jeudi 16 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2005231 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C+ |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | MARGALL, D'ALBENAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 novembre 2020, M. C A, représenté par le cabinet d'avocats Philippe Audouin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 septembre 2020 par lequel le maire de la commune de Garrigues s'est opposé à sa déclaration préalable tendant à la création d'un abri de jardin, d'une terrasse, d'une pergola, d'un carport, d'un muret et d'un portail ;
2°) d'enjoindre à la commune de Garrigues, à titre principal, de délivrer un arrêté de non-opposition à déclaration préalable de travaux dans un délai de quinze jours et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Garrigues une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le silence gardé par le préfet sur la demande d'avis du 26 août 2020 a fait naître un avis favorable, auquel le maire était tenu de se conformer en vertu des dispositions de l'article R. 423-59 du code de l'urbanisme ; si l'avis du préfet devait être regardé comme défavorable, tous ses moyens doivent être regardés comme étant dirigés contre cet avis ;
- la décision est entachée d'un vice de forme en l'absence de mention dans ses visas de l'avis du préfet et à défaut d'avoir annexé ce dernier ;
- la décision est entachée d'un défaut de motivation au regard de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ;
- le maire a commis une erreur de droit en ne procédant pas à un examen particulier du dossier et en opposant un rejet de principe ;
- une erreur de droit et une erreur manifeste d'appréciation entachent la décision car les travaux en litige, qui concernent une construction existante, entrent dans les travaux autorisés par le règlement du PPRI.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 février 2021, la commune de Garrigues, représentée par le cabinet d'avocats Margall - d'Albenas, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mars 2021, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Crampe, première conseillère,
- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique,
- et les observations de Me Moukoko, représentant M. A, et de Me Teles, représentant la commune de Garrigues.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a déposé, le 20 août 2020, une déclaration préalable de travaux en vue de construire un abri de jardin, une terrasse, un carport, un muret et un portail, sur les parcelles cadastrées 112B733, 112B736 et 112B742. Par arrêté du 17 septembre 2020, le maire de la commune de Garrigues s'est opposé à la déclaration préalable. Par sa requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-5 du code de l'urbanisme : " Lorsque le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale est compétent, il recueille l'avis conforme du préfet si le projet est situé : / a) Sur une partie du territoire communal non couverte par une carte communale, un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu ; / () ". Aux termes de l'article R. 423-59 du même code : " Sous réserve des dispositions des articles L. 752-4, L. 752-14 et L. 752-17 du code de commerce et des exceptions prévues aux articles R*423-60 à R*423-71-1, les collectivités territoriales, services, autorités ou commissions qui n'ont pas fait parvenir à l'autorité compétente leur réponse motivée dans le délai d'un mois à compter de la réception de la demande d'avis sont réputés avoir émis un avis favorable. ".
3. Il résulte de ces dispositions que le maire ne peut, lorsque le permis de construire ou la déclaration préalable de travaux entrent dans leur champ d'application, délivrer le permis de construire ou ne pas s'opposer à la déclaration préalable, que si le préfet a émis, de manière expresse ou tacite, un avis favorable au projet. En revanche, ces dispositions ne font pas obstacle à ce que le maire, lorsqu'il estime disposer d'un motif légal de le faire, refuse l'autorisation sollicitée ou s'oppose à la déclaration préalable, soit après un avis favorable émis par le préfet soit sans attendre qu'un tel avis soit émis.
4. En l'espèce, il résulte des pièces du dossier que le maire de Garrigues a sollicité l'avis du préfet de l'Hérault le 26 août 2020. Sans attendre l'avis express ou tacite du préfet, qui devait être réputé favorable le 26 septembre 2020 en l'absence de réponse motivée, le maire s'est opposé à la déclaration préalable de travaux présentée par M. A par son arrêté du 17 septembre 2020.
