jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2002811 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP COULOMBIE, GRAS, CRETIN, BECQUEVORT, ROSIER, SOLAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 9 et 23 juillet, 17 août, 2 septembre et 24 décembre 2020, les 17 juin et 29 juillet 2021, un mémoire récapitulatif, enregistré le 2 juillet 2022 et des mémoires complémentaires au récapitulatif, les 30 juillet et 8 février 2023, M. A, en sa qualité, et en qualité de représentant des sociétés le Mas, Le logis, CEAD et Beauty Center, et de sa défunte mère, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 août 2019 par lequel le maire de la commune de Lunel a autorisé l'aménagement d'un centre de loisirs sans hébergement dans les locaux sis, 97 rue de l'École du Parc, le Lavoir, à Lunel, sur la parcelle cadastrée section BO n° 224 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 2 septembre 2020 par lequel le maire de la commune de Lunel a délivré un permis de construire une ombrière dans les mêmes locaux ;
3°) d'annuler les autorisations d'urbanisme délivrées pour l'aménagement de la résidence du Palais, 034 145. 91.1.1.0146 du 15 juillet 1991 et son modificatif 034 145. 91.1.1.0146 M1 du 3 mars 1997, 034 145 .92. 1.1. 0094 du 22 avril 1992, 034 145 94.1.10056 du 15 mars 1994, 034 145 94. 1.10121 du 8 juillet 1994 et 034 145.97. 1.1109 du 3 mars 1997 ;
4°) d'annuler les autorisations d'urbanisme délivrées pour l'aménagement de l'Ecole du Parc portant les numéros 034 145.99.1.1101, 034 145. 01.19 063, 034 145. 02.11 011, 034 145.03.11 030, 034 145 04.19035 ;
5°) d'annuler la vente forcée de ses biens ;
6°) d'annuler la décision du 10 novembre 2020 portant rejet de sa réclamation contre un refus de dégrèvement opposé par le centre des impôts ;
7°) d'annuler les arrêtés municipaux de fermeture d'un établissement au public relatifs au magasin de brocante " Le Logis " des 4 juillet 1996 et 22 mai 1997 ;
8°) de condamner la commune de Lunel à lui verser la somme de 300 000 euros en réparation des préjudices subis en raison de la fermeture de son établissement ;
9°) d'ordonner une expertise afin de fixer l'effectif du centre de loisir et déterminer sa catégorie au titre des établissements recevant du public ;
10°) d'enjoindre la régularisation du groupement au titre des établissements recevant du public, dans les six mois suivant le jugement, sous astreinte de 150 euros par jour ; le versement par les impôts d'une somme de 400 000 euros à titre provisoire ;
11°) d'enjoindre la cessation de la vente forcée, la communication de 39 pièces relatives aux autorisations d'urbanisme, marchés public, dossiers et notices de sécurité, renseignements techniques, arrêtés d'ouverture et procès-verbaux dressés législation au titre des ERP, baux commerciaux, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter du jugement, ainsi que d'enjoindre que soit organisé le passage de la commission de sécurité.
Il soutient, en l'état de ses écritures récapitulatives, que :
- la SCP Doria qui a représenté les impôts pour la vente forcée ne lui a pas restitué les fonds lui revenant ; les impôts ont pratiqué une hypothèque alors qu'ils auraient pu attendre ou pratiquer une saisie-attribution, ils agissent par voie de fait ; il a déposé un recours devant la cour européenne des droits de l'homme à propos de la vente forcée ;
- il existe un climat délétère à Lunel ;
- il demande la mise en cause de la mairie de Lunel, du pompier qui a signé le procès-verbal de visite de ses locaux, du préfet de l'Hérault, de la communauté de communes du pays de Lunel, du rectorat, de la Résidence du Palais, de la Caisse d'Épargne, de la SCI GPE qui possède les locaux de la Caisse d'Épargne, de la SCI de la République, de l'agence BLB, du service des impôts aux particuliers, du directeur de l'hôtel des impôts et du trésorier public ainsi que du conciliateur des impôts, de l'acquéreur suite à la vente forcée, de FDI Promotion ;
- les délais de recours ne peuvent lui être opposés puisqu'il a demandé communication de l'arrêté dans les temps ;
- son intérêt pour agir réside dans l'existence d'une servitude de cour commune et la circonstance que tous les arrêtés délivrés se rapportent à un groupement ; le retard mis à lui restituer les fonds lui revenant le pénalise ;
