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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2004762

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2004762

vendredi 1 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2004762
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantBECQUE - DAHAN - PONS-SERRADEIL CALVET - REY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 21 octobre 2020, 30 septembre 2021 et 26 avril 2022, Mme B A, représenté par Me Delchambre, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

A titre principal :

1°) d'annuler la décision du 6 août 2020 par laquelle le maire de la commune de Bourg-Madame a refusé sa réintégration dans son corps d'emploi d'origine ainsi que l'arrêté du 15 octobre 2018 la plaçant en disponibilité d'office ;

2°) de condamner la commune de Bourg-Madame à lui payer une indemnité représentative du traitement indiciaire et de la rémunération dont elle a été privée durant la période d'octobre 2018 à septembre 2020, déduction faite des sommes versées, d'un montant de 9 387,58 euros nets, une indemnité correspondant aux primes et indemnités, d'un montant de 6 860,16 euros bruts, une indemnité correspondant au supplément familial, d'un montant de 54,96 euros, une indemnité correspondant à l'indemnité compensatrice de CSG, pour un montant de 231,36 euros, une indemnité correspondant aux droits sociaux et prestations sociales, d'un montant de 7 404 euros nets, ces sommes étant à actualiser à la date du jugement qui sera rendu ;

3°) de condamner la commune de Bourg-Madame à lui verser une somme de 2 000 euros à titre de dommages et intérêts en réparation des préjudices subis tenant à sa carrière, son niveau de vie, à la perte d'avancement et aux difficultés financières ;

4°) d'enjoindre à la commune de Bourg-Madame la régularisation de sa situation administrative et de ses droits statutaires, l'édiction d'un arrêté la plaçant en position d'activité, et de la rétablir dans le bénéfice de ses droits statutaires, à la formation professionnelle, à congés annuels et à son traitement indiciaire, dans un délai d'un mois et d'assortir l'injonction d'une astreinte. ;

5°) d'assortir les condamnations des intérêts de retard au taux légal et de leur capitalisation à compter de la réception de sa demande préalable ;

A titre subsidiaire :

6°) de condamner la commune de Bourg-Madame à lui verser une somme de 21 534,06 euros en réparation des conséquences dommageables des décisions, assorties des intérêts moratoires à compter de l'enregistrement de la requête.

En tout état de cause :

7°) de mettre à la charge de la commune de Bourg-Madame la somme de 4 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la légalité de la décision du 6 août 2020 :

- la décision est dépourvue de motivation ;

- elle est entachée d'un vice de procédure car il n'a pas été procédé au renouvellement de sa disponibilité d'office par un acte administratif assorti de la procédure ad hoc ;

- elle a été placée en disponibilité d'office pour raisons médicales alors que son aptitude physique est reconnue par un expertise médicale ; son maintien dans une position administrative illégale et la communication d'informations erronées sur ses droits et obligations constitue une illégalité fautive ;

- la commune, en situation de compétence liée, a commis une erreur manifeste d'appréciation ; elle aurait dû saisir le centre départemental de gestion, lui proposer un autre poste ou vérifier qu'elle avait reçu des propositions de reclassement et, en toute hypothèse, la réintégrer dans son corps d'emploi d'origine en surnombre ;

En ce qui concerne les conclusions indemnitaires :

- en refusant sa réintégration, la commune maintient une illégalité fautive susceptible d'engager sa responsabilité ;

- elle subit un préjudice tenant à la privation de ses droits statutaires, à l'avancement, à la retraite, à la formation professionnelle et à congés, à rémunération et prestations sociales, à la possibilité de présenter des concours internes dans la fonction publique et à l'utilisation contrainte de ses droits à chômage ;

- les montants qui lui sont dus s'élèvent à 9 387,58 euros correspondant au traitement indiciaire, déduction faite des sommes versées sur cette période, 6 860,16 euros correspondant à l'IEMP, 231,36 euros à actualiser avec les informations détenues par la commune correspondant à l'indemnité compensatrice de CSG, 54,96 euros correspondant au supplément familial, 7 404 euros correspondant aux droits sociaux et prestations sociales, ces sommes étant à actualiser à la date du jugement qui sera rendu par le Tribunal ;

- elle subit un préjudice moral qui doit être indemnisé à hauteur de 5 000 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 septembre 2021, la commune de Bourg-Madame, représentée par Me Pons-Serradeil, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et les entiers dépens.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Mme A a présenté des observations sur le moyen d'ordre public par un mémoire enregistré le 26 avril 2022.

