vendredi 1 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2005610 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | S.C.P. CHICHET-HENRY AVOCATS - HG&C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 4 décembre 2020, 9 octobre 2021, 14 mars et 17 mai 2022, Mme C A, représentée par Me Falandry, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 septembre 2020 par lequel le maire de la commune de Corneilla-la-Rivière a refusé de lui délivrer un permis de construire une maison individuelle ;
2°) d'enjoindre à la commune de Corneilla-la-Rivière de lui délivrer le permis de construire demandé dans un délai d'un mois ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.
Elle soutient que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé, en fait comme en droit, à défaut de citer les dispositions qui fixent une interdiction en zone d'aléa très fort et de mentionner les raisons pour lesquelles l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme est méconnu ;
- ni le maire, ni le préfet dans son avis conforme, ne pouvaient opposer les dispositions du porter-à-connaissance du 11 juillet 2019, qui sont inopposables ; en admettant même un risque nouveau, le maire ni le préfet ne peuvent invoquer un principe général d'inconstructibilité fondé sur le PGRI ; aucune autre disposition n'interdit les constructions en zone d'aléa très fort ; l'avis du préfet du 4 août 2020 est illégal par voie d'exception ;
- le nouveau classement en zone d'aléa très fort est matériellement inexact, aucun élément n'accréditant une aggravation du risque d'inondation antérieur.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 avril 2021, la commune de Corneilla-la-Rivière, représentée par HG et C Avocats, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Lafon, rapporteur public,
- et les observations de Me Calvet, représentant Mme A et de Me Henry, représentant la commune de Corneilla-la-Rivière.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a sollicité, le 22 juillet 2020, un permis de construire une maison individuelle sur un terrain situé 7 rue Joseph Sebastia Pons à Corneilla-la-rivière. Le maire de la commune a refusé de délivrer le permis de construire sollicité par arrêté du 25 septembre 2020, dont Mme A demande l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Pour refuser de délivrer à Mme A le permis de construire sollicité, le maire de la commune de Corneilla-la-rivière s'est fondé sur l'avis conforme défavorable du préfet des Pyrénées-Orientales en date du 20 août 2020, recueilli au titre de L. 422-5 du code de l'urbanisme. Il ressort des pièces du dossier que pour édicter son avis défavorable, le préfet a considéré, au visa du porter-à-connaissance (PAC) du 11 juillet 2019, relatif aux aléas et aux règles de gestion du risque inondation, que la maison individuelle projetée se situe en zone d'aléa très fort de ce porter-à-connaissance, avec des hauteurs d'eau supérieures ou égales à un mètre et " qu'en zone d'aléa très fort, toutes constructions sont interdites ".
3. En premier lieu, et d'une part, aux termes de l'article L. 132-2 du code de l'urbanisme : " L'autorité administrative compétente de l'Etat porte à la connaissance des communes ou de leurs groupements compétents : 1° Le cadre législatif et réglementaire à respecter ; / 2° Les projets des collectivités territoriales et de l'Etat en cours d'élaboration ou existants. L'autorité administrative compétente de l'Etat leur transmet à titre d'information l'ensemble des études techniques dont elle dispose et qui sont nécessaires à l'exercice de leur compétence en matière d'urbanisme. / Tout retard ou omission dans la transmission de ces informations est sans effet sur les procédures engagées par les communes ou leurs groupements. ".
4. D'autre part, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ". En vertu de ces dispositions, lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.
