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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2024456

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2024456

lundi 5 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2024456
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSÉRÉE DE ROCH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n°462171 du 4 avril 2022, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a transmis au tribunal administratif de Montpellier, en application de l'article R. 351-8 du code de justice administrative, la requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Toulouse, présentée par la SASU Sunauto 81.

Par requête, enregistrée le 7 septembre 2020, la SASU Sunauto 81, représentée par Me Sérée de Roch doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer, notifiée par une mise en demeure du 5 juin 2020, la somme de 106 020 euros correspondant aux droits de taxe sur la valeur ajoutée, et aux pénalités correspondantes, qui lui sont réclamés au titre de la période du 1er avril 2015 au 31 octobre 2016.

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'administration ne rapporte pas la preuve de la notification de l'avis de mise en recouvrement ;

- le délai de 15 jours de mise en instance du courrier contenant l'avis de mise en recouvrement n'a pas été respecté, en méconnaissance de l'instruction BOPTT 1990 120-Po-36 du 11 mai 1990 ;

- la réclamation contentieuse avec demande de sursis de paiement déposée le 25 juin 2020 par laquelle elle a contesté le bien-fondé des sommes mises à sa charge à l'issue de la procédure de vérification de comptabilité a eu pour effet de suspendre l'exigibilité de l'imposition dont le recouvrement est poursuivi et de rendre caduque la mise en demeure de payer ;

- la mise en demeure ne comporte pas la signature du comptable public.

Par un mémoire en défense du 2 février 2022, le directeur départemental des finances publiques du Tarn conclut au rejet de la requête.

Il soutient que cet acte de poursuite est devenu caduc en raison de la réclamation d'assiette assortie d'une demande de sursis de paiement et que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Viallet, rapporteure ;

- les conclusions de M. Baccati, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La SASU Sunauto 81 a fait l'objet d'une procédure de vérification de comptabilité à l'issue de laquelle l'administration fiscale a émis un avis de mise en recouvrement le 28 février 2020 pour un montant de 106 020 euros. A défaut de paiement de la somme en cause, une mise en demeure de payer lui a été adressée le 5 juin 2020. Le 25 juin 2020, la SASU Sunauto 81 a déposé une réclamation contentieuse portant sur le bien-fondé de l'imposition, accompagnée d'une demande de sursis de paiement. Le même jour, la société a adressé une réclamation portant sur le recouvrement de l'imposition, rejetée le 9 juillet 2020. La société, qui demande l'annulation de la mise en demeure de payer, doit être regardée comme demandant la décharge de l'obligation de payer qui en procède.

2. Aux termes de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales : " Le contribuable qui conteste le bien-fondé ou le montant des impositions mises à sa charge peut, s'il en a expressément formulé la demande dans sa réclamation et précisé le montant ou les bases du dégrèvement auquel il estime avoir droit, être autorisé à différer le paiement de la partie contestée de ces impositions et des pénalités y afférentes. L'exigibilité de la créance et la prescription de l'action en recouvrement sont suspendues jusqu'à ce qu'une décision définitive ait été prise sur la réclamation soit par l'administration, soit par le tribunal compétent. (). ". Il résulte de ces dispositions que les impositions contestées par un contribuable qui a formé une réclamation assortie d'une demande de sursis de paiement cessent d'être exigibles à compter de la date à laquelle le sursis a été accordé. Par suite, les actes de poursuite notifiés antérieurement au contribuable deviennent caducs à compter de cette date. Il appartient au contribuable, si les impositions redeviennent exigibles, d'engager une nouvelle procédure afin de poursuivre la contestation du recouvrement de celles-ci.

3. Il résulte de l'instruction que le 25 juin 2020, la SASU Sunauto 81 a présenté une réclamation par laquelle elle demandait la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge par un avis de recouvrement du 28 février 2020. Cette réclamation était assortie d'une demande de sursis de paiement sur le fondement de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales qui a eu pour effet immédiat de suspendre l'exigibilité des impositions en litige. Par suite, ainsi que le font d'ailleurs valoir tant l'administration fiscale dans son mémoire en défense que la requérante, la mise en demeure valant commandement de payer délivrée le 5 juin 2020, antérieurement à la demande de sursis, est devenue caduque à compter de la date de la réclamation. Dès lors que cette caducité est intervenue avant l'enregistrement de la présente requête, cette dernière se trouve dépourvue d'objet et est par suite irrecevable.

4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge de la requête présentée par la SASU Sunauto 81 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DECIDE :

Article 1er : La requête de la SASU Sunauto 81 est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SASU Sunauto 81 et au directeur départemental des finances publiques du Tarn.

Délibéré après l'audience du 21 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Rabaté, président,

Mme Pater, première conseillère,

Mme Viallet, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2022.

La rapporteure,

ML. VialletLe président,

V. Rabaté

Le greffier,

F. Balicki

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 6 décembre 2022,

Le greffier,

F. Balicki

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