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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2003487

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2003487

jeudi 13 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2003487
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantGASQ FLORENCE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

J une requête et des mémoires, enregistrés le 6 août 2020, le 18 juillet 2022 et le 11 mai 2023, la commune de Montpellier, représentée par la Selarl Acoce, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) à titre principal, de condamner in solidum M. C F, M. G H, la société PER Ingénierie, la société BETSO, la société AUTEC Ingénierie, la société Ateliers Artistiques du Béton - AAB, la société Vu J, la société Dumez Sud, la société JC Debailles, la société Somiteg, la société SPIE Industrie et Tertiaire, et la société Greenwall au paiement de la somme de 1 817 230,07 euros en réparation du préjudice subi, cette somme étant actualisée suivant l'indice BT01 au jour du paiement et suivant date de dépôt du rapport d'expertise, assortie des intérêts au taux légal à compter du 2 août 2010 et capitalisation des intérêts ;

2°) à titre subsidiaire, de condamner solidairement M. C F, M. G H, la société PER Ingénierie, la société BETSO, la société AUTEC Ingénierie, la société Vu J, membres du groupement de maitrise d'œuvre, au paiement de la somme de 1 817 230,07 euros en réparation du préjudice subi, cette somme étant actualisée suivant l'indice BT01 au jour du paiement et suivant date de dépôt du rapport d'expertise, assortie des intérêts au taux légal à compter du 2 août 2010 et capitalisation des intérêts ;

3°) en tout état de cause, de mettre à la charge de M. C F, M. G H, la société PER Ingénierie, la société BETSO, la société AUTEC Ingénierie, la société Ateliers Artistiques du Béton - AAB, la société Vu J, la société Dumez Sud, la société JC Debailles, la société Somiteg, la société SPIE Industrie et Tertiaire, et de la société Greenwall la somme de 10 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les frais d'expertise taxés et liquidés à la somme de 35 035,36 euros.

Elle soutient que :

- le désistement d'office prononcé par une ordonnance du présent tribunal le 3 juin 2019 était seulement un désistement d'instance sans autorité de chose jugée ;

- le délai de garantie décennale a été interrompu par l'ordonnance du 15 novembre 2010 désignant l'expert judiciaire et suspendu pendant toute la durée de l'expertise, si bien que le délai de dix ans n'ayant recommencé à courir qu'à compter du 16 mars 2013, aucune forclusion ou prescription n'est acquise au 6 août 2020, date de l'enregistrement de la présente requête ;

- le placement en liquidation judiciaire de la société JC Debailles ne s'oppose pas à ce qu'elle demande sa condamnation dans le cadre de la présente instance ;

- par une délibération du 27 novembre 2003, le conseil municipal de Montpellier a décidé de construire une serre amazonienne dans le zoo du Lunaret ; la société d'équipement de la région montpelliéraine (SERM) avait une mission d'assistance à maitrise d'ouvrage ;

- la serre représente 2 600 m² d'emprise au sol, 2 900 m² visibles, 14,5 m de hauteur, 300 m² de chemin ; elle propose une évasion au cœur de la forêt tropicale à travers sept zones climatiques qui regroupent plus de 500 animaux et 3 500 végétaux ;

- un marché de maîtrise d'œuvre pour la réalisation de la serre tropicale du parc zoologique du Lunaret a été confié par acte d'engagement du 3 août 2004 au groupement conjoint composé de M. C F et M. G H (architectes et mandataires solidaires du groupement), M. I A (B E J, scénographe), la Sarl PER Ingénierie (BET Structures), la SAS Betso (BET fluides) et la SAS Autec ; la mission de contrôle technique a été confiée à la société Cete Apave par acte d'engagement du 19 mai 2004 ;

- les travaux de construction, qui étaient quant à eux allotis en 20 lots, ont été attribués, entre 2005 et 2006, notamment à la société Dumez Sud pour le lot n°2 " terrassement et gros œuvre ", la société JC Debailles pour le lot n°5 " menuiseries extérieures, murs rideaux, parois vitrées, protection solaire ", la société Pailleret pour le lot n°10 " peintures ", la société Sphinx Façades pour le lot n°11 " façades, REP et lazures ", la société Somiteg pour le lot n°12 " électricité, courants forts et faibles ", la société Amec Spie Sud Ouest pour le lot n°13 " génie climatique, plomberie, sanitaire et traitement d'eaux ", la société Ateliers Artistiques du Béton (AAB) pour le lot n°16 " décors, paysages, filets, bassins et terrarium " et la société Greenwall pour le lot n°20 " mur végétal " ;

- la réception de l'ouvrage a été prononcée le 29 mai 2007 et l'ensemble des réserves a été levé au cours des mois d'octobre à novembre 2007 ;

- peu après ces opérations de réception, des désordres techniques de diverses natures ont été constatés : des infiltrations d'eau (en permanence) à hauteur de la salle pédagogique et du restaurant ; des infiltrations d'eau par temps de pluie à hauteur de la volière des singes ; un décollement du crépi de la façade Ouest ; un décollement du revêtement sur le côté Sud au niveau du puits de lumière en toiture ; le non fonctionnement de plusieurs rideaux de fermeture ; le non fonctionnement du système de chauffage dans les vivariums ; la panne des 22 moteurs des fenêtres de toiture ; des fissures en toiture de la boutique ; des fuites d'eau en plafond des locaux affectés à la quarantaine ; une mauvaise pente au sol dans toutes les loges ; des désordres sur les joints de fenêtre en toiture ; des infiltrations d'eau dans le local du groupe électrogène et côté iguanes ; des infiltrations sous la cascade ; des défauts d'étanchéité du bassin ; des désordres résultant de non conformités aux normes sur les installations électriques ; des désordres concernant l'absence d'étanchéité du mur végétal ;

- saisi par la commune de Montpellier, le tribunal a ordonné le 15 novembre 2010 la réalisation d'une expertise, l'expert a remis son rapport le 15 mars 2013 ;

- à titre principal, la responsabilité décennale des constructeurs, y compris la maîtrise d'œuvre, est engagée dès lors que les désordres sont imputables aux constructeurs et qu'ils rendent impropre à sa destination la serre amazonienne ; les sociétés Betso (BET Fluides) et Autec, membres de la maîtrise d'œuvre, sont également constructeurs au sens de la garantie décennale et leurs responsabilités peuvent être engagées ;

- concernant la maitrise d'œuvre, en l'absence de répartition détaillée des tâches dévolues à chacun des membres du groupement, celle-ci doit être considérée comme un groupement solidaire ; les désordres dont est responsable la maîtrise d'œuvre n'étaient pas apparents à la réception ; par ailleurs, si le caractère décennal des désordres ne devait pas être retenu, alors la responsabilité contractuelle des entreprises de maîtrise d'œuvre devrait être retenue au titre de l'assistance aux opérations de réception ;

- concernant les infiltrations aux droits du mur végétal extérieur : ce désordre n'était pas apparent à la réception, l'eau s'infiltre à l'intérieur du bâtiment, ce qui fragilise le mur dans son ensemble ; l'expert impute ce désordre à hauteur de 33% à la société Dumez en raison d'un défaut d'exécution du voile, support du mur végétal, à 33% à la société Greenwall en raison d'un défaut de conception dans l'arrosage du mur et de ses conséquences : celle-ci n'a pas mis en place de film étanché ou, à tout le moins, n'a pas recommandé la pose d'un tel film ; les travaux de reprise sont estimés à 150 000 euros ; la réserve concernant les infiltrations d'eau a été levée expressément, si bien que le désordre en litige n'était pas présent à la réception ; ce désordre est clairement imputable pour partie à la société Dumez ainsi qu'il en ressort du rapport d'expertise ;

- concernant les infiltrations au droit de la cascade située dans la volière des singes qui constitue un élément de décor et qui, en dépit de sa destination principale, ne dispose pas de parois étanches du fait d'un défaut d'exécution ; l'expert impute ce désordre à la maîtrise d'œuvre à hauteur de 10% et à la société AAB pour 90%, qui a conçu et réalisé l'ouvrage ; les travaux de reprise s'élèvent à 59 885,48 euros ; le dommage n'était pas visible à la réception et l'expert indique bien que ce désordre est de nature à rendre, à terme, l'ouvrage impropre à sa destination ; la pose du liner était nécessaire pour respecter les règles de l'art, et le désordre est bien imputable à la société AAB ; l'estimation de 15 000 euros faite par l'expert est indicative, le devis d'un montant de 36 597,60 euros qu'elle a fait réaliser n'est pas irrecevable du seul fait qu'il aurait été établi postérieurement au dépôt du rapport d'expertise ;

- concernant les infiltrations aux droits du bassin des iguanes : celui-ci dont la vocation est, notamment, de contenir de l'eau n'est pas étanche, une fuite importante y a été constatée, provenant soit du bassin lui-même (liner et bonde défectueux) soit d'une canalisation ; ce désordre est apparu peu de temps après la réception ; les fuites s'infiltrent dans le local du groupe électrogène ; l'expert estime que l'origine la plus probable de ce désordre est un défaut de conception et d'exécution du bassin lui-même par la société AAB ; les travaux de reprise s'élèvent à 10 000 euros ; le rapport d'expertise, indique, page 74, que le désordre n'est apparu que peu de temps après la réception et n'était donc pas visible lors des opérations de réception ; l'expert relève bien que ce désordre est de nature à rendre, à terme, l'ouvrage impropre à sa destination ; la société AAB est bien responsable du défaut d'étanchéité lié à un défaut du bassin, cause plus probable du désordre qu'une fuite des canalisations ; si cette dernière cause devait être retenue, alors la responsabilité de la société SPIE serait engagée ;

- concernant les infiltrations au droit des plafonds de la zone de quarantaine : il existe dans la serre une zone de mise en quarantaine des animaux (nouvellement arrivés, malades, etc.) dont le caractère hermétique est indispensable pour éviter toute transmission d'agent pathogène aux personnels ainsi qu'aux autres animaux de la serre ; des infiltrations ont été constatées au niveau du plafond de cette zone, peu après sa réception ; les infiltrations sont la conséquence de l'absence d'étanchéité de la circulation technique située au-dessus, laquelle reçoit l'eau de vaporisation et brumisation des végétaux qui se développent de façon extensive ; ce désordre est imputable à la maitrise d'œuvre qui n'a pas prévu l'étanchéité de cette zone ; les travaux de reprise s'élèvent à 4 000 euros ;

- concernant les désordres affectant le gros-œuvre :

- s'agissant du décollement du crépi : le crépi en soubassement des façades ouest et sud-ouest se décolle, principalement en raison des infiltrations résultant de l'absence d'étanchéité de la galerie technique située au-dessus ; ce désordre, qui présente un caractère évolutif, est imputable à la maîtrise d'œuvre ; les travaux de reprise s'élèvent à 12 102,83 euros ;

- s'agissant de la fissuration de l'auvent des boutiques : il s'agit d'un danger évolutif ; la solidité de l'ouvrage est compromise à terme ; les fissurations de l'auvent se produisent " à la reprise de bétonnage, joint entre les panneaux " ; ce désordre résulte d'un défaut d'exécution de l'ouvrage intégralement imputable à la société Dumez, en charge du lot gros œuvre ; les travaux de reprise s'élèvent à 5 000 euros ;

- concernant les désordres affectant le chauffage défectueux : les vivariums de la serre amazonienne accueillent des reptiles ainsi que des amphibiens vivant sous un climat spécifique ; ce sont des animaux dits " poïkilothermes ", c'est-à-dire à température variable, devant être placés dans un environnement dont la température varie au cours de la journée, en particulier entre période diurne et période nocturne ; un chauffage performant est donc essentiel pour garantir un milieu de vie adéquat aux animaux des vivariums ; or les températures escomptées n'ont jamais pu être atteintes par le système de chauffage, notamment en période hivernale, en raison d'un brassage d'air insuffisant dans le volume à chauffer ; ce désordre rend impropre à sa destination l'ouvrage ; il est imputable à hauteur de 10% à la société AMEC Spie Sud-Ouest ; les travaux de reprise s'élèvent à 140 000 euros, soit 14 000 euros à la charge de la société Amec Spie Sud-Ouest ; la société Spie avait un devoir de conseil qu'elle n'a pas mis en œuvre ;

- concernant les non-conformités de l'installation électrique : ce désordre est imputable à hauteur de 90% à la société Somiteg qui a réalisé les travaux ; les travaux de reprise des désordres s'élèvent à 45 000 euros, soit 40 500 euros à la charge de la société Somiteg ; les non-conformités ont été relevées lors de contrôles postérieurs à la réception et sont la conséquence de modifications non-conformes réalisées par la société Somiteg ;

- concernant les ouvrants et les occultations : des rideaux électriques sur châssis, fonctionnant sur moteur, se trouvent en toiture et participent à la régulation de la luminosité et de la température au sein de la serre ; or, nombre de ces châssis sont progressivement tombés en panne et ne fonctionnent plus à ce jour ; 22 moteurs sont tombés en panne à la date de l'expertise ; les désordres touchant les rideaux défectueux sont imputables à 100% à la société JC Debailles pour un montant de 237 372,20 euros ; les désordres touchant les branchements des moteurs sont imputables à la société Spie Sud-Ouest à hauteur de 100% pour un montant de 47 500 euros ; la société Spie avait un devoir de conseil, et ne peut prétendre être un simple exécutant ; contrairement à ce que soutient SwissLife, le défaut touchant les rideaux servant à occulter les sheds affecte le chauffage et la climatisation de la serre dans son ensemble et ce désordre est, par suite, de nature décennale ; par ailleurs, l'imputabilité de ce désordre est clairement établie par l'expert et repose sur la société JC Debailles, quand bien même l'origine des désordres proviendrait d'un défaut de fabrication des moteurs ; enfin l'ensemble des moteurs, et non seulement 22, est touché par le même désordre, et il n'existe aucun doute ;

- concernant le non-respect des normes d'accessibilité de la serre aux personnes handicapées, les pentes réalisées sont comprises entre 6 % et 7%, au lieu de 4%, rendant impropre à sa destination le cheminement réalisé ; l'absence de palier est due à la maîtrise d'œuvre et il convient de lui imputer 50% de ce désordre ; les pentes trop fortes sont imputables à la société AAB à hauteur de 100% et la fissure avec ressaut est imputable à la société Dumez à hauteur de 100% ; les travaux de reprise s'élèvent à 110 000 euros ; compte tenu de la répartition des responsabilités entre les différents intervenants, le coût de la mise aux normes du cheminement incombe avant tout à la maitrise d'œuvre (30%), tandis que les sociétés AAB (20%) et Dumez (20%) prendront à leur charge l'intégralité des sommes correspondant à la réfection du cheminement, ce qui correspond à un pourcentage total de 70%, soit 77 000 € répartis in solidum ; la non-conformité a été constatée par la commission de sécurité qui a eu lieu le 25 juin 2007, postérieurement aux opérations de réception du 29 mai 2007 ;

- concernant les frais de maîtrise d'œuvre afférents aux travaux de reprises : l'expert, qui a estimé nécessaire l'octroi d'une mission de maîtrise d'œuvre, chiffre son montant à 54 368,35 euros ;

- au total, elle est fondée à demander la condamnation in solidum de la maitrise d'œuvre et des sociétés Dumez, AAB, JC Debailles, Amec Spie Sud-Ouest, Somiteg et Greenwall à lui verser la somme de 661 728,86 euros ;

- concernant les autres préjudices : l'expert judiciaire a reconnu que la commune de Montpellier avait subi d'autres préjudices directement liés à ces désordres et relevant donc de la garantie décennale : elle a pris en charge des frais de laboratoires d'un montant de 7 953,40 euros ;

- elle a subi une surconsommation d'eau et de produits afin de filtrer davantage l'eau ; de 2008 à 2012, l'expert a évalué ce surcoût à 35 000 euros ; il convient d'actualiser ce préjudice sur une base de 2 000 euros mensuels, soit au 3 avril 2015, 93 000 euros ;

- elle va subir des pertes d'exploitation à raison des travaux de reprise, l'expert estime la durée des travaux à 3 ou 4 semaines, soit une perte d'exploitation de 35 304 euros ;

- la réparation des nombreux désordres qui affectent la serre amazonienne va engendrer d'importantes nuisances (bruit, vibrations, poussières, etc.) susceptibles de porter atteinte à la survie des espèces présentes dans la serre ; elle sera donc contrainte d'assurer leur déplacement dans de nouveaux locaux afin qu'ils y soient hébergés le temps des travaux ; le coût de cette construction a été estimé à 1 000 000 € par l'expert ;

- les sommes qu'elle peut demander sont bien toutes taxes comprises ;

- à titre subsidiaire, la responsabilité contractuelle des constructeurs est engagée ; il est constant que les entrepreneurs de travaux sont tenus à une obligation de résultat et qu'ils ne sauraient, pour se dégager de leur responsabilité, invoquer les défaillances imputables à d'autres intervenants dès lors qu'il est constaté qu'ils ont participé à la réalisation des travaux et que l'ouvrage n'est pas exempt de vice ou n'est pas conforme aux règles de l'art ;

- et la maîtrise d'œuvre a manqué à son devoir de conseil lors de la réception ; la maîtrise d'œuvre et les entreprises de travaux seront donc condamnées à payer solidairement à la commune de Montpellier l'entier préjudice subi par elle, soit la somme de : 1 797 986,26 euros ;

- les frais d'expertise de 35 035,36 euros seront mis à la charge des défendeurs.