- l'arrêté attaqué n'a pas été notifié au représentant de l'Etat ; il y a eu construction de cette ombrière a posteriori et on ne comprend pas comment sa réalisation et celle du lavoir a pu être payée sans marché public ;
- tout est lié, et il faut étudier l'ensemble des autorisations au niveau du groupement ;
- la Résidence du Palais n'a fait l'objet d'aucune autorisation d'urbanisme conforme, elle n'a pas reçu les visites de la commission de sécurité malgré la catégorie de l'immeuble, qui avec son immeuble un groupement ; il a bénéficié d'un permis de construire pour son immeuble ;
- au niveau de l'école primaire du Parc, des doutes existent sur l'isolement au feu, une visite devrait avoir lieu de l'ensemble de l'école par la commission de sécurité ; l'isolement au feu de l'école à une conséquence sur le classement de son immeuble et ses propres obligations en matière d'isolement au feu ;
- le conseil municipal n'a jamais autorisé le dépôt des permis de construire concernant l'École du Parc ;
- il a relevé un nombre de classes et un nombre d'élèves qui divergent des PV de visite de la commission de sécurité, l'isolement au feu devrait être de 2 heures, et non d'1 heure ;
- les arrêtés de fermeture sont illégaux ; ils sont intervenus sans mise en demeure ; l'isolement au feu de son établissement a été estimé de manière erronée, en lui attribuant la 5ème catégorie alors qu'il aurait dû recevoir le même classement que les tiers jouxtant ses locaux ; ces arrêtés ont été pris par voie de fait ; le changement de catégorie n'est pas de son fait, le refus de dégrèvement qui en découle est nul ainsi que la vente sous astreinte ;
- concernant la Résidence du Palais, le permis de construire modificatif 034 145. 91.1.1.0146 M1 du 3 mars 1997 ne vise aucun avis de la commission de sécurité ; sa surface est erronée ; un nouveau permis de construire aurait dû être demandé ; du stationnement aurait dû être prévu au niveau du distributeur de billets devant lequel une fois, sa mère a été battue ; la commune a fourni de fausses déclaration à ce propos en déclarant que tout allait bien ; la Caisse d'Épargne y est installée sans autorisation d'urbanisme ; on ne connait pas l'isolement au feu, l'effectif, la catégorie de cet établissement ; le registre des sécurité et la notice de sécurité doivent être communiqués ; la Résidence du Palais est un établissement recevant du public ; les permis ont été déposés sans que l'assemblée générale l'autorise, c'était au syndic de déposer la demande en vertu de l'article R. 521-5 du code de l'urbanisme ; le promoteur a vendu les lots en état futur d'achèvement ; un permis de construire modificatif a été déposé postérieurement à l'achèvement des travaux, c'est donc un faux ; le règlement de copropriété mentionne 3 niveaux alors qu'il y en a 4 ; le nombre de boîtes aux lettres ne correspond pas au nombre de lots déclarés ;
- la résidence et l'École ont été construites par tranche sans s'occuper des précédents permis, et ont abouti à faire de la résidence un cul-de-sac ; les secours ne peuvent pas intervenir ; ce permis de construire n'a pas été notifié au préfet et les travaux ont été exécutés sans passage de la commission de sécurité ;
- il y a collusion entre le service des impôts aux particuliers installé sans autorisation ni contrôle ni arrêté d'ouverture et le maire qui a installé sa permanence dans cette résidence ;
- les écritures en défense ne sont pas recevables en l'absence d'une autorisation pour le maire d'ester en justice, et compte tenu que leur rédacteur ne faisait pas partie des effectifs de la commune lors de leur production.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juillet 2020, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable, car tardive ;
- le requérant ne dispose pas d'un intérêt pour agir :
- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 12 août 2021, 22 août 2022 et le 22 février 2023, la commune de Lunel, représentée par la SCP CGCB et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A une somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle sollicite en outre la suppression de passages injurieux et diffamants.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable car :
o les conclusions en annulation de la décision du 27 août 2019 et de diverses autres décisions sont tardives ;
o le requérant est dépourvu d'intérêt pour agir contre la décision du 27 août 2019 ;
o aucune réclamation préalable n'a été adressée préalablement à l'introduction des conclusions indemnitaires ;
- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Un moyen d'ordre public a été adressé aux parties le 2 juin 2023, tiré de :
1/ L'irrecevabilité des conclusions, présentées plus de deux mois après l'introduction de la requête et qui relèvent d'un litige distinct, relatives à :
- un permis de construire du 2 septembre 2020 autorisant une ombrière ;
- une vente forcée ;
- une décision du 10 novembre 2020 portant rejet de réclamation contre un refus de dégrèvement opposé par le centre des impôts ;
- les autorisations délivrées à l' École du Parc portant les numéros 034 145.03.11 030 et 034 145 04.19035 ;
2/ Le défaut d'intérêt pour agir contre les autorisations d'urbanisme délivrées pour :
a) l'aménagement de l'École du Parc sous les numéros :
- 034 145.99.1.1101 du 5 juillet 1999,
- 034 145. 01.19 063, délivré en 2001,
- 034 145. 02.11 011, délivré le 29 janvier 2002,
b) l'aménagement de la Résidence du Palais sous les numéros :
- n° 034 145 91.1.1.0146 du 15 juillet 1991 et son modificatif, n° 034 145 91.1.1.0146 1 du 3 mars 1997,
- 034 145 94.1.10056 du 15 mars 1994,
- 034 145 92. 10094 du 22 avril 1992,
- 034 145 94.1.10121 du 8 juillet) 1994,
- 034 145 97.1.1109 du 11 septembre 1995 ;
3/ La tardiveté des conclusions dirigées contre :
a) les autorisations d'urbanisme délivrées pour l'aménagement de l'École du Parc sous le numéro 034 145.99.1.1101, du 5 juillet 1999 contre lequel M. A a déjà exercé un recours rejeté en dernier lieu par la CAA de Marseille (N° 05MA02130, du 13 mars 2008)
b) et pour l'aménagement de la Résidence du Palais sous les numéros :
- n° 034 145 91.1.1.0146 du 15 juillet 1991 et son modificatif, n° 034 145 91.1.1.0146 1 du 3 mars 1997, contre lequel M. A a formé un recours rejeté par jugement n° 981508-992388 du 12 juin 2003 ;
- 034 145 92. 10094 du 22 avril 1992 contre lequel M. A a formé un recours par ordonnance de ce tribunal N°9902931 du 9 décembre 2004 ;
- 034 145 94.1.10121 du 8 juillet 1994 contre lequel M. A a formé un recours rejeté par jugement de ce tribunal n° 981505-992386 du 28 mai 2003 ;
- 034 145 97.1.1109 du 11 septembre 1995 contre lequel M. A a formé un recours rejeté par ordonnance N° 9902928 et 9902930 du 17 août 2004.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitat ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Crampe, première conseillère ;
- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Sillères, représentant la commune de Lunel.
Considérant ce qui suit :
1. Par sa requête, M. A demande l'annulation de l'arrêté du 27 août 2019, par lequel le maire de la commune de Lunel a autorisé l'aménagement d'un centre de loisirs sans hébergement, de l'arrêté du 2 septembre 2020, par lequel le maire de cette commune a délivré un permis de construire une ombrière dans les mêmes locaux, de diverses autorisations d'urbanisme, délivrées pour l'aménagement de la Résidence du Palais n° 034 145 91.1.1.0146 du 15 juillet 1991 et son modificatif, n° 034 145 91.1.1.0146 1 du 3 mars 1997, 034 145 94.1.10056 du 15 mars 1994, 034 145 92. 10094 du 22 avril 1992, 034 145 94.1.10121 du 8 juillet 1994 et 034 145 97.1.1109, et pour l'aménagement de l'École du Parc, 034 145.99.1.1101, 034 145. 01.19 063, 034 145. 02.11 011, de la vente forcée de ses biens, de la décision du 10 novembre 2020 portant rejet de sa réclamation contre un refus de dégrèvement opposé par le centre des impôts et des arrêtés municipaux de fermeture d'un établissement au public relatifs au magasin de brocante " Le Logis " des 4 juillet 1996 et 22 mai 1997, ainsi que la condamnation de la commune à l'indemniser à hauteur de 300 000 euros du fait des préjudices subis en conséquence de ces arrêtés de fermeture.
Sur la recevabilité :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative : " Le président de la formation de jugement () peut demander à l'une des parties de reprendre, dans un mémoire récapitulatif, les conclusions et moyens précédemment présentés dans le cadre de l'instance en cours, en l'informant que, si elle donne suite à cette invitation, les conclusions et moyens non repris seront réputés abandonnés. ()".
3. D'autre part, aux termes de l'article R. 411-1 de ce code : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours. ". Et aux termes de l'article R. 412-1 du même code : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. () ".
