lundi 19 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2024039 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SÉRÉE DE ROCH |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n°462171 du 4 avril 2022, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a transmis au tribunal administratif de Montpellier, en application de l'article R. 351-8 du code de justice administrative, la requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Toulouse, présentée par Mme A C.
Par requête enregistrée le 13 août 2020, Mme A C représentée par Me Sérée de Roch, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de responsabilité solidaire dans le paiement des cotisations d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2015 ;
2°) de lui accorder une remise de la fraction de l'impôt sur le revenu laissé à sa charge ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- en application de la doctrine BOI-CTX-DRS-10-20151014 paragraphe 170, il n'y a pas lieu de tenir compte de sa résidence principale dans l'évaluation de son patrimoine ; toute autre position de l'administration serait contraire au principe d'égalité des contribuables devant la loi ;
- il existe une disproportion marquée entre le montant de la dette fiscale et sa situation patrimoniale et financière ;
- elle répond ainsi aux conditions légales de l'article 1691 bis du code général des impôts;
- sa situation d'indigence financière justifie une remise gracieuse de la fraction des impositions laissées à sa charge.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 janvier 2022, le directeur départemental des finances publiques du Tarn conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Viallet, rapporteure ;
- les conclusions de M. Baccati, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C et M. B, mariés en 2007, ont constitué la SCI Aude, détentrice d'une maison d'habitation à Gratentour, et de deux appartements à Toulouse. Séparée de fait de son conjoint, Mme C réside avec sa fille dans la maison de Gratentour, et a souscrit ses déclarations d'impôt sur les revenus à titre personnel à compter de ceux perçus en 2016. Le 17 février 2020, Mme C a présenté une demande de décharge en responsabilité solidaire pour un montant de 36 943,07 euros concernant le rôle d'impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre de 2015 mis en recouvrement le 31 juillet 2016, ainsi qu'une demande de remise de la fraction des impositions laissées à sa charge. Le directeur départemental des finances publiques du Tarn a rejeté sa demande le 10 juillet 2020. Mme C demande la décharge de responsabilité solidaire dans le paiement de ces impositions et la remise de la fraction des impositions laissées à sa charge.
Sur la fin de non- recevoir :
2. Aux termes de l'article 1691 bis III du code général des impôts : " Les personnes en situation de gêne et d'indigence qui ont été déchargées de l'obligation de paiement d'une fraction des impôts, conformément au II, peuvent demander à l'administration de leur accorder une remise totale ou partielle de la fraction des impositions mentionnées aux 1° et 2° du I restant à leur charge. Pour l'application de ces dispositions, la situation de gêne et d'indigence s'apprécie au regard de la seule situation de la personne divorcée ou séparée à la date de demande de remise. (). ".
3. Ainsi qu'il est soutenu en défense, les conclusions tendant à ce que le tribunal prononce une remise de la fraction de l'impôt sur le revenu laissé à sa charge en raison de la situation financière de la requérante sont irrecevables, dès lors qu'il n'appartient pas au juge de prononcer la remise gracieuse d'impositions.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne l'application de la loi fiscale :
4. Aux termes de l'article 1691 bis du code général des impôts: " I. - Les époux et les partenaires liés par un pacte civil de solidarité sont tenus solidairement au paiement :1° De l'impôt sur le revenu lorsqu'ils font l'objet d'une imposition commune ; () II. - 1. Les personnes divorcées ou séparées peuvent demander à être déchargées des obligations de paiement prévues au I ainsi qu'à l'article 1723 ter-00 B lorsque, à la date de la demande : () d) L'un ou l'autre des époux ou des partenaires liés par un pacte civil de solidarité a abandonné le domicile conjugal ou la résidence commune. 2. La décharge de l'obligation de paiement est accordée en cas de disproportion marquée entre le montant de la dette fiscale et, à la date de la demande, la situation financière et patrimoniale, nette de charges, du demandeur. Elle est alors prononcée selon les modalités suivantes : a) Pour l'impôt sur le revenu, la décharge est égale à la différence entre le montant de la cotisation d'impôt sur le revenu établie pour la période d'imposition commune et la fraction de cette cotisation correspondant aux revenus personnels du demandeur et à la moitié des revenus communs du demandeur et de son conjoint ou de son partenaire de pacte civil de solidarité. () 3. Le bénéfice de la décharge de l'obligation de paiement est subordonné au respect des obligations déclaratives du demandeur prévues par les articles 170 et 885 W à compter de la date de la fin de la période d'imposition commune. La décharge de l'obligation de paiement ne peut pas être accordée lorsque le demandeur et son conjoint ou son partenaire lié par un pacte civil de solidarité se sont frauduleusement soustraits, ou ont tenté de se soustraire frauduleusement, au paiement des impositions mentionnées aux 1° et 2° du I ainsi qu'à l'article 1723 ter-00 B, soit en organisant leur insolvabilité, soit en faisant obstacle, par d'autres manœuvres, au paiement de l'impôt. () ".