J des mémoires enregistrés le 23 octobre 2020, le 23 novembre 2021 et le 10 mai 2023, la société Spie Industrie et Tertiaire, venant aux droit des sociétés Spie Sud Ouest et Amec Spie, représentée par la SCP Sallesse et Associés, conclut :

- au rejet de la requête ;

- à titre subsidiaire, au rejet de la demande de condamnation solidaire et à la demande d'actualisation sur l'indice BT01 ;

- au rejet des demandes portées à son encontre en ce qui concerne les désordres relatifs à l'étanchéité du bassin des iguanes, au chauffage et aux moteurs en toiture ;

- à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la commune de Montpellier au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

- à titre très subsidiaire, en ce qui concerne l'étanchéité du bassin des iguanes, à ce que la société AAB Décors, M. F et H, la société PER Ingénierie et la SAS Betso soient condamnées à la garantir de toute condamnation ;

- en ce qui concerne le chauffage, à ce que M. F et M. H, la société PER Ingéniérie et la SAS Betso soient condamnées à la garantir intégralement ;

- en ce qui concerne la connexion des moteurs de toiture, à ce que la condamnation soit limitée à 1 483,04 euros, au rejet des conclusions d'appel en garantie présentées par la société Swisslife et à ce que la société SwissLife, la Sarl Debailles, M. F et M. H, la société PER Ingénierie et la SAS Betso soient condamnés à la garantir intégralement ;

- en ce qui concerne les préjudices immatériels, au rejet des demandes dirigées à son encontre et, à titre subsidiaire, à ce que les condamnations soient limitées à 35 000 euros pour la surconsommation en eau, filtre et produit et à 2 625 euros pour la prise en compte des contraintes zootechniques ;

- à ce que tout succombant soit condamné à la garantir intégralement de toute condamnation ;

- à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la commune de Montpellier au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- à titre liminaire, la requête est irrecevable pour forclusion des demandes au titre de la responsabilité délictuelle et contractuelle des constructeurs, dès lors que le délai d'action de 10 ans a expiré le 29 mai 2017 ;

- la requête est irrecevable pour autorité de la chose jugée de la demande de condamnation des constructeurs au titre des frais d'expertise, dès lors que la décision du tribunal administratif du 4 juin 2019 a laissé à la charge de la commune les frais d'expertise, ce qu'a confirmé la cour administrative d'appel de Marseille le 20 janvier 2020 ;

- en ce qui concerne la demande de condamnation solidaire, l'expert a relevé sept catégories de désordres, chaque catégorie étant distincte des autres et concernant des travaux et des intervenants différents ; dès lors que les différents désordres sont distincts les uns des autres, la Ville ne peut solliciter de condamnation in solidum pour le tout ;

- en ce qui concerne les demandes concernant la société Spie Industrie et Tertiaire et le lot CVC, l'expert a constaté trois points susceptibles de concerner les prestations qu'elle a réalisées ;

- s'agissant du bassin des iguanes, l'expert relève qu'il est plus probable que la fuite provienne du bassin, ce qui est imputable à la société AAB ; le désordre n'est pas imputable à ses travaux dès lors qu'il convient seulement de changer le liner selon l'expert ; subsidiairement, la société d'AAB Décors, Messieurs F et H, la société PER Ingénierie et la SAS BETSO seront condamnés à la relever indemne de toute condamnation prononcée à son encontre ;

- s'agissant du chauffage, les problèmes relevés proviennent exclusivement d'un débit de balaye insuffisant, lequel a été diminué à la demande expresse des services techniques de la ville ; l'expert propose pourtant de retenir une part infime à son encontre, entre 0% et 10%, au titre de son devoir de conseil ; pour autant, la commune était parfaitement informée des conséquences de son choix puisque la maîtrise d'œuvre avait parfaitement alerté le maître de l'ouvrage sur les conséquences de son choix ; subsidiairement, Messieurs F et H, la société PER Ingénierie et la SAS Betso seront condamnés à la relever indemne de toute condamnation prononcée à son encontre ;

- s'agissant des moteurs et occultations en toiture, l'expert relève que ces désordres résultent, d'une part, d'une défaillance du matériel et, d'autre part, de la mise en place des boitiers relais dans une ambiance chaude et humide ; la responsabilité relative à la connexion incombe en totalité à la maîtrise d'œuvre et ces contraintes n'étaient pas présentes dans le CCTP du lot 16 et dans l'installation des moteurs et de leur connexion électrique ; la demande d'appel en garantie de la société Swisslife sera rejetée, et subsidiairement, la société Swisslife, la SARL Debailles, Messieurs F et H, la société PER Ingénierie et la SAS Betso seront condamnés à la relever indemne de toute condamnation prononcée à son encontre ;

- subsidiairement, sur les demandes de la commune :

- en ce qui concerne les travaux de reprise, la commune ne produit aucun devis et n'est donc pas fondée à solliciter l'actualisation des prix de l'indice BT01 ; en ce qui concerne le désordre relatif aux moteurs, le devis fournis est d'un montant de 1 483,04 euros de sorte que la condamnation sera limitée à cette somme ;

- en ce qui concerne les préjudices immatériels : ils sont injustifiés et ne concernent pas, en tout état de cause, des désordres imputables à des travaux réalisés par elle ;

- sur les surconsommations d'eau, filtre et produits, elles sont la conséquence des fuites qui ne lui sont pas imputables ; les demandes dirigées à son encontre seront rejetées ; à défaut, elles seront limitées à 35 000 euros ;

- sur la perte d'exploitation, les travaux de reprise des désordres liés aux travaux réalisés par Spie ne sont pas de nature à entrainer la fermeture de la serre ; la somme demandée n'est justifiée par aucun document ;

- sur la prise en compte des contraintes zootechniques, l'expert fixe ce préjudice à 2 625 euros, et non à un million d'euros comme le demande la commune ; par ailleurs, ce poste de préjudice résulte de la nécessité de déplacer les animaux durant la réalisation des travaux de reprise concernant les désordres affectant les décors sous la cascade et le cheminement piétonnier (page 105 du rapport), ces désordres ne concernent pas la société Spie, de sorte que toute demande à son encontre sera rejetée ; à défaut, le montant du préjudice sera limité à 2 625 euros ;

- concernant les frais d'expertise, la demande de la commune a déjà été jugée par l'ordonnance du 4 juin 2019 et est donc irrecevable pour autorité de chose jugée.

J des mémoires enregistrés le 18 décembre 2020, le 4 janvier 2021, le 14 avril 2021 et le 14 décembre 2021, la société Dumez Sud (devenue Sogea Sud Bâtiment) représentée par

Me Gasq, conclut :

- à titre principal, au rejet de la requête de la commune de Montpellier ;

- à titre subsidiaire, au rejet de la demande de condamnation solidaire des différents constructeurs ;

- à titre très subsidiaire, à ce que sa responsabilité soit limitée à 25% en ce qui concerne le désordre relatif au mur végétal et à ce que la société Greenwall soit condamnée à la garantir de l'intégralité des condamnations éventuelles, principal, intérêts et frais ;

- à ce que sa responsabilité soit ramenée à de plus justes proportions en ce qui concerne le désordre relatif à la fissuration de l'accessibilité des personnes handicapées et à ce que B d'architectes F et H et la société AAB soient condamnées à la garantir de toute condamnation ;

- à titre très subsidiaire, à ce que les autres demandes indemnitaires de la commune de Montpellier soient rejetées ;

- à titre infiniment subsidiaire, à ce que la société Greenwall, prise en la personne de son liquidateur judiciaire Me Marion, la société AAB Décors, le maitre d'œuvre, B d'architectes F et H, la société Spie, la société Amec Spie, la société Debailles prise en la personne de son liquidateur judiciaire Me Aussel, et la société Somiteg soient condamnés à la garantir de toutes condamnations en principal, intérêts et frais ;

- à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la commune de Montpellier au titre de l'article L. 761-1 code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la réception de l'ouvrage a eu lieu le 29 mai 2007 ;

- elle était en charge du lot n°2 : terrassement, gros œuvre ;

- le rapport définitif d'expertise judiciaire a été déposé le 15 mars 2013 ;

- à titre principal, la requête est irrecevable pour forclusion de l'action, le délai de dix ans de la garantie décennale étant dépassé ;

- la requête est irrecevable compte tenu de l'autorité de la chose jugée ; le Tribunal dans son ordonnance du 4 juin 2019 a laissé à la charge définitive de la commune de Montpellier les frais d'expertises ainsi que le rappelle d'ailleurs la cour administrative d'appel dans son ordonnance du 20 janvier 2020 ;

- à titre subsidiaire, sur le fond, une demande de condamnation solidaire entre les constructeurs n'est recevable que si les différentes parties ont concouru à la réalisation du même préjudice ; en l'espèce, les différents désordres sont sans lien et ont des origines diverses et multiples ;

- à titre principal sur le fond, le caractère décennal des désordres allégués est contestable ; l'expert identifie sept familles de désordre : infiltrations, gros œuvre, chauffage, électricité, moteurs et occultations en toiture, filet de protection de la serre et accessibilité handicapés ;

- concernant les infiltrations relatives au mur végétal, ce désordre était apparent à la date de réception ainsi que le retient l'expert, peu importe qu'il n'ait pas été consigné dans le procès-verbal de réception ; subsidiairement, ce vice était décelable ;

- concernant la fissuration de l'auvent boutique, il s'agit seulement d'un désordre esthétique, car les fissures ne sont pas infiltrantes et ne sont pas structurelles ;

- concernant l'accessibilité des personnes handicapées et la fissuration, ce désordre était apparent à la réception ; sur la non-conformité relative au ressaut de 3 cm au lieu de 2, l'expert indique qu'il n'y a pas d'impropriété à ce jour, mais que l'impropriété pourrait être caractérisée à terme ;

- à titre subsidiaire sur le fond, sa responsabilité ne saurait être retenue ;

- concernant les infiltrations relatives au mur végétal, la société Greenwall n'a pas mis en œuvre l'étanchéité verticale rigide entre le mur support et la face arrière des paniers métalliques, ce qui n'est pas conforme à ce qui était prévu contractuellement ; ce désordre ne lui est donc pas imputable ; le mur hydrofuge qu'elle a réalisé n'est pas prévu pour recevoir une telle quantité d'eau ; l'expert ne retient aucun cause dont elle serait responsable ; ce n'est qu'en raison de la présence de trous de réservation mal rebouchés que l'expert a entendu diluer les responsabilités pour en faire peser une part sur la société Dumez ; par ailleurs, ces infiltrations proviennent aussi d'un défaut d'entretien ; très subsidiairement, sa responsabilité ne saurait excéder 25% ; la société Greenwall devra la garantir de toutes condamnations ;

- concernant la fissuration de l'auvent boutique, outre que ce désordre est seulement esthétique, le coût de réparation évalué à 5 000 euros est disproportionné et il conviendra de le ramener à la somme de 3 000 euros ;

- concernant l'accessibilité des personnes handicapées et la fissuration, des pentes de 6% à 7% sans palier ont été relevées par l'expert, au lieu des 4% maximum (ou 5% avec un palier tous les 10 mètres) et ces non-conformités étaient apparentes à la réception ; le seul dommage imputable à la société Dumez est une fissure présentant un désaffleurement sur le chemin piéton, conséquence du tassement du remblais, ceci étant, aucune évolution du tassement n'a été constatée depuis l'ouverture des opérations d'expertise judiciaire et il convient donc de considérer que celui-ci est achevé (6 ans après la réception des travaux) ; cette fissure n'affecte pas l'accessibilité handicapés ; de façon surabondante, le montant de reprise de cette fissure ne serait que de 3 000 euros TTC ;

- à titre très subsidiaire, sur les autres demandes indemnitaires de la commune, les frais de laboratoire ne peuvent être mis à sa charge dès lors qu'elle n'a pas participé au désordre portant sur les moteurs LCIE ; pour les frais d'expertise, elle sera garantie in solidum de l'intégralité des frais d'expertise qui pourraient être prononcés à son encontre, par la société Greenwall, AAB Decors, le maitre d'œuvre, B d'architectes F et H, la société SPIE, la société Amec Spie, la société Debailles et la société Somiteg ;

- sur les préjudices de la commune, s'agissant des surconsommations d'eau, elle n'a pas participé aux désordres relatifs à la cascade, au bassin des caïmans et à la galerie du plafond quarantaine et elle ne peut en supporter les conséquences tenant à la surconsommation d'eau ; si elle devait être condamnée, alors elle sera garantie in solidum de l'intégralité des frais d'expertise qui pourraient être prononcés à son encontre, par la société Greenwall, AAB Decors, le maître d'œuvre, B d'architectes F et H, la société SPIE, la société Amec Spie, la société Debailles et la société Somiteg ;

- s'agissant des pertes d'exploitation, les infiltrations relatives au mur végétal n'engendrent aucune gêne d'exploitation, ainsi que la fissuration de l'auvent boutique ; pour le cheminement et le traitement du remblais, le préjudice tenant à la perte d'exploitation ne saurait être supporté intégralement par la société Dumez, et devra être proportionnel aux éventuelles reprises des désordres qui sont imputables à son intervention ; en tout état de cause, elle sera garantie par les autres constructeurs ;

- s'agissant des contraintes zootechniques, la construction d'un nouveau bâtiment à hauteur d'un million d'euros entrainera un enrichissement sans cause et la commune n'est pas fondée à en demander le paiement ; ce préjudice est disproportionné ; l'expert, a juste titre, fait référence à la valeur locative d'un tel bâtiment, à savoir 3 000 euros par mois, soit 2 625 euros au titre du coût de reprise des désordres pendant 3,5 semaines ; elle sera garantie par les autres constructeurs ;

- s'agissant de la reprise du désordre relatif à la cascade, ce désordre ne lui est pas imputable ;

- à titre infiniment subsidiaire, elle sera garantie intégralement par la société Greenwall, AAB Decors, le maitre d'œuvre, B d'architectes F et H, la société SPIE, la société Amec Spie, la société Debailles et la société Somiteg et ce en principal, intérêts et frais.

