de 25 %, le taux de 80% proposé par la requérante n'étant pas justifié par les pièces médicales produites.
Sur les préjudices :
7.Il ressort du second rapport d'expertise que l'état de santé de la requérante a été consolidé au 24 mars 2017, à l'age de 67 ans.
S'agissant des préjudices patrimoniaux :
8.La CPAM de l' Hérault, en produisant une attestation de son médecin conseil en date du 26 septembre 2018, justifie de frais d' hospitalisation de 197439,65 euros, de frais médicaux de 4326,79 euros pour la période allant du 8 octobre 2015 au 30 aout 2016, d' un montant de 323,64 euros de frais pharmaceutiques pour la période allant du 11 juin au 30 aout 2016 , et de frais d'appareillage de 8407,82 euros, qui sont en lien avec les fautes commises par le centre hospitalier universitaire de Montpellier. Cependant l'attestation ne justifie pas que les frais de transport allégués,1696,04 euros soient imputables aux manquements du CHU Par suite, le montant des dépenses de santé actuelles de la caisse doit être évalué à 210497,90 euros, soit 52624,48 euros après application du taux de perte de chance.
9. Il résulte de l'instruction que l'état de santé de Mme H nécessite des frais d'appareillage correspondant à un lit médicalisé et deux fauteuils à propulsion manuelle et électrique. La CPAM de l'Hérault justifie pour ces frais d'un cout annuel de 3634 euros, et de dépenses médicales, pharmaceutiques et paramédicales, d'un montant annuel de 22575,27 euros, soit 6552,32 euros application du taux de perte de chance. En l'absence d'accord du CHU pour le versement immédiat d'un capital représentatif, il y lieu de condamner le CHU à rembourser à la CPAM de l'Hérault, sur production des justificatifs, les débours qu'elle exposera à compter de la date du jugement pour ces frais.
10. La requérante, qui produit des factures d'honoraires réglées par son avocat aux Dr E, Vallée et Dufour, ne justifie par avoir supporté personnellement des frais pour se faire assister aux opérations d'expertise par ces médecins. Par suite, ce chef de préjudice sera écarté.
11. Si la requérante demande le remboursement de ses frais d'infirmière, reconnus par les experts, elle n'établit pas que ces frais, comme le fait valoir le CHU de Montpellier, n'aient pas été pris en charge par la CPAM. Par suite, cette demande sera rejetée.
12. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise G, que le besoin d'assistance temporaire par une tierce personne de la requérante, qui ne perçoit pas l'allocation personnalisée d'autonomie et la prestation de compensation du handicap, peut être estimé à deux heures d'aide-ménagère par jour pour la période allant du 5 aout 2016 au 24 mars 2017, date de consolidation. Afin de tenir compte des congés payés et des jours fériés prévus par l'article L. 3133-1 du code du travail, il y a lieu de retenir pour l'indemnisation, sur la base d'une année de 412 jours, un taux horaire de 13 euros pour l'aide non médicalisée. Les frais liés à l'assistance temporaire par tierce personne avant consolidation doivent ainsi être évalués à la somme globale de 6809 euros, soit 1702,25 euros après application du taux de perte de chance.
13. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise C que l'état de santé de Mme H nécessite, à compter de la consolidation, une aide non spécialisée d'une tierce personne à raison de cinq heures par jour, qui doit être évaluée en retenant un coût horaire de 13 euros pour 2017, de 14 euros pour 2018 à 2020, et de 15 euros pour 2021 et 2022. A raison de 412 jours, pour tenir compte des coûts liés aux congés payés et jours fériés, les frais échus pour la période du 24 mars 2017 à la date de mise à disposition du présent jugement, le 21 novembre 2022, s'élèvent à la somme de 146800 euros, soit 36700 euros avec application du taux de perte de chance. Et les frais non échus, selon le même calcul, s'élèvent à 27375 euros, soit 6843,75 euros par après application du taux de perte de chance, qu' il convient d'allouer sous la forme d' une rente annuelle de 6844 euros.
14. La requérante ne produit pas de justificatif démontant que son état de santé nécessite des frais d'adaptation de son logement et qu'elle les ait réalisés. Par suite, ce chef de préjudice, mentionné sans aucune précision par les experts, sera écarté.
15. Si la requérante demande l'indemnisation d'achat de produits dans une pharmacie, d' un fauteuil roulant, d' une lève personne, de coussins, de changes, de chaise de douche, de matelas, de gants et d'alèses, les devis et les quelques factures qu'elle produit ne justifient pas que ces sommes seraient restées à sa charge comme le fait valoir le CHU en défense. Par suite, ce chef de préjudice sera écarté.
16. L'expert C fait état de la nécessité pour la requérante de disposer d'un véhicule adapté à son handicap avec plate-forme électrique élévatrice latérale, conduite par une tierce personne ou-elle-même si elle obtient le permis. La requérante, qui demande la prise en charge des frais d'aménagement d'un véhicule Chevrolet produit en Italie, ne justifie pas en avoir fait elle-même l'acquisition. Par suite, ces frais, comme les frais d'acquisition, d'entretien et de circulation afférents à ce véhicule, non retenus par l'expert, ne peuvent être indemnisés.