Mme A a été admise à l'aide juridictionnelle totale par décision du 12 octobre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code des relations entre le public et l'administration,

- le code du travail,

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 86-68 du 13 janvier 1986 ;

- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- les conclusions de M. Lafon, rapporteur public,

- et les observations de Me Calvet, représentant la commune de Bourg-Madame.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, adjoint technique territorial de deuxième classe, employée par la commune de Bourg-Madame, née le 10 décembre 1984, a été placée en congé de longue maladie du 20 août 2015 au 20 août 2017, prolongée jusqu'au 20 août 2018. Par arrêté du 15 octobre 2018, le maire de la commune de Bourg-Madame a placé Mme A en disponibilité d'office pour une durée de trois mois. Mme A a adressé un courrier à la commune le 29 juillet 2020 par lequel elle sollicite la régularisation de sa situation administrative par sa réintégration à compter du 20 août 2018, la reconstitution des droits afférents et forme une demande indemnitaire. Par décision du 6 aout 2020, notifiée le 22 août suivant, le maire de la commune de Bourg-Madame a rejeté cette demande. Mme A demande l'annulation des décisions du 15 octobre 2018 et 6 aout 2020 ainsi que l'indemnisation des préjudices découlant de leur illégalité.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article 72 de la loi du 26 janvier 1984 : " La disponibilité est la position du fonctionnaire qui, placé hors de son administration ou service d'origine, cesse de bénéficier, dans cette position, de ses droits à l'avancement et à la retraite. () La disponibilité est prononcée, soit à la demande de l'intéressé, soit d'office à l'expiration des congés prévus aux 2°, 3° et 4° de l'article 57. Le fonctionnaire mis en disponibilité qui refuse successivement trois postes qui lui sont proposés dans le ressort territorial de son cadre d'emploi, emploi ou corps en vue de la réintégration peut être licencié après avis de la commission administrative paritaire. / Le fonctionnaire mis en disponibilité, soit d'office à l'expiration des congés institués par les 2°, 3° et 4° de l'article 57 de la présente loi, () est réintégré à l'expiration de sa période de disponibilité dans les conditions prévues aux premier, deuxième et troisième alinéas de l'article 67 de la présente loi. (). ". Les premier, deuxième et troisième alinéas de l'article 67 de la même loi disposent que : " A l'expiration d'un détachement de courte durée, le fonctionnaire est obligatoirement réintégré dans son corps ou cadre d'emplois et réaffecté dans l'emploi qu'il occupait antérieurement. / A l'expiration d'un détachement de longue durée, le fonctionnaire est, sauf intégration dans le cadre d'emplois ou corps de détachement, réintégré dans son corps ou cadre d'emplois et réaffecté à la première vacance ou création d'emploi dans un emploi correspondant à son grade relevant de sa collectivité ou de son établissement d'origine. () Lorsqu'aucun emploi n'est vacant, le fonctionnaire est maintenu en surnombre pendant un an dans sa collectivité d'origine dans les conditions prévues à l'article 97. Si, au terme de ce délai, il ne peut être réintégré et reclassé dans un emploi correspondant à son grade, le fonctionnaire est pris en charge dans les conditions prévues à l'article 97 soit par le Centre national de la fonction publique territoriale pour les fonctionnaires relevant de l'un des cadres d'emplois de catégorie A auxquels renvoie l'article 45, soit par le centre de gestion dans le ressort duquel se trouve la collectivité ou l'établissement qui les employait antérieurement à leur détachement pour les autres fonctionnaires. Le fonctionnaire a priorité pour être affecté dans un emploi correspondant à son grade de la collectivité ou de l'établissement d'origine. ".

