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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2005726

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2005726

mardi 7 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2005726
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSCP CASCIO - ORTAL - DOMMÉE - MARC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un jugement du 22 avril 2022, le tribunal a, avant-dire droit sur la requête de MM. D et C tendant à l'annulation de l'arrêté en date du 18 juin 2020 par lequel le maire de la commune des Angles a accordé un permis de construire à M. A en vue de la construction d'une maison individuelle ainsi que la décision implicite rejetant leur recours gracieux formé le 14 août 2020 et à ce que la somme de 2 500 euros à leur verser respectivement à chacun soit mise à la charge de la commune des Angles en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sursis à statuer jusqu'à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de la notification du jugement, dans l'attente de la notification au tribunal d'un permis de construire modificatif délivré à M. E le maire des Angles régularisant les vices tenant au caractère de l'extension non limitée de la construction en méconnaissance de l'article UA 1-3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune des Angles et de sa hauteur excessive en violation de l'article UA3 de ce même règlement.

Par un mémoire et un bordereau de pièces enregistrés le 20 juin 2022, M. et Mme A, concluent au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de MM. D et C en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- le permis de construire modificatif qui leur a été accordé le 7 juin 2022 par le maire des Angles est de nature à régulariser les vices entachant le permis de construire initial.

Par un mémoire enregistré le 26 juillet 2022, M. F D et M. B C, représentés par la SCP Codognes, concluent à l'annulation du permis de construire modificatif accordé aux époux A par arrêté du maire des Angles du 7 juin 2022 et à ce qu'il soit mis à la charge solidaire de la commune des Angles et de M. et Mme A le versement de la somme de 2 500 euros, d'une part, à M. D, d'autre part, à M. C en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- les plans de coupes du projet modifié ne permettent pas de vérifier que la hauteur de la construction projetée, mesurée à partir du terrain naturel, n'excède pas la hauteur maximale de 12 mètres dans la zone et 11,10 mètres à l'égout du toit rue de Jousville.

Une mesure supplémentaire d'instruction a été diligentée le 24 novembre 2022, en application des dispositions de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, afin que la commune des Angles verse au dossier les plans de coupe du PC n° 066 004 20 D0011 M01 accordé le 7 juin 2022 à M. et Mme A.

La commune des Angles a produit les pièces demandées les 24 novembre 2022 et 13 janvier 2023 et ces pièces ont été communiquées aux parties.

Un mémoire, qui n'a pas été communiqué, a été présenté pour MM. D et C le 23 janvier 2023, après la clôture automatique de l'instruction.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Rousseau, premier conseiller,

- les conclusions de M. Lafay, rapporteur public,

- et les observations de Me Chatron, représentant la commune des Angles, et de Me Danet, représentant M. et Mme A.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions à fin d'annulation :

1. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".

2. Par un jugement du 22 avril 2022, le tribunal a, avant-dire droit sur la requête de MM. D et C tendant à l'annulation de l'arrêté en date du 18 juin 2020 par lequel le maire de la commune des Angles a accordé un permis de construire à M. A en vue de la construction d'une maison individuelle ainsi que la décision implicite rejetant leur recours gracieux formé le 14 août 2020 et à ce que la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à leur verser respectivement à chacun soit mise à la charge de la commune des Angles, sursis à statuer jusqu'à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de la notification du jugement, dans l'attente de la notification au tribunal d'un permis de construire modificatif délivré à M. E le maire des Angles régularisant les vices tenant au caractère d'extension non limitée en méconnaissance de l'article UA 1-3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune des Angles et à la hauteur excessive de la construction en violation de l'article UA3 de ce même règlement.

3. Par un mémoire enregistré le 20 juin 2022, régulièrement communiqué aux requérants le 21 juin suivant, M. et Mme A exposent avoir obtenu du maire des Angles, par un arrêté du 7 juin 2022, un permis de construire modificatif aux fins de régulariser les vices retenus par le tribunal dans son jugement avant-dire droit du 22 avril 2022.

4. Le permis de construire modificatif accordé aux époux A sur le terrain situé 13 rue des Fontaines aux Angles a pour objet, la suppression du niveau 3 et l'abaissement de la toiture, la création en niveau 2 d'une terrasse partiellement couverte, la réduction de la surface de plancher, la création en niveau 1 d'une terrasse et la réduction de la surface de plancher, la modification des ouvertures façade au niveau 1, pour une surface de plancher créée de 101,51 m².