5. Il résulte de ce qui précède que M. A ne peut utilement se prévaloir d'un avis favorable du préfet qui n'était pas intervenu à la date de l'arrêté contesté et qui, en tout état de cause, n'aurait pas fait obstacle à ce que le maire s'oppose à la déclaration préalable.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6 () ". L'arrêté en litige, qui indique que " le règlement de la zone Nr du PPRI susvisé énonce que sont interdits tous travaux et projets nouveaux, de quelque nature qu'ils soient, à l'exception de ceux visés dans le paragraphe admis sous conditions, puis qui fait état de la situation du projet en zone Nr et de la circonstance que " la nature des travaux projetés ne rentre pas en compte dans les travaux et projets nouveaux admis sous conditions " est suffisamment motivé.
7. En troisième lieu, le projet se situe en zone rouge de danger Rn du plan de prévention des risques naturels d'inondation (PPRI) dont le règlement dispose que sont interdits " tous les travaux et projets nouveaux de quelque nature qu'ils soient, à l'exception de ceux visés au paragraphe ci-dessous (). " Sont admis par le paragraphe suivant un certain nombre de travaux, parmi lesquels " les modifications de constructions existantes () sous réserve de ne pas créer de logements supplémentaires, à la condition que la surface du 1er plancher aménagé soit calée sur vide sanitaire à la cote minimal PHE + 30 cm () " ainsi que " les extensions au sol des bâtiments d'habitation () sans création de nouveaux logements, dans la limite de 20m2 d'emprise au sol, sous la même réserve concernant le 1er plancher aménagé, et à la condition que l'extension s'accompagne de mesures compensatoires de nature à diminuer la vulnérabilité du bâtiment lui-même (pose de batardeaux à chaque ouvrant situé sous la PHE, etc.). "
8. Les travaux en litige, soit un abri de jardin d'environ 4,8 m², une terrasse en matériau composite de 18 m², une pergola en aluminium de 12 m² et une seconde pergola en bois gris d'environ 10 m², un carport de 17,5 m² et un mur en entrée complété d'un portail en aluminium, ne peuvent être regardés, au sens de ces dispositions, ni comme une modification ni comme une extension d'une construction. Ils consistent à ajouter des éléments annexes à la construction qui n'entrent pas dans la liste des occupations du sol autorisées par ce règlement, et à construire un mur plein d'une hauteur d'1,60 mètre, dont les caractéristiques ne sont pas conformes à celles admises par le règlement " dans la mesure où ils permettent une transparence à l'écoulement (grillages à mailles larges, c'est-à-dire dont le plus petit coté est supérieur à 5 cm, sur un mur bahut de 20cm de haut maximum) ".
9. M. A ne peut utilement se prévaloir du droit de se clore, auquel la décision ne porte pas atteinte dès lors qu'il lui est loisible de déposer une demande d'autorisation d'urbanisme en faisant usage des caractéristiques et matériaux autorisés par le règlement du PPRI pour les clôtures. Il ne peut davantage se prévaloir de ce que les aménagements annexes souhaités seraient sans incidence sur l'écoulement de l'eau.
10. Ainsi, c'est par une exacte application des dispositions du règlement du PPRI que le maire de la commune de Garrigues s'est opposé à la déclaration préalable de travaux en litige. Ainsi M. A n'est pas fondé à soutenir que le maire n'aurait pas procédé à un examen particulier de son dossier de déclaration préalable de travaux ou qu'il aurait méconnu l'étendue de sa compétence en s'estimant tenu de s'opposer à cette déclaration.
11. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 17 septembre 2020 par lequel le maire de la commune de Garrigues s'est opposé à sa déclaration préalable tendant à la création d'un abri de jardin, d'une terrasse, d'une pergola, d'un carport, d'un muret et d'un portail.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
12. Le présent jugement, qui rejette les conclusions en annulation présentées par M. A, n'implique aucune mesure d'exécution au sens des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction présentées par le requérant ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Garrigues, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, quelque somme que ce soit, au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
14. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. A une somme de 1 500 euros au titre des frais non compris dans les dépens exposés par la commune de Garrigues.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera à la commune de Garrigues une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à la commune de Garrigues et au préfet de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 23 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Denis Besle, président,
Mme Sophie Crampe, première conseillère,
Mme Isabelle Pastor, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mars 2023
La rapporteure
S. Crampe Le président,
D. Besle
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 16 mars 2023.
La greffière,
M. B
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026