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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2003823

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2003823

jeudi 6 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2003823
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre
Avocat requérantSELARL VALETTE-BERTHELSEN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 26 août 2020 et 2 avril 2021, Mmes A et Myriam B, représentées par la SELARL Valette-Berthelsen, demandent au tribunal :

1°) d'annuler les décisions implicites du 10 juillet 2020 par lesquelles le maire de la commune de Montpellier et le préfet de l'Hérault ont respectivement rejeté leurs mises en demeure, en date du 29 janvier 2020, de dresser procès-verbal d'infraction en matière d'urbanisme à l'encontre de la SCI BCG Feuillade.

2°) d'enjoindre au maire de Montpellier ou, par substitution, au préfet de l'Hérault de dresser procès-verbal d'infraction en matière d'urbanisme à l'encontre de la SCI BCG Feuillade pour la carence à régulariser les travaux illégalement réalisés en exécution du permis de construire accordé le 25 novembre 2014 et modifié le 23 décembre 2015 ; d'assortir cette injonction d'une astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- à défaut d'avoir régularisé la carence tenant en l'absence de places de stationnement en nombre suffisant, retenue par le tribunal de céans dans son jugement du 31 mars 2017, devenu définitif, pour annuler partiellement le permis de construire dont elle est titulaire, la société BCG Feuillade a commis une infraction aux dispositions de l'article L. 610-1 du code de l'urbanisme ;

- le préfet de l'Hérault a reconnu la matérialité de l'infraction dans le cadre du référé " mesures-utiles " et celle-ci étant établie, le refus par le maire, en situation de compétence liée, d'user des prérogatives qu'il tient de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme, ainsi qu'ordonné par le tribunal de céans par ordonnance du 24 juillet 2020, est illégal ;

- le rapport de constatation présenté par la commune en défense n'a pas eu pour objet le constat de l'absence de réalisation des places de stationnement utiles au projet autorisé, qui portait sur une agence d'architecture ; il n'a pas non plus exécuté la mesure ordonnée par le juge des référés ; les 16 places décomptées par l'agent assermenté se rapportent aux besoins en stationnement d'un restaurant et chambre d'hôte, et non de l'agence d'architecture.

Par des mémoires en défense enregistrés les 29 mars 2021, le 28 avril 2021 et le 20 juillet 2021, la commune de Montpellier, représentée par la SCP Coulombie, Gras, Cretin, Becquevort, Rosier, Soland, conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions en annulation et en injonction de la requête et à ce que chacune des parties conserve la charge de ses frais d'instance.

Elle fait valoir qu'ayant fait dresser constat, le 29 septembre 2020, de l'absence d'infraction aux règles d'urbanisme, elle a donné satisfaction aux requérantes dont la requête se trouve dès lors dépourvue d'objet.

Par un mémoire enregistré le 28 mai 2021, le préfet de l'Hérault conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête et au rejet des conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir qu'il a fait dresser procès-verbal de constat en date du 11 mai 2020 et transmis ce dernier au ministère public, et que la requête est devenue sans objet.

Par un mémoire enregistré le 28 juin 2021, la SCI BCG La Feuillade, représentée par SCP VPNG Avocats Associés, conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête et à ce que soit mise à la charge solidaire de Mmes B une somme de 1000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le maire et le préfet ayant dressé procès-verbal, la requête n'a plus d'objet ;

- les moyens soulevés par Mmes B ne sont pas fondés.

Par un mémoire enregistré le 23 juillet 2021, Mmes A et Myriam B concluent, dans le dernier état de leurs écritures, qu'il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête, et maintiennent leurs conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Crampe, première conseillère,

- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique,

- les observations de Me Valette, représentant Mmes B, celles de Me Cassorla, représentant la commune de Montpellier et celles de Me Bezard, représentant la société BCG La Feuillade.

Considérant ce qui suit :

1. Par courriers du 28 janvier 2020, Mmes A et Myriam B ont mis en demeure respectivement le préfet de l'Hérault et le maire de la commune de Montpellier de dresser un procès-verbal d'infraction au code de l'urbanisme à l'encontre de la société BCG La Feuillade, en raison de l'insuffisance du nombre d'emplacements de stationnement prévus à l'occasion de la délivrance d'un permis de construire en date du 25 novembre 2014 modifié par permis de construire modificatif en date du 23 décembre 2015. Cette insuffisance avait été admise par le tribunal de céans, qui a, pour ce motif, annulé partiellement ces autorisations d'urbanisme par jugement du 31 mars 2017. Du silence gardé par ces autorités sont nées deux décisions implicites de rejet, dont Mmes B demandent l'annulation.

Sur le non-lieu à statuer opposé en défense :

2. Aux termes de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme dans sa version alors applicable : " Les infractions aux dispositions des titres Ier, II, III, IV et VI du présent livre sont constatées par tous officiers ou agents de police judiciaire ainsi que par tous les fonctionnaires et agents de l'Etat et des collectivités publiques commissionnés à cet effet par le maire ou le ministre chargé de l'urbanisme suivant l'autorité dont ils relèvent et assermentés. Les procès-verbaux dressés par ces agents font foi jusqu'à preuve du contraire. / () / Lorsque l'autorité administrative et, au cas où il est compétent pour délivrer les autorisations, le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale compétent ont connaissance d'une infraction de la nature de celles que prévoient les articles L. 480-4 et L. 610-1, ils sont tenus d'en faire dresser procès-verbal. / Copie du procès-verbal constatant une infraction est transmise sans délai au ministère public. () "

3. Il ressort des pièces du dossier qu'en réponse à la mise en demeure adressée par les requérantes le 28 janvier 2020 au maire de Montpellier et au préfet de l'Hérault, ce dernier a fait dresser un procès-verbal, daté du 11 mai 2021. L'agent assermenté y constate, au visa des motifs du jugement du tribunal administratif du 31 mars 2017, qui retenait l'insuffisance de places de stationnement au regard des besoins du cabinet d'architecture, et après avoir cité l'article 12 du règlement de la zone 5AU-1, qui fixe l'exigence d'un nombre de places de stationnement répondant aux besoins de la construction, qu'aucune place de stationnement extérieure supplémentaire n'a été réalisée à l'intérieur de la parcelle dédiée à l'agence d'architecture et qu'à sa connaissance, aucun permis de construire n'a été délivré pour régulariser la méconnaissance de l'article 12 du règlement du plan local d'urbanisme relevée par le tribunal. Le préfet de l'Hérault soutient, sans être contredit, que ce procès-verbal a été transmis à l'autorité judiciaire.

4. Il résulte de ce qui vient d'être exposé que Mmes B, ainsi qu'elles l'ont admis par leurs dernières écritures, ont obtenu satisfaction en cours d'instance, et que le litige se trouve privé de son objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et à fin d'injonction sous astreinte présentées par les requérantes.

Sur les frais liés au litige :

5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser à chacune des parties la charge de ses frais d'instance.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions en annulation et en injonction sous astreinte de la requête.

Article 2 : La surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mmes A et Myriam B, à la commune de Montpellier, au préfet de l'Hérault et à la société civile immobilière BCG La Feuillade.

Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Rigaud, présidente,

Mme Crampe, première conseillère,

M. Goursaud, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 octobre 2022.

La rapporteure

S. Crampe La présidente,

L. Rigaud

La greffière,

M. C

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 6 octobre 2022.

La greffière,

M. C

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