5. Il résulte de ces dispositions que la décharge de responsabilité solidaire prévue par le II de l'article 1691 bis du code précité est subordonnée à la réalisation de plusieurs conditions cumulatives dont une rupture de la vie commune, une disproportion marquée entre le montant de la dette fiscale et la situation financière et patrimoniale, nette de charges, du demandeur à la date de la demande et un comportement fiscal qui se traduit d'une part, par le respect par le demandeur de ses obligations déclaratives depuis la rupture de la vie commune et, d'autre part, par l'absence de manœuvres frauduleuses pour se soustraire au paiement de l'impôt.
6. Pour refuser de faire droit à la demande de décharge de l'obligation de paiement présentée par Mme C, l'administration, sans contester la réalité de la rupture de vie commune ni le comportement fiscal irréprochable de la requérante, a opposé l'absence de disproportion marquée entre sa situation patrimoniale et le montant de sa dette fiscale.
7. Il appartient dès lors à la requérante de mettre le tribunal à même d'apprécier l'existence d'une disproportion marquée entre le montant de sa dette fiscale et sa situation financière et patrimoniale à la date de la demande de décharge.
8. En ce qui concerne la situation patrimoniale, il résulte de l'instruction qu'à la date de la demande de décharge le 17 février 2020, la SCI Aude détenait trois biens immobiliers. Toutefois, la requérante ne justifie ni de leur valeur vénale nette, ni de la valeur d'acquisition de la maison de Gratentour. Dès lors, il convient de ne retenir que la valeur d'acquisition des deux appartements toulousains à hauteur de 241 500 euros, minorée d'une part, du capital restant dû à cette date tel qu'il ressort des tableaux d'amortissements produits, soit 90 019,67 euros, et d'autre part de l'appel de fonds du 1er janvier 2020 de 293,10 euros et des factures de travaux de 3 096,98 euros, augmentée des revenus locatifs de 1 069,40 euros mensuels, et la valeur patrimoniale totale ramenée au nombre de parts détenues par la requérante dans la SCI s'élève à 141 701,67 euros. Enfin, si la requérante produit les soldes de deux comptes de dépôts, l'un créditeur de 162,38 euros et l'autre débiteur de 23,08 euros pour le mois de décembre 2019, ils ne couvrent pas la dernière mensualité qui précède la demande et ne doivent donc pas être comptabilisés.
9. En ce qui concerne la situation financière, il résulte de l'instruction qu'à la date de la demande de décharge Mme C percevait une allocation de retour à l'emploi de 1 388,94 euros. Elle justifie de 1 390,31 euros de charges mensuelles et d'un remboursement d'emprunts déjà comptabilisé dans la valeur patrimoniale examinée au point n°8.
10. Dès lors, il n'existe pas de disproportion marquée entre le montant de la situation patrimoniale et financière de Mme C évaluée, à la date de sa demande en décharge, à 141 700,30 euros et le montant de la dette fiscale commune de 36 943,07 euros. Par suite, sa situation ne répond pas aux conditions fixées par l'article 1691 bis II du code général des impôts.
En ce qui concerne l'application de la doctrine fiscale :
11. Mme C n'est pas fondée à se prévaloir de l'instruction administrative BOI-CTX-DRS-10-20151014, notamment son paragraphe 170, qui ne comporte pas une interprétation différente de celle qui résulte de la loi.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme C à fin de décharge de responsabilité solidaire dans le paiement des cotisations d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles elle a été assujettie avec son conjoint au titre de l'année 2015, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme quelconque au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au directeur départemental des finances publiques du Tarn.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Pater, première conseillère,
Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2022.
La rapporteure,
ML. VialletLe président,
V. Rabaté
Le greffier,
S. Sangaré
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 20 septembre 2022.
Le greffier,
S. Sangaré
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026