4. Invité, par courrier du 17 mai 2022, à produire, dans le délai de 40 jours, un mémoire récapitulatif sur le fondement des dispositions de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, M. A a adressé au tribunal, avant ce délai, un mémoire enregistré le 2 juillet 2022 dont l'objet est " communication d'écritures responsives à la commune de Lunel ", ne contenant pas de conclusions récapitulatives. Par les moyens qu'il soutient, il peut toutefois être regardé comme ayant entendu demander, d'une part, l'annulation de la vente forcée de ses biens, d'autre part, d'annuler l'arrêté du 27 août 2019 par lequel le maire de la commune de Lunel a autorisé l'aménagement d'un centre de loisirs sans hébergement dans les locaux sis, 97 rue de l'École du Parc, le Lavoir, à Lunel (parcelle cadastrée section BO n° 224), par ailleurs, des autorisations d'urbanisme délivrées pour l'aménagement de l'École du Parc sous les numéros 034 145.99.1.1101, 034 145. 01.19 063, 034 145. 02.11 011, 034 145.03.11 030, 034 145 04.19035, des arrêtés délivrés pour l'aménagement de la Résidence du Palais n° 034 145 91.1.1.0146 et son modificatif, 034 145 94.1.10056, 034 145 92009, 034 145 94.1.10121, 034 145 97.1.1109, des arrêtés municipaux de fermeture d'un établissement au public relatifs au magasin de brocante qu'il exploitait, " Le Logis ", des 4 juillet 1996 et 22 mai 1997, ainsi que la condamnation de la commune de Lunel à l'indemniser à hauteur de 300 000 euros.
5. Il résulte de ce qui précède que M. A est réputé avoir abandonné ses conclusions relatives au permis de construire du 2 septembre 2020 autorisant une ombrière, ses conclusions tendant à l'annulation de la vente forcée, et ses conclusions relatives à la décision du 10 novembre 2020 portant rejet de sa réclamation contre un refus de dégrèvement opposé par le centre des impôts. Au surplus, ces conclusions présentées pour la première fois dans des mémoires enregistrés les 24 novembre 2020 et 17 juin 2021, présentaient, en conséquence, le caractère de conclusions nouvelles relevant d'un litige distinct de celles présentées dans la demande initiale.
6. D'autre part, M. A sollicite également l'annulation, dans le dernier état de ses écritures, de tous les arrêtés délivrés pour le réaménagement de l'Ecole du Parc, toutefois, ses conclusions relatives aux autorisations délivrées à l'Ecole du Parc portant les numéros 034 145.03.11 030, 034 145 04.19035 présentées pour la première fois le 17 juin 2021, ont été présentées plus de deux mois après l'enregistrement de la requête. Elles présentent, en conséquence, le caractère de conclusions nouvelles relevant d'un litige distinct de celles présentées dans la demande initiale.
7. Il résulte de ce qui vient d'être exposé qu'il n'y a pas lieu de mettre en cause les différentes parties concernées par ces litiges distincts.
Sur la recevabilité des écritures en défense :
8. Aux termes de l'article L. 2122-22 du code général des collectivités territoriales : " Le maire peut, en outre, par délégation du conseil municipal, être chargé, en tout ou partie, et pour la durée de son mandat : () 16° D'intenter au nom de la commune les actions en justice ou de défendre la commune dans les actions intentées contre elle, dans les cas définis par le conseil municipal ; () ".
9. Il ressort des pièces du dossier que par délégation du 30 septembre 2020, le conseil municipal a conféré au maire de Lunel délégation à l'effet de défendre la commune dans les actions judiciaires intentées contre elle. M. A n'est donc pas fondé à demander que les mémoires en défense présentés pour la commune de Lunel soient écartés des débats.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
En ce qui concerne les conclusions indemnitaires :
10. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " () Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. () ".
11. Il ne résulte pas de l'instruction, et ainsi qu'opposé en défense par la commune de Lunel dans son mémoire du 12 août 2021, que M. A ait adressé une demande indemnitaire à la commune de Lunel préalablement à l'introduction de sa requête. Par suite ses conclusions indemnitaires doivent être rejetées comme irrecevables.
En ce qui concerne la tardiveté :
12. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administratives : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ". Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.