5. Les prescriptions d'un plan de prévention des risques naturels (PPRN) prévisibles, destinées notamment à assurer la sécurité des personnes et des biens exposés aux risques en cause et valant servitude d'utilité publique, s'imposent directement aux autorisations de construire, sans que l'autorité administrative soit tenue de reprendre ces prescriptions dans le cadre de la délivrance du permis de construire. Il incombe à l'autorité compétente pour délivrer une autorisation d'urbanisme de vérifier que le projet respecte les prescriptions édictées par le plan de prévention et, le cas échéant, de préciser dans l'autorisation les conditions de leur application. Si les particularités de la situation l'exigent et sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, il peut subordonner la délivrance du permis de construire sollicité à des prescriptions spéciales, s'ajoutant aux prescriptions édictées par le plan de prévention dans cette zone, si elles lui apparaissent nécessaires pour assurer la conformité de la construction aux dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. Ce n'est que dans le cas où l'autorité compétente estime, au vu d'une appréciation concrète de l'ensemble des caractéristiques de la situation d'espèce qui lui est soumise et du projet pour lequel l'autorisation de construire est sollicitée, y compris d'éléments déjà connus lors de l'élaboration du plan de prévention des risques naturels, qu'il n'est pas légalement possible d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions permettant d'assurer la conformité de la construction aux dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, qu'elle peut refuser, pour ce motif, de délivrer le permis.
6. Si les dispositions de l'article R. 111-2 ne s'opposent pas à la prise en compte par l'autorité administrative des éléments qu'un porter-à-connaissance contiendrait, dans la mesure où serait caractérisé un risque pour la sécurité publique, ce document est cependant dépourvu de caractère normatif. Par suite, le préfet des Pyrénées-Orientales a commis une erreur de droit en estimant que le porter-à-connaissance interdisait par lui-même les constructions en zone d'aléa très fort. En outre, en se bornant à opposer les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, sans rechercher par une appréciation concrète de l'ensemble des caractéristiques de la situation d'espèce qui lui était soumise et du projet pour lequel l'autorisation de construire est sollicitée, s'il n'était pas légalement possible d'assortir son avis de prescriptions, le préfet des Pyrénées-Orientales a commis une seconde erreur de droit. Cet avis est dès lors, illégal et le maire n'était, par suite, pas tenu de le suivre.
7. Il résulte de ce qui vient d'être exposé que, d'une part, c'est par une inexacte application des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme que le maire a considéré que la situation du projet en zone inondable justifiait le refus opposé à la demande, dès lors que, n'étant pas lié par l'avis illégal émis par le préfet, il lui appartenait de s'assurer, dans les conditions exposées au point 4, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales de nature à pallier le risque d'inondation affectant la parcelle. D'autre part, le maire ne pouvait se fonder sur le porter-à-connaissance préfectoral, dépourvu de valeur réglementaire, pour interdire les constructions en zone d'aléa fort.
8. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le maire aurait pris la même décision en se fondant sur l'indication, par le porter-à-connaissance, de la situation du projet en zone d'aléa très fort, dès lors que Mme A établit, par des mesures altimétriques effectuées sur des parcelles limitrophes à la sienne et sur sa parcelle, des incohérences dans la cartographie du risque sur laquelle s'est fondée l'autorité administrative pour qualifier l'importance de l'aléa.
9. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'est susceptible de fonder l'annulation de la décision contestée.
10. Il résulte de ce qui précède que Mme A est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 25 septembre 2020 par lequel le maire de la commune de Corneilla-la-Rivière a refusé de lui délivrer un permis de construire une maison individuelle.
Sur les conclusions en injonction :
11. Aux termes de l'article L. 911-2 du même code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette décision doit intervenir dans un délai déterminé " ;
12. Considérant que le présent jugement, s'il implique, pour son exécution, que l'autorité administrative procède à une nouvelle instruction de la demande de permis de construire, n'implique pas nécessairement la délivrance de l'autorisation demandée. Les conclusions de la requérante tendant à ce qu'il soit enjoint à la commune de Corneilla-la-Rivière de lui délivrer le permis de construire demandé doivent donc être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'allocation des dépens :
13. La présente instance n'ayant pas donné lieu à dépens au sens de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, les conclusions de Mme A tendant à ce que l'Etat supporte les dépens ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
14. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire doit aux conclusions présentées par Mme A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 25 septembre 2020 portant refus de permis de construire est annulé.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, à la commune de Corneilla-la-Rivière et au préfet des Pyrénées-Orientales.
Délibéré après l'audience du 3 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Besle, président,
M. Myara, premier conseiller,
Mme Crampe, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2022.
La rapporteure
S. B Le président,
D. Besle
La greffière,
C. Arce
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 1er juillet 2022.
La greffière,
C. Arce
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026