S'agissant des préjudices extra-patrimoniaux :
17 .Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise G, que Mme H a subi un déficit fonctionnel temporaire d' un an 15 jours, soit 382 jours. Il sera dès lors fait une juste appréciation du préjudice subi au titre du déficit fonctionnel temporaire, en lien direct et certain avec les fautes commises par le CHU, en l'évaluant globalement, à raison de 20 euros par jour, à la somme de 7640 euros, soit 1910 euros après application du taux de perte de chance.
18. Il résulte de l'instruction que Mme H a subi un préjudice esthétique, évalué à 5 sur 7 par l'expert C, et qu'elle a enduré des souffrances physiques liées aux fautes imputables au centre hospitalier, évaluées à 5,5 sur une échelle de 7 par le même expert , qui sont en lien direct et certain avec les manquements imputables au centre hospitalier. Dès lors, ces chefs de préjudice seront évalués à 33 000 euros, soit 8250 euros après application du taux de perte de chance.
19. Si la requérante demande réparation d' un préjudice esthétique temporaire, ce préjudice, non retenu par les experts et non justifié, devra être écarté.
20. Il résulte de l'instruction, notamment des rapports d'expertise, que Mme H reste atteinte d'un déficit fonctionnel permanent que les experts ont évalué à 70 %. Il sera fait une juste appréciation du préjudice subi à ce titre par l'intéressée, âgée de 67 ans à la date de consolidation, en l'évaluant à la somme de 145 000 euros, soit 36 250 euros après application du taux de perte de chance. Et son préjudice d'agrément, retenu par les experts, sera évalué à 15 000 euros, soit 3750 euros après application du taux de perte de chance.Et le préjudice sexuel retenu par l'expert C sera évalué à 2000 euros, soit 500 euros après application du taux de perte de chance..
21. Il résulte des points qui précèdent que le centre hospitalier universitaire de Montpellier doit être condamné à payer à Mme H une somme de 95906 euros, et une rente annuelle de 6844 euros, et à la CPAM de l'Hérault une somme de 52 624,48 euros, ainsi que le remboursement annuel sur justificatifs des dépenses de santé futurs, dans la limite de 6552,31 euros.
Sur l'indemnité forfaitaire de gestion :
22. Aux termes de l'article 376-1 du code de la sécurité sociale : " () En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. A compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget, en fonction du taux de progression de l'indice des prix à la consommation hors tabac prévu dans le rapport économique, social et financier annexé au projet de loi de finances pour l'année considérée. () ". L'article 1er de l'arrêté du 14 décembre 2021 fixe à 1 114 euros le montant maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue à l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.
23. Il résulte de qui a été dit au point 21 que la CPAM de l'Hérault, qui justifie de débours d' un montant de 52624,48 euros, peut obtenir l' indemnité forfaitaire de gestion. Il y a lieu de lui accorder un montant de 1114 euros à ce titre.
Sur les frais liés au litige :
24. Il y a lieu, dans les circonstances de l'affaire de mettre les frais des deux expertises, soit 5100 euros, à la charge définitive du CHU de Montpellier.
25. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CHU de Montpellier à verser à Mme H, une somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les dispositions de cet article font toutefois obstacle à ce que soit mise à la charge de l'ONIAM, qui n'est pas partie perdante, une somme quelconque.
DECIDE:
Article 1er : Le centre hospitalier universitaire de Montpellier est condamné à payer à Mme H une somme de 95 906 euros et une rente annuelle de 6844 euros.
Article 2 : Le centre hospitalier universitaire de Montpellier est condamné à payer à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Hérault une somme de 52624,48 euros, et une indemnité forfaitaire de gestion de 1114 euros.
Article 3 Le centre hospitalier universitaire de Montpellier remboursera, à compter de la date du présent jugement, à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Hérault, sur justificatifs, les débours correspondant aux frais d'appareillage, médicales, pharmaceutiques et paramédicales exposés pour Mme H, dans la limite de 6555,32 euros par an.
Article 4 : Les frais des deux expertises, soit 5100 euros, sont mis à la charge définitive du centre hospitalier universitaire de Montpellier.
Article 5 : Le centre hospitalier universitaire de Montpellier versera une somme de 1500 euros à Mme H au titre de l'article L761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 7 : La présente décision sera notifiée à Mme F H, au centre hospitalier universitaire de Montpellier, à l'ONIAM, et à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Hérault.
Copie en sera transmise aux Dr G et C, experts.
Délibéré à l'issue de l'audience publique du 7 novembre 2022 à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Pater, première conseillère,
Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2022.
Le rapporteur L'assesseur le plus ancien,
V. D B.Pater
La greffière,
G. Munoz
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 21 novembre 2022,
La greffière,
G. Munoz
N°1803886gm
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026