5. A compter de la décision par laquelle le juge fait usage de la faculté de surseoir à statuer ouverte par l'article L. 600-5-1, seuls des moyens dirigés contre le permis modificatif notifié, le cas échéant, au juge peuvent être invoqués devant ce dernier. Les parties ne peuvent soulever aucun autre moyen, qu'il s'agisse d'un moyen déjà écarté par la décision avant-dire droit ou de moyens nouveaux, à l'exception de ceux qui seraient fondés sur des éléments résultant de la régularisation.

6. L'article UA 1-3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune des Angles dispose que : " () Pour les parcelles présentant déjà une construction à la date d'approbation du PLU, les parties non bâties resteront inconstructibles : seule la reconstruction de bâtiments existants ainsi que la réalisation d'extensions limitées sont autorisées. Des adaptations mineures des constructions peuvent également être réalisées ".

7. Il ressort des pièces du dossier que le dossier de permis de construire initial portait la surface de plancher existante de 78,20 m² à 148 m², soit une augmentation de 89,25 %, contraire à la notion d'extension limitée prévue par ces dispositions. Le projet modificatif autorisé limite désormais la surface de plancher à 101,51 m², soit une augmentation de 29,79 %. Si le règlement du PLU ne fixe pas de pourcentage précisant la notion d'extension limitée, celle-ci, doit être regardée comme présentant un tel caractère au sens et pour l'application des dispositions citées au point 6 dès lors qu'elle n'outrepasse pas 30 %.

8. L'article UA3 du règlement précité précise que : " () les constructions doivent s'intégrer dans le volume défini entre le terrain naturel (en NGF) et une courbe enveloppe dont l'altimétrie correspond à celle du terrain naturel en NGF augmenté de la hauteur maximale autorisée dans la zone. () la hauteur des constructions ne peut excéder 12 mètres et 9 mètres à l'égout pour les façades donnant sur la voie publique. Elle doit être en harmonie avec celle des bâtiments voisins. La différence de hauteur entre deux constructions voisines ne peut excéder un niveau. Une transition entre des constructions de hauteur différente devra être recherchée. ".

9. Il résulte de l'examen du plan en coupe du terrain que la hauteur du projet à partir du terrain naturel est, pour la partie située rue de Jousville, de 11,10 mètres au faitage et de 9 mètres à l'égout pour la façade donnant sur la rue de Jousville respectant ainsi le règlement de la zone UA qui définit la hauteur maximale ne pouvant excéder 12 mètres et 9 mètres à l'égout pour les façades donnant sur la voie. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté comme manquant en fait.

10. Dès lors que les deux vices qui affectaient le permis de construire du 18 juin 2020 ont été purgés par la délivrance aux époux A d'un permis de construire modificatif, les conclusions de la requête tendant à l'annulation de l'arrêté n° PC 066 004 20 D0011 du 18 juin 2020 par lequel le maire des Angles leur a délivré permis de construire une maison à usage d'habitation sur la parcelle cadastrée section AH n° 345 située 13 rue des Fontaines doivent être rejetées.

Sur les frais d'instance :

11. La circonstance qu'au vu de la régularisation intervenue en cours d'instance, le juge rejette finalement les conclusions dirigées contre la décision initiale, dont le requérant était fondé à soutenir qu'elle était illégale et dont il est, par son recours, à l'origine de la régularisation, ne doit pas à elle seule, pour l'application de ces dispositions, conduire le juge à mettre les frais à sa charge ou à rejeter les conclusions qu'il présente à ce titre.

12. Il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la commune des Angles, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par les requérants au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de MM. D et C les sommes réclamées par la commune des Angles et M. et Mme A sur ce même fondement.

D E C I D E :

Article 1er : Le surplus des conclusions de la requête de M. D et de M. C sur lequel il n'a pas été expressément statué par le jugement susvisé du 22 avril 2022 est rejeté.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune des Angles et M. et Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. F D, à M. B C, à la commune des Angles, au préfet des Pyrénées-Orientales et à M. et Mme A.

Délibéré après l'audience du 24 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

M. Besle, président,

Mme Teuly-Desportes, première conseillère,

M. Rousseau, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 février 2023.

Le rapporteur,

M. Rousseau

Le président,

D. Besle

La greffière,

C. Arce

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 7 février 2023

La greffière,

C. Arce

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