J un mémoire enregistré le 6 janvier 2021, la société Atelier Artistique du Béton, représentée par la Scp SVA, conclut :

- à titre principal, sur les demandes de condamnation au titre de la responsabilité décennale :

o Sur la demande de préjudice relatif à l'étanchéité de la cascade :

* à titre principal, au rejet de la demande ;

* à titre subsidiaire, à ce que la condamnation ne puisse être supérieure à 50% de 15 000 euros et à ce que la maîtrise d'œuvre soit condamnée à la garantir de toutes condamnations prononcés à son encontre ;

o Sur la demande de préjudice relatif au bassin des iguanes :

* à titre principal, au rejet de la demande ;

* à titre subsidiaire, à ce que la société Spie soit condamnée à la garantir de toutes condamnations prononcés à son encontre ;

o Sur la demande de préjudice relatif à l'accès handicapé :

* à titre principal, au rejet de la demande ;

* à titre subsidiaire, à ce que la condamnation ne puisse être supérieure à 20% de 110 000 euros et à ce que la société Dumez soit condamnée à la garantir de toutes condamnations prononcés à son encontre ;

o Sur la demande de préjudice relatif à l'intervention d'un maitre d'œuvre pour la réparation des désordres :

* à titre principal, au rejet de la demande ;

* à titre subsidiaire, à ce que la condamnation mise à sa charge soit réduite en proportion de son intervention et à ce que la société Greenwall, la société Dumez, la société Betso, la societe PER Ingénierie, la société Amec SPIE, la société BET Eco Systeme Autec Ingénierie, Monsieur A B " E J ", B d'architectes F et H, la société Spie, la société Debailles et la société Somiteg soient condamnées à la garantir de toutes condamnations prononcés à son encontre ;

o Sur la demande de préjudice relatif à la surconsommation d'eau :

* à titre principal, au rejet de la demande ;

* à titre subsidiaire, à ce que la condamnation soit réduite à la somme de 35 000 euros, à ce que la condamnation mise à sa charge soit réduite en proportion de son intervention et à ce que la société Greenwall, la société Dumez, la société Betso, la societe PER Ingénierie, la société Amec SPIE, la société BET Eco Systeme Autec Ingénierie, Monsieur A B " E J ", B d'architectes F et H, la société Spie, la société Debailles et la société Somiteg soient condamnées à la garantir de toutes condamnations prononcés à son encontre ;

o Sur la demande de préjudice relatif aux contraintes zootechniques :

* à titre principal, au rejet de la demande ;

* à titre subsidiaire, à ce que la condamnation soit réduite à la somme de 2 625 euros, à ce que la condamnation mise à sa charge soit réduite en proportion de son intervention et à ce que la société Greenwall, la société Dumez, la société Betso, la société PER Ingénierie, la société Amec SPIE, la société BET Eco Systeme Autec Ingénierie, Monsieur A B " E J ", B d'architectes F et H, la société Spie, la société Debailles et la société Somiteg soient condamnées à la garantir de toutes condamnations prononcés à son encontre ;

o Sur la demande de préjudice relatif à la reprise de la cascade :

* à titre principal, au rejet de la demande ;

* à titre très subsidiaire, à ce que la société Amec SPIE, et la société Spie soient condamnées à la garantir de toutes condamnations prononcées à son encontre ;

o Sur la demande de préjudice relatif aux frais d'expertise et de laboratoires :

* à titre principal, au rejet de la demande ;

* à titre subsidiaire, à ce que la condamnation mise à sa charge soit réduite en proportion de son intervention et à ce que la société Greenwall, la société Dumez, la société Betso, la société PER Ingénierie, la société Amec SPIE, la société BET Eco Systeme Autec Ingénierie, Monsieur A B " E J ", B d'architectes F et H, la société Spie, la société Debailles et la société Somiteg soient condamnées à la garantir de toutes condamnations prononcés à son encontre ;

o Sur la demande de préjudice relatif à la perte d'exploitation :

* à titre principal, au rejet de la demande ;

* à titre subsidiaire, à ce que la condamnation mise à sa charge soit réduite en proportion de son intervention et à ce que la société Greenwall, la société Dumez, la société Betso, la société PER Ingénierie, la société Amec SPIE, la société BET Eco Systeme Autec Ingénierie, Monsieur A B " E J ", B d'architectes F et H, la société Spie, la société Debailles et la société Somiteg soient condamnées à la garantir de toutes condamnations prononcés à son encontre ;

- à titre subsidiaire, au rejet des demandes présentées au titre de la responsabilité contractuelle ;

- en toutes hypothèses, au rejet des demandes de la commune de Montpellier au titre des dépens et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à sa charge au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle était titulaire du lot n°16 : décors paysage - filets - bassin et terrarium ;

- sur le désordre relatif à l'étanchéité de la cascade : le caractère décennal de ce désordre est contestable ; le vice décelable dès la première utilisation peut être assimilé à un vice apparent ; à l'heure actuelle, l'ouvrage n'est pas impropre à sa destination et ne permet pas d'engager un recours décennal contre les constructeurs ; le défaut d'exécution ne lui était pas imputable, n'étant pas en charge de placer le liner manquant ; et si d'aventure le Tribunal entendait la condamner pour ce désordre, la somme concernée ne pourrait excéder 50% de 15 000 € car le défaut d'étanchéité résulte essentiellement d'une insuffisance de prescription au moment de la conception ; les frais annexes à ce désordre réclamés par la Ville de Montpellier doivent être inclus dans la reprise du désordre ;

- sur le désordre relatif au bassin des iguanes, étant apparent à la réception, cela s'oppose à son caractère décennal ; le vice décelable dès la première utilisation peut être assimilé à un vice apparent ; les désordres ne sont pas suffisamment graves pour relever de la responsabilité décennale ; il n'y a aucune preuve que le défaut d'étanchéité lui serait imputable, l'expert relevant deux origines possibles ; si d'aventure le Tribunal venait à entrer en voie de condamnation contre la concluante pour ce chef de préjudice, elle devrait être garantie intégralement par la société Spie et Amec Spie, titulaires du lot 13, qui ont réalisé les canalisations ;

- sur les désordres relatifs à l'accès handicapés : le désordre étant apparent à la réception, cela s'oppose à son caractère décennal ; la non-conformité ne lui est pas imputable ; l'accès handicapés est affecté de trois types de désordre (absence de palier de repos, défaut de pente localisé, fissure avec ressaut, également localisée), l'expert a considéré qu'elle était uniquement responsable de la non-conformité des pentes à hauteur de 10 à 20% ; à titre subsidiaire, sa part de responsabilité ne saurait ainsi excéder 20% et la maitrise d'œuvre et la société Dumez seront condamnées à la garantir à hauteur de 80% ou à hauteur de 40% chacun ;

- sur le préjudice relatif à l'intervention d'un maître d'œuvre : la commune de Montpellier réclame la somme de 54 368,35 euros pour l'intervention d'un maître d'œuvre dans le cadre de la réparation des désordres sur le fondement du rapport d'expertise, l'expert ayant préconisé de prévoir 10% du montant total des travaux pour les frais relatifs à un maître d'œuvre ; cette somme est infondée en ce que la commune minimise sa part de responsabilité ; la société Greenwall, la société Dumez, la société Betso, la société PER Ingénierie, la société Amec Spie, la société BET Eco Systeme Autec Ingénierie, Monsieur A B " E J ", B d'architectes F et H, la société Spie, la société Debailles et la société Somiteg seront condamnées à la garantir de toutes condamnations prononcées à son encontre ;

- sur le préjudice relatif à la surconsommation d'eau : la demande indemnitaire est surestimée ; la commune a contribué à l'aggravation du préjudice pendant deux ans en tardant à engager sa première requête en avril 2015 ; l'expert judiciaire n'a pas estimé la perte d'eau à

2000 € TTC mensuel ; elle ne peut être tenue pour responsable des désordres liés aux infiltrations et ne saurait donc être condamnée pour ce poste de préjudice et donc à raison des surconsommations d'eau ; à titre subsidiaire, la condamnation doit être réduite en proportion de son intervention et à la société Greenwall, la société Dumez, la société Betso, la société PER Ingénierie, la société Amec SPIE, la société BET Eco Systeme Autec Ingénierie, Monsieur A B " E J ", B d'architectes F et H, la société Spie, la société Debailles et la société Somiteg seront condamnées à la garantir de toutes condamnations prononcées à son encontre ;

- sur le préjudice relatif à la perte d'exploitation, cette demande sera rejetée dès lors que sa responsabilité ne saurait être engagée ; à titre subsidiaire, si elle devait être condamnée, alors la société Greenwall, la société Dumez, la société Betso, la societe PER Ingénierie, la société Amec SPIE, la société BET Eco Systeme Autec Ingénierie, Monsieur A B " E J ", B d'architectes F et H, la société Spie, la société Debailles et la société Somiteg seront condamnées à la garantir de toutes condamnations prononcées à son encontre ;

- sur le préjudice relatif à la prise en compte des contraintes zoologiques : la commune réclame la somme de 1 003 000 euros pour la construction d'une extension de bâtiment destinée au relogement des animaux, laquelle ne saurait être financée par les intervenants à l'ouvrage dès lors qu'un tel ouvrage n'était pas prévu dans le marché initial ; la commune de Montpellier en profitera bien après les réfections de l'ouvrage initial ; l'expert retient seulement une valeur locative de 2 625 euros par mois ; la société Greenwall, la société Dumez, la société Betso, la societe PER Ingénierie, la société Amec SPIE, la société BET Eco Systeme Autec Ingénierie, Monsieur A B " E J ", B d'architectes F et H, la société Spie, la société Debailles et la société Somiteg seront condamnées à la garantir de toutes condamnations prononcées à son encontre ;

- sur les demandes de la Ville au titre de la garantie contractuelle : il est de jurisprudence constante qu'une fois la réception prononcée, la garantie contractuelle ne peut plus être recherchée par le maître d'ouvrage ;

- sur les demandes de frais d'expertise : l'autorité de chose jugée s'oppose à ce que les frais d'expertise soit mise à sa charge ; en tout état de cause, dès lors que sa responsabilité ne saurait être engagée, aucun frais d'expertise et de laboratoire ne sauraient être mis à sa charge.

J un mémoire enregistré le 12 janvier 2021, la société Betso et la société Somiteg représentées par la Scp Cascio - Ortal - Dommée - Marc, conclut :

- à titre principal, au rejet de la requête ;

- à titre subsidiaire, au rejet de toutes les demandes de condamnation solidaire ;

- concernant la société Somiteg, à ce qu'elle soit mise hors de cause en ce qui concerne le désordre affectant les boitiers électriques litigieux ;

- concernant la société Betso, à ce qu'elle soit mise hors de cause en ce qui concerne les désordres concernant la zone de quarantaine et le crépi de façade ;

- à titre très subsidiaire, si la responsabilité de la société Betso devait être retenue, à ce que les autres membres de la maîtrise d'œuvre soient condamnés au titre de la solidarité au-delà d'un montant de 5% concernant la somme de 600 euros mise à la charge de la maîtrise d'œuvre au titre du plafond de la zone de quarantaine et que les autres parties de la maitrise d'œuvre la garantissent de 5% des sommes de 600 euros et de 1 210,22 euros ;

- en tout hypothèse, à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la commune de Montpellier au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

- si elles devaient être condamnées, à ce que les montants des sommes allouées à la commune de Montpellier soient ramenés à de plus justes proportions.

Elles soutiennent que :

- la société Betso faisait partie des entreprises de maîtrise d'œuvre de la construction de la serre amazonienne et la société Somiteg s'est vue confier le lot n°12 " électricité courants forts et courants faibles " ;

- à titre principal, l'autorité de la chose jugée s'attachant à la décision du tribunal administratif constatant le désistement du 3 juin 2019, confirmée par la cour administrative d'appel de Marseille par une décision du 20 janvier 2020 fait obstacle à toute nouvelle demande en tous points similaire ;

- une condamnation solidaire n'est due qu'entre les différentes parties ayant concouru à la réalisation d'un même préjudice ; en l'espèce, les désordres en litige ont des origines diverses sur différents lots ;

- la société Somiteg n'a commis aucune faute et l'installation électrique a été modifiée après réception par une entreprise que seule la commune peut identifier ;

- la société Betso n'a commis aucune faute ; l'expert retient que la responsabilité de la maîtrise d'œuvre peut être engagée de façon résiduelle concernant le premier désordre affectant le plafond de la zone de quarantaine, à hauteur de 15% ; sa responsabilité ne peut être retenue pour responsable des éventuelles infiltrations qui sont dues à la fissuration de l'ouvrage ; concernant le deuxième désordre relatif au crépi de façade, l'expert retient un défaut de conception pour une responsabilité résiduelle de 10% et la société Betso Fluide n'est en rien concernée ;

- la société Betso sera mise hors de cause ; à titre subsidiaire, sa responsabilité serait limitée à 5% des désordres sur le plafond de la zone de quarantaine et sur le crépis de façade, soit respectivement 5% de 600 euros et 5% de 1 210,88 euros et les autres membres de la maitrise d'œuvre seront condamnés à la garantir pour les montants au-delà ;

- à titre subsidiaire, sur les demandes indemnitaires de la commune, le préjudice au titre de perte d'exploitation n'est pas justifié ;

- sur le préjudice au titre des contraintes zootechniques, les travaux susceptibles d'être mis à leur charge consistant en la réparation de l'armoire électrique, la reprise des plafonds de la zone de quarantaine et du crépi en façade, peuvent être réalisés sans nécessité de reloger les animaux.

