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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2004868

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2004868

jeudi 20 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2004868
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantSCP BEDEL DE BUZAREINGUES - BOILLOT - BLAZY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 30 octobre 2020, 8 février 2021 et 22 juillet 2021, M. A F, représenté par la SCP Bedel de Buzareingues - Boillot, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 9 mars 2020 par lequel le maire de la commune de Fontanes a délivré à M. et Mme E un permis de construire pour l'extension d'une maison individuelle située 34 rue de Montferrand, parcelle cadastrée section C n° 343, et la création d'une piscine et d'un garage, ainsi que la décision implicite rejetant son recours gracieux née le 8 septembre 2020 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 18 novembre 2020 par lequel cette même autorité a délivré à M. et Mme E un permis de construire modificatif ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Fontanes une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'arrêté du 9 mars 2020 :

- sa requête est recevable dès lors qu'il justifie avoir notifié la copie intégrale de son recours gracieux aux pétitionnaires par lettre RAR réceptionnée le 8 juillet 2020 ;

- le permis attaqué a été délivré à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que le service Eau, risques et nature de la direction départementale des territoires et de la mer a été rendu avant la production par le pétitionnaire de pièces complémentaires ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 1.1 du règlement de la zone UD du plan local d'urbanisme interdisant les affouillements et les exhaussements de sol ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 2.1 de ce règlement relatives à l'emprise au sol maximale des constructions tandis que le garage et les travaux sur la maison existante ne respectent par la règle de recul minimal de 5 mètres par rapport aux limites séparatives ;

- il méconnaît les dispositions combinées des articles L. 151-19 du code de l'urbanisme et 2.3 du règlement de la zone UD du plan local d'urbanisme ;

- le projet litigieux méconnaît les dispositions de l'article 2.1 de ce règlement relatives aux toitures et aux menuiseries ;

- le permis attaqué est entaché de fraude.

En ce qui concerne l'arrêté du 18 novembre 2020 :

- compte tenu de l'ampleur des modifications apportées au permis initial, qui bouleversent l'économie générale du projet, le permis de construire modificatif est entaché d'illégalité et aurait dû faire l'objet d'un nouveau permis.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 26 janvier 2021, 15 mars 2021 et 3 septembre 2021, Mme B E et M. D E, représentés par Me Pion Riccio, concluent au rejet de la requête, subsidiairement à ce qu'il soit fait application des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et en tout état de cause à ce que soit mise à la charge du requérant une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils font valoir que :

- à titre principal, les conclusions à fin d'annulation dirigées contre le permis initial délivré le 9 mars 2020 sont tardives dès lors que le requérant n'a pas satisfait à l'obligation de notification d'une copie intégrale de son recours gracieux pour l'application des dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme, de sorte que la seule lettre du 3 juillet 2020 les informant de l'exercice d'un tel recours n'a pas eu pour effet de proroger le délai de recours contentieux ;

- les conclusions à fin d'annulation dirigées contre le permis modificatif délivré le 18 novembre 2020, présentées dans un mémoire enregistré le 8 février 2021, sont également tardives dès lors qu'il a été régulièrement procédé à son affichage sur le terrain d'assiette à compter du 23 novembre 2020 ;

- à titre subsidiaire, les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 22 juillet 2021 et 2 septembre 2021, la commune de Fontanes, représentée par l'AARPI MB Avocats, conclut au rejet de la requête, subsidiairement à ce qu'il soit fait application des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et en tout état de cause à ce que soit mise à la charge du requérant une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- à titre principal, les conclusions à fin d'annulation dirigées contre le permis initial délivré le 9 mars 2020 sont tardives dès lors que le requérant n'a pas satisfait à l'obligation de notification d'une copie intégrale de son recours gracieux pour l'application des dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme, de sorte que la seule lettre du 3 juillet 2020 les informant de l'exercice d'un tel recours n'a pas eu pour effet de proroger le délai de recours contentieux ;

- les conclusions à fin d'annulation dirigées contre le permis modificatif délivré le 18 novembre 2020, présentées dans un mémoire enregistré le 8 février 2021, sont également tardives dès lors qu'il a été régulièrement procédé à son affichage sur le terrain d'assiette à compter du 23 novembre 2020 ;

- à titre subsidiaire, les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Goursaud, premier conseiller ;

- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Chavrier, représentant M. F, celles de Me Mer, représentant la commune de Fontanes, et celles de Me Pion Riccio, représentant M. et Mme E.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 9 mars 2020, le maire de la commune de Fontanes a délivré à M. et Mme E un permis de construire pour l'extension d'une maison individuelle située 34 rue de Montferrand, parcelle cadastrée section C n° 343, et la création d'une piscine et d'un garage. Par un courrier du 3 juillet 2020, M. F et d'autres riverains ont formé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté, lequel a été implicitement rejeté. Postérieurement à l'enregistrement de la requête présentée par M. F tendant à l'annulation du permis de construire délivré le 9 mars 2020, le projet a fait l'objet, par un arrêté du 18 novembre 2020, d'un permis de construire modificatif. Dans le dernier état de ses écritures, M. F demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 9 mars 2020 portant permis de construire initial, de la décision implicite de rejet de son recours gracieux et de l'arrêté du 18 novembre 2020 portant permis modificatif.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 18 novembre 2020 :

2. L'autorité compétente, saisie d'une demande en ce sens, peut délivrer au titulaire d'un permis de construire en cours de validité un permis modificatif, tant que la construction que ce permis autorise n'est pas achevée, dès lors que les modifications envisagées n'apportent pas à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.

3. Le permis modificatif délivré le 18 novembre 2020 conduit, s'agissant de la hauteur de la construction, à une surélévation de 36 centimètres au niveau de l'extension projetée, et porte sur la modification des dimensions des menuiseries et de la baie vitrée. Ces modifications n'apportent pas au projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Dès lors, le moyen tiré de l'altération de l'économie générale du projet et d'une nécessaire requalification du permis modificatif en nouveau permis de construire doit être écarté.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 9 mars 2020 :

4. A titre liminaire, lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.

5. Il résulte de ce qui précède que les moyens de la requête dirigés contre l'arrêté du 9 mars 2020 doivent être examinés en tenant compte de la régularisation des illégalités éventuellement intervenue par la délivrance du permis de construire modificatif le 18 novembre 2020.

6. En premier lieu, aux termes de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur. ".

7. En l'espèce, s'il est constant que le pétitionnaire a communiqué le 11 février 2020 de nouvelles pièces visant notamment à préciser le dispositif de rétention projeté au regard de la surface imperméabilisée du projet, le requérant ne démontre pas en quoi les pièces ainsi produites auraient nécessité une nouvelle consultation des services extérieurs consultés, notamment du service Eau, risques et nature de la direction départementale des territoires et de la mer qui, dans son avis du 21 janvier 2020, s'est borné à émettre un avis au regard du risque d'incendie de forêt. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme doit être écarté.

8. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article 1.1 du règlement de la zone UD du plan local d'urbanisme de Fontanes : " () Sont interdits : () - Les affouillements et les exhaussements de sol, à l'exception de () ceux nécessaires à la construction des bâtiments de la zone. () ".

9. Ces dispositions ne sont pas applicables aux travaux de mise en état des terrains d'assiette des bâtiments et autres ouvrages dont la construction fait l'objet d'un permis de construire, lequel est délivré conformément à d'autres dispositions du même code et tient compte d'éventuels affouillements et exhaussements du sol. M. F ne peut dès lors, en toutes hypothèses, utilement soutenir que les dispositions précitées de l'article 1.1 auraient été méconnues du fait des affouillements prévus par le projet tant au niveau du sous-sol de la villa que de la piscine.

10. En troisième lieu, aux termes de l'article 2-1 du règlement de la zone UD du plan local d'urbanisme, relatif à la volumétrie et l'implantation des constructions : " L'emprise au sol maximale des constructions est de 15 % de l'unité foncière. / () Les constructions et leurs annexes doivent être implantées avec un recul de 5 mètres minimum par rapport aux limites séparatives. () ".

11. D'une part, il ressort des dossiers de demande, notamment de la notice descriptive, que les surfaces imperméabilisées représentent 286,30 m², soit 15 % du terrain d'assiette d'une contenance de 1 904 m². En se bornant à faire valoir que l'emprise au sol maximale des constructions autorisée en zone UD est de 10 % et non de 15 % sans produire aucun élément à l'appui de ses allégations, alors que tant la commune de Fontanes que les pétitionnaires ont produit la version alors en vigueur du règlement du plan local d'urbanisme, le requérant n'assortit pas sa contestation des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien fondé.