13. Il ressort des pièces du dossier que les arrêtés municipaux datés des 4 juillet 1996 et 22 mai 1997 portant fermeture au public du magasin de brocante " Le Logis " portent la mention de leur ampliation à M. A, qui ne conteste pas que ces arrêtés lui ont été notifiés lors de leur édiction. La circonstance invoquée par le requérant que le premier de ces deux arrêtés n'aurait pas été notifié au préfet est sans incidence sur le délai de recours contentieux qui a couru à son propre égard. La requête de M. A tendant à obtenir leur annulation, introduite le 9 juillet 2020 dans un délai excédant un an est, par suite, tardive. Dès lors, la fin de non-recevoir opposée en défense doit est admise et ses conclusions tendant à l'annulation de ces décisions doivent être rejetées comme irrecevables.
En ce qui concerne l'intérêt pour agir :
14. Aux termes de l'article R. 123-21, dont les dispositions ont été reprises par l'article R. 143-21 du code de la construction et de l'habitation : " La répartition en types d'établissements prévue à l'article R. 123-18 ne s'oppose pas à l'existence, dans un même bâtiment, de plusieurs exploitations de types divers ou de types similaires dont chacune, prise isolément, ne répondrait pas aux conditions d'implantation et d'isolement prescrites au règlement de sécurité. Ce groupement ne doit toutefois être autorisé que si les exploitations sont placées sous une direction unique, responsable auprès des autorités publiques des demandes d'autorisation et de l'observation des conditions de sécurité tant pour l'ensemble des exploitations que pour chacune d'entre elles. / Ce groupement doit faire l'objet d'un examen spécial de la commission de sécurité compétente qui, selon la catégorie, le type et la situation de chacune des exploitations composant le groupement, détermine les dangers que présente pour le public l'ensemble de l'établissement et propose les mesures de sécurité jugées nécessaires. / Tout changement dans l'organisation de la direction, qu'il s'agisse ou non d'un démembrement de l'exploitation, doit faire l'objet d'une déclaration au maire qui impose, après avis de la commission de sécurité compétente, les mesures complémentaires rendues éventuellement nécessaires par les modifications qui résultent de cette nouvelle situation. ".
15. Il ressort des pièces du dossier que M. A est propriétaire des parcelles BO 237 et BO 238 qui correspondent aux numéros 67 et 87 de l'avenue du Maréchal De Lattre de Tassigny à Lunel. S'il invoque sa qualité de voisin immédiat du projet faisant l'objet, d'une part, de l'autorisation de travaux en date du 27 août 2019 et, d'autre part, du permis de construire délivré le 2 septembre 2020 en vue d'édifier une ombrière, il ressort des pièces du dossier que le centre de loisir est aménagé dans des locaux déjà existants, au 97 rue de l'École du Parc, et qui accueillaient auparavant les activités de l'association " l'art de Thalie ". Ces locaux sont situés à une distance des biens de M. A telle que ce dernier ne justifie d'aucune vue directe ni d'aucune nuisance pouvant émaner des activités accueillies ou de l'édification d'un préau. Les accès de la propriété de M. A et du centre de loisir sont distincts, positionné chacun à l'opposé du pâté d'immeuble. Si M. A soutient que ses biens font partie d'un groupement, au sens de la législation sur les établissements recevant du public, auquel appartiennent le groupe scolaire et le centre de loisirs, et que l'affectation de ce dernier au public a des conséquences sur les contraintes auxquelles pourrait être assujetti son immeuble, il n'en justifie pas en procédant seulement par allégations, non assorties d'éléments probants, et contredites par les écritures du préfet en défense. Au surplus, il ne justifie pas de l'incidence que les activités du centre de loisir ou son classement au titre des établissements recevant du public pourraient avoir sur ses immeubles, alors qu'il ressort d'un procès-verbal de police municipal qu'ils sont totalement désaffecté, en état de ruine partielle, frappés de fermeture au public depuis 1997 et soumis à une vente sur saisie immobilière dont l'audience d'adjudication a été fixée au 21 juin 2021.
16. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que les biens qu'il possède, s'ils se situent à proximité immédiate de l'" École du Parc " et de la " Résidence du Palais " accueillaient une activité de brocante, qui a cessé depuis la fermeture au public intervenue en 1996 et 1997. Il ressort des pièces du dossier que les immeubles qu'il possède sont demeurés, depuis, totalement désaffectés et dégradés, ainsi qu'il ressort des éléments produits en défense. Contrairement à ce qu'il soutient, il ne ressort pas des pièces du dossier que la qualification d'établissement recevant du public (ERP) conférée à l'École du Parc, qui ne concerne pas la résidence du Palais, aboutirait à la constitution d'un groupement dont son immeuble ferait partie au titre de la législation sur les ERP, au sens de l'article R. 123-21, dont les dispositions ont été reprises par l'article R. 143-21 du code de la construction et de l'habitation.