3. Aux termes de l'article 19 du décret n°86-68 du 13 janvier 1986 relatif aux positions de détachement, hors cadres, de disponibilité, de congé parental des fonctionnaires territoriaux et à l'intégration : " La mise en disponibilité peut être prononcée d'office à l'expiration des droits statutaires à congés de maladie () et s'il ne peut, dans l'immédiat, être procédé au reclassement du fonctionnaire dans les conditions prévues aux articles 81 à 86 de la loi du 26 janvier 1984. / La durée de la disponibilité prononcée en vertu du premier alinéa du présent article ne peut excéder une année. Elle peut être renouvelée deux fois pour une durée égale. Si le fonctionnaire n'a pu, durant cette période, bénéficier d'un reclassement, il est, à l'expiration de cette durée, soit réintégré dans son administration s'il est physiquement apte à reprendre ses fonctions dans les conditions prévues à l'article 26, soit, en cas d'inaptitude définitive à l'exercice des fonctions, admis à la retraite ou, s'il n'a pas droit à pension, licencié. / Toutefois, si, à l'expiration de la troisième année de disponibilité, le fonctionnaire est inapte à reprendre son service, mais s'il résulte d'un avis du comité médical qu'il doit normalement pouvoir reprendre ses fonctions ou faire l'objet d'un reclassement avant l'expiration d'une nouvelle année, la disponibilité peut faire l'objet d'un troisième renouvellement. ". Aux termes de l'article 26 du même décret : " () Le fonctionnaire qui a formulé avant l'expiration de la période de mise en disponibilité une demande de réintégration est maintenu en disponibilité jusqu'à ce qu'un poste lui soit proposé () / Le fonctionnaire qui, à l'issue de sa disponibilité ou avant cette date, s'il sollicite sa réintégration anticipée, ne peut être réintégré pour cause d'inaptitude physique est soit reclassé dans les conditions prévues par la réglementation en vigueur, soit mis en disponibilité d'office dans les conditions prévues à l'article 19, soit, en cas d'inaptitude physique à l'exercice des fonctions, admis à la retraite ou, s'il n'a pas droit à pension, licencié ". Selon l'article 17 du décret n° 87-602 du 30 juillet 1987, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " () Lorsque le fonctionnaire a obtenu pendant une période de douze mois consécutifs des congés de maladie d'une durée totale de douze mois, il ne peut, à l'expiration de sa dernière période de congé, reprendre son service sans l'avis favorable du comité médical. En cas d'avis défavorable, s'il ne bénéficie pas de la période de préparation au reclassement prévue par le décret du 30 septembre 1985 susvisé, il est soit mis en disponibilité, soit reclassé dans un autre emploi, soit, s'il est reconnu définitivement inapte à l'exercice de tout emploi, admis à la retraite après avis de la commission de réforme () ".

4. Aux termes de l'article 2 du décret du 30 septembre 1985 relatif au reclassement des fonctionnaires territoriaux reconnus inaptes à l'exercice de leur fonction : " Lorsque l'état de santé d'un fonctionnaire territorial, sans lui interdire d'exercer toute activité, ne lui permet pas de remplir les fonctions correspondant aux emplois de son grade, l'autorité territoriale ou le président du Centre national de la fonction publique territoriale ou le président du centre de gestion, après avis du comité médical, propose à l'intéressé une période de préparation au reclassement en application de l'article 85-1 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée. L'agent est informé de son droit à une période de préparation au reclassement dès la réception de l'avis du comité médical, par l'autorité territoriale dont il relève. / La période de préparation au reclassement débute à compter de la réception de l'avis du comité médical si l'agent est en fonction ou à compter de sa reprise de fonction si l'agent est en congé de maladie lors de la réception de l'avis du comité médical. / La période de préparation au reclassement prend fin à la date de reclassement de l'agent et au plus tard un an après la date à laquelle elle a débuté. Toutefois, l'agent qui a présenté une demande de reclassement peut être maintenu en position d'activité jusqu'à la date à laquelle celui-ci prend effet, dans la limite de la durée maximum de trois mois mentionnée à l'article 3. / L'agent qui fait part de son refus de bénéficier d'une période de préparation au reclassement présente une demande de reclassement en application des dispositions du même article. ".

5. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que le fonctionnaire, qui a épuisé ses droits statutaires à congés de maladie et ne peut être reclassé dans l'immédiat, peut être placé d'office en disponibilité pour une durée maximale d'un an renouvelable deux fois. A l'issue des périodes de disponibilité, l'employeur doit réexaminer si le fonctionnaire est apte à reprendre son emploi. Si le fonctionnaire est apte à reprendre son emploi, il doit être réintégré dans un emploi correspondant à son grade, et en l'absence de poste vacant en surnombre pendant un an puis pris en charge par le centre de gestion compétent. Dans la négative et à la condition qu'il ne puisse être reclassé, le fonctionnaire est maintenu en position de disponibilité dans la limite de trois années.

En ce qui concerne les conclusions dirigées contre l'arrêté du 15 octobre 2018 :

6. Il ressort des pièces du dossier que le comité médical s'est prononcé, lors de sa séance du mercredi 26 septembre 2018, sur la réintégration après un congé de longue maladie, l'aménagement du poste de travail, la mise en disponibilité d'office pour raison de santé, l'aptitude ou l'inaptitude totale et définitive de Mme A. L'avis rendu est " favorable à une réintégration après son Congé Longue Maladie art1, mais en dehors de sa collectivité actuelle. / Aucun aménagement de poste n'est nécessaire mais un changement de collectivité. / En l'absence d'une reprise avis favorable à une mise en Disponibilité d'Office à compter du 20/08/2018 pour 3 mois. / L'agent n'est pas inapte totalement et définitivement à ses fonctions ou à toutes fonctions. ".

7. Par son arrêté du 15 octobre 2018, devenu définitif, le maire de Bourg-Madame a décidé le placement en disponibilité d'office de Mme A pour une durée de trois mois à compter du 20 août 2018, dans l'attente de son intégration au sein d'une autre collectivité au motif que " le comité médical a émis un avis favorable à une réintégration de Mme B A, mais en dehors de sa collectivité actuelle à l'issue de son congé longue maladie dont elle bénéficie depuis le 20 août 2015. ".

8. Si dans un mémoire complémentaire, Mme A demande l'annulation de la décision du 15 octobre 2018, elle n'articule aucun moyen pour en contester la légalité. Par suite, sans qu'il soit besoin de statuer sur la tardiveté invoquée en défense, les conclusions de Mme A dirigées contre la décision du 15 octobre 2018 doivent être rejetées.

9. Il en résulte, sans qu'il soit besoin de statuer sur la tardiveté invoquée en défense, que les conclusions de Mme A dirigées contre l'arrêté du 15 octobre 2018 doivent être rejetées.

En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la décision du 6 août 2020 :

10. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a été placée en disponibilité d'office à compter du 20 août 2018 pour une durée de trois mois et maintenue de fait dans cette position au-delà du 20 novembre 2018 sans qu'aucune décision expresse de renouvellement ne soit prise. Ainsi, à l'issue de la période de disponibilité prononcée par l'arrêté du 15 octobre 2018, et en dépit des demandes de réintégration de Mme A, la commune de Bourg-Madame n'a pas réexaminé sa situation ainsi qu'elle en avait l'obligation selon les modalités mentionnées au point 5 du présent jugement. La circonstance que Mme A n'avait pas contesté l'arrêté du 15 octobre 2018 ne levait pas l'obligation de la commune de réexaminer la situation de Mme A à l'issue de la période de disponibilité. Par suite, en s'abstenant de réexaminer la situation de Mme A à l'issue de la période de disponibilité dans laquelle elle avait été placée par l'arrêté du 15 octobre 2018, notamment en la privant de la garantie du droit au reclassement, le maire de Bourg-Madame a méconnu les dispositions légales et réglementaires citées aux points 2 à 4 ci-dessus. Par suite, Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision du 6 août 2020, par laquelle le maire de Bourg-Madame a refusé de régulariser sa situation à l'issue de sa disponibilité d'office.