J un mémoire enregistré le 12 janvier 2021, la société Bet Eco Système Autec Ingénierie, représentée par la Scp Cascio - Ortal - Dommée - Marc, conclut :

- à titre principal, au rejet de la requête ;

- à titre subsidiaire, au rejet de toutes les demandes de condamnation solidaire ;

- à ce que la société Autec soit mise hors de cause ;

- à titre subsidiaire, si sa responsabilité devait être retenue, à ce que les autres membres de la maîtrise d'œuvre soient condamnés au titre de la solidarité au-delà d'un montant de 5% concernant la somme de 600 euros mise à la charge de la maîtrise d'œuvre au titre du plafond de la zone de quarantaine et à la garantir de 5% des sommes de 600 euros et de 1 210,22 euros ;

- en tout hypothèse, au rejet des demandes des autres parties à son encontre et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la commune de Montpellier au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- à titre principal, l'autorité de la chose jugée s'attachant à la décision du Tribunal constatant le désistement du 3 juin 2019, confirmée par la cour administrative d'appel de Marseille par une décision du 20 janvier 2020 fait obstacle à toute nouvelle demande en tous points similaire ;

- une condamnation solidaire n'est due qu'entre les différentes parties ayant concouru à la réalisation d'un même préjudice ; en l'espèce, les désordres en litige ont des origines diverses sur différents lots ;

- elle n'a commis aucune faute ; elle a été engagée comme 5e cotraitant de la maîtrise d'œuvre pour un montant de 3 000 euros HT pour une prestation au stade APD ; elle n'est intervenue que résiduellement au stade de la conception avec une mission plus que limitée ;

- l'expert retient que la responsabilité de la maîtrise d'œuvre peut être engagée de façon résiduelle concernant le premier désordre affectant le plafond de la zone de quarantaine, à hauteur de 15% ; sa responsabilité ne peut être retenue à raison des éventuelles infiltrations qui sont dues à la fissuration de l'ouvrage ; concernant le deuxième désordre relatif au crépi de façade, l'expert retient un défaut de conception pour une responsabilité résiduelle de 10% et elle n'est en rien concernée ;

- la société Autec sera mise hors de cause ; à titre subsidiaire, sa responsabilité serait limitée à 5% des désordres sur le plafond de la zone de quarantaine et sur le crépi de façade, soit respectivement 5% de 600 euros et 5% de 1 210,88 euros et les autres membres de la maitrise d'œuvre seront condamnés à la garantir pour les montants au-delà ;

- à titre subsidiaire, sur les demandes indemnitaires de la commune, le préjudice au titre de perte d'exploitation n'est pas justifié ;

- sur le préjudice au titre des contraintes zootechniques, les travaux susceptibles d'être mis à leur charge consistant en la réparation de l'armoire électrique, la reprise des plafonds de la zone de quarantaine et du crépi en façade, peuvent être réalisés sans nécessité de reloger les animaux.

J des mémoires en défense, enregistrés le 12 janvier 2021 et le 12 février 2021, M. C F, M. G H et la Sarl Per Ingénierie, représentés par la SCP Levy Balzarini Sagnes Serre, conclut :

- à titre principal, au rejet de la requête ;

- à titre subsidiaire, sur le fondement de la garantie décennale :

o à titre principal, les demandes de condamnation in solidum à leur encontre seront rejetées et ils seront mis hors de cause ;

o à titre subsidiaire, à ce qu'ils soient mis hors de cause ;

o à titre infiniment subsidiaire, concernant le BET Per Ingénierie : à ce que la société Greenwall, la société AAB Décors, la société Dumez, la société Betso, la société Amec SPIE, la société BET Eco Systeme Autec Ingénierie, Monsieur A B " E J ", la société Spie, la société Debailles et la société Somiteg soient condamnées à la garantir de toute condamnation à son encontre ;

o à titre infiniment subsidiaire, concernant M. F et M. H :

* sur le désordre de la cascade : à ce que leur responsabilité soit limitée entre 0 et 10% de la somme de 15 000 euros et à ce que la société AAB Décors et B Vu J soient condamnées à les garantir in solidum des condamnations susceptibles d'être prononcées à leur encontre ;

* sur le désordre de la galerie plafond : à ce que leur responsabilité soit limitée entre 5 et 15% de la somme de 4 000 euros et à ce que la commune de Montpellier soit condamnée à les garantir in solidum des condamnations susceptibles d'être prononcées à leur encontre ;

* sur le désordre des crépis en façade : à ce que leur responsabilité soit limitée entre 0 et 10% de la somme de 12 102,83 euros et à ce que la commune de Montpellier soit condamnée à les garantir in solidum des condamnations susceptibles d'être prononcées à leur encontre ;

* sur le désordre relatif à l'absence de paliers : à ce que leur responsabilité soit limitée entre 10 et 20% de la somme de 55 000 euros et à ce que la commune de Montpellier, la société AAB Décors, la société Dumez Sud et B Vu J soient condamnées à les garantir in solidum des condamnations susceptibles d'être prononcées à leur encontre ;

* sur les frais et honoraires d'un maitre d'œuvre : à ce que la condamnation soit limitée à la somme de 1 000,51 euros et à ce que la commune de Montpellier, la société Greenwall, la société AAB Décors, la société Dumez, la société Betso, la société Amec SPIE, la société BET Eco Systeme Autec Ingénierie, Monsieur A B " E J ", la société Spie, la société Debailles et la société Somiteg soient condamnées à les garantir de toute condamnation à leur encontre ;

* sur les frais de laboratoire : à ce que les sociétés Debailles, Spie et Amec Spie soient condamnées à les garantir de toutes condamnations ;

* sur les frais d'expertise judiciaire : la demande est irrecevable pour cause d'autorité de chose jugée ; subsidiairement, à ce que la condamnation soit limitée à la somme de 714,72 euros et à ce que la commune de Montpellier, la société Greenwall, la société AAB Décors, la société Dumez, la société Betso, la société Amec SPIE, la société BET Eco Systeme Autec Ingénierie, Monsieur A B " E J ", la société Spie, la société Debailles et la société Somiteg soient condamnées à les garantir de toute condamnation à leur encontre ;

* sur la surconsommation d'eau : à ce que la condamnation soit limitée à la somme de 318,50 euros et à ce que la commune de Montpellier, la société Greenwall, la société AAB Décors, la société Dumez, la société Betso, la société Amec SPIE, la société BET Eco Systeme Autec Ingénierie, Monsieur A B " E J ", la société Spie, la société Debailles et la société Somiteg soient condamnées à les garantir de toute condamnation à leur encontre ;

* sur le préjudice d'exploitation : à ce que la condamnation soit limitée à la somme de 720,20 euros et à ce que la commune de Montpellier, la société Greenwall, la société AAB Décors, la société Dumez, la société Betso, la société Amec SPIE, la société BET Eco Systeme Autec Ingénierie, Monsieur A B " E J ", la société Spie, la société Debailles et la société Somiteg soient condamnées à les garantir de toute condamnation à leur encontre ;

* sur le préjudice au titre des contraintes zootechniques : à ce que la condamnation soit limitée à la somme de 53,55 euros et à ce que la commune de Montpellier, la société Greenwall, la société AAB Décors, la société Dumez, la société Betso, la société Amec SPIE, la société BET Eco Systeme Autec Ingénierie, Monsieur A B " E J ", la société Spie, la société Debailles et la société Somiteg soient condamnées à les garantir de toute condamnation à leur encontre ;

* sur le préjudice au titre de la cascade : à ce que la société AAB Décors et B Vu J soient condamnées à les garantir de toute condamnation prononcée à leur encontre ;

* sur les autres désordres et préjudices : à ce que la commune de Montpellier, la société Greenwall, la société AAB Décors, la société Dumez, la société Betso, la société Amec SPIE, la société BET Eco Systeme Autec Ingénierie, Monsieur A B " E J ", la société Spie, la société Debailles et la société Somiteg soient condamnées à les garantir de toute condamnation à leur encontre ;

- à titre subsidiaire, sur le fondement de la garantie contractuelle soulevée par la commune à titre subsidiaire :

o à titre principal, à ce qu'ils soient mis hors de cause ;

o à titre subsidiaire, au rejet des demandes de condamnation in solidum à leur encontre ;

o à titre très subsidiaire, concernant le BET Per Ingénierie :

* à ce qu'elle soit mise hors de cause ;

o à titre très subsidiaire, concernant M. F et M. H :

* à ce qu'ils soient mis hors de cause ;

o à titre encore plus subsidiaire : en cas de condamnation de la société BET Per Ingénierie : à ce que la commune de Montpellier, la société Greenwall, la société AAB Décors, la société Dumez, la société Betso, la société Amec Spie, la société BET Eco Systeme Autec Ingénierie, Monsieur A B " E J ", la société Spie, la société Debailles et la société Somiteg soient condamnées à la garantir de toute condamnation à son encontre ;

o à titre encore plus subsidiaire : en cas de condamnation de M. F et

M. H :

* sur les désordres constructifs : à ce que la commune de Montpellier, la société Greenwall, la société AAB Décors, la société Dumez, la société Betso, la société Amec SPIE, la société BET Eco Systeme Autec Ingénierie, Monsieur A B " E J ", la société Spie, la société Debailles et la société Somiteg soient condamnées à les garantir de toute condamnation à leur encontre ;

* sur le désordre de la cascade : à ce que leur responsabilité soit limitée entre 0 et 10% de la somme de 15 000 euros et à ce que la société AAB Décors et B Vu J soient condamnées à les garantir in solidum des condamnations susceptibles d'être prononcées à leur encontre ;

* sur le désordre de la galerie plafond : à ce que leur responsabilité soit limitée entre 5 et 15% de la somme de 4 000 euros et à ce que la commune de Montpellier soit condamnée à les garantir in solidum des condamnations susceptibles d'être prononcées à leur encontre ;

* sur le désordre des crépis en façade : à ce que leur responsabilité soit limitée entre 0 et 10% de la somme de 12 102,83 euros et à ce que la commune de Montpellier soit condamnée à les garantir in solidum des condamnations susceptibles d'être prononcées à leur encontre ;

* sur le désordre relatif à l'absence de paliers : à ce que leur responsabilité soit limitée entre 10 et 20% de la somme de 55 000 euros et à ce que la commune de Montpellier, la société AAB Décors, la société Dumez Sud et B Vu J soient condamnées à les garantir in solidum des condamnations susceptibles d'être prononcées à leur encontre ;

* sur les frais et honoraires d'un maitre d'œuvre : à ce que la condamnation soit limitée à la somme de 1 000,51 euros et à ce que la commune de Montpellier, la société Greenwall, la société AAB Décors, la société Dumez, la société Betso, la société Amec SPIE, la société BET Eco Systeme Autec Ingénierie, Monsieur A B " E J ", la société Spie, la société Debailles et la société Somiteg soient condamnées à les garantir de toute condamnation à leur encontre ;

* sur les frais de laboratoire : à ce que les sociétés Debailles, Spie et Amec Spie soient condamnées à les garantir de toutes condamnations ;

* sur les frais d'expertise judiciaire : la demande est irrecevable pour cause d'autorité de chose jugée ; subsidiairement, à ce que la condamnation soit limitée à la somme de 714,72 euros et à ce que la commune de Montpellier, la société Greenwall, la société AAB Décors, la société Dumez, la société Betso, la société Amec SPIE, la société BET Eco Systeme Autec Ingénierie, Monsieur A B " E J ", la société Spie, la société Debailles et la société Somiteg soient condamnées à les garantir de toute condamnation à leur encontre ;

* sur la surconsommation d'eau : à ce que la condamnation soit limitée à la somme de 318,50 euros et à ce que la commune de Montpellier, la société Greenwall, la société AAB Décors, la société Dumez, la société Betso, la société Amec SPIE, la société BET Eco Systeme Autec Ingénierie, Monsieur A B " E J ", la société Spie, la société Debailles et la société Somiteg soient condamnées à les garantir de toute condamnation à leur encontre ;

* sur le préjudice d'exploitation : à ce que la condamnation soit limitée à la somme de 720,20 euros et à ce que la commune de Montpellier, la société Greenwall, la société AAB Décors, la société Dumez, la société Betso, la société Amec SPIE, la société BET Eco Systeme Autec Ingénierie, Monsieur A B " E J", la société Spie, la société Debailles et la société Somiteg soient condamnées à les garantir de toute condamnation à leur encontre ;

* sur le préjudice au titre des contraintes zootechniques : à ce que la condamnation soit limitée à la somme de 53,55 euros et à ce que la commune de Montpellier, la société Greenwall, la société AAB Décors, la société Dumez, la société Betso, la société Amec SPIE, la société BET Eco Systeme Autec Ingénierie, Monsieur A B " E J ", la société Spie, la société Debailles et la société Somiteg soient condamnées à les garantir de toute condamnation à leur encontre ;

* sur le préjudice au titre de la cascade : à ce que la société AAB Décors et B " Vu J " soient condamnées à les garantir de toute condamnation prononcée à leur encontre ;

* sur les autres désordres et préjudices : à ce que la commune de Montpellier, la société Greenwall, la société AAB Décors, la société Dumez, la société Betso, la société Amec SPIE, la société BET Eco Systeme Autec Ingénierie, Monsieur A B " E J ", la société Spie, la société Debailles et la société Somiteg soient condamnées à les garantir de toute condamnation à leur encontre ;

- à ce que l'ensemble des demandes en garantie, fins et conclusions formulées à leur encontre sur le fondement quasi-délictuel soient rejetées ;

- en tout état de cause : à ce que la somme de 10 000 euros soit mise à la charge de la commune de Montpellier et à toute partie succombante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.

Ils soutiennent que :

- la maîtrise d'œuvre était assurée par les architectes F et H, le scénographe B " Vu J ", le Bet Structure Per Ingénierie, le Bet Fluides Betso, l'ingénieur horticole Autec Ingénierie et le Bet Eco Système ;

- le contrat de maitrise d'œuvre concernait les missions de base (ESQ - APS - APD - PRO - ADMI - ACT - VISA - DET - AOR) et prévoyait un partage des missions clairement défini par un tableau de répartition ; B Vu J, notamment, avait en charge 45% au titre de la phase ESQUISSE, 37% au titre de la phase APD, 26,02% au titre de la phase APD, - 31% au titre de la phase PRO, 32% au titre de la phase ACT, et 2,54% au titre de la phase DET ;

- il résulte des éléments contractuels précités que Monsieur F était en charge de la conception architecturale générale pour les lots 1 à 14 alors que la conception scénographique était confiée au scénographe B " Vu J ", pour les lots 15 à 20 ;

- la requête est irrecevable pour absence d'autorisation d'ester en justice ;

- la requête est irrecevable pour cause de forclusion des demandes ;

- la requête est irrecevable pour cause d'autorité de chose jugée ;

- à titre liminaire, sur les demandes de la commune à l'encontre de la maitrise d'œuvre, l'acte d'engagement ne contient aucune clause de solidarité conventionnelle ; de même, le groupement n'est pas solidaire dès lors que l'acte d'engagement répartit très clairement la part respective des missions, tâches et rémunération entre chaque membre du groupement dans la grille de répartition annexé à l'acte, ce qui est le cas à la lecture de l'acte d'engagement et ses annexes ;

- M. F et M. H ne représentent aucun autre membre du groupement de l'équipe de maitrise d'œuvre ;

- sur le fondement décennal invoqué par la commune de Montpellier à titre principal :

. à titre liminaire, la demande de la condamnation de la " maîtrise d'œuvre " est irrecevable pour les quatre désordres retenus par la commune dès lors qu'elle ne distingue pas ses demandes selon les membres du groupement, lequel n'a pas d'existence légale ; il sera rappelé que la simple référence à l'existence d'une équipe de maîtrise d'œuvre ne créée aucune responsabilité collective des parties ;

. si la commune venait à préciser ses demandes, il sera rappelé que, même en présence d'un désordre de nature décennale, le maître d'ouvrage doit faire la démonstration du lien d'imputabilité entre la mission et le dommage allégué, afin d'établir l'imputabilité du dommage à la sphère d'intervention du locateur d'ouvrage ;

. concernant les autres locateurs dont la responsabilité décennale est recherchée par la maîtrise d'ouvrage et qui solliciteraient à titre subsidiaire à être relevés et garantis par l'un des concluants sur le fondement des principes dont s'inspirent l'ancien article 1382 du code civil, tenant l'absence de lien de droit entre ces derniers, cette demande sera rejetée à défaut de démonstration d'une faute délictuelle qui doit unir le dommage au fait générateur de responsabilité, à la lecture des conclusions expertales ;

