jeudi 17 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2001643 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL SINSOLLIER-PEREZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 3 avril 2020 et le 17 juillet 2020, Mme B A, représentée par la SELARL Sinsollier Perez, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) de condamner la commune de Narbonne à l'indemniser de l'ensemble des préjudices liés à sa chute sur la voie publique le 11 juillet 2019 ;
2°) d'ordonner une expertise afin de déterminer avec précision l'étendue de ses préjudices patrimoniaux et extrapatrimoniaux avant et après consolidation de son état de santé ;
3°) de condamner la commune de Narbonne à lui verser une provision de 50 000 euros dans l'attente du rapport d'expertise ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Narbonne une somme de 3 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- un défaut d'entretien normal de la voie publique est à l'origine de sa chute survenue sur une chaussée en travaux ;
- son préjudice est établi eu égard à la prise en charge consécutive à cet accident et aux séquelles qu'elle en conserve.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juin 2020, la commune de Narbonne, représentée par Me Audouin, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A une somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable car le contentieux n'est pas lié dans la mesure où Mme A ne précise pas la décision qu'elle conteste, que sa réclamation préalable ne correspond pas à sa demande au fond et que le fondement juridique ainsi que le montant de l'indemnité demandée au sein de sa requête sont imprécis ;
- la matérialité des faits n'est pas établie compte tenu notamment d'un témoignage non probant ;
- le lien de causalité entre la chute de Mme A et un défaut d'entretien normal de l'ouvrage n'est pas établi eu égard à la signalisation du chantier ;
- Mme A a commis une faute en étant imprudente et sa chute est sans lien avec l'état de la chaussée ;
- l'expertise est dépourvue d'intérêt en l'espèce et la demande de provision n'est pas justifiée par l'existence d'un dommage ou de frais.
Par un mémoire en intervention, enregistré le 10 août 2022, la caisse primaire d'assurance maladie de l'Hérault, agissant pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie de l'Aude, conclut à ce que la commune de Narbonne lui verse la somme à parfaire de 3 393,38 euros au titre des dépenses de santé prises en charge, assortie des intérêts au taux légal à compter du jugement et la somme de 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue à l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.
Elle soutient qu'elle a pris en charge la somme de 3 393,38 euros au titre des dépenses de santé et des prestations devront être prises en charge dans le futur.
Par courrier du 12 octobre 2022 les parties ont été informées, sur le fondement des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité de la demande tendant à l'octroi d'une provision dans la mesure où celle-ci ne fait pas l'objet d'une requête distincte.
Mme A, représentée par la SELARL Sinsollier Perez, a présenté des observations enregistrées le 17 octobre 2022 et communiquées aux parties.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lesimple, première conseillère,
- les conclusions de M. Lauranson, rapporteur public,
- et les observations de Me Audouin, représentant la commune de Narbonne.
Considérant ce qui suit :
1. Le 11 juillet 2019, Mme A, résidente de la commune de Narbonne, a chuté sur la voie publique. Par la présente requête elle demande la condamnation de la commune à l'indemniser de l'ensemble de ses préjudices, dont l'ampleur reste à déterminer par une expertise, compte tenu d'un défaut d'entretien normal de la voie alors en travaux. Dans l'attente du rapport d'expertise elle sollicite l'allocation d'une provision de 50 000 euros.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
2. Il appartient à l'usager d'un ouvrage public qui demande réparation d'un préjudice qu'il estime imputable à cet ouvrage de rapporter la preuve de l'existence d'un lien de causalité entre celui-ci et le préjudice invoqué. Le maître de l'ouvrage ne peut être exonéré de l'obligation d'indemniser la victime qu'en rapportant, à son tour, la preuve soit que cet ouvrage était en état d'entretien normal, soit que le dommage est imputable à une faute de la victime ou à un cas de force majeure.
3. Mme A a emprunté une rue en travaux et soutient avoir trébuché à cause de filins présents sur la voie, attachés aux éléments de signalisation de ces travaux, qu'elle identifie comme un obstacle à la libre circulation des piétons. Cette chute, survenue le 11 juillet 2019, lui a causé une fracture du plancher de l'orbite gauche, une lésion au niveau de l'épaule gauche et une paralysie de trois doigts de la main gauche.
4. S'il résulte de l'instruction que la voie en litige était dépourvue de revêtement, compte tenu de sa réfection, Mme A, résidente de la commune de Narbonne, empruntait néanmoins ladite voie à la lumière du jour, peu avant midi, et elle ne pouvait ignorer l'état de celle-ci appelant une vigilance accrue. Dans ces conditions, et alors que les quelques filins éventuellement présents sur la voie pouvaient être aisément évités par un piéton attentif et prudent, du fait de leur localisation à proximité des barrières de signalisation et de leur couleur rouge, Mme A n'est pas fondée à mettre en jeu la responsabilité de la commune de Narbonne.
5. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, les conclusions de Mme A tendant à ce que soit ordonnée une expertise et à la condamnation de la commune de Narbonne à lui verser une provision ne peuvent qu'être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions présentées par la caisse primaire d'assurance maladie de l'Hérault doivent également être rejetées.
Sur les frais liés du litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce que la somme réclamée par Mme A au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens soit mise à la charge de la commune de Narbonne qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Il n'y a pas lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme demandée par la commune de Narbonne au titre des frais exposés par elle en défense, sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la caisse primaire d'assurance maladie de l'Hérault sont rejetées.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Narbonne sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à la commune de Narbonne et la caisse primaire d'assurance maladie de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 3 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Denis Besle, président,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller,
Mme Audrey Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 novembre 2022.
La rapporteure,
A. Lesimple Le président,
D. Besle
La greffière,
M-A. Barthélémy
La République mande et ordonne au préfet de l'Aude en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 17 novembre 2022.
La greffière,
M-A. Barthélémy
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026