mercredi 28 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2005961 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | COUPARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 décembre 2020, M. C B, représenté par Me Coupard, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 16 novembre 2020 par laquelle la directrice de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et a refusé de lui accorder les conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui accorder les conditions matérielles d'accueil dans le délai de sept jours à compter de la notification du jugement à intervenir, au besoin sous astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que la décision attaquée :
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'un défaut d'examen réel et complet de sa situation ;
- est entachée d'un vice de procédure pour non-respect du contradictoire ;
- est entachée d'un vice de procédure en ce que l'agent ayant procédé à l'entretien n'était pas spécifiquement formé ;
- est entachée d'un vice de procédure en ce qu'il n'a pas reçu d'information complète ;
- est entachée d'une erreur de droit en ce qu'il n'y a pas eu d'examen de vulnérabilité ;
- méconnaît le 2° de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce que l'Office français de l'intégration et de l'immigration s'est estimé en compétence liée ;
- est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de sa vulnérabilité.
Une mise en demeure a été adressée le 11 octobre 2021 à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Un mémoire présenté par l'Office français de l'immigration et de l'intégration a été enregistré le 14 septembre 2022, postérieurement à la clôture automatique de l'instruction trois jours francs avant l'audience.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 janvier 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, né en 1991 et de nationalité sénégalaise, a déposé une demande d'asile le 16 novembre 2020 à la préfecture de l'Hérault. Par une décision du même jour dont il demande l'annulation, la directrice de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de lui accorder les conditions matérielles d'accueil.
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. M. B a obtenu, par une décision du 18 janvier 2021, le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Dès lors, les conclusions tendant à ce qu'il soit provisoirement admis à l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de faits qui en constituent le fondement, notamment la référence au 2° de l'article L 744-8 et D. 744-37 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et le motif de refus tiré de ce que M. B a présenté sa demande d'asile plus de 120 jours après son entrée sur le territoire français. Par ailleurs, la décision attaquée n'avait pas à mentionner les circonstances particulières évoquées pendant l'entretien de vulnérabilité, lequel a bien été réalisé ainsi qu'il en ressort de la fiche d'évaluation versée au dossier. Par suite le moyen tiré de l'insuffisance de la motivation de la décision attaquée et le moyen tiré du défaut d'examen réel et complet doit être écarté.
4. En deuxième lieu, l'article D. 744-38 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du 1° de l'article L. 744-8 est écrite, motivée et prise après que le demandeur a été mis en mesure de présenter à l'Office français de l'immigration et de l'intégration ses observations écrites dans un délai de quinze jours. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Cette décision prend effet à compter de sa signature. ".
5. M. B se prévaut de la méconnaissance des dispositions de l'article D. 744-37 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui prévoient la mise en œuvre d'une procédure contradictoire préalable. Il résulte néanmoins des dispositions de l'article D. 744-38 de ce code que l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'est assujetti au respect d'une telle procédure que dans l'hypothèse où il prend une décision de retrait du bénéfice des conditions matérielles d'accueil sur le fondement du 1° de l'article L. 744-8 au motif que le demandeur d'asile a dissimulé ses ressources financières, a fourni des informations mensongères relatives à sa situation familiale, a présenté plusieurs demandes d'asile sous des identités différentes, ou encore en cas de comportement violent ou de manquement grave au règlement du lieu d'hébergement. Ces dispositions ne sont dont pas applicables à l'hypothèse d'un refus du bénéfice des conditions matérielles d'accueil fondé sur le 2° de l'article L. 744-8 au motif d'une demande d'asile présenté au-delà d'un certain délai. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de la procédure contradictoire est en conséquence inopérant et ne peut être accueilli, de même que celui tiré d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B a bénéficié, lors de l'enregistrement de sa demande d'asile au guichet unique des demandeurs d'asile, d'un entretien personnel avec un agent qualifié de l'Office français de l'immigration et de l'intégration en français, langue qu'il comprend. Par suite le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Lors de l'entretien, le demandeur est informé de sa possibilité de bénéficier de l'examen de santé gratuit prévu à l'article L. 321-3 du code de la sécurité sociale. ". Aux termes de l'article L. 321-3 du code de la sécurité sociale : " La caisse doit soumettre l'assuré et les membres de sa famille, à certaines périodes de la vie, à un examen de santé gratuit. En cas de carence de la caisse, l'assuré et les membres de sa famille peuvent demander à subir cet examen. Les modalités d'application du présent article sont fixées par le décret en Conseil d'Etat qui prévoit toutes mesures utiles pour éviter le double emploi de cet examen de santé avec toute autre visite de médecine préventive organisée en application d'une autre disposition législative ou réglementaire.(). ".
8. Si le requérant soutient ne pas avoir reçu l'information de la possibilité d'un examen médical gratuit en application de l'article L. 321-3 du code de la sécurité sociale, cette circonstance est toutefois sans incidence sur la légalité de la décision attaquée dès lors qu'il lui était loisible de faire part de ses difficultés de santé dès l'entretien de vulnérabilité, déjà connues par lui, et qu'en tout état de cause, le compte rendu médical faisant suite à l'examen gratuit prévu à l'article précité n'est pas transmis à l'Office français de l'intégration et de l'immigration, celui-ci étant couvert par le secret médical. Par suite, le moyen tiré de ce que M. B n'aurait pas reçu une information complète en raison de l'absence de rappel de cet examen médical gratuit est inopérant et doit être écarté.
9. En cinquième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'aurait pas tenu compte de la situation de vulnérabilité de M. B pour lui refuser l'octroi des conditions matérielles d'accueil au motif d'un dépôt de sa demande d'asile au-delà du délai de 120 jours. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit en ce que l'Office français de de l'immigration et de l'intégration se serait estimé en compétence liée doit être écarté.
10. En sixième lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, l'examen de vulnérabilité a bien été réalisé le 16 novembre 2020. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
11. En septième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B est célibataire et sans enfant à charge et qu'il est suivi tous les quinze jours par une psychologue au centre Frantz Fanon à Montpellier pour un syndrome anxio-dépressif sévère généré par la précarité de la situation dans laquelle il s'est lui-même placé en ne demandant l'asile que le 16 novembre 2020 malgré une arrivée alléguée en janvier 2018. Par suite, le moyen tiré de ce que l'Office français de l'immigration et de l'intégration a fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. C B à Me Coupard et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Souteyrand, président,
M. Huchot, premier conseiller,
Mme Lesimple, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2022.
Le rapporteur,
N. A
Le président,
E. SouteyrandLa greffière,
M-A. Barthélémy
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 28 septembre 2022.
La greffière,
M-A. Barthélémy
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026