- en ce qui concerne les désordres d'infiltrations :

. s'agissant des infiltrations relatives au mur végétal : ni l'expert judicaire, ni la commune de Montpellier ne retiennent une quelconque responsabilité à leur égard ;

. s'agissant des infiltrations relatives au décor sous cascade : la commune rappelle que les conclusions expertales affectent une part d'imputation du désordre à hauteur de 0 à 10% pour le maitre d'œuvre et entre 90 et 100% pour la société AAB Décors au titre d'un défaut prépondérant d'exécution et réclame leur condamnation selon les proportions précitées ; le lot cascade n°16 relevait de la maitrise d'œuvre réalisée par la société B Vu J ; ils seront ainsi mis hors de cause ; subsidiairement, la responsabilité des architectes ne saurait dépasser la répartition retenue par l'expert, soit de 0 à 10% de la somme de 15 000 euros et B Vu J et le société AAB seraient condamnées à les garantir ;

. s'agissant des infiltrations relatives au bassin des iguanes : ni l'expert judicaire, ni la commune de Montpellier ne retiennent une quelconque responsabilité à leur égard ; toutes demandes à leur encontre de la part de la commune ou des autres constructeurs seront rejetées ;

. s'agissant des infiltrations relatives au plafond de la zone quarantaine : l'expert précise que la responsabilité de la maîtrise d'œuvre est de l'ordre de 5 à 15% de la somme de 4 000 euros et une éventuelle condamnation ne saurait aller au-delà ; en cas de condamnation, la commune de Montpellier sera condamnée à la garantir de toute condamnation ;

- en ce qui concerne les désordres relatifs au gros-œuvre :

. s'agissant du crépi façade : l'expert retient au mieux 10% à la charge de la " maîtrise d'œuvre ", voire 0% et faisant reposer l'intégralité de l'origine de ce sinistre sur le maître de l'ouvrage ; à titre subsidiaire, sa responsabilité ne saurait aller au délai de 10% de la somme de 12 102,83 euros ;

. s'agissant de la fissuration auvent boutiques : ni l'expert judicaire, ni la commune de Montpellier ne retiennent une quelconque responsabilité à leur égard ; toutes demandes à leur encontre de la part de la commune ou des autres constructeurs seront rejetées ;

- en ce qui concerne les désordres relatifs au chauffage : ni l'expert judicaire, ni la commune de Montpellier ne retiennent une quelconque responsabilité à leur égard ;

- en ce qui concerne les désordres relatifs à l'électricité : ni l'expert judicaire, ni la commune de Montpellier ne retiennent une quelconque responsabilité à leur égard ;

- en ce qui concerne les désordres affectant les moteurs et les occultations en toiture : ni l'expert judicaire, ni la commune de Montpellier ne retiennent une quelconque responsabilité à leur égard ;

- en ce qui concerne le désordre relatif au filet de sécurité : ni l'expert judicaire, ni la commune de Montpellier ne retiennent une quelconque responsabilité à leur égard ;

- en ce qui concerne l'accessibilité pour les handicapés : le montant de 200 000 euros avancé par la commune n'est pas justifié, alors que l'expert le chiffre à 110 000 euros ;

. s'agissant du défaut de palier, ce désordre était apparent à la réception ; cet aspect de maîtrise d'œuvre était assuré par B Vu J ; le maitre d'ouvrage a refusé les modifications proposées par la maitrise d'œuvre ; sa responsabilité ne saurait dépasser 10 à 20% et en cas de condamnation, la commune de Montpellier et la société AAB Décors et B Vu J les garantiront de toutes condamnations ;

. s'agissant des pentes, il s'agit d'un pur défaut d'exécution ; ce défaut n'était pas apparent à la réception et a nécessité l'intervention d'un géomètre ; l'expert retient l'entière responsabilité d'AAB Décors ;

. s'agissant de la fissure : l'expert retient l'entière responsabilité de la société Dumez Sud ;

- sur le fondement contractuel :

- à titre principal, la demande de condamnation de la " maîtrise d'œuvre " est irrecevable, dès lors que le groupement n'a pas d'existence juridique ;

- à titre subsidiaire, leurs responsabilités contractuelles ne sauraient être engagées ;

. pour les demandes fondées sur des désordres apparents mais non réservés à la réception : en premier lieu, la réception de l'ouvrage a été prononcée le 29 mai 2007 pour la plupart des lots sans réserve, de sorte que la commune a renoncé par voie de réception à invoquer la responsabilité de droit commun des locateurs d'ouvrage, y compris celle des différents membres du groupement de maîtrise d'œuvre ; en second lieu, la commune a régulièrement réglé les honoraires de l'architecte et du BET Per Ingénierie, comme en témoigne le quitus de règlement définitif de la maitrise d'œuvre régularisé le 12 juin 2010 par le mandataire du groupement, sur proposition de la SERM, es-qualité de maitre d'ouvrage délégué ;

. pour les demandes fondées sur des désordres réservés à la réception mais non levés : la Commune a régulièrement réglé les honoraires de l'architecte et du BET Per Ingénierie comme en témoigne le quitus de règlement définitif de la maitrise d'œuvre régularisé le 12 juin 2010 par le mandataire du groupement, sur proposition de la SERM, es-qualité de maitre d'ouvrage délégué mettant fin aux relations contractuelles des locateurs d'ouvrage ;

. pour les demandes fondées sur des dommages intermédiaires : la réception sans réserve met fin aux rapports contractuels ;

. la commune ne prouve aucune faute de leur part ;

. l'expert évalue les travaux de reprise à hauteur de 489 683,48 euros et non 598 051,83 euros ; il est renvoyé aux développements supra et la synthèse conduit à une imputation de responsabilité des architectes entre 1,16% et 2,92% du montant des dommages, soit 2,04% en moyenne ; en tout état de cause, les autres constructeurs seront appelés en garantie ;

. la prise en charge des frais de maîtrise d'œuvre sera réduite à 48 968,34 euros, soit 10% du montant des travaux de reprise ; aucune somme ne sera mise à la charge du BET Per Ingénierie ; en ce qui concerne la somme les concernant, elle sera réduite à 1 000,51 euros ; en tout état de cause, les autres constructeurs seront appelés en garantie ;

. pour les autres demandes indemnitaires : les frais de laboratoires seront rejetés en ce qui les concerne dès lors qu'ils ne sont pas impliqués les désordres ayant conduits à ces frais ; en tout état de cause, les sociétés Debailles, Spie et Amec Spie seront condamnés à les garantir ;

. pour les frais d'expertise judiciaire : le BET Per Ingénierie n'a aucune part de responsabilité ; par ailleurs, l'imputabilité des architectes étant limitée à 2,04%, la somme au titre des frais d'expertise sera limitée à 714,72 euros ;

. pour la surconsommation d'eau : à titre subsidiaire, l'imputabilité de ces désordres les concernant est comprise entre 0,15% et 1,67%, soit en moyenne 0,91% en ce qui concerne les architectes ; le montant de ce préjudice sera réduit à 35 000 euros ;

. pour la perte d'exploitation pendant les travaux de reprise : à titre subsidiaire, l'imputabilité de ce désordre ne saurait excéder 2,04% pour les architectes, soit 720,20 euros maximum ; les autres constructeurs seront condamnés à les garantir ;

. pour les contraintes zootechniques : aucune pièce ni aucun document ne permet de démontrer l'impossibilité d'héberger les animaux pendant la durée des travaux qui est de 3,5 semaines, délai maximum de gêne à l'exploitation retenu par l'expert ; la commune ne saurait sérieusement faire supporter aux locateurs d'ouvrage la construction d'un bâtiment de plus d'un million d'euros dans le but d'y loger les animaux pendant les travaux de reprise dont la durée est inférieure à un mois ; l'expert a limité ce préjudice à 2 625 euros ; à titre subsidiaire, compte tenu de l'imputabilité de 2,04% des architectes, la somme les concernant sera réduite à 53,55 euros ; à titre très subsidiaire, les autres constructeurs seront condamnés à les garantir ;

. pour la reprise du désordre relatif à la cascade : ce désordre, qui n'était pas en débat, est, en tout état de cause, de l'entière responsabilité de la société AAB Décors ; les appels en garantie dirigés à leur encontre seront rejetés, dès lors qu'ils n'ont commis aucune faute ; à titre subsidiaire, la société AAB Décors et B Vu J seront condamnés à les garantir ;

- qu'ils soient formulés dans le cadre de la responsabilité décennale ou contractuelle, les appels en garantie dirigés à son encontre seront rejetés, en l'absence de faute de leur part.

J des mémoires en défense enregistrés le 14 janvier 2021 et le 11 avril 2022, la société Greenwall, représentée par la Selarl MBA et Associés, conclut :

- à titre principal, au rejet des conclusions de la commune dirigées à son encontre et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la commune de Montpellier au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

- à titre subsidiaire, au rejet de la demande de condamnation in solidum présentée par la commune, à ce que la société Dumez et Messieurs F et H soient condamnés à la garantir de toute condamnation et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la société Dumez au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle était en charge du lot 20 " mur végétal " ; il a été réceptionné sans réserve le 29 mai 2007 ;

- des infiltrations sont apparues ;

- la requête est irrecevable eu égard à l'autorité de chose jugée du désistement d'office, confirmé par la cour administrative d'appel de Marseille du 20 janvier 2020 ; il s'agit d'un désistement d'action et non d'instance ;

- la prescription décennale est acquise ;

- elle ne saurait être condamnée in solidum avec les autres constructeurs pour l'ensemble des dommages ; elle n'est impliquée que dans le désordre relatif aux infiltrations au travers du mur béton support du mur végétal ;

- les infiltrations au niveau du mur béton étaient apparentes à la réception mais aucune réserve n'a été faite au titre du lot n°20 ; sa responsabilité décennale et contractuelle ne saurait être retenue ;

- il n'existe pas de lien entre ses prestations et celles réalisées par la société Dumez pour la construction du mur support au mur végétal ; l'expert ne lui reproche pas de ne pas avoir mis de film d'étanchéité ;

- à titre subsidiaire, la société Dumez sera condamnée à la garantir de toute condamnation ;

- les infiltrations au travers du mur béton support du mur végétal ne sont pas à l'origine des préjudices de la commune au titre du préjudice de jouissance, de perte d'exploitation, de frais de laboratoires, de surconsommations d'eau ou de contraintes zootechniques .

J un mémoire en intervention enregistré le 27 avril 2021 et le 2 mai 2023, la société Swisslife Assurances de Biens, assureur de la société JC Debailles en liquidation, représentée par la SCP Raffin, conclut :

- à titre principal, au rejet de la requête ;

- en toute hypothèse, au rejet des demandes de la commune de Montpellier et au rejet des appels en garantie dirigées à l'encontre de la société JC Debailles ;

- à titre subsidiaire, au rejet des prétentions de la commune de Montpellier au titre de la taxe sur la valeur ajoutée, au rejet des demandes indemnitaires de la commune, au rejet des demandes de condamnation in solidum de la part de la commune ou des autres constructeurs au titre des préjudices matériels et immatériels ;

- en cas de condamnation, à ce que les limites de garanties opposables au tiers soient appliquées et elles viendront en déduction de toute somme qui serait mise à sa charge et à ce que la société F et H, la société Autec, Monsieur I A B

" Vu J ", la société Betso, la société Per Ingénierie, la société Dumez, la société Greenwall, la société Atelier Artistique de Béton, la société Spie et Spie Industrie tertiaire (anciennement Amec Spie) et la société Somiteg soient condamnées in solidum à la garantir de toutes condamnations en principal, intérêts et frais ;

- en tout état de cause, à ce que la somme de 8 000 euros soit mise à la charge in solidum de la commune de Montpellier et des autres succombants, au titre de l'article L. 761-1 code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la société JC Debailles était titulaire du lot n°5 " menuiseries extérieures, murs rideaux, parois vitrées, protection solaire " ;

- son intervention volontaire est recevable, la société JC Debailles a fait l'objet d'un jugement de liquidation prononcée par le tribunal de commerce le 24 août 2018 ; elle est assignée en parallèle par la commune de Montpellier devant le tribunal d'instance de Montpellier en sa qualité d'assureur de la société JC Debailles ;

- à titre principal, la requête est irrecevable pour défaut d'autorisation d'ester en justice ;

- toute demande de condamnation à l'encontre de la société JC Debailles est irrecevable du fait de son placement en liquidation judiciaire le 24 août 2018 ; la commune de Montpellier ne justifie d'aucune déclaration de créance ;

- la requête est irrecevable compte tenu de l'autorité de chose jugée de l'ordonnance de désistement d'office du 3 juin 2019, confirmée par la cour administrative d'appel de Marseille le 20 janvier 2020 ;

- la requête est irrecevable pour forclusion décennale ; la suspension prévue à l'article 2239 du code civil ne s'applique pas aux délais de forclusion ;

- à titre subsidiaire, la responsabilité de la société JC Debailles ne saurait être engagée sur le fondement décennal en l'absence de désordre rendant impropre à sa destination l'ouvrage dans son ensemble dès lors que les moteurs d'ouverture des rideaux et des châssis sont des éléments dissociables des éléments structurels ; par ailleurs, subsidiairement, les désordres ne sont pas imputables à la société JC Debailles ;

- à titre plus subsidiaire : seul un concours de fautes à l'origine d'un même dommage pourrait justifier une condamnation in solidum ;

- la condamnation éventuelle sera limitée à une somme hors taxes ;

- la demande de remplacement généralisé des stores et moteurs de fermeture sera rejetée dès lors que le préjudice est seulement éventuel ; seul le remplacement de six stores pour un montant de 19 575,60 euros HT pourrait être ordonné ; s'agissant des moteurs des ouvrants, il n'est nécessaire de remplacer que les moteurs présentant un défaut de conception, soit une somme totale de 28 440,02 euros HT ;

- les demandes de la commune au titre de ses préjudices immatériels seront rejetées ; seront exclues a minima les sommes entre le dépôt du rapport d'expertise et le dépôt de sa requête en 2015, soit deux ans et demi ; la société JC Debailles n'est nullement intervenue sur des missions susceptibles de générer une surconsommation d'eau ; l'expert précise expressément que les missions confiées à JC Debailles ne sont pas susceptibles de générer une perte d'exploitation ;

- concernant les frais liés à la création d'une extension : la somme demandée de 1 003 000 euros est injustifiée ; par ailleurs, dès lors que les missions confiées à JC Debailles ne sont pas susceptibles de générer une perte d'exploitation, celle-ci ne saurait supporter les frais de l'édification de ce bâtiment ; l'expert limite ce préjudice à 2 625 euros ;

- le contrat d'assurance souscrit par la société JC Debaillles auprès de la société Swisslife Assurances de Biens prévoit un plafond de garantie de 84 000 € ainsi qu'une franchise au titre des dommages immatériels, opposables aux tiers s'agissant d'une garantie facultative (art. 5.25 des Conditions particulières) ;

- en cas de condamnation, la société F et H, la société Autec, Monsieur I A B " E par ", la société Betso, la société Per Ingénierie, la société Dumez, la société Greenwall, la société Atelier Artistique de Béton, la société Spie et Spie Industrie tertiaire (anciennement Amec Spie) et la société Somiteg seront condamnées in solidum à la garantir de toutes condamnations en principal, intérêts et frais.

