jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2005278 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCHNEIDER AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 20 novembre 2020, 14 octobre 2021 et 4 novembre 2021, M. B et Mme F H A, représentés par l'AARPI MB Avocats, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 septembre 2020 par lequel le maire de la commune de Clermont-l'Hérault a délivré à M. E C un permis de construire une maison individuelle pour une surface de plancher de 345,23 m² sur un terrain situé 3 chemin des Servières, parcelle cadastrée section CY n° 48 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Clermont-l'Hérault une somme de 1 800 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils justifient d'un intérêt à agir contre le permis contesté en leur qualité de voisins immédiats du projet ;
- le dossier de demande est incomplet faute pour le projet architectural de mentionner la construction existante sur le terrain d'assiette ainsi que les plantations maintenues ou supprimées, en méconnaissance des articles R. 431-8 et R. 431-9 du code de l'urbanisme ;
- les travaux litigieux auraient dû être précédés de la délivrance d'un permis de démolir en application des articles R. 421-27, R. 421-28 et R. 431-28 du code de l'urbanisme ;
- le permis contesté méconnaît les articles 3 des zones II AU et NEX du règlement du plan local d'urbanisme ainsi que les prescriptions techniques relatives aux contraintes liées à l'accessibilité des engins de secours et à l'organisation de la défense incendie annexées à ce règlement ainsi que le règlement départemental de défense extérieure contre l'incendie ;
- il méconnaît les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et celles de l'article 11 de la zone II AU relatives à l'aspect extérieur des constructions ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 13 de la zone II AU relatives aux espaces libres et plantations.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 17 mars 2021 et 28 octobre 2021, M. E C, représenté par Me Schneider, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme G A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- les requérants sont dépourvus d'intérêt à agir contre le permis contesté ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 19 mai 2021 et 29 octobre 2021, la commune de Clermont-l'Hérault, représentée par la SCP VPNG, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme G A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par courrier du 1er décembre 2022, les parties ont été informées de ce que le tribunal est susceptible de surseoir à statuer, sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, pour permettre la régularisation des vices tenant à l'incomplétude du dossier de demande au regard des articles R. 431-8 et R. 431-9 du code de l'urbanisme et à la méconnaissance des articles 11 et 13 de la zone II AU du règlement du plan local d'urbanisme de Clermont-l'Hérault.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Goursaud, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Villemejeanne, rapporteure publique ;
- les observations de Me Lenoir, représentant M. et Mme G A, celles de Me Lalubie, représentant la commune de Clermont-l'Hérault, et celles de Me Schneider, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 29 septembre 2020, le maire de la commune de Clermont-l'Hérault a délivré à M. E C un permis de construire une maison individuelle pour une surface de plancher de 345,23 m² sur un terrain situé 3 chemin des Servières, parcelle cadastrée section CY n° 48. Par la présente requête, M. et Mme G A demandent au tribunal d'annuler pour excès de pouvoir cet arrêté.
Sur la fin de non-recevoir opposée par M. C et tirée du défaut d'intérêt à agir des requérants :
2. Aux termes de l'article L 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
3. Il ressort des pièces du dossier que les requérants sont propriétaires de la parcelle cadastrée section CY n° 47 sur laquelle se situe leur maison d'habitation et qui est mitoyenne à la parcelle CY n° 48 constituant le terrain d'assiette du projet. Il en ressort également que le projet implique la modification du tracé de la servitude de passage grevant la parcelle cadastrée section CY n° 48, dont bénéficient les requérants pour accéder à leur maison d'habitation. En outre, les requérants justifient, de par les photographies prises depuis leur propriété, de ce que le projet litigieux est de nature, de par son volume et son implantation dans un vaste espace boisé, à modifier leur cadre de vie et à affecter leurs conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : () e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer () ". Selon l'article R. 431-9 du même code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. () ".
5. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
6. D'une part, il ressort du procès-verbal de constat d'huissier produit par M. et Mme G A que le terrain d'assiette du projet comporte une construction en dur couverte en tuiles qui n'est pas mentionnée dans la notice descriptive du projet, qui n'apparaît sur aucun plan et qui n'est pas non plus mentionnée dans le tableau des surfaces joint à la demande de permis de construire. Il ressort des écritures mêmes du pétitionnaire que cette construction ne doit pas faire l'objet d'une démolition et qu'elle a vocation à " être intégrée dans le projet de construction ". L'absence de mention dans le dossier de demande de cette construction a été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable, au regard notamment des dispositions de l'article II AU 8 du règlement du plan local d'urbanisme relatives à l'implantation des constructions les unes par rapport aux autres sur une même propriété. Par suite, les requérants sont fondés à soutenir que la décision attaquée méconnaît les dispositions précitées du code de l'urbanisme à défaut de description et de représentation des constructions existantes sur le terrain initial.
7. D'autre part, les requérants font valoir que le dossier de demande de permis de construire ne comporte pas un inventaire sincère du nombre d'arbres composant le couvert boisé du terrain d'assiette du projet dès lors que plusieurs spécimens ont vocation à être abattus pour la réalisation du tracé du chemin menant à leur parcelle. Il ressort en effet du constat d'huissier dressé le 4 novembre 2020 et des photographies qui y sont jointes que le terrain d'assiette du projet comporte, sur le tracé dudit chemin, une importante végétation et plusieurs arbres, certains récemment coupés, identifiables à la clarté de leur souche, et d'autres destinés à être abattus au regard du piquetage mis en place. Il ne ressort pas des pièces du dossier que les coupes réalisées auraient été motivées par un objet distinct de celui du projet de construction porté par M. C alors que celui-ci a mentionné au titre du " plan terrain " de l'existant la création du " futur chemin d'accès au terrain CY 47 " et au titre du plan de masse la réalisation du " nouveau chemin d'accès au terrain CY 47 ". Dans ces conditions, alors qu'aucun des plans versés à l'appui de la demande ne fait apparaître les boisements existant sur l'emprise du futur chemin, cette omission a été de nature, en l'espèce, à fausser l'appréciation du service instructeur quant au respect des règles fixées à l'article 13 du règlement de la zone II AU du plan local d'urbanisme. Dans ces conditions, le moyen tiré du caractère insuffisant du dossier de demande doit être, sur ce point, accueilli.
8. En deuxième lieu, les requérants ne sauraient utilement soutenir que le permis litigieux aurait dû être précédé de la délivrance d'un permis de démolir en application des articles R. 421-27, R. 421-28 et R. 4 31-28 du code de l'urbanisme dès lors que, ainsi qu'il a été exposé au point 6, la construction existante sur le terrain d'assiette ne doit pas faire l'objet d'une démolition.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la zone II AU du plan local d'urbanisme : " 1- Accès : (Les caractéristiques des accès doivent permettre de satisfaire aux règles minimales de desserte : défense contre l'incendie, protection civile, brancardage, stationnement (largeur minimale : 4.00 mètres). () 2- Voirie () Les voies en impasse, à créer doivent être aménagées dans leur partie terminale afin de permettre aux véhicules privés et à ceux de services publics () de faire demi-tour aisément et être conçues de manières à désenclaver éventuellement les parcelles arrières () ". L'article 3 de la zone N du même règlement, correspondant au zonage de la parcelle des requérants, prévoit par ailleurs au titre de la voirie une largeur minimale de la voie de 4 mètres.
10. Il ressort de ces dispositions qu'elles s'appliquent, non aux voies internes d'un terrain privé, mais aux voies publiques ou privées qui permettent l'accès à ce terrain. Alors même que la voie interne au terrain d'assiette du projet sera utilisée par les requérants pour desservir le terrain supportant leur maison d'habitation, le permis de construire litigieux n'inclut pas ce terrain dans son assiette. Cette voie interne ne peut donc être regardée comme une voie de desserte du projet, lequel sera desservi par un accès d'une largeur de 10,49 mètres au droit du chemin des Servières, dont il n'est pas contesté qu'il est adapté à l'importance et à la destination des constructions projetées. Dès lors, les requérants ne peuvent utilement invoquer, pour critiquer la configuration du chemin interne menant à leur propre parcelle, les dispositions des articles 3 des zones II AU et N du règlement du plan local d'urbanisme. En tout état de cause, la circonstance alléguée que le projet du pétitionnaire porterait atteinte à la servitude de passage instituée au profit des requérants n'est pas de nature à entacher d'illégalité le permis de construire, qui est délivré sous réserve du droit des tiers, dont ceux conférés par les servitudes de droit privé.
