mardi 22 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2023981 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | VIMINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 août 2020 le groupement agricole d'exploitation en commun (GAEC) des Escourgous, représenté par Me Versini-Campinchi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 30 mai 2020 par lequel le maire de la commune de Salles-Curan a refusé de lui accorder un permis de construire modificatif ;
2°) d'enjoindre au maire de Salles-Curan de lui délivrer le permis de construire modificatif sollicité ou, à défaut, de se prononcer à nouveau sur sa demande, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Salles-Curan une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que l'arrêté portant refus de permis de construire modificatif est :
- insuffisamment motivé en fait dès lors que les justifications de fait invoquées par le maire ne permettent pas d'appréhender les raisons du refus ;
- entaché d'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article A 11 du règlement du plan local d'urbanisme ; l'intérêt des lieux avoisinants n'est pas démontré par le maire ; l'architecture traditionnelle des bâtiments agricoles de l'Aveyron ne repose sur aucun fondement réglementaire ; le maire a contesté l'intégralité du projet, alors qu'il n'était saisi que d'une demande de permis de construire modificatif, portant sur des adaptations au projet initial.
Par un mémoire enregistré le 15 décembre 2021, la commune de Salles-Curan, représentée par Me Vimini, conclut au rejet de la requête et à ce que le GAEC requérant soit condamné à payer la somme de 3 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle est tardive ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rousseau, premier conseiller,
- les conclusions de M. Lafay, rapporteur public,
- et les observations de Me Duclercq, représentant le groupement agricole d'exploitation en commun des Escourgous, et de Me Calas, représentant la commune de Salles-Curan.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du maire de Salles-Curan (12410) du 9 juin 2016, le GAEC des Escourgous a obtenu le permis de construire un hangar de stockage de fourrage et de matériaux avec toiture photovoltaïque sur la parcelle cadastrée section BX n°18, d'une contenance de 11.675 m², lieu-dit " Les Escourgous ", sur la commune de Salles-Curan, pour une surface créée de 791 m². Dans le cadre de la réalisation des travaux de construction, le hangar a fait l'objet de certaines adaptations conduisant le GAEC à déposer, le 18 mars 2020, une demande de permis de construire modificatif enregistrée sous le numéro PC 012253 16 J1005 M01 en vue de la modification de la taille et de la hauteur du bâtiment et de la modification de la façade Ouest, partiellement ouverte. Par l'arrêté contesté du 30 mai 2020 aux termes de la présente requête, le maire de Salles-Curan a refusé de lui accorder le permis de construire modificatif ainsi sollicité.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En vertu de l'article R. 424-5 du code de l'urbanisme : " () Si la décision comporte rejet de la demande, si elle est assortie de prescriptions ou s'il s'agit d'un sursis à statuer, elle doit être motivée () ".
3. L'arrêté attaqué du 30 mai 2020, après avoir visé le code de l'urbanisme et, en les citant, les dispositions de l'article A 11 du règlement du plan local d'urbanisme qui disposent que " Par leur aspect extérieur, les constructions, installations et aménagements ne doivent pas porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, des sites et des paysages naturels ou urbains " et que " les toitures respecteront la forme des toitures traditionnelles ", indique que "l'architecture traditionnelle des bâtiments agricoles du département de 1'Aveyron se caractérise par une toiture bi-pente équilibrée et une volumétrie classique avec des murs pleins ", " que le projet, avec une toiture très déséquilibrée et un bâtiment entièrement ouvert sur la façade Nord et Sud, est très éloigné de la typologie usuelle des bâtiments agricoles aveyronnais " , " que le projet ne se présente pas comme un complément naturel et harmonieux avec les constructions environnantes, les bâtiments agricoles présents à proximité présentant une toiture équilibrée et des murs pleins " et " que le projet par son architecture, ses dimensions et son aspect extérieur est de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants ". Contrairement à ce que soutient le GAEC des Escourgous, l'arrêté en litige expose ainsi avec suffisamment de précisions l'atteinte que représente l'opération envisagée au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants.
4. En vertu de l'article R. 111-1 du code de l'urbanisme : " Le règlement national d'urbanisme est applicable aux constructions et aménagements faisant l'objet d'un permis de construire, d'un permis d'aménager ou d'une déclaration préalable ainsi qu'aux autres utilisations du sol régies par le présent code ". Aux termes de l'article R. 111-27 du même code : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ". L'article A11 du règlement de la zone A du plan local d'urbanisme de la commune de Salles-Curan prévoit que : " Par leur aspect extérieur, les constructions, installations et aménagements ne doivent pas porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, des sites et des paysages naturels ou urbains " et que " Les toitures respecteront la forme des toitures traditionnelles. ".
