jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2004525 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP COULOMBIE, GRAS, CRETIN, BECQUEVORT, ROSIER, SOLAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 octobre 2020 et 5 janvier 2021, M. B F et M. C A, représentés par la SCP Coulombie, Gras, Cretin, Becquevort, Rosier, Soland, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de l'Hérault a rejeté leur demande tendant au constat d'une infraction au code de l'environnement sur la parcelle cadastrée section BL n° 295 à Frontignan ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de faire constater l'infraction par procès-verbal, dans un délai de 15 jours suivant la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 500 euros par jour de retard, puis d'en transmettre copie au procureur de la République ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les articles L. 562-5 et L. 480-1 du code de l'urbanisme impliquaient que le préfet fasse dresser procès-verbal du fait de la transformation illégale par leur voisin d'un garage en habitation en méconnaissance du règlement du plan de prévention du risque inondation ;
- l'acte établi le 25 mai 2020 ne constitue pas le procès-verbal demandé, eu égard à son titre, relatif à une infraction en matière d'urbanisme, à la rubrique des faits, erronée dès lors qu'elle vise un changement de destination plutôt que la création d'un nouveau logement, au code natinf, relatif aux infractions commises par des personnes morales et aux visa textuels, uniquement consacrés aux infractions en matière d'urbanisme et non d'environnement, et à l'absence du constat de l'infraction prévue par le code de l'environnement ;
- à défaut pour l'auteur de ce procès-verbal, qui n'est qu'agent et non officier de police judiciaire, d'avoir été commissionné en matière d'infraction au code de l'environnement, ce procès-verbal ne peut fonder des poursuites pénales sur le fondement de l'article L. 562-5 du code de l'environnement ni faire foi jusqu'à preuve contraire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 décembre 2020, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable car la décision attaquée est inexistante, dès lors que, un procès-verbal ayant été dressé par le maire au nom de l'Etat, le représentant de l'Etat ne saurait être regardé comme ayant opposé un refus, fut-il tacite, à la mise en demeure par les requérants de dresser procès- verbal ;
- les requérants ayant obtenu satisfaction, il n'y a pas lieu de statuer sur leurs conclusions en annulation et en injonction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Crampe, première conseillère,
- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique,
- et les observations de Me Pechon représentant MM. F et A.
Considérant ce qui suit :
1. MM. F et A sont propriétaires d'une parcelle cadastrée section BL n° 295, située au 94, avenue Vauban à Frontignan-Plage. Au constat que leur voisin, M. D, avait réalisé des travaux dans le local situé sur la parcelle cadastrée section BL n° 151, ils ont, d'une part, informé le maire de la commune et d'autre part, mis en demeure le préfet de l'Hérault, par courrier du 7 mai 2020, afin qu'il fasse constater les infractions tenant, selon les requérant, en l'absence d'une autorisation d'urbanisme de nature à permettre la transformation d'un entrepôt en studio d'habitation et en la violation de l'interdiction, par le règlement de la zone rouge d'aléa fort du plan de prévention du risque inondation, d'y créer des logements supplémentaires. Ils demandent, par leur requête, l'annulation de la décision par laquelle le préfet a tacitement rejeté leur demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 562-5 du code de l'environnement : " I.- Le fait de construire ou d'aménager un terrain dans une zone interdite par un plan de prévention des risques naturels prévisibles approuvé ou de ne pas respecter les conditions de réalisation, d'utilisation ou d'exploitation prescrites par ce plan est puni des peines prévues à l'article L. 480-4 du code de l'urbanisme. / II.