J un mémoire en défense enregistré le 18 juillet 2022, la société Vu J, représentée par la Scp Cornet Vincent Ségurel, conclut :

- à titre principal, au rejet des conclusions de la commune dirigées à son encontre pour irrecevabilité ;

- à titre subsidiaire, au rejet des conclusions de la commune dirigées à son encontre et à ce que M. F et M. H soient condamnés à la garantir intégralement de toutes condamnations éventuelles ;

- en tout état de cause, à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la commune de Montpellier au titre de l'article L. 761-1 code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle est une agence de communication par le design, alors partie au groupement de maîtrise d'œuvre en qualité de scénographe et non pour la conception même des ouvrages et dans le suivi du chantier ;

- la requête est irrecevable compte tenu de l'autorité de chose jugée qui s'attache à l'ordonnance de désistement d'office du 3 juin 2019 ;

- la requête est irrecevable compte tenu de la forclusion de l'action de garantie décennale ;

- au fond, n'ayant participé ni à la conception ni à la construction de la serre tropicale, elle ne saurait être tenue responsable d'un quelconque désordre ;

- en tout état de cause, aucun de ces fondements ne saurait engager sa responsabilité ; elle a assuré la fonction de scénographe sur le projet de la serre amazonienne ; par avenant du 24 janvier 2007, soit avant la réalisation des travaux, a été précisé que le scénographe n'intervient plus dans les phases VISA, DET et AOR, qui sont dévolues aux architectes H et F ; elle n'est intervenue que dans les phases Esquisse et Pro ; le pôle scénographe n'est pas responsable de l'enveloppe architecturale, de la structure du bâtiment, de la volière et de la grotte, de l'aménagement de la toiture, de l'aménagement extérieur, des locaux annexes, de la circulation technique sous toiture et de la paroi interne verticale ; l'expert confirme par ailleurs son absence de responsabilité ; dès lors ni sa responsabilité décennale, ni sa responsabilité contractuelle ne sauraient être engagées ;

- elle sera, à titre subsidiaire, garantie par M. F et M. H d'éventuelles condamnations prononcées à son encontre.

La clôture de l'instruction est intervenue le 12 mai 2023 à 8 heures.

Un mémoire présenté pour la société Spie Building Solutions a été enregistré le 12 mai 2023 à 9h47.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- l'ordonnance du 4 avril 2013, par laquelle le président du tribunal a taxé les frais de l'expertise.

Vu :

- le code civil ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D ;

- les conclusions de M. Lauranson, rapporteur public ;

- les observations de Me Martinez, représentant la commune de Montpellier ;

- les observations de Me De Aranjo représentant M. F, M. H et la société PER Ingénierie ;

- les observations de Me Danet, représentant la SAS Betso, la SAS Autec et la SAS Somiteg ;

- les observations de Me Rigeade, représentant la SAS Ateliers Artistiques Béton ;

- et les observations de Me De la Marque, représentant la société Spie Industrie, devenue Spie Building Solutions.

Considérant ce qui suit :

1. J une délibération du 27 novembre 2003, le conseil municipal de Montpellier a décidé de construire une serre amazonienne dans le zoo du Lunaret. Une mission d'assistance à maîtrise d'ouvrage a été confiée à la société d'équipement de la région montpelliéraine (SERM). La maîtrise d'œuvre a été confiée par acte d'engagement du 3 août 2004 au groupement conjoint composé de M. C F et M. G H (architectes et mandataires solidaires du groupement), M. I A (B E J, scénographe), la Sarl Per Ingénierie (BET Structures), la SAS Betso (BET fluides) et la SAS Autec. La mission de contrôle technique a été confiée à la société Cete Apave par acte d'engagement du 19 mai 2004. Les travaux de construction étaient quant à eux allotis en 20 lots et ont été attribués entre 2005 et 2006. La société Dumez Sud s'est vue confier le lot n°2 " terrassement et gros œuvre ", la société JC Debailles le lot n°5

" menuiseries extérieures, murs rideaux, parois vitrées, protection solaire ", la société Somiteg le lot n°12 " électricité, courants forts et faibles ", la société Amec Spie Sud Ouest le lot n°13 " génie climatique, plomberie, sanitaire et traitement d'eaux ", la société Ateliers Artistiques du Béton (AAB) le lot n°16 " décors, paysages, filets, bassins et terrarium " et la société Greenwall le lot n°20 " mur végétal ". La réception de l'ouvrage a été prononcée le 29 mai 2007 et l'ensemble des réserves a été levé au cours des mois d'octobre à décembre 2007. La serre amazonienne représente 2 600 m² d'emprise au sol, 14,5 m de hauteur, 300 m² de chemin visiteur et contient sept zones climatiques en regroupant plus de 500 animaux et 3 500 végétaux. Des désordres sont apparus peu après la réception et, à la demande de la commune de Montpellier, le Tribunal a ordonné, le 15 novembre 2010, la réalisation d'une expertise. Le rapport de l'expert a été déposé le 15 mars 2013. J une requête n°1501956 enregistrée le 3 avril 2015, la commune de Montpellier a demandé l'indemnisation de ses préjudices, à titre principal, sur le fondement de la garantie décennale et, à titre subsidiaire, sur le fondement de la responsabilité contractuelle. J une ordonnance du 3 juin 2019 du Tribunal, confirmée le 20 janvier 2020 par la cour administrative d'appel de Marseille, il a été donné acte du désistement d'instance de la commune de Montpellier en l'absence de production du mémoire récapitulatif sollicité sur le fondement de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative. J cette même ordonnance, les frais d'expertise ont été mis à la charge de la commune de Montpellier. J cette nouvelle requête, la commune de Montpellier demande à nouveau l'indemnisation des désordres affectant la serre amazonienne pour un montant de 1 817 230,07 euros et sollicite la condamnation, à titre principal, des constructeurs sur le fondement de la garantie décennale et, à titre subsidiaire, des membres du groupement de la maîtrise d'œuvre sur le fondement de responsabilité contractuelle.

Sur l'intervention de la société Swisslife :

2. Une intervention ne peut être admise que si son auteur s'associe soit aux conclusions de l'appelant, soit à celles du défendeur.

3. Dans les litiges de plein contentieux, sont seules recevables à former une intervention les personnes qui peuvent se prévaloir d'un droit auquel la décision à rendre est susceptible de préjudicier. L'assureur d'un constructeur dont la responsabilité décennale est recherchée ne peut être regardé comme pouvant, dans le cadre d'un litige relatif à l'engagement de cette responsabilité, se prévaloir d'un droit de cette nature.

4. D'une part, en l'absence de mémoire produit par la société JC Debailles, pris en la personne de son liquidateur judiciaire, Me Vincent Aussel, à qui la requête a été communiquée, l'intervention de la société Swisslife n'est pas recevable. D'autre part, la société Swisslife, en sa qualité d'assureur de la société JC Debailles dont la responsabilité est recherchée sur le fondement de la garantie décennale ne peut se prévaloir d'un droit auquel la présente décision est susceptible de préjudicier.

5. Il résulte de ce qui précède que l'intervention de la société Swisslife n'est pas admise.

Sur la fin de non-recevoir opposée par M. F, M. H et Per Ingénierie :

6. L'article L. 2122-22 du code général des collectivités territoriales énonce que : " Le maire peut, en outre, par délégation du conseil municipal, être chargé, en tout ou partie, et pour la durée de son mandat : () 16° d'intenter au nom de la commune les actions en justice ou de défendre la commune dans les actions intentées contre elle, dans les cas définis par le conseil municipal ". Aux termes de l'article L. 2132-1 du code général des collectivités territoriales : " Sous réserve des dispositions du 16° de l'article L. 2122-22, le conseil municipal délibère sur les actions à intenter au nom de la commune ". L'article L. 2132-2 de ce code dispose que : " Le maire, en vertu de la délibération du conseil municipal, représente la commune en justice ". Il résulte de ces dispositions que le conseil municipal peut légalement donner au maire une délégation générale pour ester en justice au nom de la commune pendant la durée de son mandat. Lorsqu'une partie est une personne morale, il appartient à la juridiction administrative saisie, qui en a toujours la faculté, de s'assurer, le cas échéant, que le représentant de cette personne morale justifie de sa qualité pour agir au nom de cette partie. Tel est le cas lorsque cette qualité est contestée sérieusement par l'autre partie ou qu'au premier examen, l'absence de qualité du représentant de la personne morale semble ressortir des pièces du dossier.

7. Il résulte de l'instruction que, par délibération n° V2020-005 du 4 juillet 2020 régulièrement publiée au recueil des actes administratifs et transmise en préfecture le 10 juillet suivant, le conseil municipal de la commune de Montpellier a délégué au maire, pour la durée de son mandat, au point 15° de cette délibération le pouvoir " d'intenter au nom de la commune des actions en justice ou de défendre la commune dans les actions introduites contre elle " notamment en matière de travaux public et de droit de la construction. J suite, la fin de non-recevoir tirée du défaut d'habilitation de l'exécutif de la commune ne peut qu'être écartée.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne l'exception relative à l'autorité de chose jugée :

8. En principe un désistement a le caractère d'un désistement d'instance. Il n'en va autrement que si le caractère de désistement d'action résulte sans aucune ambiguïté des écritures du requérant. J voie de conséquence, lorsque le dispositif de la décision de justice qui donne acte d'un désistement ne comporte aucune précision sur la nature du désistement dont il est donné acte, ce désistement doit être regardé comme un désistement d'instance.

9. Il résulte de l'instruction que, par l'ordonnance du 3 juin 2019, ainsi qu'il est dit à l'article 1er de son dispositif, le tribunal a seulement constaté le désistement d'instance de la commune de Montpellier et non un désistement d'action comme il est soutenu en défense. J suite, l'ordonnance du 3 juin 2019 n'était pas revêtue de l'autorité de la chose jugée et n'était pas de nature à s'opposer à ce que la commune de Montpellier introduise une requête identique à celle enregistrée en 2015.

En ce qui concerne le fondement de la garantie décennale soulevée à titre principal :

10. Il résulte des principes qui régissent la garantie décennale des constructeurs que des désordres apparus dans le délai d'épreuve de dix ans, de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination dans un délai prévisible, engagent leur responsabilité, même s'ils ne se sont pas révélés dans toute leur étendue avant l'expiration du délai de dix ans. La responsabilité décennale du constructeur peut être recherchée pour des dommages survenus sur des éléments d'équipement dissociables de l'ouvrage s'ils rendent celui-ci impropre à sa destination. La circonstance que les désordres affectant un élément d'équipement fassent obstacle au fonctionnement normal de cet élément n'est pas de nature à engager la responsabilité décennale du constructeur si ces désordres ne rendent pas l'ouvrage lui-même impropre à sa destination.

S'agissant de l'exception de prescription :

11. Aux termes de l'article 2241 du code civil : " La demande en justice, même en référé, interrompt le délai de prescription ainsi que le délai de forclusion ". Aux termes de l'article 2242 du même code : " L'interruption résultant de la demande en justice produit ses effets jusqu'à l'extinction de l'instance ". Aux termes de l'article 2239 de ce code : " La prescription est également suspendue lorsque le juge fait droit à une demande de mesure d'instruction présentée avant tout procès. / Le délai de prescription recommence à courir, pour une durée qui ne peut être inférieure à six mois, à compter du jour où la mesure a été exécutée ". En vertu de ces dispositions, applicables à la responsabilité décennale des architectes et des entrepreneurs à l'égard des maîtres d'ouvrages publics, la demande adressée à un juge de diligenter une expertise interrompt le délai de prescription jusqu'à l'extinction de l'instance et, lorsque le juge fait droit à cette demande, le même délai est suspendu jusqu'à la remise par l'expert de son rapport au juge. J ailleurs, pour les désordres qui y sont expressément visés, une action en justice n'interrompt la prescription qu'à la condition d'émaner de celui qui a qualité pour exercer le droit menacé par la prescription et de viser celui-là même qui en bénéficierait.

12. Il résulte de l'instruction que la réception de l'ouvrage a eu lieu le 29 mai 2007 et que les dernières réserves ont été levées en décembre 2007. Le délai de prescription a ainsi commencé à courir au plus tôt le 29 mai 2007. Or, l'ordonnance du 15 novembre 2010 par laquelle le tribunal administratif a ordonné la réalisation d'une expertise a eu pour effet d'interrompre le délai de prescription de dix ans de la garantie décennale et l'a suspendu jusqu'au 15 mars 2013, date de dépôt du rapport d'expertise. J ailleurs, si la société GreenWall soutient que la prescription lui serait acquise dès lors qu'elle n'était pas citée dans l'ordonnance du 15 novembre 2010, il résulte toutefois de l'instruction que, par une ordonnance n°1200969 du 10 avril 2012, celle-ci a bien été mise en cause et l'article 1er de cette ordonnance fixe que l'expertise est déclarée commune et contradictoire à la SAS GreenWall, si bien que celle-ci doit être regardée comme étant visée par la demande d'expertise initiée par la commune de Montpellier. Enfin, il est constant que la présente requête, enregistrée le 6 août 2020, a bien été présentée dans le délai de dix ans à compter du dépôt du rapport d'expertise. J suite, l'exception de prescription, opposée par les défendeurs, doit être écartée.

S'agissant du désordre relatif au mur végétal :

13. La commune de Montpellier demande l'indemnisation des désordres relatifs au mur végétal situé à l'extérieur du bâtiment provoquant des infiltrations d'eau à l'intérieur de la serre amazonienne en raison d'un défaut d'étanchéité du mur béton servant de support lié à l'arrosage des plantes composant ce mur végétal. Toutefois, il résulte de l'instruction, d'une part, que ces infiltrations étaient apparentes à la réception pour avoir été mentionnées comme réserve dans le procès-verbal de réception du lot n°2 " Gros œuvre " dont était titulaire la société Dumez, ainsi que le relève l'expert et que l'opposent les sociétés GreenWall et Dumez. Il ne résulte par ailleurs pas de l'instruction que les infiltrations dont la commune demande réparation dans la présente instance seraient d'une nature différente que celles constatées par l'expert ou qu'elles n'avaient pas produit toutes leurs conséquences dès le 11 décembre 2007, date de la levée des réserves, alors que la société GreenWall soutient que les infiltrations d'eau n'ont jamais cessé. Ensuite, la circonstance qu'aucune réserve n'ait été mentionnée lors de la réception du lot n°20 " mur végétal " dont était titulaire la société GreenWall est sans influence sur le caractère apparent de ce désordre. D'autre part, il résulte de l'instruction que le mur végétal en litige, situé à l'extérieur du bâtiment au niveau de l'entrée de l'ouvrage, qui ne contribue aucunement au fonctionnement de la serre amazonienne ou à son utilisation, ne possède qu'un caractère esthétique pour l'accueil des visiteurs. J ailleurs, l'arrêt de l'irrigation de ce mur végétal a permis de stopper les infiltrations d'eau constatées à l'intérieur du bâtiment. Ce mur végétal doit ainsi être considéré comme un équipement dissociable de l'ouvrage, dont le dysfonctionnement, et même le dépérissement dû à l'arrêt de l'arrosage, ne rend pas impropre à sa destination la serre amazonienne et n'affecte pas sa solidité. J suite, la commune de Montpellier n'est pas fondée à engager la responsabilité des constructeurs sur le fondement de la garantie décennale pour obtenir l'indemnisation des travaux de reprise du désordre affectant le mur végétal.