11. En quatrième lieu, M. et Mme G A ne peuvent utilement se prévaloir de ce que le projet ne respecte pas, s'agissant de la voirie interne, la largeur minimale des voies en impasse prévue par les prescriptions techniques relatives aux contraintes liées à l'accessibilité des engins de secours et à l'organisation de la défense incendie annexés au plan local d'urbanisme, en l'absence de renvoi à ce plan par le règlement du plan, s'agissant des règles applicables à la voirie et aux accès. De même, ils ne sauraient davantage utilement se prévaloir de la méconnaissance du règlement départemental de défense extérieure contre l'incendie (RDDECI) de l'Hérault, lequel relève d'une législation distincte de celle de l'urbanisme, et n'est pas directement opposable aux demandes de permis de construire.
12. En cinquième lieu, aux termes de l'article II AU 11 du règlement du plan local d'urbanisme : " () L'Architecture ne doit justifier un modernisme intempestif qui serait en contradiction avec la volonté d'intégration dans l'environnement. De même les pastiches et les anachronismes doivent être éliminés. / Entre ces deux extrêmes, il y a place pour une architecture simple et adaptée au caractère du " pays ". / Toute construction doit s'intégrer dans l'espace qui l'environne. Cet espace est conditionné par le climat, la topographie, la végétation existante, les constructions voisines et les vues, la forme et l'orientation de la parcelle. () / Afin de garantir un caractère d'ensemble à l'agglomération, les constructions doivent respecter les prescriptions suivantes : / 1. Toitures : Les couvertures des constructions nouvelles doivent être en tuiles canal ou similaire, de teinte prédominante dans la zone. Cependant des ouvertures différentes sont admises : - soit en tant qu'éléments de raccordements entre toits, soit en tant que terrasses plantées ou accessibles () / 2. Façades : () Les couleurs d'enduit seront traitées dans une gamme allant du blanc-ocré à l'ocre foncé et aux nuances rosées. () ". Aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ".
13. Les dispositions de l'article II AU 11 du règlement du plan local d'urbanisme ont le même objet que celles de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et posent des exigences qui ne sont pas moindres que celles résultant de cette disposition. Dès lors, c'est par rapport aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme que doit être appréciée la légalité de l'autorisation d'urbanisme en litige.
14. Pour apprécier si un projet de construction porte atteinte, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ou de celles du règlement d'un plan local d'urbanisme ayant le même objet et dont les exigences ne sont pas moindres, au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
15. D'une part, les requérants font valoir que le projet n'est pas en harmonie avec le bâti proche compte tenu de ses volumes imposants et de son architecture moderne. Il ressort des pièces du dossier que le projet autorisé par le permis de construire consiste en l'édification d'une maison d'habitation de facture contemporaine aux toitures plates végétalisées d'une surface de plancher de 345,23 m² sur un terrain d'une superficie de 4 360 m² largement boisé. Si ce projet diffère du bâti environnant pour l'essentiel composé par un habitat de type pavillonnaire avec des couvertures en tuiles, il ne ressort cependant pas des documents photographiques versés au dossier que ce bâti présenterait un intérêt particulier, ni une réelle unité architecturale. En outre, l'environnement immédiat du projet situé au sud du chemin des Servières est composé pour l'essentiel de vastes parcelles boisées seulement partiellement bâties et il ressort des pièces du dossier, notamment de la vue d'insertion graphique du projet depuis le chemin de Servières, que le projet ne sera pas visible depuis la voie publique compte tenu de l'écrin végétal qui l'entoure. Par ailleurs les dispositions précitées de l'article II AU 11 n'ont pas pour effet d'interdire les constructions d'architecture contemporaine pourvues de toit-terrasses alors en outre que plusieurs constructions alentours possèdent une telle couverture. Enfin la densité de l'opération projetée dans son ensemble n'est pas de nature à porter atteinte à l'intérêt des lieux environnants, dès lors que l'obligation pour une construction nouvelle de tenir compte de son environnement et de s'y intégrer ne fait pas obstacle à ce qu'un projet présente, dans le respect des prescriptions du règlement relatives à l'emprise, une différence d'emprise avec les constructions avoisinantes. Dans ces conditions, en dépit du volume du projet et de son architecture contemporaine et compte tenu de son emplacement, le maire de Clermont-l'Hérault n'a pas commis d'erreur d'appréciation, au regard des dispositions précitées, en autorisant la construction litigieuse.
