vendredi 30 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2024902 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | ROUXEL |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance de renvoi, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a transmis au tribunal administratif de Montpellier, en application de l'article R. 351-8 du code de justice administrative, la requête enregistrée au greffe du tribunal administratif de Toulouse le 30 septembre 2020, présentée par Mme B A.
Par une requête et un mémoire enregistrés le 30 septembre 2020 et le 30 avril 2021, Mme B A demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions par lesquelles le président de la communauté d'agglomération de Gaillac-Graulhet a procédé à des retenues sur son traitement des mois de février et mars 2020 pour absence de service fait ;
2°) d'enjoindre au Président de la communauté d'agglomération de Gaillac-Graulhet de rectifier ses fiches de paie des mois de février et mars 2020 ;
3°) d'enjoindre au Président de la communauté d'agglomération de Gaillac-Graulhet de lui verser les retenues indument prélevées sur son traitement pour absence de service fait et de lui appliquer une retenue de 1/60ème de son traitement correspondant à ses demi-journées d'absence, au lieu de 1/30ème ;
4°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération de Gaillac-Graulhet une somme en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que le président de la communauté d'agglomération de Gaillac-Graulhet a commis une erreur de droit en procédant à une retenue d'1/30ème de son traitement pour chacune de ses demi-journées d'absence pour service non fait.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 février 2021, la communauté d'agglomération de Gaillac-Graulhet, représentée par Me Rouxel, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 000 euros soit mise à la charge de la requérante en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable du fait de sa tardiveté ;
- à titre subsidiaire, l'unique moyen soulevé n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- et les conclusions de Mme Moynier, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, agent territorial exerçant ses fonctions au sein de la communauté d'agglomération de Gaillac-Graulhet, a participé à une cessation collective du travail les 9 janvier, 6 et 27 février 2020. La communauté d'agglomération Gaillac-Graulhet a établi ses fiches de paie en procédant à des retenues de 1/30ème de son traitement, pour absence de service fait. Par un courrier du 27 mai 2020, reçu le 2 juin suivant, Mme A a formé un recours gracieux afin de contester les modalités de calcul des retenues ainsi effectuées, au motif qu'elle n'avait été gréviste que les après-midis des 9 janvier, 6 et 27 février 2020. Par la requête susvisée, Mme A demande au tribunal d'annuler les décisions par lesquelles le président de la communauté d'agglomération de Gaillac-Graulhet a procédé à des retenues sur son traitement des mois de février et mars 2020 pour absence de service fait, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 27 mai 2020. Elle demande, en outre, qu'il soit enjoint au président de la communauté d'agglomération de Gaillac-Graulhet de lui restituer les sommes indument prélevées sur son traitement des mois de février et mars 2020 et de rectifier les fiches de paie correspondantes.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ".
3. Si la communauté d'agglomération de Gaillac-Graulhet fait valoir que la requête de Mme A est tardive, elle n'établit, ni même n'allègue, que la décision par laquelle son président a opéré les retenues sur le traitement de Mme A, qui s'est matérialisée sur ses bulletins de paie des mois de février et mars 2020, lui aurait été notifiée avec les voies et délais de recours. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir opposée en défense tirée de la tardiveté de la requête ne saurait être accueillie.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant le traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement ainsi que les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire. () ". Aux termes de l'article 87 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Les fonctionnaires régis par la présente loi ont droit, après service fait, à une rémunération fixée conformément aux dispositions de l'article 20 du titre Ier du statut général. () ".
5. En vertu de l'article 87 de la loi du 26 janvier 1984, les fonctionnaires territoriaux ont droit, après service fait, à une rémunération fixée conformément aux dispositions de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983 précité. Cet article prévoit que cette rémunération comprend notamment un traitement auquel est attribué, selon l'article 3 du décret du 24 octobre 1985, une valeur annuelle. L'absence de service fait par un fonctionnaire territorial, due en particulier à sa participation à une grève, donne lieu à une retenue sur son traitement. A défaut de dispositions législatives applicables à ces agents précisant le régime de cette retenue, son montant doit être proportionné à la durée de la grève.
6. Si la communauté d'agglomération Gaillac-Graulhet fait valoir qu'il n'est pas établi que la requérante a assuré son service les matinées des 9 janvier, 6 février et 27 février 2020, Mme A démontre qu'elle a informé sa supérieure hiérarchique, par des courriers électroniques produits au dossier, qu'elle participait au mouvement de grève organisé uniquement les après-midis des 9 janvier 2020 et 27 février 2020. Dans ces conditions, l'absence de tout service fait lors des journées des 9 janvier 2020 et 27 février 2020 ne peut être regardée comme établie. Par suite, Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision attaquée, en tant que le président de la communauté d'agglomération de Gaillac-Graulhet a procédé à deux retenues de 1/30ème sur son traitement, du fait de ses absences les 9 janvier 2020 et 27 février 2020. En revanche, elle n'est pas fondée à contester la retenue de 1/30ème opérée sur son traitement correspondant au 6 février 2020, faute d'établir avoir été gréviste uniquement l'après-midi au cours de cette journée.
7. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est fondée à demander l'annulation des décisions attaquées qu'en tant que le président de la communauté d'agglomération de Gaillac-Graulhet a procédé à deux retenues de 1/30ème sur son traitement des mois de février et mars 2020, pour absence de service fait les 9 janvier 2020 et 27 février 2020.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Le présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint au président de la communauté d'agglomération Gaillac-Graulhet de reverser à Mme A une somme correspondant à la différence entre les retenues de 1/30ème opérées sur son traitement des mois de février et mars 2020, au titre des demi-journées de grève des 9 janvier 2020 et 27 février 2020, et le montant de la rémunération due pour chaque demi-journée de travail, et de lui délivrer des fiches de paie rectifiées au titre des mois de février et mars 2020, dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme A, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la communauté d'agglomération de Gaillac-Graulhet au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. En outre, les conclusions de la requête tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, faute d'être chiffrées, sont irrecevables et doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions par lesquelles le président de la communauté d'agglomération de Gaillac-Graulhet a procédé à deux retenues de 1/30ème sur le traitement des mois de février et mars 2020 de Mme A pour absence de service fait les 9 janvier 2020 et 27 février 2020, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 27 mai 2020, sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à la communauté d'agglomération de Gaillac-Graulhet de verser à Mme A une somme égale, pour chacune des demi-journées de grève des 9 janvier 2020 et 27 février 2020, à la différence entre le montant des retenues qui ont été opérées sur son traitement des mois de février et mars 2020 et le montant de la rémunération due pour chaque demi-journée de travail et de lui délivrer des fiches de paie rectifiées au titre des mois de février et mars 2020, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Les conclusions de la communauté d'agglomération de Gaillac-Graulhet présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à l'agglomération de Gaillac-Graulhet.
Délibéré après l'audience du 16 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Gayrard, président,
- Mme Bayada, première conseillère,
- Mme Gavalda, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2022.
La rapporteure,
A. CLe président,
J-P. GayrardLa greffière,
B. Flaesch
La République mande et ordonne au préfet du Tarn en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 30 septembre 2022.
La greffière,
B. Flaesch
il
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026