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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2024255

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2024255

mardi 20 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2024255
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantSCP CABINET MOUNIELOU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 24 août 2020 et 14 décembre 2020, M. C A, représenté par Me Abadie, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du maire de la commune de Labarthe-Rivière du 25 juin 2020 relatif à la réglementation de la collecte des déchets ménagers et des déchets assimilés ;

2°) d'enjoindre à la commune de Labarthe-Rivière en application des articles L. 911-1 et L. 911-3 du code de justice administrative de mettre en place au profit des riverains du chemin du Broca un ramassage des déchets de porte à porte, dans un délai d'un mois et, passé ce délai, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de condamner la commune de Labarthe-Rivière en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à lui verser la somme de 2 000 euros.

Il soutient que :

- l'interdiction de déposer ses déchets ménagers devant son domicile contenue dans l'arrêté du 25 juin 2020 n'a aucune base réglementaire, en l'absence de décision prise pour décider de modalités particulières de collecte pour les habitants du chemin du Broca ;

- l'arrêté a été pris en méconnaissance de l'article R. 2224-24 du code général des collectivités territoriales dès lors que l'exigence qui en résulte d'effectuer 300 mètres pour déposer ses déchets ne présente par un niveau de qualité équivalent à celui de la collecte en porte à porte ; les raisons techniques ou de sécurité avancées par la commune n'existent pas dès lors que la voie n'est pas sans issue et que la circulation s'y effectue dans les deux sens ; la difficulté d'accès provoquée par le stationnement fréquent du camion d'un riverain sur le chemin résulte d'une carence du maire dans l'exercice de ses pouvoirs de police.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 17 novembre 2020 et 2 février 2021, la commune de Labarthe-Rivière conclut au rejet de la requête et à la condamnation de M. A à lui verser la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et aux entiers dépens.

Elle soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par une lettre du 18 août 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur l'irrecevabilité soulevée d'office des conclusions dirigées contre l'arrêté du 26 juin 2020, qui ne contient aucune disposition faisant grief et n'est donc pas susceptible de recours.

Des observations en réponse à cette communication, enregistrées le 25 août 2022, ont été présentées pour M. A.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B,

- et les conclusions de Mme Lorriaux, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par lettre recommandée du 14 décembre 2019, M. A, domicilié chemin du Broca à Labarthe-Rivière, a adressé au maire de sa commune qui l'a reçue le 16 décembre suivant une " mise en demeure " de faire respecter l'article R. 2224-23 du code général des collectivités territoriales en instaurant une collecte porte à porte de ses déchets ménagers par le syndicat intercommunal à vocations multiples (SIVOM). Par un courrier du 16 décembre 2019, la maire de la commune lui a indiqué qu'il pouvait déposer ses déchets dans le container mis en place sur le chemin et que si l'obligation des communes est de collecter les déchets ménagers au plus près des habitations, cette alternative pouvait être proposée si pour des raisons techniques ou de sécurité le ramassage au porte à porte ne pouvait être mis en place. Par un courrier recommandé du 23 décembre 2019, dont l'accusé de réception a été signé le 8 janvier 2020, M. A a réitéré sa demande en exposant qu'aucune raison technique ou de sécurité ne justifiait l'absence de collecte porte à porte. Par un arrêté du 25 juin 2020 relatif à la règlementation de la collecte des déchets ménagers et des déchets assimilés, la maire de la commune de Labarthe-Rivière a interdit l'abandon de déchets, quels que soit leur nature ou leur volume, en dehors des bacs de collecte. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.

2. Il ressort des pièces du dossier que la compétence en matière de collecte des déchets des ménages n'appartient pas à la commune de Labarthe-Rivière mais au SIVOM de Saint-Gaudens Montréjeau Aspet Magnoac. L'arrêté contesté vise d'ailleurs le règlement de collecte des déchets ménagers et assimilés approuvé par le SIVOM. Si le maire a indiqué dans les visas de son arrêté que " le chemin du Broca fait l'objet de modalités particulières de collecte, à savoir collecte en apport volontaire situé en limite du chemin et de la parcelle D. 399 ", l'article 1er de l'arrêté se borne à affirmer la nécessité que les règles de collecte soient claires et bien respectées et ne comporte aucune décision relative aux modalités particulières de collecte pour les habitants du chemin du Broca. L'article 2 de l'arrêté qui énonce que " l'abandon de déchets quels que soit leur nature ou leur volume, en dehors des bacs de collecte est interdit " se borne quant à lui à rappeler les dispositions du code pénal, qui, à la date de l'acte, prévoient à l'article R. 634-2 qu'est puni de l'amende prévue pour les contraventions de 4ème classe le fait de déposer des ordures ou déchets, en lieu public ou privé, à l'exception des emplacements, conteneurs, poubelles adaptés désignés par l'autorité compétente. Dans ces conditions, malgré sa dénomination maladroite, l'acte attaqué ne constitue pas une décision faisant grief et n'est donc pas susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.

3. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A est irrecevable et doit être rejetée.

4. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Labarthe-Rivière, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. A au titre des frais non compris dans les dépens qu'il a exposés. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Labarthe-Rivière tendant à l'application des dispositions de cet article.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Labarthe-Rivière au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la commune de Labarthe-Rivière.

Délibéré après l'audience du 6 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Jérôme Charvin, président,

Mme Michelle Couégnat, première conseillère,

Mme Camille Doumergue, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 202La rapporteure,

M. Couégnat

Le président,

J. Charvin

La greffière,

A. Lacaze

La République mande et ordonne au préfet du Tarn et Garonne ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 20 septembre 202La greffière,

A. Lacaze

Ls

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