12. D'autre part, lorsqu'une construction existante n'est pas conforme à une ou plusieurs dispositions d'un plan local d'urbanisme régulièrement approuvé, un permis de construire ne peut être légalement délivré pour la modification de cette construction, sous réserve de dispositions de ce plan spécialement applicables à la modification des immeubles existants, que s'ils rendent l'immeuble plus conforme aux dispositions réglementaires méconnues ou s'ils sont étrangers à ces dispositions.

13. Il ressort du plan de masse du projet que l'implantation du nouveau garage respecte la marge de recul de 5 mètres par rapport à la limite séparative avec la parcelle C n° 343 tandis que l'ancien garage accolé à la maison existante et destiné à être transformé en pièce habitable est implanté à 4,1 mètres de cette même limite séparative, en méconnaissance de l'article 2-1 précité. Toutefois les travaux autorisés portent sur le simple changement de destination du garage existant et sont donc dépourvus de lien avec la règle d'implantation des constructions, alors en outre qu'ils conduiront à diminuer la hauteur à l'égout du toit de 2,86 à 2,60 mètres et n'ont pas pour effet de créer d'ouvertures sur la façade mal implantée.

14. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 2.2 du règlement du plan local d'urbanisme, pris en ses deux branches, doit être écarté.

15. En quatrième lieu, aux termes de l'article 2.3 du règlement de la zone UD, relatif au traitement environnemental et paysager des espaces non bâtis et abords des constructions : " () Eléments de paysage et plantation à protéger : / - Les éléments de paysage repérés sur les documents graphiques du zonage au titre de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme pour lesquels les travaux non soumis à un permis de construire sont précédés d'une déclaration préalable et dont la démolition est subordonnée à la délivrance d'un permis de démolir sont pas préserver et valoriser. () ". Et selon l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut identifier et localiser les éléments de paysage et identifier, localiser et délimiter les quartiers, îlots, immeubles bâtis ou non bâtis, espaces publics, monuments, sites et secteurs à protéger, à conserver, à mettre en valeur ou à requalifier pour des motifs d'ordre culturel, historique ou architectural et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur préservation leur conservation ou leur restauration. Lorsqu'il s'agit d'espaces boisés, il est fait application du régime d'exception prévu à l'article L. 421-4 pour les coupes et abattages d'arbres. ".

16. En l'espèce, il est constant que le terrain d'assiette du projet supporte, sur sa partie non bâtie composée d'un vaste couvert boisé, des " éléments de paysage " à préserver repérés sur le règlement graphique et notamment deux chênes blancs et deux autres chênes à conserver, identifiés sur le plan de repérage des arbres. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment de la comparaison du plan de masse du projet au plan de repérage annexé au plan local d'urbanisme, que le projet autorisé aurait pour effet de supprimer l'un des chênes répertoriés sur le plan de repérage. Par ailleurs, l'implantation de la piscine ne nécessitera l'abattage d'aucun arbre tandis que les pétitionnaires ont prévu de replanter trois arbres de même essence que ceux destinés à être abattus pour l'extension en façade Est de la maison existante. Enfin, les travaux ayant été autorisés par permis de construire, la coupe d'arbres n'était pas soumise à déclaration préalable, alors en tout état de cause que le dossier de demande de permis modificatif comportait une autorisation d'abattage délivrée le 16 septembre 2020 par le maire de Fontanes. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point 15 doit être écarté en toutes ses branches.

17. En cinquième lieu, aux termes des dispositions de l'article 2.2 du règlement de la zone UD du plan local d'urbanisme, relatif à la qualité urbaine, architecturale, environnementale et paysagère : " Le permis de construire peut-être refusé, ou n'être accordé que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales, si les constructions et autre modes d'occupation du sol, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrage à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. / Volumétries, formes et façades : - Les constructions, les murs et autres éléments annexes doivent être de formes et de volumétries simples pensées dans leur globalité ne portant pas atteinte à l'environnement. - La forme et l'ordonnancement des ouvertures, ainsi que des balcons, terrasses et auvents doivent être intégrés en cohérence à l'ensemble de la construction et des façades. - Les éléments architecturaux anciens présentant un intérêt patrimonial doivent être préservés et rénovés. () / Toitures : - Les toitures doivent être en tuiles bipente, comprises entre 27 et 33 %. Les volumes des toitures doivent être de formes simples. - Les toitures tuiles doivent être de tuiles canal de terre cuite ou similaire de tente claire. () - Les toitures-terrasses sont autorisées à condition d'être végétalisées. () Sont interdits : - Les volumes de toitures complexes. () / Menuiseries : - Pour les constructions existantes, l'aspect des menuiseries doit se rapprocher de celui des menuiseries anciennes existantes dans le centre historique, de préférence en bois avec des teintes proches des constructions existantes et, de manière ponctuelle, en métal. - Pour les constructions nouvelles, les menuiseries et volets devront présenter une unité d'ensemble, en connotation avec le caractère traditionnel des menuiseries en bois. : Sont interdits : Les volets roulants avec des coffres extérieurs et sous linteaux pour les constructions nouvelles. Pour les constructions existantes, les volets roulants coffres doivent rechercher la meilleure intégration possible. () ".

18. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site. Il est exclu de procéder, dans le second temps du raisonnement, pour apprécier la légalité des permis de construire délivrés, à une balance d'intérêts divers en présence.

19. Il ressort de la notice descriptive, du plan de situation ainsi que des photographies versées aux débats que le projet s'intègre dans un secteur urbanisé du village, le terrain d'assiette étant entouré de parcelles construites. Il ressort de ces éléments que le site possède une homogénéité, mais ne présente pas d'intérêt architectural particulier, étant composé de maisons pavillonnaires construites en rez-de-chaussée ou R+1 avec des toitures en pente composées de tuiles et des peintures de couleurs claires, blanches ou beiges. Au surplus, le quartier s'inscrit dans un environnement largement boisé créant ainsi un tampon visuel entre les constructions, lesquelles sont également peu visibles depuis la voie publique. Il ressort des pièces du dossier et notamment du plan des toitures et des documents graphiques d'insertion versés aux dossiers de demande que la construction projetée sera composée d'un toit bi-pente en tuiles canal de terre incliné à 30 % et de deux toitures-terrasses végétalisées, conformément aux prescriptions précitées de l'article 2.2 relatives aux toitures. S'il est indéniable que la construction projetée est d'architecture contemporaine, il ne ressort pas pour autant des pièces du dossier qu'elle présenterait un volume de toitures complexes susceptible de porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants. Enfin le règlement ne prohibe pas l'usage de menuiseries en aluminium de teinte grise tandis qu'il ressort des documents graphiques d'insertion que ces menuiseries présentent une unité d'ensemble avec les volets roulants de même coloris, lesquels ne comportent pas de coffres extérieurs. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 2.2 du règlement de la zone UD du plan local d'urbanisme de la commune doit être écarté.

20. En sixième et dernier lieu, la caractérisation de la fraude résulte de ce que le pétitionnaire a procédé de manière intentionnelle à des manœuvres de nature à tromper l'administration sur la réalité du projet dans le but d'échapper à l'application d'une règle d'urbanisme. Il ne ressort pas des pièces du dossier que les mentions du dossier de demande du permis initial quant à la pente du terrain naturel aient procédé d'une intention des pétitionnaires de se soustraire à une règle d'urbanisme, notamment à l'interdiction des affouillements prescrite par l'article 1-1 du règlement de la zone UD, alors en outre qu'ils ont également produit à l'appui de leur demande un relevé topographique établi par un géomètre expert.

21. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que M. F n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés du 9 mars 2020 et du 10 novembre 2020 par lesquels le maire de Fontanes a délivré à M. et Mme E un permis de construire et un permis modificatif.

Sur les frais liés au litige :

22. L'article L. 761-1 du code de justice administrative fait obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la commune de Fontanes et de M. et Mme E, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme demandée à ce titre par M. F. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du requérant une somme de 750 euros à verser à la commune de Fontanes ainsi qu'une somme de 750 euros à verser à M. et Mme E au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens, sur le fondement des mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. F est rejetée.

Article 2 : M. F versera à la commune de Fontanes une somme de 750 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : M. F versera à M. et Mme E une somme de 750 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A F, à Mme B E et M. D E et à la commune de Fontanes.

Délibéré après l'audience du 6 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Lison Rigaud, présidente,

Mme Sophie Crampe, première conseillère,

M. François Goursaud, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 octobre 2022.

Le rapporteur,

F. Goursaud

La présidente,

L. Rigaud

La greffière,

M. C

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 20 octobre 2020.

La greffière,

M. C00aj

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