Sur les conclusions en injonction et astreinte :

11. L'annulation prononcée au point 10 du présent jugement implique que le maire de Bourg-Madame engage, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, la procédure de réexamen de la situation de Mme A, en saisissant le conseil médical, pour en tirer toutes les conséquences statutaires de droit, pour la période du 20 novembre 2018 à ce jour, et pour l'avenir. L'exécution du présent jugement n'implique pas nécessairement, en revanche, que soit versé à Mme A le salaire et ses accessoires d'un service qui n'a pas été accompli, ni que soit reconstituée sa carrière, ni enfin qu'elle soit réintégrée.

Sur les conclusions indemnitaires :

12. Il résulte de ce qui a été exposé aux points qui précèdent que le maire de Bourg-Madame a commis une faute en refusant, par sa décision illégale du 6 août 2020, de régulariser la situation de Mme A. Cette faute est susceptible d'engager la responsabilité de la commune de Bourg-Madame.

13. D'une part, le maintien irrégulier de Mme A en disponibilité d'office sans que soient entreprises des recherches de reclassement a eu pour effet de la priver d'une chance de reclassement. Néanmoins, bien que l'employeur soit astreint à réexaminer chaque année la justification de la position de disponibilité de son agent, Mme A ne fait pas état de démarches qu'elle aurait effectuées afin d'être réintégrée ou reclassée au cours des années 2019 et 2020, que ce soit auprès de son employeur ou auprès du centre de gestion, la requérante ne s'étant manifestée auprès de la commune que peu avant l'échéance de la deuxième année de disponibilité. L'avis du comité médical s'opposait à toute réintégration, même avec placement en surnombre, au sein des effectifs de la commune de Bourg-Madame. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que le centre de gestion, qu'elle a saisi, par courriel du 23 août 2018, sans le relancer durant les deux années suivantes, ait disposé de poste pouvant être proposé à Mme A en vue de son reclassement. Il ne résulte ainsi pas de l'instruction que Mme A ait subi une perte de chance sérieuse de bénéficier d'un reclassement.

14. D'autre part, Mme A ne justifie pas des préjudices tenant à des difficultés financières ou résultant de la baisse de son niveau de vie, qui seraient en lien avec la décision illégale, en dépit de la mesure d'instruction qui lui a été adressée en ce sens. Elle n'établit pas davantage le préjudice moral dont elle se prévaut.

15. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander la condamnation de la commune de Bourg-Madame à l'indemniser des préjudices qu'elle soutient avoir subis du fait de l'illégalité de la décision du 6 août 2020.

Sur les frais liés au litige :

16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme A, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la commune de Bourg-Madame, au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

17. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Bourg-Madame une somme de 1 500 euros au titre des frais non compris dans les dépens exposés par Mme A.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du maire de Bourg-Madame du 6 août 2020 est annulée.

Article 2 : Il est enjoint à la commune de Bourg-Madame de réexaminer, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement la situation de Mme A selon les modalités définies au point 11.

Article 3 : La commune de Bourg-Madame versera à Mme A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Les conclusions de la commune de Bourg-Madame au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme A et à la commune de Bourg-Madame et à Me Delchambre.

Délibéré après l'audience du 3 juin 2022, à laquelle siégeaient :

M. Besle, président,

M. Myara, premier conseiller,

Mme Crampe, première conseillère.

Lu en audience publique le 1er juillet 2022.

La rapporteure

S. C Le président,

D. Besle

La greffière,

C. Arce

La République mande et ordonne au ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 1er juillet 2022.

La greffière

C. Arce

C. Arce

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