S'agissant des infiltrations de la cascade et du bassin des iguanes :

14. Il résulte de l'instruction, et en particulier du rapport d'expertise, que les désordres à raison d'infiltrations d'eau touchant la cascade et les bassins étaient apparents à la réception, pour avoir fait l'objet de réserves qui ont par la suite été levées, ainsi que l'oppose la société AAB Décors et il ne résulte pas de l'instruction que toute leur ampleur n'aurait pas été révélée dès cette période. J suite, la commune de Montpellier n'est pas fondée à demander la condamnation des constructeurs sur le fondement de la garantie décennale.

S'agissant des infiltrations aux droits des plafonds de la zone de quarantaine et du crépi de façade :

15. D'une part, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que les infiltrations affectant le plafond du local de quarantaine résultent de l'absence d'étanchéité du sol et des parois de la galerie de circulation et qu'il s'agit d'un défaut de conception de la part des architectes et de choix de la maîtrise d'ouvrage, avec une imputabilité respective de responsabilité allant de 5 à 15% et de 85% à 95%, pour un coût de reprise de ce désordre que l'expert estime à 4 000 euros. Dès lors que l'acte d'engagement de maîtrise d'œuvre, et son avenant, prévoient expressément une répartition détaillée des missions attribuées aux différents membres du groupement de maîtrise d'œuvre, la commune de Montpellier n'est pas fondée à demander la condamnation in solidum de l'ensemble des membres du groupement de maîtrise d'œuvre, mais seulement des architectes F et H chargés de la conception du bâtiment, ainsi que le retient l'expert. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de retenir un partage de responsabilité de 10% à la charge de M. F et M. H et de 90% à la charge de la commune de Montpellier. En conséquence, la commune de Montpellier est fondée à demander la condamnation in solidum de M. F et M. H à lui verser la somme de 400 euros TTC.

16. D'autre part, il résulte de l'instruction que l'expert relève que les décollements du crépi en façade sont la conséquence du défaut d'étanchéité du plafond de la zone quarantaine et estime la reprise des désordres à 12 102,83 euros TTC. Compte tenu de ce qui a été dit au point précédent et du partage de responsabilité 10% - 90% respectivement entre les architectes et la commune de Montpellier, cette dernière est fondée à demander la condamnation in solidum de

M. F et M. H à lui verser la somme de 1 210,28 euros TTC.

17. Il résulte de ce qui précède que les conclusions d'appel en garantie présentées par M. F et M. H à l'encontre de la commune de Montpellier doivent nécessairement être rejetées.

S'agissant de la fissuration de l'auvent des boutiques :

18. Il résulte de l'instruction, ainsi que l'oppose la société Dumez, que la fissuration sur l'auvent béton a un caractère seulement esthétique et n'est pas liée à un défaut structurel. J suite, ce désordre n'est pas de nature décennale et ne permet ainsi pas d'engager la responsabilité des constructeurs sur ce fondement de responsabilité.

S'agissant du chauffage défectueux :

19. Il résulte de l'instruction que le bureau d'étude du groupement de maîtrise d'œuvre a, en phase de conception, initialement prévu un chauffage des vivariums avec un débit de balayage de 45 000 m3 à l'heure pour le brassage de l'air chaud mais que les services techniques de la commune ont demandé de réduire ce débit a seulement 15 000 m3 à l'heure dans un souci d'économie d'énergie et il résulte du rapport d'expertise que cette diminution est à l'origine du désordre affectant le chauffage des vivariums, à savoir une stratification importante de la température ne permettant pas de respecter les valeurs requises pour le maintien en vie de certains animaux. J ailleurs, il résulte de l'instruction que la commune de Montpellier a reçu des observations écrites du bureau d'étude l'alertant sur les risques engendrés par cette diminution de débit sans qu'elle ne modifie sa position. Si l'expert propose de retenir une part de responsabilité de la société Amec Spie (devenue Spie Building Solutions en dernier lieu) entre 0 et 10% pour manquement à son devoir de conseil, il résulte toutefois de l'instruction que celle-ci a appliqué le cahier des charges tel que voulu par la commune de Montpellier sur avis contraire de la maîtrise d'œuvre, et il ne résulte pas de l'instruction que cette société aurait été informée de cette modification en phase de conception ou qu'elle bénéficierait d'une compétence particulière dans le chauffage de vivariums pour les animaux tropicaux qui lui auraient permis de déceler que le débit d'air de 15 000 m3 à l'heure proposé était insuffisant. J suite, le désordre en litige est entièrement imputable à la commune de Montpellier, laquelle n'est dès lors pas fondée à demander la condamnation des constructeurs sur le fondement de la garantie décennale.

S'agissant des non-conformités électriques :

20. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise, que les installations électriques initiales étaient conformes et que les non-conformités relevées par le bureau de contrôle Apave portent seulement sur des modifications réalisées après la réception ou sont la conséquence d'un défaut d'entretien par la commune. J ailleurs, il ressort des termes mêmes du rapport d'expertise que l'expert n'attribue pas à la société Somiteg l'origine de ces désordres mais à " ENT " pour 70% à 90% de part de responsabilité, laquelle est une entreprise non identifiée et à la commune de Montpellier pour les 10% à 30% restants. Ensuite, la commune de Montpellier n'indique pas le nom de l'entreprise qui serait intervenue sur le réseau électrique, notamment pour installer un groupe électrogène. Dans ces conditions, ainsi qu'elle l'oppose, il résulte de l'instruction que la société Somiteg n'est pas à l'origine des désordres du réseau électrique et elle ne saurait être considérée comme constructeur au sens de la garantie décennale à l'origine de ces non-conformités. J suite, la commune de Montpellier n'est pas fondée à demander la condamnation des constructeurs sur le fondement de la garantie décennale.

S'agissant des ouvrants et des occultations :

21. Il résulte de l'instruction que les rideaux et les ouvrants en toiture servant à la régulation thermique de la serre se sont avérés non manœuvrables en raison de la défectuosité du matériel et en particulier des moteurs atteints d'un vice de conception du bloc d'alimentation. Il résulte plus particulièrement du rapport d'expertise électronique de LCIE que les moteurs et contacteurs relais sont associés dans un même montage et que les essais des différents composants ont mis en évidence une défaillance du seul relais de sécurité du bloc d'alimentation du moteur qui se met en position de sécurité. J ailleurs, il résulte de l'instruction, et en particulier d'un devis annexé au rapport d'expertise, que ce relais défectueux est remplaçable par un autre modèle répondant aux contraintes d'installation pour un montant unitaire de 62 euros HT. Il résulte ensuite de l'instruction que la société Debailles a fourni les moteurs des ouvrants et des rideaux, mais que la société Spie Sud-Ouest, qui n'est intervenue que pour le branchement des seuls moteurs des ouvrants, et non sur les rideaux, ne saurait ainsi être considérée comme constructeur ayant participé à ce dernier désordre. J suite, la commune de Montpellier est fondée à demander la condamnation de la société JC Debailles pour la reprise des désordres affectant les rideaux et la condamnation in solidum de la société JC Debailles et de la société Spie Building Solutions en ce qui concerne les désordres touchant les ouvrants.

Quant aux rideaux d'occultation :

22. Ainsi qu'il a été dit au point précédent, il résulte de l'instruction que, contrairement à ce qu'a retenu l'expert, il n'est pas nécessaire de procéder au remplacement complet des rideaux, mais seulement au changement du relais de sécurité défectueux dans le bloc d'alimentation des vingt-et-un moteurs des rideaux, au tarif unitaire de 62 euros HT. J suite, la société JC Debailles est condamnée à verser la somme de 1 302 euros HT, soit 1 562,40 euros TTC à la commune de Montpellier en réparation du désordre affectant les vingt-et-un rideaux.

Quant aux ouvrants en toiture :

23. D'une part, il résulte de l'instruction qu'il est nécessaire de procéder au remplacement de la totalité des relais de sécurité des soixante-deux moteurs des ouvrants, pour la somme globale de 3 844 euros HT, dès lors qu'ils seront à terme tous défaillants. J suite, les sociétés JC Debailles et Spie Building Solutions sont condamnées à verser la somme de 3 844 euros HT, soit 4 612,80 euros TTC au titre de la réparation des moteurs des ouvrants.

24. D'autre part, il résulte de l'instruction que l'expert estime nécessaire de déplacer les contacteurs relais associés aux moteurs des ouvrants en dehors de la zone chaude et humide dans un local sec et qu'il chiffre le coût de ce déplacement à 47 500 euros. Dans ces conditions, la commune de Montpellier est fondée à demander la condamnation in solidum des sociétés JC Debailles et Spie à lui verser la somme de 47 500 euros. Toutefois, la société Spie, qui s'est bornée à procéder au branchement électrique sans fournir le matériel ni choisir l'emplacement de son installation, est fondée à demander à ce que la société JC Debailles soit condamnée à la garantir intégralement sur cette somme de 47 500 euros et sur la somme susmentionnée au point 23 de 4 612,80 euros TTC.

S'agissant de l'accessibilité des personnes à mobilité réduite :

25. Il résulte de l'instruction que l'expert a relevé que le cheminement piétonnier des visiteurs à l'intérieur de la serre amazonienne présentait des pentes supérieures à 4% sans qu'il n'existe toutefois de palier de repos tous les dix mètres comme l'exige en pareil cas la réglementation en vigueur. Si les architectes F et H font valoir que l'absence de palier était visible dès la réception, il résulte toutefois de l'instruction que la mesure de la déclivité des trois cents mètres de cheminement a nécessité de faire appel à un géomètre expert de sorte que ce désordre ne pouvait ainsi être raisonnablement regardé comme apparent lors de la réception. J ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction que l'avis de la commission départementale d'accessibilité ait été rendu avant la réception de ce lot. En conséquence, dès lors que les paliers ne sont nécessaires qu'en cas d'inclinaison supérieure ou égale à 4%, leurs absences ne pouvaient pas non plus être considérées comme apparentes lors des opérations de réception. Il a, ensuite, été relevé une fissure sur le cheminement créant un ressaut de 3 cm, au lieu de 2 cm, dû à un affaissement du remblai. Il résulte, par ailleurs, de l'instruction que la commune de Montpellier, qui demande la condamnation in solidum des sociétés AAB et Dumez ayant réalisé les travaux en cause, doit aussi être regardée comme demandant la condamnation de la société Vu J, en charge de la réalisation de la scénographie dans le groupement de maîtrise d'œuvre, ainsi que l'a retenu l'expert. Ensuite, l'expert chiffre le montant des travaux de reprise à la somme de 110 000 euros TTC. Enfin, ainsi qu'il a été dit au point 15, dès lors que les missions de maîtrise d'œuvre ont été précisément réparties par le groupement, la commune ne peut demander la condamnation in solidum de l'ensemble des membres du groupement. Dans ces conditions, la commune de Montpellier est fondée à demander la condamnation in solidum des constructeurs ayant participé aux travaux à l'origine du désordre affectant le cheminement piéton, à savoir la société Vu J., la société Dumez et la société AAB à lui verser la somme de 77 000 euros TTC seulement, compte tenu d'une part de responsabilité à hauteur de 30% qu'elle s'attribue elle-même.

26. Il résulte de l'instruction que l'expert attribue l'origine essentielle de ce désordre à un défaut de conception voulu par le scénographe et accepté par la maîtrise d'ouvrage. Si la commune de Montpellier a refusé la solution, envisagée en 2009 après réception, destinée à reprendre ce désordre, cette circonstance ne saurait augmenter sa part d'imputabilité dans l'origine du désordre. L'expert attribue ensuite l'imputabilité des désordres localisés des pentes à un défaut d'exécution de la part de la société AAB et n'attribue une part de responsabilité à la société Dumez qu'à raison d'une fissure avec ressaut, dont les conséquences sont particulièrement limitées. Dans ces conditions, il y a lieu d'attribuer une part de responsabilité à hauteur de 30% à la commune de Montpellier, de 40% à la société Vu J, une part de responsabilité de 25% à la charge de la société AAB et une part de 5% à la charge de la société Dumez.

27. Dans ces conditions, en l'absence de condamnation des architectes F et H, la demande d'appel en garantie de la société Dumez ne peut qu'être rejetée. En revanche, la société Dumez est fondée à demander la condamnation de la société AAB à la garantir à hauteur de 93% de la somme de 77 000 euros, soit 71 610 euros TTC.

28. Ensuite, eu égard au partage de responsabilité indiquée au point 26, la société AAB Décors est fondée à demander la condamnation de la société Dumez à la garantir à hauteur de 7% de la somme de 77 000 euros, soit 5 390 euros TTC.

29. Enfin, en l'absence de condamnation de M. F et M. H, les conclusions d'appels en garantie présentées par la société Vu J doivent être rejetées.

S'agissant de la taxe sur la valeur ajoutée et de l'actualisation selon l'indice BT01 :

30. Il résulte des dispositions de l'article 256 B du code général des impôts que les collectivités territoriales ne sont pas assujetties à la taxe sur la valeur ajoutée pour l'activité de leurs services administratifs. Si, en vertu des dispositions de l'article L. 1615-1 du code général des collectivités territoriales, le fonds de compensation pour la taxe sur la valeur ajoutée vise à compenser la taxe sur la valeur ajoutée acquittée par les collectivités territoriales notamment sur leurs dépenses d'investissement, il ne modifie pas le régime fiscal des opérations de ces collectivités. Ainsi, ces dernières dispositions ne font pas obstacle à ce que la taxe sur la valeur ajoutée grevant les travaux de réfection d'un immeuble soit incluse dans le montant de l'indemnité due par les constructeurs à une collectivité territoriale, maître d'ouvrage, alors même que celle-ci peut bénéficier de sommes issues de ce fonds pour cette catégorie de dépenses.

31. Il résulte de ce qui précède que la commune de Montpellier est fondée à demander la condamnation des constructeurs désignés ci-avant, à la somme totale de 132 285,48 euros TTC. La commune de Montpellier n'est toutefois pas fondée à demander l'actualisation de cette somme suivant l'indice BT01 dès lors qu'elle ne justifie pas avoir été dans l'impossibilité de procéder aux travaux de remise en état des désordres dès la remise du rapport d'expertise.

S'agissant des frais de maitrise d'œuvre :

32. Ainsi que le retient l'expert, il résulte de l'instruction qu'il est nécessaire que les travaux de reprise des désordres soient réalisés sous maîtrise d'œuvre, dont le montant est estimé à 10% des travaux de reprise, soit la somme de 13 228,54 euros TTC.

S'agissant des préjudices annexes :

Quant aux frais de laboratoires :

33. Il résulte de l'instruction que les frais d'expertise électronique réalisée par LCIE d'un montant de 7 953,40 euros TTC ont été utiles à la solution du litige pour déterminer l'origine des dysfonctionnements des moteurs des rideaux et des ouvrants fournis par la société JC Debailles. Eu égard à ce qui a été dit aux points 22 à 24, la commune de Montpellier est fondée à demander la condamnation in solidum des sociétés JC Debailles et Spie à lui verser la somme de 7 953,40 euros TTC. Toutefois, la société Spie Building Solutions est fondée à demander la condamnation de la société JC Debailles à la garantir intégralement sur cette somme.

Quant à la surconsommation de fluides, filtres et produits :

34. Dès lors que la surconsommation de fluides, de filtres et de produits est la conséquence des infiltrations et des fuites d'eau affectant le mur végétal, la cascade et les bassins, et égard à ce qui a été dit aux points 13 et 14, la commune de Montpellier n'est pas fondée à demander la condamnation des constructeurs pour obtenir l'indemnisation de ce préjudice.

