mardi 20 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2024591 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL HORIZON CONSEILS |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 4 avril 2022, enregistrée le même jour au greffe du tribunal, le président de la section du contentieux du Conseil d'État a transmis au tribunal la requête présentée par M. A.
Par une requête et un mémoire enregistrés au greffe du tribunal de Toulouse le 16 septembre 2020 et le 22 décembre 2021, M. B A, représenté par Me Poujade, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner la commune de Saint-Céré au paiement d'une somme de 1 896,79 euros assortie des intérêts dus à compter de sa réclamation indemnitaire faite le 11 mai 2020 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Céré une somme de 2 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la rémunération est liée à la fonction d'adjoint et non aux délégations ;
- le conseil municipal ne s'est pas réuni pour se prononcer sur son maintien en qualité d'adjoint après le retrait de ses délégations en méconnaissance du troisième alinéa de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales ;
- il n'est pas démissionnaire dès lors que sa lettre de démission n'a pas été prise en compte et a été refusée par le maire ;
- l'arrêté de régularisation du 27 mars 2020 ne lui a pas été notifié ;
- il a droit à la rémunération afférente à sa fonction d'adjoint du 1er mars 2020 au 18 mai 2020.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 12 février 2021 et le 24 février 2022, la commune de Saint-Céré, représentée par Me Faugère, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. A la somme de 2 400 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'elle n'a pas commis de faute.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Doumergue, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Lorriaux, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. Boudou, conseiller municipal de la commune de Saint-Céré, a été élu deuxième adjoint au maire le 28 mars 2014 et a reçu des délégations de fonction et de signature en matière d'urbanisme, d'environnement, d'agriculture, de travaux communaux et de sports par des arrêtés du maire du 31 mars 2014 et du 15 janvier 2018. M. A a formé une réclamation préalable le 11 juin 2020 tendant au versement de l'indemnité de fonction pour la période du 1er mars 2020 au 18 mai 2020. Par un courrier du 21 juillet 2020, le maire de la commune de Saint-Céré a rejeté sa demande. Par la présente requête, M. A demande au tribunal de condamner la commune de Saint-Céré à lui verser la somme de 1 896,79 euros, assortie des intérêts, correspondant aux indemnités qu'il aurait dû percevoir sur la période du 1er mars 2020 au 18 mai 2020.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Aux termes de l'article L. 2123-17 du code général des collectivités territoriales : " Sans préjudice des dispositions du présent chapitre, les fonctions de maire, d'adjoint et de conseiller municipal sont gratuites. ". L'article L. 2123-20 du même code dispose : " I.- Les indemnités allouées au titre de l'exercice des fonctions de maire et de président de délégation spéciale et les indemnités maximales pour l'exercice effectif des fonctions d'adjoint au maire des communes () sont fixées par référence au montant du traitement correspondant à l'indice brut terminal de l'échelle indiciaire de la fonction publique () ". En application de l'article L. 2122-18 de ce code : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints () ".
3. Eu égard au principe de gratuité des fonctions énoncé à l'article L. 2123-17 précité, le versement d'une somme à un élu municipal en raison de ses fonctions ne peut être opéré que sur le fondement d'une disposition législative expresse. En application des dispositions de l'article L. 2123-24 de ce code, le versement d'indemnités de fonctions à des adjoints, qui doit être décidé par le conseil municipal, est subordonné, dans les communes de moins de 100 000 habitants, à la condition que ces élus aient reçu une délégation de fonctions dans les conditions prévues à l'article L. 2122-18 précité. Il résulte, en outre, de ces dispositions, que seuls les adjoints au maire exerçant effectivement des fonctions déléguées ou assurant la suppléance du maire peuvent légalement bénéficier d'indemnités de fonction.
4. Il résulte de l'instruction que, par deux arrêtés des 28 février 2020 et 27 mars 2020, le maire de la commune de Saint-Céré a décidé de rapporter l'arrêté portant délégation de fonction et de signature à M. A pour les périodes du 1er au 20 mars 2020 et du 20 mars 2020 jusqu'au conseil municipal, faisant suite à l'élection municipale, relatif à l'élection du maire et des adjoints. Ces mêmes arrêtés mentionnent que l'indemnité de fonction ne sera pas versée à M. A sur ces périodes. Dans ces circonstances, et alors au surplus qu'il ressort des écritures de M. A que celui-ci ne s'est pas rendu à la mairie sur cette période, à compter du 1er mars 2020, le requérant, qui ne bénéficiait plus d'aucune délégation de fonction et de signature, ne pouvait prétendre au versement de l'indemnité prévue par les dispositions précitées du code général des collectivités territoriales, qui s'attache à l'exercice effectif des fonctions déléguées et non, contrairement à ce que soutient le requérant, à la qualité d'adjoint. La méconnaissance du quatrième alinéa de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales, qui prévoit un vote du conseil municipal sur le maintien dans ses fonctions de l'adjoint au maire, est également sans incidence sur l'absence d'exercice effectif des fonctions déléguées. Enfin, si M. A soutient que l'arrêté du 27 mars 2020 ne lui a pas été notifié, cette circonstance est seulement de nature à faire obstacle au départ des délais de recours contentieux mais est sans incidence sur la légalité de cet arrêté.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à la condamnation de la commune de Saint-Céré à lui verser la somme de 1 896,79 euros assortie des intérêts doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Saint-Céré, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. A la somme qu'il réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. A la somme de 1 500 euros à verser à la commune de Saint-Céré sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera à la commune de Saint-Céré la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Saint-Céré.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Jérôme Charvin, président,
Mme Michelle Couégnat, première conseillère,
Mme Camille Doumergue, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2022.
La rapporteure,
C. Doumergue
Le président,
J. Charvin La greffière,
A. Lacaze
La République mande et ordonne au préfet du Lot en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 20 septembre 202La greffière,
A. Lacaze
MF
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026