jeudi 1 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2025393 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | DURAND |
Vu la procédure suivante :
Par ordonnance n° 462171 du 4 avril 2022, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a, en application de l'article R. 351-8 du code de justice administrative, transmis au tribunal administratif de Montpellier la requête présentée par M. B et enregistrée au greffe du tribunal administratif de Toulouse.
Par une requête enregistrée le 26 octobre 2020, M. C B, représenté par Me Durand, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 août 2020 par laquelle la directrice générale de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de lui accorder les conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui accorder les conditions matérielles d'accueil et l'allocation de demandeur d'asile de façon rétroactive, dans un délai de sept jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de deux cent euros par jour de retard ou à défaut de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que la décision :
- est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen réel et complet ;
- est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'aucun examen de vulnérabilité n'a été réalisé ;
- est entachée d'un défaut de base légale dès lors que les articles L. 744-8-2° et D. 744-37 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sur lesquels elle se fonde, sont contraires aux objectifs de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 ;
- méconnaît le droit fondamental de bénéficier des conditions matérielles d'accueil ;
- est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'a pas pris en considération sa vulnérabilité ;
- est entachée d'une erreur de droit en ce que l'Office français de l'immigration et de l'intégration s'est cru en compétence liée ;
- est entachée d'une erreur de droit pour défaut d'examen particulier de sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 octobre 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 janvier 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, né en 1987 et de nationalité algérienne, a déposé une demande d'asile le 27 août 2020 à la préfecture de la Haute-Garonne. Par une décision du 28 août 2020, dont il demande l'annulation, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de lui accorder les conditions matérielles d'accueil.
2. En premier lieu, la décision attaquée vise les dispositions du 2° de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et celles de l'article D. 744-37 du même code dont l'OFII a fait application pour refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à M. B et mentionne que ce dernier a présenté sa demande d'asile plus de 90 jours après son entrée. Par ailleurs, la circonstance que la décision attaquée ne mentionne pas expressément l'analyse de la situation de vulnérabilité du requérant n'est pas de nature à considérer que le préfet n'aurait pas procéder à un examen particulier de sa situation. Ainsi, cette décision comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de ce qu'elle serait insuffisamment motivée et le moyen tiré du défaut d'examen particulier doivent être écartés.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. () ".
4. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des copies écrans produit par l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qu'un examen de vulnérabilité a bien été réalisé le 18 août 2020 lors du dépôt de la demande d'asile de M. B, concluant à l'absence de vulnérabilité. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 : " 5. Les décisions portant limitation ou retrait du bénéfice des conditions matérielles d'accueil ou la sanctions visées aux paragraphes 1, 2, 3 et 4 du présent article sont prises au cas par cas, objectivement et impartialement et sont motivées. Elles sont fondées sur la situation particulière de la personne concernée, en particulier dans le cas des personnes visées à l'article 21, compte tenu du principe de proportionnalité. Les Etats membres assurent en toutes circonstances l'accès aux soins médicaux conformément à l'article 19 et garantissent un niveau de vie digne à tous les demandeurs ".
6. Les dispositions de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, issues de la loi du 10 septembre 2018, transposent en droit interne la directive n° 2013/33/UE du 26 juin 2013. Il ne résulte, ni de ces dispositions ni d'aucune autre que la suspension, le retrait ou le refus des conditions matérielles d'accueil ferait, en toutes circonstances, obstacle à l'accès aux autres dispositifs prévus par le droit interne répondant aux prescriptions de l'article 20, paragraphe 5, de la directive du 26 juin 2013, si l'étranger en remplit par ailleurs les conditions, et notamment l'application des dispositions de l'article L. 251-1 du code de l'action sociale et des familles relatives à l'aide médicale de l'Etat ou de l'article L. 345-2-2 du même code relatives à l'hébergement d'urgence. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que les dispositions de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont il a été fait application, seraient incompatibles avec l'article 20 de la directive 2013/33/UE au motif que la suspension, le retrait et le refus qu'elle prévoit, priveraient les demandeurs d'asile d'un niveau de vie digne. Le moyen ainsi formulé doit être écarté.
7. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que le requérant, qui n'apporte aucune précision circonstanciée quant à son état de vulnérabilité, se borne à indiquer qu'il est atteint d'un handicap en produisant un certificat médical précisant " M. B est suivi au niveau médical depuis son arrivée en France. Il nécessite en effet des soins réguliers dans le cadre de son handicap " lequel, faute de faire état du degré de gravité de ce handicap, n'établit pas une situation de vulnérabilité. Par suite le moyen tiré de ce que l'Office français de l'intégration et de l'immigration aurait fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
8. En cinquième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'Office français de l'intégration et de l'immigration se serait estimé tenu de refuser les conditions matérielles d'accueil au seul motif d'un dépôt tardif de sa demande d'asile sans tenir compte de la situation de M. B. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
9. En dernier lieu, si le requérant soutient que l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'aurait pas cherché à connaître le motif légitime l'ayant conduit à tarder à présenter sa demande d'asile, il ressort toutefois des pièces produites par le requérant qu'il n'apporte aucune précision circonstanciée de nature à caractériser ce motif légitime. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que M. B a indiqué être entré sur le territoire français le 17 septembre 2016, soit plusieurs années avant le dépôt de sa demande d'asile le 27 août 2020. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit pour défaut d'examen particulier doit être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. C B, à Me Durand et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 17 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Souteyrand, président,
M. Huchot, premier conseiller,
Mme Lesimple, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2022.
Le rapporteur,
N. A
Le président,
E. Souteyrand
La greffière,
M-A. Barthélémy
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 1er décembre 2022.
La greffière,
M-A. Barthélémy
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026