16. D'autre part et en revanche, il ressort de la notice descriptive du projet que " les façades sont () en trois tons, blanc cassé, gris clair et gris sombre " et ce en méconnaissance des dispositions précitées relatives aux façades imposant de recourir à des couleurs d'enduit dans une gamme allant du blanc-ocré à l'ocre foncé. La circonstance que les façades ne soient pas directement visibles depuis l'espace public est sans incidence sur le non-respect de ces dispositions particulières. Par suite, les requérants sont seulement fondés à soutenir que le projet litigieux méconnait les dispositions de l'article II AU 11 compte tenu des couleurs utilisées pour les façades.
17. En sixième et dernier lieu, aux termes de l'article II AU 13 du règlement du plan local d'urbanisme, relatif aux espaces libres et plantations : " Les surfaces libres de toute construction, ainsi que les aires de stationnement de plus de 500 m² doivent être plantées, à raison d'un arbre de haute tige par 100 m² de terrain. Les plantations existantes doivent être maintenues ou remplacées par des plantations équivalentes. () ".
18. Il ressort des pièces du dossier et notamment du plan terrain et du plan de masse que, compte tenu de la superficie du terrain d'assiette du projet d'une surface de 4 360 m² et de l'emprise au sol du projet d'une surface de 435,85 m², les dispositions précitées imposant la plantation d'un arbre de haute tige par 100 m² de terrain au titre des surfaces libres de toutes constructions sont respectées. En revanche, ainsi qu'il a été dit au point 7, les constats d'huissier versés au débat mentionnent la présence de plusieurs arbres de haute tige sur le tracé de la voirie interne menant à la parcelle CY n° 47, soit encore présents, soit récemment abattus. Si, compte tenu des insuffisances du dossier relevées au point 7, le nombre exact d'arbres de haute tige situés sur ce tracé et destinés à être abattus ne peut être déterminé avec exactitude, il est néanmoins constant que le projet ne prévoit le remplacement d'aucun d'entre eux. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 13 du règlement de la zone II AU du plan local d'urbanisme doit être accueilli.
19. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme G A sont seulement fondés à soutenir que l'arrêté du 29 septembre 2020 du maire de Clermont-l'Hérault est entaché d'incomplétude au regard des articles R. 431-8 et R. 431-9 du code de l'urbanisme et méconnaît les dispositions des articles II AU 11 et II AU 13 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune.
Sur la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
20. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire () estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. () ".
21. Il résulte de l'instruction que les vices retenus aux points 6, 7, 16 et 18 du présent jugement sont susceptibles d'être régularisés dès lors que la régularisation n'implique pas d'apporter au projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Dans ces conditions, il y a lieu de surseoir à statuer, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et d'impartir à M. C un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement afin de produire la mesure de régularisation nécessaire.
D E C I D E :
Article 1er : Il est sursis à statuer sur la requête de M. et Mme G A, jusqu'à l'expiration d'un délai de deux mois, afin de permettre la régularisation des vices mentionnés au point 21 du présent jugement.
Article 2 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B et Mme F H A, à M. E C et à la commune de Clermont-l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 8 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Lison Rigaud, présidente,
Mme Isabelle Pastor, première conseillère,
M. François Goursaud, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.
Le rapporteur,
F. Goursaud
La présidente,
L. Rigaud
La greffière,
M. D
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 22 décembre 2022.
La greffière,
M. D00aj
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026