Quant aux pertes d'exploitation :

35. Il résulte de l'instruction que les travaux de reprise de certains désordres ne peuvent pas être réalisés en site occupé en raison de leurs répercussions sur les animaux de la serre amazonienne, ainsi que l'indiquent les docteurs vétérinaires consultés, et qu'il convient de fermer l'ouvrage pour une durée de 4 semaines maximum dès lors que les différents travaux peuvent être réalisés concomitamment. Les pertes de recettes, justifiées par rapport aux entrées réalisées, sont estimées par l'expert à 40 348 euros TTC par mois. Il résulte de l'instruction que seuls les travaux de reprise du plafond de la zone quarantaine, dont la durée est estimée à deux semaines, et les travaux de reprise du cheminement piéton, estimés à 4 semaines, sont susceptibles de générer des pertes d'exploitation. Toutefois, et dès lors qu'une part d'imputabilité de 30% est retenue à l'encontre de la commune de Montpellier au titre du cheminement piéton, il sera fait une juste appréciation du préjudice lié aux pertes d'exploitation en le fixant à 70% de la somme de 40 348 euros TTC correspondant à l'absence de recette pendant la durée des travaux les plus longs, soit la somme de 28 243,60 euros. Dès lors que les constructeurs mis en cause aux points précédents, en ce qui concerne les désordres du cheminement piéton et du plafond de la zone de quarantaine, sont à l'origine de ce préjudice commun, la commune de Montpellier est fondée à demander la condamnation in solidum des sociétés AAB, Dumez, Vu J et Messieurs F/H à lui verser la somme de 28 243,60 euros.

36. Eu égard aux partages de responsabilité précédemment retenus, la société Dumez est fondée à demander à ce que les sociétés AAB, Vu J. et Messieurs F/H la garantissent à hauteur de 95% de la somme de 28 243,60 euros. La société AAB est fondée à demander à ce que les sociétés Dumez, Vu Jet Messieurs F/H soient condamnées à la garantir à hauteur de 80% de la somme de 28 243,60 euros. Messieurs F/H sont fondés à demander la condamnation des sociétés Dumez, AAB Décors et B Vu J à les garantir à hauteur de 90% de la somme de 28 243,60 euros. Enfin, la société Vu J est fondée à demander la condamnation des sociétés Dumez, AAB Décors et Messieurs F/H à hauteur de 60% de la somme de 28 243,60 euros.

Quant aux contraintes zootechniques :

37. Si la commune de Montpellier soutient qu'il est nécessaire de construire un bâtiment annexe permettant de reproduire les contraintes zoologiques des animaux tropicaux le temps de la réalisation des travaux, dont le coût est estimé à un million d'euros, il résulte toutefois de l'instruction que, ainsi que le retient l'expert, la construction d'un tel bâtiment entrainerait une plus-value sans commune mesure avec la durée de seulement quatre semaines pour les travaux de reprise les plus longs correspondant à ceux du cheminement piétonnier. J suite le préjudice lié à la construction d'un nouveau bâtiment n'est pas matériellement établi.

38. J ailleurs, si l'expert a, pour sa part, évalué ce préjudice à 3 000 euros par référence à la valeur locative mensuelle du bâtiment dont l'édification est réclamée par la commune de Montpellier, il ne résulte toutefois pas de l'instruction que ce montant correspondrait au coût de la location d'un bâtiment disposant d'un équipement permettant de reproduire des conditions de vie tropicale. Il sera donc fait une juste appréciation de ce préjudice, lié aux contraintes zootechniques, en estimant le loyer mensuel d'un tel bâtiment à la somme de 25 000 euros. Toutefois, il convient de retenir une part de responsabilité de 30% de la commune de Montpellier au titre du désordre concernant le cheminement piétonnier lequel est en lien direct avec la nécessité de reloger une partie des animaux durant les travaux de reprise. J suite, la commune de Montpellier est fondée à demander la condamnation in solidum des sociétés

JC Debailles, Spie, AAB Décors, Vu J et Messieurs F/H, responsables des désordres affectant les ouvrants et rideaux, le plafond de la zone quarantaine et le cheminement piétonnier dont les travaux de reprise entrainent ces contraintes zootechniques, à lui verser la somme 17 500 euros TTC.

39. Eu égard aux partages de responsabilité précédemment retenus, la société Dumez est fondée à demander à ce que les sociétés AAB, Vu J. , Messieurs F/H,

JC Debailles et Spie la garantissent à hauteur de 95% de la somme de 17 500 euros TTC. La société AAB est fondée à demander à ce que les sociétés JC Debailles, Spie, Dumez, Vu Jet Messieurs F/H soient condamnées à la garantir à hauteur de 80% de cette même somme de 17 500 euros. Messieurs F/H sont fondés à demander la condamnation des sociétés Dumez, AAB Décors et B Vu J, Dumez, JC Debailles et Spie à les garantir à hauteur de 90% de la somme de 17 500 euros. La société Vu J est fondée à demander la condamnation des sociétés Dumez, AAB Décors et Messieurs F/H, JC Debailles et Spie à hauteur de 60% de la somme de 17 500 euros. Enfin, la société Spie est fondée à demander à ce que les sociétés AAB Decors, Dumez, JC Debailles, Vu par, et Messieurs F/H à la garantir à hauteur de 100% de la somme de 17 500 euros.

En ce qui concerne le fondement de responsabilité contractuelle soulevée à titre subsidiaire :

40. La responsabilité des maîtres d'œuvre pour manquement à leur devoir de conseil peut être engagée, dès lors qu'ils se sont abstenus d'appeler l'attention du maître d'ouvrage sur des désordres affectant l'ouvrage et dont ils pouvaient avoir connaissance, en sorte que la personne publique soit mise à même de ne pas réceptionner l'ouvrage ou d'assortir la réception de réserves. Il importe peu, à cet égard, que les vices en cause aient ou non présenté un caractère apparent lors de la réception des travaux, dès lors que le maître d'œuvre en avait eu connaissance en cours de chantier.

41. Si la commune de Montpellier soutient, d'une part, que la maîtrise d'œuvre aurait commis des fautes de conception du bâtiment, la réception de l'ouvrage a mis fin aux relations contractuelles des constructeurs, dont, en ce qui concerne la maitrise d'œuvre, les missions de conception. D'autre part, en se bornant à soutenir que les nombreux dommages ont été causés par des manquements des entreprises de travaux aux règles de l'art et aux stipulations contractuelles des CCTP afférentes à chaque lot, la commune de Montpellier n'établit pas que la maîtrise d'œuvre aurait eu connaissance de ces désordres en cours de chantier ou qu'elle aurait commis des fautes quant à son devoir de conseil lors des opérations de réception.

42. Il résulte de ce qui précède que la commune de Montpellier n'est pas fondée à engager la responsabilité contractuelle de la maitrise d'œuvre pour le surplus de ces demandes indemnitaires.

Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :

43. Lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts moratoires dus en application de l'article 1153 du code civil courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur ou, en l'absence d'une telle demande préalablement à la saisine du juge, à compter du jour de cette saisine.

44. Il s'ensuit que la saisine du juge des référés en vue du prononcé d'une expertise ne peut être regardée comme une demande d'indemnité adressée par l'auteur de cette saisine aux parties qu'il appelle aux opérations d'expertise et la commune de Montpellier n'est ainsi pas fondée à demander à ce que les intérêts moratoires courent à compter du 4 août 2010, date d'enregistrement au greffe du tribunal du référé expertise.

45. D'autre part, il résulte de l'instruction que la requête n° 1501956 enregistrée le 3 avril 2015 doit, dès lors que la commune de Montpellier demandait l'indemnisation de ses préjudices, être regardée comme une demande de paiement du principal adressée aux débiteurs, lesquels sont les mêmes que dans la présente instance et la circonstance que l'ordonnance du 4 juin 2019 ait constaté un désistement d'instance est sans influence sur l'existence même de cette demande de paiement. Dans ces conditions, la commune de Montpellier a droit aux intérêts légaux à compter du 3 avril 2015 sur la somme de 199 211,02 euros.

46. La capitalisation peut être demandée à tout moment devant le juge du fond. Cette demande prend toutefois effet au plus tôt à la date à laquelle elle est enregistrée et pourvu qu'à cette date il s'agisse d'intérêts dus au moins pour une année entière. Le cas échéant, la capitalisation s'accomplit à nouveau à l'expiration de chaque échéance annuelle sans qu'il soit besoin de formuler une nouvelle demande.

47. La capitalisation des intérêts a été demandée le 6 août 2020. A cette date, il était dû au moins une année d'intérêts. Dès lors, conformément aux dispositions de l'article 1343-2 du code civil, il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 6 août 2020, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur les frais d'expertise :

48. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. L'Etat peut être condamné aux dépens. ".

49. Il résulte de l'instruction que, par l'ordonnance du 4 juin 2019, le Tribunal a mis à la charge définitive de la commune de Montpellier les frais d'expertise liquidés et taxés à la somme de 35 035,36 euros TTC par une ordonnance du président du tribunal administratif en date du 4 avril 2013. Dès lors que cette ordonnance est devenue définitive à la suite de l'ordonnance du 20 janvier 2020 de la cour administrative d'appel de Marseille, la commune de Montpellier n'est pas fondée à demander à ce que les frais d'expertise soient mis à la charge des constructeurs.

Sur les frais liés au litige :

50. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de laisser à chacune des parties les frais d'instances exposés dans le cadre de la présente instance. Les conclusions présentées par les parties au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : L'intervention de la société Swisslife n'est pas admise.

Article 2: M. F et M. H sont condamnés in solidum à verser à la commune de Montpellier la somme de 1 610,28 euros TTC. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 3 avril 2015. Ces intérêts seront capitalisés à compter du 6 août 2020 puis à chaque échéance annuelle, pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 3 : La société JC Debailles est condamnée à verser la somme de 1 302 euros TTC à la commune de Montpellier en réparation du désordre affectant les rideaux. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 3 avril 2015. Ces intérêts seront capitalisés à compter du 6 août 2020 puis à chaque échéance annuelle, pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 4 : Les sociétés JC Debailles et Spie Building Solutions sont condamnées à verser à la commune de Montpellier la somme de 51 344 euros TTC au titre de la réparation des moteurs des ouvrants et le déplacement des contacteurs. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 3 avril 2015. Ces intérêts seront capitalisés à compter du 6 août 2020 puis à chaque échéance annuelle, pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 5 : La société JC Debailles est condamnée à garantir intégralement la société Spie Building Solutions sur la somme indiquée à l'article 4 augmentée des intérêts et des intérêts des intérêts.

Article 6 : La société Vu J., la société Dumez et la société AAB sont condamnées in solidum à verser la somme de 77 000 euros TTC à la commune de Montpellier. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 3 avril 2015. Ces intérêts seront capitalisés à compter du 6 août 2020 puis à chaque échéance annuelle, pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 7 : La société Dumez est fondée à demander la condamnation de la société AAB à la garantir à hauteur de 93% de la somme de 77 000 euros, soit 71 610 euros TTC, augmentée des intérêts et intérêts des intérêts comme indiqué à l'article 6. La société AAB Décors est fondée à demander la condamnation de la société Dumez à la garantir à hauteur de 7% de la somme de 77 000 euros, soit 5 390 euros TTC, augmentée des intérêts et intérêts des intérêts comme indiqué à l'article 6.

Article 8 : Les sociétés JC Debailles et Spie Building Solutions sont condamnées à verser à la commune de Montpellier la somme de 7 953,40 euros TTC au titre des frais de laboratoires. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 3 avril 2015. Ces intérêts seront capitalisés à compter du 6 août 2020 puis à chaque échéance annuelle, pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 9 : La société JC Debailles est condamnée à garantir intégralement la société Spie Building Solutions sur la somme indiquée à l'article 8 augmentée des intérêts et des intérêts des intérêts.

Article 10 : Les sociétés AAB, Dumez, Vu J et Messieurs F/H sont condamnés in solidum à verser à la commune de Montpellier la somme de 28 243,60 euros TTC. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 3 avril 2015. Ces intérêts seront capitalisés à compter du 6 août 2020 puis à chaque échéance annuelle, pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 11 : Les sociétés AAB, Vu J. et Messieurs F/H sont condamnés à garantir la société Dumez à hauteur de 95% de la somme résultant de ce qui est indiqué au point 10. Les sociétés Dumez, Vu Jet Messieurs F/H sont condamnés à garantir la société AAB à la garantir à hauteur de 80% de la somme résultant de ce qui est indiqué au point 10. Les sociétés Dumez, AAB Décors et B Vu J sont condamnées à garantir Messieurs F/H à hauteur de 90% de la somme résultant de ce qui est indiqué au point 10. Enfin, les sociétés Dumez, AAB Décors et Messieurs F/H sont condamnés à garantir la société Vu J à hauteur de 60% résultant de ce qui est indiqué au point 10.

Article 12 : Les sociétés JC Debailles, Spie, AAB Décors, Vu J et Messieurs F/H sont condamnés à verser à la commune de Montpellier la somme de 17 500 euros TTC au titre des contraintes zootechniques. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 3 avril 2015. Ces intérêts seront capitalisés à compter du 6 août 2020 puis à chaque échéance annuelle, pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 13 : Les sociétés AAB, Vu J. , JC Debailles et Spie Building Solutions et Messieurs F/H sont condamnés à garantir la société Dumez à hauteur de 95% de la somme de 17 500 euros augmentée des intérêts et des intérêts des intérêts. Les sociétés JC Debailles, Spie Building Solutions, Dumez, Vu Jet Messieurs F/H sont condamnés à garantir la société AAB à hauteur de 80% de la somme de 17 500 euros TTC augmentée des intérêts et des intérêts des intérêts. Les sociétés Dumez, AAB Décors et B Vu J, Dumez, JC Debailles et Spie Building Solutions sont condamnées à garantir Messieurs F/H à hauteur de 90% de la somme de 17 500 euros TTC augmentée des intérêts et des intérêts des intérêts. Les sociétés Dumez, AAB Décors, JC Debailles, Spie Building Solutions et Messieurs F/H sont condamnés à garantir la société Vu J à hauteur de 60% de la somme de 17 500 euros. Enfin, les sociétés AAB Decors, Dumez, JC Debailles, Vu par, et Messieurs F/H sont condamnés à garantir la société Spie Building Solutions à la garantir à hauteur de 100% de la somme de 17 500 euros TTC augmentée des intérêts et des intérêts des intérêts.

Article 14 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 15 : La présente décision sera notifiée à la commune de Montpellier, à M. F, à M. H, à la société PER Ingénierie, à la société Betso, à la société Autec, à la société Ateliers Artistiques du Béton, à la société Vu J, à la sociétés Dumez Sud, à Me Aussel liquidateur de la SAS JC Debailles, à la société Somiteg, à la société Spie Building Solutions, à Me Marion liquidateur de la société Greenwall et à la société Swisslife Assurances de biens.

Délibéré après l'audience du 29 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Eric Souteyrand, président,

M. Nicolas Huchot, premier conseiller,

Mme Audrey Lesimple, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2023.

Le rapporteur,

N. D

Le président,

E. Souteyrand La greffière,

M-A. Barthélémy

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier le 13 juillet 2023.

La greffière,

M-A. Barthélémy

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