jeudi 9 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2005577 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCHNEIDER AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 4 décembre 2020 et 7 juillet 2021, Mme B C, représentée par la SELARL Schneider Associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 octobre 2020 par lequel le maire de la commune de Lodève a refusé de lui délivrer un permis d'aménager deux lots destinés à la construction individuelle ;
2°) à titre principal, d'enjoindre à la commune de Lodève de délivrer l'autorisation d'urbanisme sollicitée et à titre subsidiaire de réexaminer sa demande, dans un délai d'un mois et sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Lodève, une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le certificat d'urbanisme tacite qui déclarait son opération réalisable lui ouvrait droit à une interprétation juridique identique de la règle de droit applicable ;
- le projet se situe en zone déjà urbanisée et il respecte le principe de continuité imposé par les articles L. 122-5 et suivants du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 mai 2021, la commune de Lodève, représentée par la SCP VPNG Avocats Associés, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme C une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 mai 2021, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Crampe,
- les conclusions de M. Goursaud, rapporteur public,
- et les observations de Me Schneider, représentant Mme C, et de Me Bezard, représentant la commune de Lodève.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a déposé le 30 juin 2020 une demande de permis d'aménager en vue de la création, sur la parcelle cadastrée section parcelle AL n° 1287, de deux lots d'une superficie respective de 937 m2 et 811 m2 destinés à la construction individuelle. Au visa de l'avis conforme défavorable du préfet de l'Hérault du 16 juillet 2020, le maire de la commune de Lodève a refusé de délivrer l'autorisation en litige. Mme C, qui doit être regardée comme demandant au tribunal, par voie d'exception, de constater l'illégalité de l'avis conforme du préfet, demande l'annulation de l'arrêté du 7 octobre 2020 portant refus de permis d'aménager.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme : " Le certificat d'urbanisme, en fonction de la demande présentée : a) Indique les dispositions d'urbanisme, les limitations administratives au droit de propriété et la liste des taxes et participations d'urbanisme applicables à un terrain ; b) Indique en outre, lorsque la demande a précisé la nature de l'opération envisagée ainsi que la localisation approximative et la destination des bâtiments projetés, si le terrain peut être utilisé pour la réalisation de cette opération ainsi que l'état des équipements publics existants ou prévus. ". L'article R. 410-12 du même code dispose qu': " A défaut de notification d'un certificat d'urbanisme dans le délai fixé par les articles R. 410-9 et R. 410-10, le silence gardé par l'autorité compétente vaut délivrance d'un certificat d'urbanisme tacite. Celui-ci a exclusivement les effets prévus par le quatrième alinéa de l'article L. 410-1, y compris si la demande portait sur les éléments mentionnés au b de cet article. ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'un certificat d'urbanisme tacite n'a pas les effets d'un certificat d'urbanisme dit " opérationnel ", délivré au titre du b) de l'article L. 410-1, mais uniquement les effets d'un certificat d'urbanisme dit " informatif ", délivré sur le fondement du a) de ces dispositions. Dès lors, Mme C ne peut utilement se prévaloir de la délivrance à son bénéfice d'un certificat d'urbanisme " opérationnel " tacite consécutif à sa demande déposée le 15 avril 2019.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme : " L'urbanisation est réalisée en continuité avec les bourgs, villages, hameaux, groupes de constructions traditionnelles ou d'habitations existants, sous réserve de l'adaptation, du changement de destination, de la réfection ou de l'extension limitée des constructions existantes, ainsi que de la construction d'annexes, de taille limitée, à ces constructions, et de la réalisation d'installations ou d'équipements publics incompatibles avec le voisinage des zones habitées. ". Les articles L.122-5-1 et L.122-6 ajoutent respectivement que : " Le principe de continuité s'apprécie au regard des caractéristiques locales de l'habitat traditionnel, des constructions implantées et de l'existence de voies et réseaux. " et " Les critères mentionnés à l'article L. 122-5-1 sont pris en compte : () b) Pour l'interprétation des notions de hameaux et de groupes de constructions traditionnelles ou d'habitations existants, lorsque la commune n'est pas dotée d'un plan local d'urbanisme ou d'une carte communale. ".
5. Il résulte de ces dispositions qu'est ainsi possible l'édification de constructions nouvelles en continuité d'un groupe de constructions traditionnelles ou d'un groupe d'habitations existants qui, ne s'inscrivant pas dans les traditions locales, ne pourrait être regardé comme un hameau. L'existence d'un tel groupe suppose plusieurs constructions qui, eu égard notamment à leurs caractéristiques, à leur implantation les unes par rapport aux autres et à l'existence de voies et de réseaux, peuvent être perçues comme appartenant à un même ensemble.
6. Il ressort des pièces du dossier, d'une part, que le projet en litige est éloigné du centre-ville d'environ 1 kilomètre au sud de la commune. Il est situé au sein d'un vaste compartiment foncier boisé situé à l'Ouest du chemin de Bouffours ne supportant que de rares constructions au sud et dont le côté Nord est bordé par un vaste espace laissé à l'état naturel. Si le terrain d'assiette se situe à environ une vingtaine de mètres d'un groupe de trois constructions situées au Sud sur les parcelles 1286, 1287 et 1111, elles-mêmes séparées les unes des autres de seulement environ 20 mètres, ces maisons sont toutefois isolées et séparées de la maison la plus proche située sur la parcelle 1149, de l'autre côté du chemin de Bouffours s'achevant en impasse, qui forme une coupure d'urbanisation. Dans ces conditions, ces constructions forment un habitat diffus qui bien que desservies par la même voie et les réseaux, ne peuvent être regardées, eu égard à leur nombre et à leur implantation, comme appartenant à un même ensemble et comme constituant un groupe d'habitations existant au sens des dispositions précitées de l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme. Par ailleurs, Mme C ne peut utilement se prévaloir de l'objectif d'accroissement de la population inscrit au projet d'aménagement et de développement durables ni du classement de la commune en zone de revitalisation urbaine. C'est ainsi à bon droit que le préfet a considéré que le projet méconnaissait la règle d'urbanisation en continuité fixée par l'article L. 122-5 précité du code de l'urbanisme. Il y a lieu par voie de conséquence d'écarter le moyen tiré par la voie de l'exception de l'illégalité de l'avis conforme du préfet de l'Hérault.
7. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 7 octobre 2020 par lequel le maire de la commune de Lodève a refusé de lui délivrer un permis d'aménager deux lots destinés à la construction individuelle.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Le présent jugement, qui rejette les conclusions en annulation présentées par Mme C, n'implique aucune mesure d'exécution au sens des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction présentées par la requérante ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 et 75 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Lodève, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme demandée sur le fondement.
10. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de Mme C une somme de 1500 euros au titre des frais non compris dans les dépens exposés par la commune de Lodève.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Mme C versera une somme de 1 500 euros à la commune de Lodève au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, à la commune de Lodève et au préfet de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 19 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Corneloup, présidente,
Mme Couegnat, première conseillère,
Mme Crampe, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 novembre 2023.
La rapporteure
S. Crampe La présidente,
F. Corneloup
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 9 novembre 2023.
La greffière,
M. A
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026