5. Il résulte de ces dispositions que, si les constructions projetées portent atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ou à la conservation des perspectives monumentales, l'autorité administrative compétente peut refuser de délivrer le permis de construire sollicité ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site. Les dispositions de cet article excluent qu'il soit procédé dans le second temps du raisonnement, pour apprécier la légalité du permis de construire délivré, à une balance d'intérêts divers en présence, autres que ceux visés par les dispositions mentionnées ci-dessus.
6. Il résulte du dossier de permis de construire que les modifications sollicitées au projet initial autorisé portent sur la réduction de la surface et des dimensions du bâtiment passant de 791 m² à 720 m² sans modification de son implantation, sur l'augmentation de sa hauteur avec 8,81 mètres au faîtage au lieu de 7,50 mètres et 6,29 mètres à l'égout du toit Nord au lieu de 5,50 mètres, les pentes du toit et sur la création de six ouvertures agrémentées de cinq piliers en façade Sud. Il ressort des photographies produites au dossier que le projet envisagé est situé en zone agricole dans un petit vallon encaissé enserré de part et d'autre à mi-distance par les ruisseaux de Tourtourou et du Lavandou et prend place au sein du petit hameau des Escourgous composé de quelques constructions et bâtiments agricoles. Le maire a rappelé que l'architecture traditionnelle des bâtiments agricoles du département de 1'Aveyron se caractérisait par une toiture bi-pente équilibrée et une volumétrie classique avec des murs pleins. Le GAEC requérant ne soutient ni même n'allègue que les constructions situées dans le proche environnement du projet ne présenteraient pas une cohérence et une unité architecturale en termes de toiture et de murs pleins, caractéristiques des bâtiments agricoles aveyronnais définissant ainsi la qualité du site sur lequel la construction est projetée. Il résulte de l'examen comparé du dossier de demande de permis de construire initial et du permis modificatif que le projet envisagé emporte une modification de la typologie de la toiture de par l'augmentation de la hauteur du bâtiment agricole, mais également une modification de son aspect extérieur, notamment la façade Sud qui, ainsi que le démontre l'insertion graphique du projet, fait apparaître six ouvertures entrecoupées de cinq piliers mais aussi la façade Nord qui, par le retrait de son mur de 4,01 mètres par rapport au pan incliné de la toiture, crée un débord de toiture en formant un auvent, ce qui accentue le caractère déséquilibré de la toiture qu'a retenu le maire dans son refus alors que, dans le projet initialement autorisé, aucun des éléments de la toiture ne venait en débord par rapport aux murs de façade. En outre si le projet initial autorisé réserve une seule ouverture sur le seul flanc Est du bâtiment comme l'indique la notice PC4, le projet refusé s'accompagne de plusieurs ouvertures en sa façade Sud alors que l'environnement bâti existant est essentiellement composé de murs pleins et à la volumétrie classique. Contrairement à ce qui est soutenu, le maire de Salles-Curan a bien apprécié l'impact que la construction, compte tenu de sa nature et de ses caractéristiques, pouvait avoir sur le site eu égard aux modifications apportées au projet initial sans remettre en cause, comme allégué, son économie générale et le caractère définitif du permis de construire accordé le 9 mai 2016. Par suite, en retenant par le motif rappelé au point 3 que le projet par son architecture, ses dimensions et son aspect extérieur était de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, le maire de Salles-Curan n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article A 11 du règlement du plan local d'urbanisme.
7. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée à la requête, que le GAEC des Escougous n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 30 mai 2020 par lequel le maire de la commune de Salles-Curan a refusé de lui accorder un permis de construire modificatif.
Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative aux termes desquelles " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation " font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Salles-Curan, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que le GAEC des Escourgous demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du GAEC requérant le versement à la commune de Salles-Curan d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête du GAEC des Escourgous est rejetée.
Article 2 : Le GAEC des Escourgous versera la somme de 1 500 euros à la commune de Salles-Curan au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente décision sera notifiée au groupement agricole d'exploitation en commun des Escourgous et à la commune de Salles-Curan.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Encontre, présidente,
M. Rousseau, premier conseiller,
Mme Teuly-Desportes, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2022.
Le rapporteur,
M. A
La présidente,
S. ENCONTRE La greffière,
C. ARCE
La République mande et ordonne au préfet de l'Aveyron en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 22 novembre 202La greffière,
C. ARCE
lr
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026