- Les dispositions des articles L. 460-1, L. 480-1, L. 480-2, L. 480-3, L. 480-5 à L. 480-9, L. 480-12 et L. 480-14 du code de l'urbanisme sont également applicables aux infractions visées au I du présent article, sous la seule réserve des conditions suivantes : 1° Les infractions sont constatées, en outre, par les fonctionnaires et agents commissionnés à cet effet par l'autorité administrative compétente et assermentés ; () ". L'article L. 480-1 du code de l'urbanisme dispose que : " Les infractions aux dispositions des titres Ier, II, III, IV et VI du présent livre sont constatées par tous officiers ou agents de police judiciaire ainsi que par tous les fonctionnaires et agents de l'Etat et des collectivités publiques commissionnés à cet effet par le maire ou le ministre chargé de l'urbanisme suivant l'autorité dont ils relèvent et assermentés. Les procès-verbaux dressés par ces agents font foi jusqu'à preuve du contraire. / Les infractions mentionnées à l'article L. 480-4 peuvent être constatées par les agents commissionnés à cet effet par l'autorité administrative compétente et assermentés lorsqu'elles affectent des immeubles soumis aux dispositions législatives du code du patrimoine relatives aux monuments historiques, aux abords des monuments historiques ou aux sites patrimoniaux remarquables ou aux dispositions législatives du code de l'environnement relatives aux sites et qu'elles consistent soit dans le défaut de permis de construire, soit dans la non-conformité de la construction ou des travaux au permis de construire accordé. () / Lorsque l'autorité administrative et, au cas où il est compétent pour délivrer les autorisations, le maire () ont connaissance d'une infraction de la nature de celles que prévoient les articles L. 480-4 et L. 610-1, ils sont tenus d'en faire dresser procès-verbal. Copie du procès-verbal constatant une infraction est transmise sans délai au ministère public. () ".
3. Aux termes du règlement du plan de prévention du risque inondation, sont interdits en zones rouges de danger, notamment en zone RLD où se situe la parcelle en litige, " tous les travaux et projets nouveaux, de quelque nature qu'ils soient, à l'exception de ceux visés au paragraphe ci-dessous () Sont admis () les modifications de constructions existantes et/ou leur changement de destination, sous réserve : - de ne pas créer de logements supplémentaires, -en cas de changement de destination, que ce changement n'augmente pas la vulnérabilité et améliore la sécurité des personnes () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que le 19 mai 2020, le garde-champêtre chef de la police municipale de Frontignan, agent de police judiciaire compétent pour ce faire en vertu des dispositions combinées précitées, a dressé un procès-verbal, sur la parcelle cadastrée section BL n° 151 appartenant à M. D, " afin de constater la transformation d'un garage en habitation ". L'agent y relate avoir constaté la transformation d'un garage en studio meublé, en présence du propriétaire, avoir consulté le service Urbanisme de la commune qui l'a informé de l'absence d'autorisation d'urbanisme à cet effet, et y précise, au visa du plan de prévention du risque inondation approuvé le 25 janvier 2012, qu'en vertu de ce plan de prévention des risques, plus aucun logement ne peut être réalisé sur le secteur. Il conclut en relevant la commission d'une infraction au code de l'urbanisme, du fait du changement de destination, sans autorisation, d'un bâtiment existant, au sens de l'article R. 421-14 de ce code, dont les peines sont prévues par l'article L. 480-4.
5. Dans ces conditions, alors même que l'agent de police judiciaire n'a pas visé l'infraction prévue par l'article L. 562-5 du code de l'environnement, laquelle est, au demeurant, punie des mêmes peines que celles prévues à l'article L. 480-4 du code de l'urbanisme, et alors qu'il n'appartient pas aux requérants de choisir la qualification juridique de l'infraction qui sera, le cas échant, retenue par le procureur de la République, ce procès-verbal doit être regardé comme ayant donné satisfaction aux requérants. Ces derniers en ont été avertis dès le 28 mai 2020 par le maire, antérieurement à l'introduction de leur requête.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par le préfet en défense, que la requête de MM. F et A est irrecevable.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de MM. F et A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à MM. Claude F et Michel A, au préfet de l'Hérault, à M. D et à la commune de Frontignan.
Délibéré après l'audience du 20 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Rigaud, présidente,
Mme Crampe, première conseillère,
M. Goursaud, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.
La rapporteure
S. Crampe La présidente,
L. Rigaud
La greffière,
M. E
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 10 novembre 2022.
La greffière,
M. E
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026