17. Eu égard à la nature de l'activité accueillie avant la fermeture du commerce de brocante, M. A ne justifie pas des troubles qu'il subirait du fait de la délivrance d'autorisations d'urbanisme, dont il n'indique pas l'objet, délivrées pour l'aménagement de l'immeuble dénommé " Résidence du Palais " sous les numéros 034 145. 91.1.1.0146 du 15 juillet 1991 et son modificatif du 3 mars 1997, 034 145 .92. 1.1. 0094 du 22 avril 1992, 034 145 94.1.10056 du 15 mars 1994 034 145 94. 1.10121 du 19 juillet 1994 et 034 145.97. 1.1109 du 3 mars 1997.
18. De même, alors qu'il ne justifie d'aucun projet de réouverture ou transfert de son établissement fermé en 1997, M. A ne justifie pas en quoi les arrêtés relatifs à l'École du Parc, pris sous les numéros 034 145.99.1.1101, 034 145. 01.19 063, 034 145. 02.11 011, entre 1999 et 2002, portent atteinte à ses conditions de jouissance de ses biens.
19. Ainsi, la fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt pour agir de M. A à l'encontre des arrêtés du 27 août 2019 portant autorisation de travaux et du permis de construire délivré le 2 septembre 2020, portant autorisation de construire une ombrière ainsi que de l'ensemble des arrêtés précités, délivrés pour l'aménagement de la Résidence du Palais et de l'École du Parc, opposée par la commune dans son mémoire en défense du 12 août 2021, et par le préfet dans son mémoire en défense du 1er décembre 2020, peut être accueillie.
20. Il résulte de tout ce qui précède que l'ensemble des conclusions en annulation de la requête de M. A, ainsi que ses conclusions indemnitaires et, par voie de conséquence, ses conclusions en injonction doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 741-2 du code de justice administrative :
21. Aux termes de l'article L. 741-2 du code de justice administrative : " Sont également applicables les dispositions des alinéas 3 à 5 de l'article 41 de la loi du 29 juillet 1881 ci-après reproduites : () Ne donneront lieu à aucune action en diffamation, injure ou outrage, ni le compte rendu fidèle fait de bonne foi des débats judiciaires, ni les discours prononcés ou les écrits produits devant les tribunaux. Pourront néanmoins les juges, saisis de la cause et statuant sur le fond, prononcer la suppression des discours injurieux, outrageants ou diffamatoires, et condamner qui il appartiendra à des dommages-intérêts ".
22. Les propos tenus aux pages 4, 5, et 8 de la requête introductive d'instance, aux pages 2, 30, 32 et 35 du mémoire du 2 juillet 2022, contenant les mots " faux, fausses ", constituent des allégations visant l'intégrité de la commune de Lunel, non étayées et présentant un caractère outrageant. Il y a lieu, ainsi que le demande la commune, d'en prononcer la suppression par application des dispositions de l'article 41 de la loi du 29 juillet 1881, reproduites à l'article L. 741-2 du code de justice administrative.
Sur l'amende pour recours abusif :
23. Aux termes de l'article R. 741-12 du code de justice administrative : " Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros ".
24. En l'espèce, la requête de M. A présente un caractère abusif. Il y a lieu de condamner le requérant à payer une amende de 1 000 euros.
Sur les frais liés au litige :
25. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
26. Il y a lieu de mettre à la charge de M. A qui est, dans la présente instance, la partie perdante, une somme de 1 500 euros à verser à la commune de Lunel au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les passages de la requête mentionnés au point 22 du présent jugement sont supprimés en application de l'article L. 741-2 du code de justice administrative.
Article 3 : M. A est condamné à payer une amende de 1 000 euros en application de de l'article R. 741-12 du code de justice administrative.
Article 4 : M. A versera à la commune de Lunel une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de l'Hérault et à la commune de Lunel.
Délibéré après l'audience du 8 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Lison Rigaud, présidente,
Mme Michelle Couégnat, première conseillère,
Mme Sophie Crampe, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juin 2023
La rapporteure
S. Crampe La présidente,
L. Rigaud
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 22 juin 2023.
La greffière,
M. C
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026